« La Marseillaise » contre les religions

A  période électorale, plus riche en symboles qu’en programmes convaincants, l’hymne national est mis à toutes les sauces. N’en jetez plus ! D’aucuns mettant la religion au cœur du débat, je vous conseille cette version anticléricale ? Avant de glisser (ou non)  le bulletin dans l’urne, un air tonique en diable dans la version de Marc Ogeret.

 

Et pour rester dans la même tonalité, voilà « La Marseillaise », signée Léo Ferré. A bon entendeur…

Francis Lalanne : pour Léo…

1540-1Depuis le temps qu’il avait croisé le chemin Ferré, Francis Lalanne se devait de lui rendre hommage. C’est chose faite avec groupe de rock marseillais, Carré blanc, dans A Léo. Il y reprend des classiques en y ajoutant des textes de son choix et une longue interview assez étonnante par sa franchise.

En 1987 aux Francofolies de La Rochelle, Francis Lalanne faisait partie des artistes qui rendirent hommage à Léo pour la « Fête à Ferré », un souvenir fort pour les amoureux de cette manifestation rochelaise. Outre Avec le temps que Francis avait chantée, accompagné par Léo lui-même au piano, il avait oser ajouter un couplet à la chanson qui concluait la soirée, Le Temps des cerises, interprétée par Léo entouré d’autres artistes comme Higelin, Mama Béa Tekielski et la magnifique Catherine Ribeiro. Et ce Sang des cerises figure désormais sur le nouvel album.

Retrouvant le goût de chanter en mettant ses pas dans ceux de Ferré, plus de vingt ans après sa mort, Francis Lalanne a retrouvé Marseille où il passa son adolescence et Paul Fargier, avec lequel il partagea le même professeur de théâtre, Irène Lamberton, et qui est aujourd’hui chanteur et percussionniste du groupe de rock Carré Blanc. Ensemble, ils revisitent des classiques de l’univers de Ferré : C’est extra, Vingt ans, La Mémoire et la Mer… C’est là que Lalanne prend le risque de la comparaison pure et toutes les interprétations ne se valent pas.

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Arapà : aux sacrifiés de Verdun

visuel-hd-in-memoriamPour le centenaire de la bataille de Verdun, le groupe Arapà signe un disque fort et émouvant : In Mémoriam 1914-1918.

Arapà  est une colline de l’extrême-sud de la Corse qui a donné aussi son nom de scène à un groupe dont les voix se marient avec subtilité et puissance. Dans son nouveau disque,  In Memoriam, Arapà  rend hommage à toutes les victimes de la boucherie de 14-18 dont on « fête » le centenaire. En ouverture de la pochette, le groupe souligne clairement son ambition :  » Cette guerre a été un carnage, détruisant dans le même geste apocalyptique, hommes, animaux, paysages et patrimoines, visages, corps, esprits et âmes. La Der des Der sonne le glas d’une Europe paysanne dont les savoirs et les savoir-faire prenaient leur source dans la nuit des temps. »

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Mêlant des chants corses à de nouvelles versions de poèmes (Si je mourais là-bas, d’Apollinaire, mis en musique par Jean Ferrat; Tu n’en reviendras pas, d’Aragon, mis en musique par Léo Ferré notamment), ce disque fort dit clairement les dérives des chefs d’États majors qui conduisirent toute une population au bout de la souffrance. Il dit aussi le courage de ces soldats qui avaient quitté leur paisible région pour défendre un pays et découvrir l’horizon barré des tranchées et les premières manifestations d’une guerre « dite » moderne avec les débuts de l’aviation, l’utilisation des gaz, les tranchées… Se souvenant, comme bien des enfants, de ces noms gravés dans le marbre des monuments aux morts plantés dans le plus petit des villages, Arapà  dénonce, de belle manière, l’absurdité de cette guerre, cette « connerie » comme le dira, des années plus tard, un Jacques Prévert.

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Léo ou l’éternité des hommages

eternelÉternel Léo Ferré (*), c’est un hommage orchestré par Elian Levavasseur où dix chanteurs et comédiens revisitent des classiques de l’artiste. Thank you les gars !

Je fais partie des amateurs de Ferré qui ne prisent guère les reprises tant l’exercice est périlleux quand on aborde l’univers poétique si dense de Léo. Et son interprétation si originale. Pourtant cet Éternel Léo Ferré est à marquer d’une pierre blanche car il propose certaines solides ré-interprétations. Dès l’ouverture c’est une – bonne – surprise car on n’attendait pas Dick Rivers dans C’est extra en version rock : la voix est chaude et l’orchestration soignée. Pour poursuivre son chemin, la version swing manouche de Jolie Môme par Thierry Cojan et le Trio Noé Reinhardt ne manque ni de tonus, ni de charme. Mention spéciale pour Geoffrey Oryema, chanteur d’origine ougandaise, qui livre un surprenant blues africain sur Thank You Satan. Rachid Taha redonne enfin une autre couleur à cette Elsa, célébrée par Aragon quand le groupe 22 v’là les filles donne un sacré coup de jeunesse à une chanson moins connue de Ferré : La Faim. Lire la suite

Léo : un concert de légende

51ofqaixvllTiré à peu d’exemplaires, le nouveau CD, Seul en scène (*), offre une version enrichie d’un concert marquant de Léo Ferré  (après celui de 1969 à Bobino)  : le récital de l’Olympia en novembre 1972.

En ce temps-là, Léo Ferré chantait encore avec son pianiste et vieux complice : Paul Castanier. En novembre 72, le duo se produisait à l’Olympia et un double CD avait déjà immortalisé une partie de ce concert. La nouvelle édition de Léo Ferré 73  : Seul en scène offre une version enrichie de ce spectacle magnifique et où sont réunis parmi les plus grands titres de l’ermite toscan. A l’époque, deux soirées avaient été captées dans la salle du boulevard des Capucines, les 11 et 12 novembre 1972.

Par rapport au double album sorti en 1973, l’édition 2016 offre plusieurs innovations, notamment la chronologie originale du tour de chant. Ensuite, l’effet de réverbération rajouté en studio a été réduit sur la voix de Ferré pour conserver la prise de son du concert. Enfin, il y a dix titres de plus. Et quelles versions !

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