Une « Dernière danse » en chœur

En cette période de retour à une vie presque normale, Kyo offre avec Pomme cette « Dernière danse », enregistrée chacun chez soi…

Pour nous inviter à l’écoute de cette ballade folk, Kyo écrit simplement : « Hello à tous, on espère que vous profitez de votre liberté retrouvée. De notre côté, nous sommes restés confinés un peu plus longtemps pour vous offrir cette version de “Dernière Danse” avec la talentueuse Pomme dont nous sommes très fiers. Bises à tous et restez prudents !  » Une mélodie qui nous embarque en douceur…

Bertrand Bestch fait escale

Treizième opus de Bertrand Betsch, La Traversée (*) est le disque d’un artiste qui suit son chemin, quitte à dérouter son monde. Cet univers poétique a pourtant de vraies qualités.

Quand on le questionne sur un parcours hors de chants rebattus, Bertrand Betsch, natif de Draveil en banlieue parisienne en septembre 1970, répond : « Je suis un artiste profondément inactuel. » Parfois, surtout par ces temps de réseaux sociaux omniprésents et de chaînes d’infos en continu qui murmurent tout le temps, être inactuel est une qualité.  Pour ce retour sur le devant de la scène,  après quelques infidélités dans la publicité (pour subvenir à ses besoins) et l’écriture de livres, Bertrand Betsch s’est bien entouré  avec son producteur Marc Denis, deux violonistes, un violoncelliste, un pianiste, un bassiste, un guitariste, une clarinettiste, une flutiste, un batteur et enfin d’un contrebassiste.

Cela confère à son album un raffinement certain pour mettre en valeur des chansons qu’il interprète dans un registre vocal situé entre Souchon et Delerm. On passe ainsi d’une mélodie chaloupée à la rythmique latino de À la dérobée à des solos de clarinette surgissant au milieu de Au rendez-vous en passant par des roulements de batterie dans Les Embardées.

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En ballades avec Grand Palladium…

CHANSONS


Le premier disque éponyme de Grand Palladium – duo né du côté de la rade de Brest,  qui vit naître quelques belles destinées du rock – sonne comme un appel du large. Avec des mélodies folks-rocks bien tempérées.

Duo fondé à Brest par Kevin Moal et Vincent Dauvergne, Grand Palladium a pris le chemin de la scène en Bretagne comme dans le reste de la France depuis cinq ans. Et c’est en tournant en première partie de Matmatah que le groupe s’est fait connaître du grand public et a rodé les onze titres composant ce premier disque griffé de leur nom. Ces deux là se croisent depuis un temps certain et Vincent a même déjà roulé sa bosse avec le groupe Lazhar (on se souvient de la chanson Hanna), tandis que Kevin assurait les guitares dans la formation Septembre.

Le hasard fait bien les choses et les deux musiciens qui se sont croisés en 2015 et fait des bœufs ensemble ont mis sur les fonds baptismaux ce Grand Palladium, un nom qui marie – ces deux gars sont espiègles – une célèbre marque de chaussure et The Grand Budapest Hotel, le film de Wes Anderson qui les avait, tous deux, marqués.

Pour cette nouvelle aventure, Grand Palladium  a embarqué un habitué des studios : Benoît Fournier alias Scholl, le batteur de Matmatah et le disque a été mastérisé au célèbre Abbey Road Studios de Londres par Frank Arkwright. Si Benoît Fournier assure les batteries, Vincent Dauvergne et Kevin Moal assurent toutes les parties musicales de l’opus où le folk et le rock se marient au son des pianos, violons, harmonicas, dobro et autres percussions. Et, mélodiquement, ce premier album offre une belle unité sonore dès le premier titre, Tant que la nuit veut tomber qui débute par de jolis arpèges de picking aux guitares avant que les arrangements ne s’étoffent.

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Le monde de Ludéal

CHANSON


L’Aurore Ludéal(*), voilà un titre d’album poétique pour un artisan de la chanson au talent réel même s’il n’a point encore trouvé le public qu’il mérite.

