Elie Antoine à fleur de mots

Le succès étonnant de La Rose et l’Armure – car le titre détonne avec le reste de son album- a soudain propulsé Antoine Élie sous le feu des projecteurs et des plateaux de télévision. Roi du silence(*), son premier album, révèle un artiste inspiré et attachant.

Hier grand amateur de rap, Antoine Élie a su mettre ses mots à lui sur un univers musical qui chasse large et se joue de rythmiques variées qui n’écrasent jamais les mots. De sa voix cassée par les nuits blanches et alcoolisées, souvent évoquées dans les titres (de Clopes, Sky-Cola à Nuit tranquille), Antoine Élie livre bien des fêlures avec des textes qui font montre d’un joli sens des images qui touchent. Ainsi quand il lance avec des vibrations à la Jonasz (dans un registre plus bas) dans Où aller ? : « J’veux pas sourire, j’ai les canines encrassées… / Par peur de mourir… J’me tiens droit, les doigts croisées… Mais où aller ? où aller ? »

Avouant qu’il est d’un naturel « solitaire » – « parce que j’aime ça ! » – Antoine Élie, ce fils de médecins âgé aujourd’hui de 30 ans,  sait dire les fêlures d’amour dans un style qui détonnne comme dans L’Amas d’chair, un cri d’amour un brin désespéré, suite à une séparation douloureuse,  sur des boucles électros où le mot amour est conjugué sous les tons, avec une vraie véhémence. « Personne m’aimera jamais, même moi… / Aime-moi, aime-moi… »
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Mira Cétii : la musique dans les étoiles

Ayant pris pour nom d’artiste celui d’une étoile, Mira Cetii a tout naturellement intitulé son premier album Cailloux & Météores (*). Des comptines poétiques, parfois inégales, mais qui ne manquent pas musicalement d’un certain charme.

Étoile binaire de la constellation de la Baleine, Mira Cetii a aussi les pieds sur terre et pour cause : en y ajoutant un « i », une jeune artiste, Aurore Reichert, a décidé de se l’approprier comme nom de scène. Et ses premiers EP, d’abord en duo avec le guitariste Jean-Pascal Boffo, ont tous porté un nom céleste : Cetus, Persée et Orion. Autant de signes que la dame aime avoir la tête ailleurs et nous invite au rêve.

Cailloux & Météores(*) a une pochette  à l’image de son contenu : l’artiste s’y dévoile un peu tout en tenant un étrange objet dans les mains. En solo, Mira Cétii s’est créée un univers musical pop marqué par des influences anglo-saxonnes pour habiller des textes à la poésie lyrique. Àgée de 37 ans, Mira Cétii, qui a été bercée par la musique dans son Saint-Avold natal, par un père guitariste amateur, définit d’ailleurs son univers comme de la « poésie pop ».

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Des échos de Verdée

Artiste atypique, Verdée sort son premier album, Dans nos pas (*) où les mots répondent aux sons pour créer une atmosphère particulière.

Sur le site de Verdée figure une de ses « activités » : les balades musicales, des parcours de marche « ponctués de haltes en musique, au contact d’une nature que l’on redécouvre parfois jusque dans la ville. » Elle y interprète des titres dans un version épurée, permettant même aux participants d’inventer ensemble des « chansons territoires »…Et l’on se dit alors que Verdée n’est pas une artiste banale. Il est vrai, avec ce nom qui symbolise tout un univers naturel à lui-seul, l’artiste a multiplié les voyages pour trouver sa voix et sa voie : elle a étudié le droit, les claquettes, pris des cours de photo avant de chanter du jazz, de la bossa nova et d’inventer un duo « électro bazar », Katia Golmann et Lui. Désormais, elle pointe seule sur le devant de la scène et des clips.

Pour autant, elle avance masquée derrière ce pseudonyme pour signer un album en onze titres. Partageant l’écriture avec Edouard Peramaud – « on n’écrit plutôt par dans la douleur » dit-elle – Verdée se met ensuite à inventer les couleurs sonores, soit au clavier, soit en jouant avec les curseurs d’un vieux Moog ou en taquinant la boîte à rythmes. Le résultat est un disque qui ne se livre pas dès la première écoute mais où la voix de Verdée qui peut monter vers les aigus vous agrippe, fruit de cogitations nées « dans le silence des processeurs » (Petite machine)

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Moustaki, prénom Pia

LIVRE

Sorti il y a quelques semaines, Fille de métèque(*) est un beau récit de Pia Moustaki qui revient sur une vie pas vraiment banale consacrée à se faire un prénom, à l’ombre de parents à la forte personnalité et dont l’un fut très célèbre.

