Boucan salutaire

Premier album  d’un trio détonnant, Déborder(*) fait passer du chaud au froid, de la douceur à une certaine violence. Et Boucan ne provoque pas l’indifférence.

Boucan, c’est un trio de mecs – Mathias Imbert, Brunoï Zarn et Piero Pépin – qui se sont déjà faits un petit nom dans le rock, le punk ou encore la chanson. Déborder, premier album de leur nouveau groupe Boucan, annonce clairement la couleur : ils n’ont pas l’intention de se laisser enfermer dans une chapelle, un courant musical. Et ça, c’est plutôt salutaire.

En treize titres, Boucan passe d’une chanson acoustique à une atmosphère de western, mariant les voix à divers instruments : contrebasse, trompette ou encore banjo. Mis en ondes par John Parish, Déborder peut passer de la douceur à un éclat de rage, de l’ombre à la lumière. En tout cas, musicalement, l’album accroche l’oreille.  Ayant officié pour P.J. Harvey et Arno, John Parish joue d’ailleurs carte sur table en déclarant : « J’aime les choses où tu te dis que ça ne ressemble pas à quelqu’un d’autre. Boucan a vraiment son son propre. »

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Les voyages intimes de Marjolaine Karlin

Tatoo Toota, est un étrange disque signé Marjolaine Karlin, entre musique de transe et blues. Entre l’anglais, le yiddish et la français, son cœur balance en rythmes…

Dès la première écoute, l’univers de Marjolaine Karlin affirme sa singularité. Singularité de la voix,de l’inspiration et des rythmes. Tatoo Toota (*) est le fruit d’une longue expérience scénique d’une artiste qui se promène sur les doutes depuis deux décennies. 2008 a marqué un tournant dans la vie de l’artiste : c’est l’année où elle a perdu un ami proche, l’année où elle a découvert la maloya, une musique de transe dont l’une des raisons d’être est de remettre en lien morts et vivants. Elle ne pouvait alors ne pas faire le voyage jusqu’à la Réunion, berceau de cette musique, et, son retour, Marjolaine Karlin co-fonde le groupe Wati Watia Zorey Band avec plusieurs membres du groupe Moriarty. Tout en mettant de côté des idées, des sons, des émotions pour nourrir ce premier disque en solo.

Pour expliquer son itinéraire assez sinueux, elle raconte : « Quand j’avais une vingtaine d’années, j’ai été très marquée par le « Discours sur le colonialisme » d’Aimé Césaire, qui met en parallèle le nazisme et le colonialisme d’une manière implacable, et jette une lumière très crue sur les racines de la société d’aujourd’hui.

De fil en aiguille cette découverte m’a amenée à me passionner pour des formes d’expression assez éloignée de ma culture d’origine, souvent imprégnée d’africanité comme dirait Danyèl Waro : et surtout le maloya de l’île de la Réunion, justement, avec sa langue créole, ses influences métissées d’un peu partout, sa spiritualité incarnée dans la danse et les rythmes très tendus, totalement enivrants.,Alors je suis allée là-bas, j’ai appris cette musique, elle m’accompagne partout et je tente de jeter des ponts entre ma langue française et ce créole à la fois si proche et si lointain. »

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L’Occitanie au chœur

Quinze ans au compteur ! Le Festival HestivÔc célèbre, du 22 au 25 août,  les artistes venus du Sud de la France tout en s’ouvrant sur les territoires voisins ; le Pays Basque, la Navarre, l’Aragon, la Catalogne. Zoom sur la programmation.

Si le festival Hestiv’Ôc célèbre toutes les musiques actuelles occitanes, ce n’est pas pour rester enfermé dans la tradition mais pour montrer sa diversité artistique et son dynamisme.

Souvent surnommé « Lo País de las Cantas » (le Pays des Chansons), tant la tradition du chant polyphonique y est forte, le Béarn et la ville de Pau étaient un écrin naturel pour un tel festival de musique mêlant concerts, bals traditionnels, spectacles de rue et festival des enfants.

