Carine Achard : femme piano

Dans son nouvel album, La Traversée(*), Carine Achard confirme un style et une manière d’être. Il montre que, depuis ses débuts en 2010, l’artiste a fait un sacré bout de chemin.

Dès l’écoute de La Traversée (*), on sent Carine Achard plus libre derrière son clavier. Femme piano, l’artiste, installée désormais à Tours, se livre et célèbre la vie sur tous les tons et bien des rythmes avec des arrangements plutôt raffinés et, outre ses deux compagnons de scène, le harpiste Philippe Carillo et le percussionniste Dominique Chanteloup, elle s’est adjoint pour ce disque quelques instrumentistes qui donnent une vraie couleur à l’opus.

Carine Achard décline sur tous les modes l’amour, ses plaisirs mais aussi ses tourments  : de L’amour existe qui clôture avec fougue l’album à Ton inquiétude avec ces vers « Il n’y a que toi pour me guérir/ Me guérir de moi. » Mais elle peut aussi jouer sur la légèreté avec l’étonnant L’homme qui vole où elle évoque ces mâles de l’air en se jouant des mots et des sonorités.

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Fontaine Wallace : un premier album racé

Le premier album éponyme (*) de Fontaine Wallace est un petit miracle d’équilibre. Avec des histoires en apparence simples et directes qui touchent dès la première écoute, ce groupe sait faire partager des atmosphères singulières.

Certains des musiciens de Fontaine Wallace ont déjà fait leurs armes avec des groupes comme Superflu, Luke ou encore Prohibition. On voit qu’ils ont un certain métier  dès qu’on écoute la première chanson de l’album, Une odyssée, dont la pop accrocheuse et raffinée retient vite l’attention. Tout le reste de l’album se déroule sans anicroches avec des mélodies qui s’insinuent doucement, portées par de belles harmonies musicales.

Accompagné de Cécile Beguery à la basse, de Ludovic Morillon à la batterie et de Fabrice de Battista aux claviers, Nicolas Falez- qui assure le chant et la guitare – déroule une série d’histoires qui s’inspirent du quotidien sans en rester captives.

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Yvan Marc se met au vert

Quinze ans de discographie n’ont pas émoussé l’inspiration d’Yvan Marc, artiste pop rock. Avec Nos dimanches (*),  il garde les pieds sur terre, semble plus apaisé mais ne renie pas des convictions qu’il a chevillées au corps.

Compagnon de route de Mickaël Furnon, alias Mickey 3D, et de Pascal Collomb – qui joue sur Nos dimanches et assuré les arrangements – Yvan Marc mène sa carrière sans faire de bruit, tout en continuant à enseigner en parallèle à des jeunes en lycée agricole d’Yssingeaux. C’est en artisan qui garde les pieds sur terre qu’il signe son septième disque, Nos dimanches.

Le premier clip extrait du disque, Sous les gants, tourné au Puy-en-Velay et dans lequel figure son fils,  donne le ton d’un ouvrage moins impliqué dans son engagement, moins porté à dénoncer les désordres du monde (on se souvient du réjouissant Propaganda par exemple). Au magazine Francofans, il s’explique en ces termes : « J’ai écrit beaucoup sur la société, l’engagement et j’ai eu l’impression de tourner en rond. J’avais envie d’explorer d’autres contrées, peut-être avec des albums un peu plus proches de moi, plus intimistes dans lesquels je suis moins dans la revendication et la critique. »

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Adrienne Pauly réveille la bête…

A l’image de son clip de L’excusemoihiste, où apparaît une ex-vedette de la météo, le nouvel album d’Adrienne Pauly est un ouvrage (longtemps attendu) audacieux, ironique, tonique.

Onze ans de silence radio. Il est vrai, depuis le succès de J’veux un mec, qui révéla cette dame brune au grand public, Adrienne Pauly avait opté pour les chemins de traverse, pris les risques du silence. Mais doutait-elle ? Fallait-il « l’ouvrir la boucler? Partir rester? Si tu sais plus c’que tu fous là et qu’dans ton miroir, c’est le trou noir. » Qui le sait sauf la principale intéressée ?

