La douceur pop de Bertille

Multi-instrumentiste de formation, Bertille sort son premier EP où elle délivre un univers féminin sur un univers pop teinté d’électro. Pas désagréable, mais non plus bouleversant.

On aimerait adorer la voix de Bertille, plonger sans réserve dans l’univers délicat, doux et tendre, de son premier CD, #ep (*) où elle se livre en six titres, sur des mélodies ou la pop le dispute aux accents électros.

Des chansons qui ont une atmosphère indéniable, que ce soit dans des textes comme Du vent dans les voiles ou encore Les Rivières dans laquelle surgit au final un beau solo de violoncelle.

C’est la première fois que la jeune femme se met sur le devant de la scène après le duo qu’elle formait en 2015 avec Olivier Daguerre et, plus près de nous, avec sa participation dans le groupe Wallace. Un vrai donc défit pour cette artiste discrète habituée à rester dans l’ombre de.

Elle qui définit « l’émotion comme son moteur » a donc couché sur le papier des mots pudiques pour dire son petit monde. D’amour, il est souvent question dans cet album où elle peut ainsi évoquer les infidélités amoureuses dans Du vent dans les voiles où elle évoque le « nez qui s’allonge » de celle qui a triché sur la carte du Tendre qu’un amour passion dans Je plonge et qui est prétexte à  un très inspiré vidéo-clip. Lire la suite « La douceur pop de Bertille »

Publicités

Le folk apaisant de Frédéric Bobin

Après avoir fait des études universitaires consacrées à  Boris Vian, il n’est pas illogique de passer à la chanson. La preuve avec Frédéric Bobin qui sort un nouvel album folk à la douce beauté :  Les Larmes d’or (*). Un titre poétique à l’image d’un album ciselé…

Silhouette longiligne, moustache discrète et bouc en rapport :  sur la pochette de son disque, il y a quelque chose d’un mousquetaire dans la dégaine de Frédéric Bobin, ce natif de Bourgogne installé à Lyon et qui a commencé de chanter en 2003. Une activité qu’il n’a cessé de pratiquer depuis avec même un intermède africain, en 2008,  et une résidence au Sénégal pour la création d’un spectacle de danse contemporaine – The Scales of Memory –  dont il co-signa la musique avec le compositeur Laforest.

Les Larmes d’or porte la signature d’un musicien et interprète (son frère Philippe signe les paroles) qui prend son temps d’évoquer les choses et préfère le dépouillement d’un folk bien tempéré aux déluges de décibels d’un rock assourdissant. L’univers musical de Frédéric Bobin est intimiste entre la batterie et la basse, tenues par Mikael Cointepas; le violoncelle d’Hélène Piris, qui donne également de la voix dans les chœurs et l’harmonica de Vincent Dupuis ( qui fait quelques merveilles sur des titres comme Jimmy et Les Étreintes intermittentes), l’artiste se réservant le jeu à la guitare et autre guitare slide.

Lire la suite « Le folk apaisant de Frédéric Bobin »

Les voyages de deux frères

Duel se glisse sur les ondes pour livrer une pop ciselé à travers Palma Pop, un EP de six titres qui invite à un voyage de notes et de mots.

L’un vient de Roubaix, l’autre du Mans.Julien Boulfray et Brieuc Carnaille ont uni leur inspiration et leur destinée pour faire de la musique personnelle et originale. Palma Pop illustre bien  les ambitions d’un groupe qui a d’abord commencé à écrire en anglais en hommage à un artiste qu’il aime par dessus tout : Bob Dylan. Avec Palma Pop (*), Duel nous invite cette fois dans la langue de Molière (avec quelques mots en anglais parfois) à découvrir leur univers de pop bien tempéré.

D’un long séjour aux États-Unis, le duo a rapporté tout un univers sonore et des souvenirs pour nourrir leur univers créatif, inspiré aussi bien par des moments dans les petits restaurants de la ville que par les carrefours de Brooklyn ou encore les buildings du West Side. Avec, en toile de fond, l’atmosphère cinématographique de Manhattan. Sans oublier  un soupçon d’érotisme et de sensualité glissé dans le décor, comme l’atteste la pochette de l’album qui évoque des formes callipyges. Perfectionniste, Duel a confié la confection  de ladite pochette, qui se remarque, à Paul Rousteau qui parvient à évoquer le sensuel dans une image colorée et intrigante.