Avec le fête en partage, Hestiv’Ôc offre, une année de plus, une affiche bigarrée. On va y découvrir aussi bien un fidèle du lieu, Guillaume Lopez qui proposera un projet aux frontières du jazz et des musiques du monde, Anda-Lutz, que les neuf membres du groupe polyphonique Lo Barrut; le trio Djé Balèti ou encore le duo dynamique des Femmouzes T qui auront droit à une carte blanche cette saison… Entre autres.

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David Assaraf : l’amour à mort

C’est la vraie belle surprise de l’été en chanson. Avec Ceux qui dorment dans la poussière… (*), David Assaraf signe un disque de haute volée. Poétique, raffiné et pénétrant.

D’emblée, Ceux qui dorment dans la poussière… nous saisit par la voix de son interprète. Grave, profonde, la voix de David Assaraf sait vous inciter à une écoute attentive. Il est vrai, David Assaraf a déjà fait un bon bout de route sur scène avant de se focaliser sur la chanson.

S’il a appris le piano à Genève, quittée pour une histoire d’amour sans lendemain et pour éviter aussi le service militaire, ce croquenotes a d’abord traîné sa silhouette sur les planches. Il n’a que 21 ans quand il signe sa première pièce, Pour l’amour de Dieu… ou de Rien. Dans la foulée, Ariane Mnouchkine lui ouvre les portes de son théâtre, Didier Bezace le dirige dans La Version de Browning, une comédie noire que saluent la critique et les Molières. Dès lors, il continue de jouer tout en cultivant son goût pour la musique, le piano et la chanson. L’élégance de ses chansons ont séduit un directeur artistique qui proposera Sous ordonnance des étoiles à Sylvie Vartan, visiblement sous le charme de cet auteur-compositeur et pas encore vrai interprète.  D’autres suivront : de Arthur H à Keren Ann. Passant à son rythme à l’acte, c’est avec M qu’il fera ses premières armes en assurant ses premières parties. Avec lui, il a coécrit les titres L.O.Ï.C.A et Grand petit con.

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Buzy brise le silence

Neuf ans sans nouvelles ! Autant dire que Cheval fou (*), le nouveau disque de Buzy, chanteuse devenue, au début des années 2 000 psychothérapeute, est une bonne surprise. Ce disque montre  qu’elle n’a rien perdu de son inspiration et de ses colères.

Cheval fou est un album, le neuvième de Buzy, qui sort après une  longue absence. Bien sûr, il y a eu une nouvelle activité professionnelle, mais il y a eu aussi des deuils et des cicatrices à soigner. Et puis, il y avait chez Buzy quelques craintes à se replonger dans, comme elle le dit,  « un milieu compliqué ».

Il n’est pas innocent que la pochette du disque (et même si ce n’est pas l’argument de vente le plus évident pour célébrer un retour ) figure la très belle photo d’un cheval dont le regard vous scrute. Buzy, une artiste indomptable. Dans la chanson-titre, elle lance d’emblée : « J’ai rêvé d’un homme/ J’ai rêvé d’un homme d’une épée/ De le monter de le plier/ D’être amazone et sur son dos/ Découvrir le monde en duo. » Et pourtant, on retrouve dans Cheval fou,  le style original et la voix rauque de Buzy, avec ce rock qui roule façon Alain Bashung. Un univers personnel qui peut aussi parfois évoquer celui d’une Serge Gainsbourg pour un certain goût des chocs de certaines rimes riches.

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Joulik : les mélodies de route

Les voyages à portée de voix : c’est l’ambition du groupe Joulik qui signe un nouveau disque vagabond : L’Envol (*). De belles promenades musicales.

Trio vocal et instrumental qui navigue  entre chants traditionnels revisités et musiques créatives du monde, Joulik est taillé pour la scène.

Un trio bien tempéré, composé de trois artistes dont les talents s’unissent pour nous convier à des musiques sans frontières : Mélissa Zantman (chant, accordéon, percussions);  Robin Celse (guitare, oud, mandole, chant et percussions) et enfin  Claire Menguy (violoncelle, et chant).