Il y a douze ans, d’aucuns soulignaient les qualités des chansons de Ludéal. Le public n’ayant pas encore massivement accroché à son univers, c’est à compte d’auteur que Ludéal publie son cinquième album, L’Aurore Ludéal (*). Une fois encore, l’artiste ne cède pas à la facilité mais défend son monde avec un disque resserré, et qui prouve des influences nombreuses. Ludéal a souvent dit qu’il pouvait fignoler pendant des heures ses mélodies et se remettre en question d’une manière permanente. On sent dès la première écoute de cette Aurore le soin porté aux arrangements. Dès la chanson d’ouverture – qui pourrait s’inscrire dans la lignée d’un Gérard Manset (ou encore par la volonté que la voix reste en dessous de la musique, une autre marque de fabrique du disque)- Les Rivières les sonorités graves d’un saxophone font irruption dans une mélodie plutôt paisible.

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Poisson en eau vive

Nouveau disque de Tom Poisson, Se passer des visages (*) est un opus où les mélodies légères en doivent pas masquer le propos qui peut être lourd de sens…

À l’instar d’autres artistes de sa génération, Tom Poisson a deux visages : celui du groupe Les Fouteurs de joie, dont le nom est déjà tout un programme et celui d’un artiste qui cultive l’art de vivre aussi en solo.  Il l’a prouvé lors d’une tournée intimiste, aux côtés de Paul Roman, dans un spectacle intitulé 2 + 1, soit 2 hommes & 1 micro, qui en dit long sur la volonté de l’artiste de montrer ses nouvelles chansons sur un mode des plus épurés et intimistes. Une manière aussi de pouvoir tourner avec la plus grande liberté. Une volonté d’être et de paraître, rodée par quinze ans de carrière. Il souligne : « Certains artistes ont une immédiateté à 25 ans. Dans mon cas, c’est comme un puzzle, assez long à faire mais qui vaut sûrement le coup de voir terminé. La vie, les épreuves, le travail nous font grandir, cela se ressent forcément dans ce qu’on peut produire », dit-il. Se passer des visages est donc le fruit de cette lente maturation avec une mise en ondes où, derrière le fluidité des arpèges et des rythmiques de guitares, se glissent des arrangements plus sophistiqués, fruit d’une collaboration de Tom Poisson avec deux complices des arrangements : Fred Pallem ( qui assure aussi quelques parties musicales) et Alexandre Léauthaud, présent aussi au clavier et aux percussions ponctuelles.

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Le monde de Pomme

Chansons

Nouvelle plume de la chanson, Pomme taille sa route avec un deuxième album, Les Failles (*). A fleur de mots, à fleur de peau.

Pour Pomme, 23 ans, tout a commencé du côté de Lyon il y a longtemps dans un collège de banlieue où un copain lui trouve ce surnom. Il deviendra plus tard son nom de scène. Ayant commencé le Conservatoire à l’âge de 6 ans – elle n’est pas pour rien née dans une famille amatrice de musique – ayant pratiqué  la chorale, deux ans plus tard, ce qui lui permet de voyager un peu partout, et ayant découvert rapidement la guitare avant de donner ses premiers concerts dans les bars lyonnais : Pomme n’est pas venue à la musique sur le tard. Quand elle sort son premier album en 2017, Claire Pommet (pour l’état civil) a déjà bourlingué sur bien des scènes.

Pour ce deuxième disque, elle a voulu partir sur un terrain vierge, n’a repris personne de l’équipe du premier album : toutes les chansons sont d’elles et elle a arrangé et réalisé l’opus avec un certain Albin de la Simone. En cinq jours de prises de son. Sur la pochette du disque, elle prévient : « On a tous des zones d’ombres à l’intérieur, on a tous déjà eu de la peine, et c’est ce qui nous rend humains. La beauté est dans les failles, c’est ce que je crois, j’apprivoise les miennes, et j’espère qu’en écoutant les chansons, vous pourrez vous regarder et aimer les vôtres. » Au passage, Pomme a créé sa maison d’édition, Sois Sage Musique. Tout un symbole.

