Brassens au féminin

pauline-contrebasse-hd2Il y a les reprises qui tuent –  comme c’est à la mode, vous n’avez pas besoin d’un dessin ! – et celles qui revisitent un univers, lui redonnant un lustre certain. Avec Contrebrassens – A l’ombre du cœur de ma mie (*), Pauline Dupuy, très bien entourée, en apporte la preuve.

On se souvient que, sans son contrebassiste fidèle, Pierre Nicolas, l’univers de Georges Brassens n’aurait pas été le même. Celui qui n’a pas eu le temps d’écrire le livre qu’il voulait faire, son Brassens vu de dos, et dont la formation de violoniste conduisait à une touche particulière sur sa contrebasse, a apporté un environnement musiscal particulier aux chansons du Sétois.

En livrant ses versions de 11 chansons de Brassens, Pauline Dupuy donne une autre approche de cet univers de mots, de croches et de jazz. « Brassens me fait du bien, dit-elle. J’aimerais qu’il vous en fasse aussi. Ce qu’il nous raconte est drôle, profond et engagé. Si on a aujourd’hui besoin de sens, on a aussi besoin de son humour et de ses valeurs. » Dès la chanson d’ouverture, Cupidon s’en fout, Pauline Dupuy nous cueille de sa voix chaude et au timbre doux qui se détache de la rythmique donnée par sa contrebasse de chevet. Elle ne copie pas Brassens et se l’approprie, faisant revivre un swing profond.

 

Le reste est à cette image. Qu’elle s’attaque à des classiques comme Le Parapluie, Mourir pour cover-contrebrassensdes idées ou qu’elle s’aventure sur des chemins moins balisés (Chansonnette à celle qui reste pucelle, La Religieuse, splendide), l’artiste fait presque oublier l’original qu’elle n’a pas connu et pour cause : elle est née en 1981 l’année de la disparition de Brassens (en octobre de la même année). Et puis, elle a su bien s’entourer avec Michael Wookey et Art Deko; le violon romantique de Jean-Christophe Lacroix ou encore la clarinette swing de Pierre-Alain Giraud. Ensemble, ils signent des arrangements de haute volée.

A l’arrivée, c’est un vrai cadeau musical, tant les arrangements sont raffinés, inventifs et bourrés d’énergie. La dame et ses compères ont commencé une tournée qui passera par Paris le 8 février à la Péniche Antipode. Entre autres. Une chose est sûre : si le « live » est à l’image du disque, il faut sans hésiter se précipiter Pauline et ses copains… Ce « nouveau » Brassens  a tout pour nous faire du bien.

(*) Disque Warner Chappel Music

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