Sa première guitare lui fut offert par Edith Piaf et au fil des pages Fille de métèque, on croise bien des noms connus : Jacques Higelin, Brigitte Fontaine et Areski Belkacem, Coluche, Renaud ou encore Maxime et Catherine Le Forestier quand il ne s’agit pas de Georges Harrison ! Fille de Georges Moustaki – celui qui fit du mot « métèque » ses lettres de noblesse – et d’une mère bretonne, artiste et auteure de poésie, Yanick Varech, Pia a connu une enfance bercée par la vie de bohème.

Retraçant en des lignes alertes, le destin des deux familles qui composent sa lignée, comme un trait d’union entre l’Orient et la Bretagne, Pia Moustaki signe un récit honnête où, si elle reconnaît une enfance atypique, évoque aussi les longs moments de solitude, la difficulté de pousser auprès de parents hors-normes, de se faire une place personnelle dans la société, sans toujours devoir quelque chose à ses parents. Elle écrit ainsi son parcours de jeune maman : « Il est urgent de gagner de l’argent, car je ne veux pas en demander à mes parents. Pendant ce temps-là, celles et ceux qui ne connaissent de moi que mon patronyme m’imaginent très, très gâtée… »

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Brassens et la croque-notes

On avait déjà repéré ses versions de Brassens avec l’album À l’ombre du cœur, Pauline Dupuy poursuit l’aventure de Contrebrassens avec un « live »(*).

Interpréter Brassens peut s’avérer un exercice casse-gueule. Avec sa contrebasse posée contre son épaule, Pauline Dupuy a déjà prouvé par son premier album griffé Contrebrassens qu’elle avait de l’énergie sous son archet. Et une sacrée inspiration musicale. On le mesure avec la sortie de Bal Blomet, un disque où elle a réfléchi à la manière de restituer l’atmosphère de la scène. Elle explique : « Je souhaitais cette fois de manière plus spontanée, graver la musique que nous jouons en concert. Enfermés tous les quatre dans la même grande pièce du studio pendant plusieurs jours, nous avons cherché l’Instant, la magie. Et c’est donc brut et sans retouche, dans un esprit jazzy et vivant que nous présentons ces cinq titres. »

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Cyril Mokaiesh : un retour gagnant

Avec Paris-Beyrouth (*), son quatrième album, Cyril Mokaiesh s’est inspiré d’un voyage retour dans le pays de ses origines. Un retour – ô combien – gagnant !

Paris-Beyrouth, c’est l’album des retrouvailles de Cyril Mokaiesh avec le pays paternel : il est né à Paris d’un père libanais et d’une mère française, sa famille paternelle ayant fui une terre d’un interminable conflit. C’est aussi un disque pour fuir un quotidien qui semblait peser et ce Paris où l’artiste vit même s’il a écrit et enregistré en grande partie ce disque au pays du cèdre. Il souligne : « J’y ai fait des rencontres merveilleuses , passé des nuits fauves et contemplé des paysages oranges qui m’ont donné un peu de leur lumière … « 
Cohabitation entre l’Orient et l’Occident, ce disque est celui de la maturité pour ce chanteur de 34 ans qui  marie musiques électroniques et  instruments traditionnels dans ce voyage musical métissé et épicé. Depuis ses débuts en 2011 avec Du rouge et des passions, on avait mesuré la qualité d’écriture du chanteur qui a d’abord été tenté par une carrière de tennisman. Autant dire qu’il n’avait pas eu beaucoup le temps de revenir au Liban. Il a eu le déclic de ce retour en ressentant « ‘l’envie de fouler une terre vierge, me réveiller avec d’autres parfums, d’autres gens. Chercher quelque chose. » 

