Prévert mis en musiques

Les Chansons de Prévert 1934-1962 est un coffret qui tombe fort à point pour dignement célébrer l’œuvre du poète du quotidien, disparu il y a quarante ans.

Qui pourrait contester que Jacques Prévert (1934-1977) demeure le grand poète populaire du siècle dernier ? Par son langage accessible à tous mais aussi par sa fantaisie, son humour un brin surréaliste, Prévert a fait descendre la poésie dans la rue et, tout naturellement, l’a mariée à la chanson grâce à  des compositeurs inspirés, comme Joseph Kosma surtout, mais aussi Wal Berg et Christiane Verger,.

Le coffret Les Chansons de Prévert (*) témoigne  bien de l’importance de l’univers dupoète avec des classiques interprétés par des grands noms de la chanson : de Juliette Gréco à Edith Piaf, en passant par Mouloudji, Yves Montand et même Tino Rossi. Des artistes qui font sonner les mots d’un poète qui avait une ambition : « Écrire des chansons dont l’objet ne serait pas seulement de distraire, mais aussi d’exprimer l’angoisse des hommes devant les menaces de notre monde moderne, passablement inhumain. »

Balayant près d’un quart de siècle de création phonographique, ce coffret solide prouve la richesse d’inspiration de Prévert dont la première chanson, mise en musique par Kosma, remonte à l’été 1934 : Chasse à l’enfant  est un poème écrit en réaction à un fait divers. Une trentaine d’enfants s’étaient évadés du bagne de Belle-Ile-en-Mer en réaction à des violences de surveillants du réfectoire avait inspiré à l’administration une mesure scandalisant Prévert : octroyer une prime de vingt francs pour chaque enfant capturé. Et c’est Marianne Oswald qui a enregistré cette chanson étonnante en 1936.

Outre des classiques – notamment les chansons de classiques du cinéma comme Les Portes de la nuit, Les Visiteurs du soir... – on retrouve des titres bonus plus rares : Yves Montand pour Le Peintre, la Pomme et Picasso ou encore Marianne Oswald pour Embrasse-moi, sans oublier Marlene Dietrich qui interprète Déjeuner du matin. Et puis, comment ne pas remarquer les cinq versions (trois en français, une en anglais et une bilingue) du classique des classiques de Prévert : Les Feuilles mortes.

Il suffit d’écouter les trois CD de ce coffret, dont la qualité sonore est parfaite, pour mesurer la modernité éternelle du style d’un Prévert.

(*) Disque Frémeaux & Associés

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s