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Valentin Vander sur la pointe du cœur

CHANSONS
Entre rythmes doucement chaloupés et pop élégante, Valentin Vander continue sa carrière aussi en solo avec Mon étrangère (*) en forme d’introspection douce et mélodieuse.

Loin du groupe des Goguettes en trio, Valentin Vander mène donc une route parallèle et personnelle.

Avec un humour mélancolique, il propose dans Mon étrangère, un album où il promène sa silhouette dégingandée et son regard un brin désabusé sur les choses et le monde. Le ton est donné dès la deuxième chanson, La Femme de ma vie où il lance l’air de rien, évoquant les « passantes » chères à Brassens, : « La femme de ma vie vient de passer devant moi/je ne lui ai pas dit/ on ne dérange pas les gens pour ça… » Dès le titre suivant – Elle passe (encore…)- il remet le couvert  : « Je suis trop loin/ Pour lui montrer le chemin ».

Mais l’artiste élégant préfère chanter sur un volcan que de porter la voix sur les désordres du monde, même s’il s’agit d’une posture (imposture ?) : « Il se peut que je meure de bonne humeur/ tandis que le monde brûle » ajoute celui qui a fait de la frivolité une carte de visite assumée (Il se peut).

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Elie Antoine à fleur de mots

Le succès étonnant de La Rose et l’Armure – car le titre détonne avec le reste de son album- a soudain propulsé Antoine Élie sous le feu des projecteurs et des plateaux de télévision. Roi du silence(*), son premier album, révèle un artiste inspiré et attachant.

Hier grand amateur de rap, Antoine Élie a su mettre ses mots à lui sur un univers musical qui chasse large et se joue de rythmiques variées qui n’écrasent jamais les mots. De sa voix cassée par les nuits blanches et alcoolisées, souvent évoquées dans les titres (de Clopes, Sky-Cola à Nuit tranquille), Antoine Élie livre bien des fêlures avec des textes qui font montre d’un joli sens des images qui touchent. Ainsi quand il lance avec des vibrations à la Jonasz (dans un registre plus bas) dans Où aller ? : « J’veux pas sourire, j’ai les canines encrassées… / Par peur de mourir… J’me tiens droit, les doigts croisées… Mais où aller ? où aller ? »

Avouant qu’il est d’un naturel « solitaire » – « parce que j’aime ça ! » – Antoine Élie, ce fils de médecins âgé aujourd’hui de 30 ans,  sait dire les fêlures d’amour dans un style qui détonnne comme dans L’Amas d’chair, un cri d’amour un brin désespéré, suite à une séparation douloureuse,  sur des boucles électros où le mot amour est conjugué sous les tons, avec une vraie véhémence. « Personne m’aimera jamais, même moi… / Aime-moi, aime-moi… »
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Mira Cétii : la musique dans les étoiles

Ayant pris pour nom d’artiste celui d’une étoile, Mira Cetii a tout naturellement intitulé son premier album Cailloux & Météores (*). Des comptines poétiques, parfois inégales, mais qui ne manquent pas musicalement d’un certain charme.

Étoile binaire de la constellation de la Baleine, Mira Cetii a aussi les pieds sur terre et pour cause : en y ajoutant un « i », une jeune artiste, Aurore Reichert, a décidé de se l’approprier comme nom de scène. Et ses premiers EP, d’abord en duo avec le guitariste Jean-Pascal Boffo, ont tous porté un nom céleste : Cetus, Persée et Orion. Autant de signes que la dame aime avoir la tête ailleurs et nous invite au rêve.

Cailloux & Météores(*) a une pochette  à l’image de son contenu : l’artiste s’y dévoile un peu tout en tenant un étrange objet dans les mains. En solo, Mira Cétii s’est créée un univers musical pop marqué par des influences anglo-saxonnes pour habiller des textes à la poésie lyrique. Àgée de 37 ans, Mira Cétii, qui a été bercée par la musique dans son Saint-Avold natal, par un père guitariste amateur, définit d’ailleurs son univers comme de la « poésie pop ».

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