Il ouvre ce Paris-Beyrouth si bien inspiré par une évocation justement de ses Origines dans une chanson évoquant le retour « au champ de (ses)  racines » et où il lance : « J’étais un tendre, un joyeux/ Adolescent amoureux/ J’étais le jour pas la nuit/ Dans le regard des amis/ Qu’il est proche et loin ce temps là ! »
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La carte postale musicale de Michael Jones

Non sans humour, Michael Jones célèbre le tube signé avec Jean-Jacques Goldman, Pas toi, sorti en mars 1986. Souvenirs, souvenirs…

Il fut un temps où Jean-Jacques Goldman faisait  encore le tour de France et de Navarre des scènes, accompagné par son vieux complice, le guitariste gallois Michael Jones (et qui fera ensuite partie, on s’en souvient tous,  du trio Fredericks/ Goldman/ Jones).  En mars 1986, la chanson Pas toi se vend à plus de 400 000 exemplaires et reste classé vingt-et-une semaines au Top 50.

Lors de la tournée de 1999, le duo s’amusa à jouer le morceau dans des versions différentes : du rock au rap en passant par le jazz et même le tango, lors d’un medley où une partie était chantée en anglais par Michael Jones.

Pour célébrer les vingt ans de cette version, Michael Jones , qui vient de célébrer « on stage » ses 48 ans de carrière, s’est amusé avec son groupe à signer un clip déjanté de ce désormais « classique » de la chanson française. Et c’est assez réussi : jugez sur pièce, notamment avec la version déjantée à souhait de Bohemian Rhapsody.

Devant les réactions positives sur les réseaux sociaux, Michael Jones a écrit :  « L’accès au clip est volontairement gratuit pour tous ! Au départ, je tenais à remercier toutes les personnes qui me suivent fidèlement depuis des années et qui sont venues assister aux 98 concerts de 2019. Mais je suis agréablement surpris de voir que tous les amoureux de la chanson française et des années 80 se retrouvent aussi dans ce clip ! »

Retour sur l’original

Le grand « méchant « live » de Vincent Baguian

Artiste doué d’humour mais discret, Vincent Baguian a mis huit ans à sortir ce Méchant live (*) où, flanqué d’Hugo Renard au piano, à l’accordéon et complice en dérision, il revisitait son répertoire et ses trois albums studio.

Vincent Baguian cultive une certaine réserve et promène sa dégaine tranquille sur les chemins de traverse de la chanson française, mais avec un style certain et un goût du second degré. Comme si les gens trop sérieux avaient le don de l’ennuyer. Il l’a prouvé récemment encore en signant pour le principal intéressé : Si tu n’aimes pas Florent Pagny...

Avec son Méchant live, on peut plonger dans l’ambiance cabaret de ce concert remontant à 2011 où, guitare au poing, Vincent Baguian donnait libre court à son sens de l’humour avec son complice en double croches, Hugo Renard. Un duo taillé pour la musique mais aussi pour le ping-pong verbal sur scène.

On y retrouve avec plaisir sa chanson d’un artiste en quête de reconnaissance, mais pas dupe : Sous Souchon, où il n’hésite pas à lancer : « À côté de Jacques/ Je suis une brêle ».

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Sophie Le Cam l’impertinente

Il y a loin du badminton à la chanson… Pourtant, Sophie Le Cam a fait le grand écart et signe un nouvel EP, Veuillez croire où son ton irrespectueux et son sens de la dérision font mouche.

Certains artistes aiment s’engager. Sophie Le Cam le fait pour la cagoule en laine qui lui a inspirée une chanson en forme de point d’interrogation de son nouvel EP…

Biberonnée aux chansons d’un Renaud, cette artiste née en 1987 au nord de la Loire, a su, en quelques titres et une utilisation originale de  clips aussi délirants que décalés, offrir un univers sonore qui joue le grand équilibre entre la nostalgie des sixties et  le réalisme ironique à la mode des chansonniers.

Entre insolence et innocence, Sophie Le Camp sait nous embarquer entre rire et émotion avec ses petites histoires où son talent d’interprète doublé de ses dons de comédienne savent attirer le chaland. Rien que la chanson d’ouverture avec son orgue déglingué, Tous les Michel, montre que la jeune chanteuse a compris bien des ficelles médiatiques et sait en jouer pour faire entendre sa différence.

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