Adrienne Pauly réveille la bête…

A l’image de son clip de L’excusemoihiste, où apparaît une ex-vedette de la météo, le nouvel album d’Adrienne Pauly est un ouvrage (longtemps attendu) audacieux, ironique, tonique.

Onze ans de silence radio. Il est vrai, depuis le succès de J’veux un mec, qui révéla cette dame brune au grand public, Adrienne Pauly avait opté pour les chemins de traverse, pris les risques du silence. Mais doutait-elle ? Fallait-il « l’ouvrir la boucler? Partir rester? Si tu sais plus c’que tu fous là et qu’dans ton miroir, c’est le trou noir. » Qui le sait sauf la principale intéressée ?

Cela dit, Adrienne Pauly a mis à profit cette longue pause musicale pour tenter d’autres aventures, retrouver ses premières amours et  tourner notamment dans deux films de Chabrol (Au cœur du mensonge, en 1999 et Bellamy, en 2009( film qui lui valut le Prix du meilleur second rôle féminin au Festival Jean Carmet de Moulins), ou pour Jean-Pierre Mocky (La Bête de miséricorde, en 2002). Et on se souvient encore de sa prestation sur Arte dans La Tueuse, de Rodolphe Tissot.

De retour à la chanson, cet enfant de la chanson réaliste et de Serge Gainsbourg dont on mesure à l’écoute de ce nouveau disque l’indéniable influence, a tôt fait de retrouver ses marques et de prouver son talent d’interprète. Et de réveiller « la bête qui dort » en elle, pour paraphraser le titre d’une de ses nouvelles chansons. Lire la suite

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Sand dessus dessous

Objet tranquille, Onaia, troisième album du duo Sand offre un voyage poétique, un brin mélancolique ,et apaisé dans des contrées musicales diverses et variées.

Prix Charles Cros en 2015 pour Sirocco, Sand est de retour avec Serge, son partenaire dans la vie comme sur scène, pour un album Onaia (*) dont les couleurs sont résolument pop world. Et dont la musicalité naît d’objets les plus divers comme le souligne la pochette qui évoque même l’usage de tuyaux à côté d’une bonne vieille basse ou de l’udu, percussion venue du Niger. Sur scène, le duo peut aussi se produire avec la pierre chantante, une sorte de harpe en basalte. Entre autres… « On a choisi des instruments qui font référence aux éléments », souligne Serge. Sand, pour Sandrine Button-Waeffler, fait référence  à un surnom reçu au collège mais aussi, on s’en doute, à l’auteure de La Mare au diable et femme libre dont la jeune chanteuse dit : « C’est une femme que j’admire énormément, qui a beaucoup apporté à la littérature française ».

En onze titres, Sand nous embarque sans hausser le ton ni mettre la sono à fond dans un univers poétique et onirique. Dès l’ouverture et ce Sanctuaire, Sand déclare : « J’ai perdu la carte/ Le chemin qui mène au sanctuaire/ Le sentier des secrets/ Alors j’ai marché. »

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Yvette Guilbert, la femme moderne

Elle fut une grande voix de la chanson, pionnière du féminisme. Dans un coffret étonnant de 3 CD, Yvette Guilbert voit son répertoire revisité par Nathalie Joly. Et de belle manière.

Elle fut l’amie de Freud – qui écoutait en boucle sa chanson Dites-moi que je suis belle – et Toulouse-Lautrec l’immortalisa. Reine du café-concert à la Belle Époque, Yvette Guilbert a marqué les annales de la chanson par un répertoire très en avance et pas ses prises de position féministes. La dame était une pionnière du genre à une époque où ces dames étaient corsetées et soumises à la férule de leur époux.

Parolière, auteur, actrice, metteur en scène… , Yvette Guilbert, née le 20 janvier 1865 à Paris et morte en février 1944 à Aix-en-Provence, fait partie de ces artistes qui ont exploré bien des pistes artistiques comme en témoigne sa passionnante autobiographie, La Chanson de ma vie.

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Géraldine Torres, une indignée douce

Un premier album haut-en-couleur pour Géraldine Torres. Avec La Vie sur les os(*), la chanteuse, riche de dix ans de métier en groupe et sur la route, prouve la palette de son talent.