Lire la suite « Les voyages de deux frères »

Bodie : le corps du délit…

Nouvel EP du groupe Bodie, Où va-t-on dormir ce soir (*) mise sur le tempérament et la fantaisie de trois drôles de dames.

Bodie est le fruit des rencontres d’Astaffort, pilotées par Francis Cabrel. Emile Marsh, Cécile Hercule et Joko s’y sont trouvées des affinités électives et l’envie de faire ensemble un bout de chemin sur la scène comme sur les ondes. En cinq titres, Bodie racontent des aventures dans lesquelles chacune tient un rôle spécifique : Imogène joue les brutes quand Andrée préfère être aguicheuse et Joko faire montre d’une froideur toute calculée.

S’entourant à l’écriture de personnalités comme Oldelaf et Arnaud Joyet, Bodie raconte, dans la chanson d’exposition de leur EP,  Où est la lune ?, le récit de trois nanas qui se sont évadées et doivent trouver un nouveau toit tous les soirs en espérant échapper à la police qui est sur leur trace depuis leur  évasion de la prison de Folsom en Californie, chère à Johnny Cash. Lire la suite « Bodie : le corps du délit… »

Le franc chanter d’Évelyne Gallet

La Fille de l’air (*) est la production haut de gamme d’une fille de Lyon, Évelyne Gallet, un défilé de savoureux portraits. Un disque plein de punch, d’humour et bien tourné.

Évelyne Gallet n’en est pas à son premier tour de piste et cette Fille de l’air est son cinquième album dans lequel elle a fait appel à côté de ses auteurs complices, à d’autres plumes : Dimoné ou Presque Oui, Thibaut Defever. Entre autres…

Chez Évelyne Gallet, la pulsation est de rigueur et, de chanson en chanson, la rousse s’en donne à cœur joie en prévoyant qu’elle n’est pas une nana à mettre dans toutes les pièces, tant son franc parler peut faire mouche. Elle chante : « Je suis une fille de l’air/ Celle qu’on regarde de travers/ Celle qui jamais n’obtempère ». (La Fille de l’air). Une nana qui sait aussi « jurer comme un charretier » (Je ne sais pas) et pourrait faire concurrence, dans une version féminine à un certain Jean Yanne, dans la manière de se rire de tout, mais non sans style.

Lire la suite « Le franc chanter d’Évelyne Gallet »

Pierre Perret : la liberté d’en rire…

Plus de soixante ans de carrière au compteur, mais toujours une manière artisanale de composer ses chansons. Il a fallu trois ans à Pierre Perret pour ciseler les douze chansons d’Humour liberté (*). Si, musicalement, l’opus n’a rien de très novateur, Perret sait trousser des couplets graves sans jamais surligner le trait.

Pierre Perret a beau avoir 84 ans printemps, il ne s’endort pas sur ses lauriers.  Et son inspiration sait aussi jouer avec la technologie. La preuve ? Suite à un texte publié sur son site, il y a trois ans, il a cédé aux demandes de ses fans pour composer Ma France à moi. Hymne à un pays qui a longtemps plus rayonné par les productions de ses hommes de culture que par des rodomontades de politiciens en mal de consécration médiatique. Il chante ainsi, faisant écho au célèbre texte de Jean Ferrat avec lequel il débuta dans un cabaret parisien, cet hymne qui n’a rien de patriotique : « Ma France à moi celle que j’adore/ Celle des Klarsfeld celle de Senghor/ Celle de Prévert et la France des paysans/ France de Stendhal Chamfort Molière/ France de Balzac La Fontaine et Victor » L’artiste sait aussi se moquer des modes en évoquant un temps que les moins de 20 ans… : celui de cette Communale où les élèves ne surfaient pas tout le temps sur les portables ou sur l’écran plat de leur ordinateur, fidèle compagnon de route et de jeux. « Et sous les platanes/ C’qui avait d’plus sacré/ C’était la castagne / Pendant la récré. »
L’œil malicieux et le verbe toujours précis, Pierre Perret regarde le monde sans jamais se départir de son sens de l’humour. Et il faut avoir l’humour bien accroché au cœur pour décrire notre société dite « moderne ». Pourtant, fidèle à sa philosophie, sinon de bien vivre, du moins de vivre le mieux possible, et en accord avec ses idées, Pierre Perret ne pouvait pas taire son émotion, suite aux attentats du 13 novembre 2015. Il le fait avec la chanson-titre qui ouvre ce disque et où il salut les copains tombés au champ de l’humour : »Adieu mes amis les artistes/ Bienfaiteurs de l’humanité/ Qui venez de quitter la piste/ Pour avoir dit la vérité. »

Lire la suite « Pierre Perret : la liberté d’en rire… »

Murat inclassable

Il publie des albums avec une régularité d’horloge. Avec Il Francese (*), Jean-Louis Murat sort son dix-huitième album. De belle facture, mais pas toujours captivant.

