Quand Moustaki se nommait Eddie Salem…

-georges_moustaki_et_ses_premiers_interpretes_aRiche idée des éditions Frémeaux & Associés que de publier Georges Moustaki et ses premiers interprètes, une intégrale 1955-1962 des œuvres du futur auteur du Métèque qui portait, à ses débuts, un autre patronyme.

Tout le monde sait qu’Edith Piaf fut la première à faire connaître le style de Moustaki par son interprétation de Milord. Et pourtant, la grande artiste a aussi chanté magnifiquement Eden Blues, Les Orgues de barbarie.

Grâce à ce coffret de trois CD, on redécouvre ces versions oubliées et celles d’autres interprètes de Moustaki qui le firent connaître bien avant qu’il ne devienne célèbre. Que ce soit Michèle Arnaud à la manière de chanter légère et parfois profonde (Pourquoi mon dieu)  à Henri Salvador avec C’est celle que j’aime, en passant par le travail toujours fascinant d’une Barbara dont la version de Vous entendrez parler de lui est d’une absolue modernité et offre son écrin vocal à l’univers original et poétique du barde grec né en Egypte.

phpFLQjbNEn écoutant le coffret, on a d’autres surprises en écoutant la goualante parisienne d’une Irène Leconte (Le Bar des cinq parties du monde), en découvrant Hugues Aufray interprétant Le Jugement dernier  – il accompagna Moustaki avec ses musiciens dans une session restée inédite jusqu’en  2009ou  encore Dalida  qui donne avec puissance de la voix dans La Fille aux pieds nus.

Et puis, on retrouve la première version des chansons de Moustaki, qui remonte au début des années 60, quand l’auteur cherchait encore sa voix et sa voie mais avait déjà écrit des mélodies fortes comme Les Musiciens ou Les amours finissent un jour. Et  un étrange album, où Moustaki apparaissaitt aussi sous un drôle nom d’artiste pour des mélodies arabo-andalouses : celui d’Eddie Salem, imaginé pour se moquer d’Eddie Barclay qui avait sorti Mustapha, un tube de Bob Azzam. Salem signifiant « la paix » en arabe. Au dos du 45 tours, où figurent des mélodies étonnantes comme Ma gargoulette, figure une biographie des plus fantaisistes : « Eddie Salem est né le 3 septembre 1930 d’un père passager clandestin et d’une mère Inconnue sur un bateau battant pavillon panaméen, qui faisait le cabotage le long des cotes méditerranéennes entre Naples et Alexandrie. »

Bref, ce coffret ne peut que passionner les amoureux du créateur de Ma liberté, disparu en mai 2013, des suites d’une maladie pulmonaire. Avec, en bonus, des versions anglaises oubliés de titres connus comme Judgment day, par le Golden Gate Quartet ou encore Milord, par Frankie Vaughan. Un petit régal.

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