Empruntant des langues d’ici mais aussi d’ailleurs, Joulik  revisite les musiques du monde en lui apportant un vrai souffle de vie, et une joie à partager. Les cordes s’affrontent dans un duel revigorant, les voix se marient aux sons des percussions pour nous embarquer dans un voyage musical bourré de tonus. Lire la suite « Joulik : les mélodies de route »

La bossa-nova en deuil

Considéré comme l’un des pères de la bossa-nova, João Gilberto vient de mourir à 88 ans. Depuis 1958 et sa version de Chega de saudade, il a fait connaître les rythmes brésiliens dans le monde entier.

Né dans l’état de Bahia, João Gilberto a reçu sa guitare des mains de son grand-père quand il n’avait que 14 ans. Elle restera sa compagne de bien des voyages. Guitariste autodidacte, il va d’abord jouer à Rio dans un groupe Garotos da Lua, dont il est congédié au bout d’un an après  seulement deux enregistrements. Pendant quelques années d’errance, l’artiste cherche sa voix et son style musical.

Sa rencontre en 1957 avec Tom Jobim, avec lequel il pose les bases de la bossa-nova, marque un tournant dans sa carrière. Avec le poète le poète Vinicius de Moraes, ils vont créer un univers musical qui deviendra vite mondialement connu.

Le premier disque de João Gilberto, Chega de saudade, obtient un énorme succès dans le pays et est considéré généralement comme le premier album véritable de la bossa-nova. C’est  sa version de A Garota de Ipanema, en 1964, qui lui ouvre les portes de la sono mondiale. Face au succès fulgurant de cette chanson, des stars internationales comme Frank Sinatra, Nat King Gole et Ella Fitzgerald récupèrent ce titre dans leur répertoire. Il reste avec Yesterday, la chanson la plus interprétée à ce jour dans le monde.

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Anne Vanderlove : 1943 – 2019

Elle est morte il y a quelques jours dans une grande indifférence médiatique. Et pourtant, Anne Vanderlove, de son vrai nom  Anna Van der Leeuw, a marqué de sa voix la chanson française.  Hommage ne musique.

Elle fut un temps surnommée « la Joan Baez française ». Depuis son tube de 1967, Ballade en novembre, qui la fit remarquer du grand public, Anne Vanderlove n’a jamais cessé de chanter les thèmes qui la touchaient. Elle est restée marraine de l’association humanitaire Cœurs de bambous, s’occupant d’orphelins du Cambodge et de celle des Enfants des rues de Bogota, venant soutenir Sandra Liliana Sanchez dans ses projets d’aide aux plus déshérités du bidonville El Paraiso à Ciudad Bolivar ( dans la banlieue de Bogota). Entre autres. Ces quatre chansons prouvent, s’il en était besoin, la palette de son talent.

 

Boule d’humour… et de tendresse

Deuxième album pour Boule, drôle d’auteur-compositeur qui signe avec Appareil Volant Imitant l’Oiseau Naturel, un opus non dénué d’humour et de délire. Un univers revigorant.

« J’ai gardé les pieds dans l’enfance« , lance d’entrée de chant Boule dans Avion qui ouvre son nouveau disque.

Un état d’esprit que l’on retrouve tout au long de onze chansons qui évoque aussi bien l’air du temps que le temps qui passe. Et la tignasse qu’il affiche en gros plan sur la photo de la pochette prouve que, chez lui, s’il y a émotion, elle doit sa cacher derrière l’humour. Il ne faut pas ainsi mettre l’artiste en boule car, il aurait tôt fait, comme dans L’Ours polaire, de lancer un « V’t’faire enculer« , à la manière d’un Brassens qu’il évoque au détour d’une rime dans une autre chanson, Franckie.

Ayant confié les manettes de la production au duo Robin Leduc et Cyrus Hordé (qui évoluent dans l’ombre notamment de Revolver et Gauvain Sers, une preuve d’éclectisme), Boule pose sa voix sur un écrin mélodique élégant, entre bons vieux instruments et trouvailles électroniques. Lire la suite « Boule d’humour… et de tendresse »

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