C’est le vieux complice Denis Clavaizolle qui a arrangé Il Francese, réalisé par Jean-Louis Murat himself et qui, loin du petit monde de l’industrie musicale, continue de ne chanter qu’à sa tête. Dans la lignée de Travaux sur la N89, Murat continue son voyage vers l’épure, mêlant les sons naturels à l’électronique, trafiquant le son de sa voix.  Pour l’ermite du Puy-de-Dôme, l’heure n’est pas à rejoindre la meute mais à jouer les loups solitaires. Au risque de perdre parfois quelques aficionados, tant ce disque semble parfois monotone, malgré quelques rythmiques plus déliées comme dans Gazoline et ses intermèdes de fanfare. Il est vrai, Murat ne joue pas sur des textes qui se livrent à première écoute. Sur le plan sonore, Murat prend des risques de surprendre avec aussi l’utilisation du vocoder, expérimenté sur des titres comme Hold Up où il chante en duo avec Morgane Imbeaud, ex-Cocoon, dont la voix se marie parfaitement avec celle de Murat.

Lire la suite « Murat inclassable »

Samuel Cajal : en solo mais bien entouré

En solo, Samuel Cajal se lance sur le devant de la scène avec Une Issue. Un disque de belle facture conçu de façon minimaliste avec voix, guitare et looper.

Longtemps, Samuel Cajal s’est effacé derrière le collectif. Et il a beaucoup écrit, produit ou même joué avec d’autres artistes (Fanch, Karina K !, Albane Aubry) sans oublier l’aventure – désormais derrière lui- de 3 Minutes Sur Mer, ce groupe qu’il formait avec le chanteur Guilhem Valayé.

Il était sans doute temps pour lui d’attaquer la face solo de l’ascension, même s’il a su s’entourer de fidèles compagnons que sont Johan Guidou, coté batterie et machines, et Matthieu Lesenechal aux claviers. Ensemble, ils ont concocté un album où il passe d’une colère retenue (dans Cœur noir par exemple) à des mélodies pop-song, comme en témoigne la chanson d’ouverture, qui évoque la dépression : Tu mords. « Tu es comme un chien qui essaie de se défendre » lance t-il. Mais Samuel Cajal, avec un univers musical qui pourrait rappeler parfois Bashung et Noir Désir, sait aussi élever la voix comme dans Indigné. « Si ça pique, c’est qu’on est vivants » lance t-il.

Lire la suite « Samuel Cajal : en solo mais bien entouré »

ALEXIS HK, L’ART DU FUNAMBULE

Trois ans après son dernier disque, et après l’intermède remarqué d’hommage à Brassens,  Alexis HK revient sur le devant de la scène avec Comme un ours (*). Quand il sort de sa tanière, le croquenotes fait mouche de belle manière.

Son dernier spectacle, Georges & moi, mis en scène par François Morel, avait marqué les esprits en 2015, il a renouvelé son inspiration dans une solitude assumée pour imaginer son nouvel album, Comme un ours. Il annonce ainsi la couleur : « Comme son nom l’indique, ce disque trouve ses racines dans la solitude et l’isolement. Mais ses racines seulement. Je me suis isolé le temps de l’écriture pour ressentir vraiment la nécessité de l’autre, l’insoutenable projet de la solitude absolue. »

En compagnie de Sébastien Collinet comme coréalisateur – il a œuvré notamment avec Florent Marchet – Alexis HK nous offre un album au dépouillement lumineux avec des « grooves lancinants », des incursions d’ukulélé, la présence discrète d’un violoncelle , et des rythmiques qui soutiennent des chansons ciselées en diable. L’inspiration solitaire n’a pas porté Alexis HK a un optimisme béat et le disque est marqué par cette année 2015 où le terrorisme fou a frappé et dont les ondes ont touché l’artiste qui s’était isolé, chez lui,  dans le vignoble nantais. La preuve avec cette Marianne évoquant ce vendredi 13 novembre où, du côté du Bataclan, la bière rousse s’est teintée de sang et a durablement changé l’atmosphère en France.

Lire la suite « ALEXIS HK, L’ART DU FUNAMBULE »

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