Cela dit, Adrienne Pauly a mis à profit cette longue pause musicale pour tenter d’autres aventures, retrouver ses premières amours et  tourner notamment dans deux films de Chabrol (Au cœur du mensonge, en 1999 et Bellamy, en 2009( film qui lui valut le Prix du meilleur second rôle féminin au Festival Jean Carmet de Moulins), ou pour Jean-Pierre Mocky (La Bête de miséricorde, en 2002). Et on se souvient encore de sa prestation sur Arte dans La Tueuse, de Rodolphe Tissot.

De retour à la chanson, cet enfant de la chanson réaliste et de Serge Gainsbourg dont on mesure à l’écoute de ce nouveau disque l’indéniable influence, a tôt fait de retrouver ses marques et de prouver son talent d’interprète. Et de réveiller « la bête qui dort » en elle, pour paraphraser le titre d’une de ses nouvelles chansons. Lire la suite

Sand dessus dessous

Objet tranquille, Onaia, troisième album du duo Sand offre un voyage poétique, un brin mélancolique ,et apaisé dans des contrées musicales diverses et variées.

Prix Charles Cros en 2015 pour Sirocco, Sand est de retour avec Serge, son partenaire dans la vie comme sur scène, pour un album Onaia (*) dont les couleurs sont résolument pop world. Et dont la musicalité naît d’objets les plus divers comme le souligne la pochette qui évoque même l’usage de tuyaux à côté d’une bonne vieille basse ou de l’udu, percussion venue du Niger. Sur scène, le duo peut aussi se produire avec la pierre chantante, une sorte de harpe en basalte. Entre autres… « On a choisi des instruments qui font référence aux éléments », souligne Serge. Sand, pour Sandrine Button-Waeffler, fait référence  à un surnom reçu au collège mais aussi, on s’en doute, à l’auteure de La Mare au diable et femme libre dont la jeune chanteuse dit : « C’est une femme que j’admire énormément, qui a beaucoup apporté à la littérature française ».

En onze titres, Sand nous embarque sans hausser le ton ni mettre la sono à fond dans un univers poétique et onirique. Dès l’ouverture et ce Sanctuaire, Sand déclare : « J’ai perdu la carte/ Le chemin qui mène au sanctuaire/ Le sentier des secrets/ Alors j’ai marché. »

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Yvette Guilbert, la femme moderne

Elle fut une grande voix de la chanson, pionnière du féminisme. Dans un coffret étonnant de 3 CD, Yvette Guilbert voit son répertoire revisité par Nathalie Joly. Et de belle manière.

Elle fut l’amie de Freud – qui écoutait en boucle sa chanson Dites-moi que je suis belle – et Toulouse-Lautrec l’immortalisa. Reine du café-concert à la Belle Époque, Yvette Guilbert a marqué les annales de la chanson par un répertoire très en avance et pas ses prises de position féministes. La dame était une pionnière du genre à une époque où ces dames étaient corsetées et soumises à la férule de leur époux.

Parolière, auteur, actrice, metteur en scène… , Yvette Guilbert, née le 20 janvier 1865 à Paris et morte en février 1944 à Aix-en-Provence, fait partie de ces artistes qui ont exploré bien des pistes artistiques comme en témoigne sa passionnante autobiographie, La Chanson de ma vie.

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Géraldine Torres, une indignée douce

Un premier album haut-en-couleur pour Géraldine Torres. Avec La Vie sur les os(*), la chanteuse, riche de dix ans de métier en groupe et sur la route, prouve la palette de son talent.

D’emblée, Géraldine Torres cueille son monde par une énergie partageuse. La voix rauque de la dame nous embarque vers des territoires où l’indifférence n’est pas de mise et la colère jamais feutrée. Pour preuve, la chanson dédiée au 11 septembre. Pas celui des tours jumelles de New-York, non celui d’un triste jour au Chili où la dictature militaire mit fin au désir de changement politique de Salvador Allende en son palais de La Moneda et où la guitare de Yann Pompidou distille une douce nostalgie des temps sans bruits de bottes. On sent chez Géraldine Torres le désir qu’une tragédie n’en efface pas une autre dans la mémoire collective.

Le reste d’Avec la vie sur les os est à l’image de ce titre : inspiré, solide, puissant. Et varié. Ce qui n’est pas courant dans l’univers musical actuel où la confession intime (et lassante) tient lieu de passeport…


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