D’emblée, Géraldine Torres cueille son monde par une énergie partageuse. La voix rauque de la dame nous embarque vers des territoires où l’indifférence n’est pas de mise et la colère jamais feutrée. Pour preuve, la chanson dédiée au 11 septembre. Pas celui des tours jumelles de New-York, non celui d’un triste jour au Chili où la dictature militaire mit fin au désir de changement politique de Salvador Allende en son palais de La Moneda et où la guitare de Yann Pompidou distille une douce nostalgie des temps sans bruits de bottes. On sent chez Géraldine Torres le désir qu’une tragédie n’en efface pas une autre dans la mémoire collective.

Le reste d’Avec la vie sur les os est à l’image de ce titre : inspiré, solide, puissant. Et varié. Ce qui n’est pas courant dans l’univers musical actuel où la confession intime (et lassante) tient lieu de passeport…


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Soan sonne l’alarme

Voix cassée et profonde, Soan revient sur le devant de la scène avec Celui qui aboie (*). Un CD où il chante à plein cœur pour un opus enregistré en cinq jours.

Dès le départ, Soan annonce la couleur avec Ces lumières, un texte sombre sur les amours blessées où la voix progressivement se fait puissante pour capter l’attention. « J’ai la mémoire à vendre à mes amours d’un soir » , lance t-il à fleur de désespoir avec des échos  – clairement revendiqués depuis ses débuts –  à  un Jacques Brel.

Tout au long de Celui qui aboie, Soan nous embarque dans un univers de bastringue où, harmonica et percussions se répondent pour évoquer par exemple l’ivresse dans la chanson-titre, en forme de confession intime assez réussie. Comme il évoque ses rêves de liberté dans Vingt cinq printemps où l’alcool n’est pas, une fois encore, très loin  : « La liberté c’est bon comme un verre dans le gosier. » Une chanson marquée aussi par sa relation amicale avec Jean Corti, un accordéoniste qui fut compagnon de route de  Brel et qui fit des prestations réussies plus récemment avec les Têtes Raides.
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Ils font bien les… Trottoirs

Formé à Strasbourg en 2006, mais ayant connu quelques modifications humaines depuis,  Les Garçons Trottoirs font montre d’une belle énergie dans Doux, durs et dingues (*), où mélodies inventives accrochent l’oreille.

D’emblée, les sonorités cajuns vous donnent un sympathique uppercut dans Animal qui ouvre Doux, durs et dingues. Avec leur nouvel album,  Doux, durs et dingues, on sent que Paul d’Amour (guitare et chant), Jean-René Mourot (accordéon, trompette, piano) et les autres ont concocté un opus taillé pour la route et la scène, tant les mélodies sont enlevées.  Même pour signer une chanson décalée sur un des sept péchés dit capitaux : Gourmand.

De ballades romantiques sur le thème de la séparation (Chacun dans son maquis), à des mélodies plus rocks (Le diable e(s)t ma femme), l’énergie est bien au rendez-vous d’un disque qui fait, musicalement, bien des clins d’œil au cinéma. Ainsi, les arrangements de Chacun dans son maquis ont un lointain cousinage avec les musiques d’un Ennio Morricone.  Et quand l’amour déçu le dispute à une ivresse consommée sans modération, cela offre les dérives espagnoles et latinos (dans les solos d’accordéon) de J’ai ouï dire.


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Andréel et ses contes sur la vie moderne

Cinquième album d’Andréel, Que du feu (*) offre, sur des rythmes chaloupées et brésiliens, des chansons qui portent un regard décalé, parfois cruel, sur la vie moderne.

Andréel n’est pas un auteur-compositeur-interprète facile à suivre. Depuis ses débuts avec le théâtre et la comédie musicale à la fin des années 90, l’artiste a sorti un premier album solo en 2003, Ligne 2, marqué par les influences de la musique brésilienne qu’il n’abandonnera plus. Faillite de son label oblige, Andréel a ensuite fait, comme d’autres, le choix de l’autoproduction et composé aussi un conte musical pour les enfants. Le tout en préservant une manière artisanale de faire des disques. Il souligne :  « J’ai pris goût à l’écriture des arrangements, à l’enregistrement des instruments. La création artisanale m’a comblé fait de mes albums des œuvres avec leurs imperfections et leur personnalité, mais je crois une authentique humanité. »

Concevant ses chansons comme de petits tableaux vivants, Andréel traite bien sûr des tourments amoureux avec des chansons comme Pour que tu existes, interprétée à deux voix avec Pauline Croze, elle-aussi amoureuse de la bossa nova. Il y dit : « Quand je n’aurai plus d’amour à te donner, je serai si triste, je serai si triste, j’irai jusqu’au bout du monde te chercher pour que tu existes »
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