La Bretagne au chœur

Breizh – Eo Ma Bro ! (*) réunit 19 artistes pour un CD en forme d’hommage vibrant à la Bretagne avec, au cœur de ce voyage, un passeur d’émotions au long cours : Olivier de Kersauson.

Kersauson a la voix pour parler aux embruns. Il était le guide tout naturel pour accompagner cet hymne à la Bretagne qui réunit une vingtaine d’artistes pour célébrer « sa » Bretagne. « C’est ma Bretagne, dit-il, c’est le cœur qui se tout entier dans le vocabulaire qui ne parle pas toujours très bien. »

Autour du marin au parler fort, une kyrielle d’artistes sont du voyage. Les Bretons de toujours – Gilles Servat, Alain Stivell, Tri Yann ou encore Dan Ar Braz, Miossec – mais aussi les amoureux (Laurent Voulzy, Jane Birkin) de cette région  en forme de continent où les bombardes répondent aux cornemuses et où les chœurs se font tantôt aériens, tantôt puissants.

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Babel fait un tour

Avec leur EP de quatre titres (*), Babel prouve que le groupe né de la volonté de Sébastien Rousselet, a désormais hissé la grand-voile.

Un titre, Bless(e) you, suffit à montrer les ambitions et les capacités d’un groupe comme Babel. Le verbe est haut et ciselé, la partition se teinte de hip-hop mais aussi de mélodies arabisantes avant que les cordes n’entrent en scène. Et alors, les mots de Sébastien Rousselet résonne à la manière d’une imprécation de Ferré : « J’voulais qu’ma vie ait un sens/ Et j’crève pour qu’on roule à l’essence. Ils l’auront pas au Paradis/ Tout l’or noir au fond du puits (…)/ Que Dieu vous blesse. »

Il est vrai, Sébastien Rousselet n’est pas sorti d’un coup de pub discographique. Né en 1976 dans une famille paysanne où les disques font partie du quotidien des cinq enfants. Fou des Doors à la naissance du grunge, le jeune Sébastien compose un opéra-rock avant de filer à Londres, de découvrir la drum’n’bass dans certains clubs… A son retour en France en 2004, Sébastien sait qu’il veut suivre sa vie d’artiste.

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Entre musette et jazz

L’accordéon à ma main gauche, la guitare à la droite : « Allo Balthazar » marque la rencontre  discographique entre Eric Bouvelle et Romane. Un opus tonique et nostalgique entre musette et jazz.

Si vous n’aimez ni la musette, ni la musique manouche, passez votre chemin et n’écoutez pas « Allo Balthazar », fruit des retrouvailles entre Eric Bouvelle, à l’accordéon, et Romane à la guitare. Entre le défenseur du jazz manouche, dans la tradition de Django, et l’héritier d’un Jo Privat, le mariage ne peut être que de déraison et ces deux routiers de la scène signent en douze plages de swing un album qui dépote.

Entourés de Mathieu Chatelain, Laurent Zeller et Laurent Delaveau (Les Pommes de ma douche), le duo redonne un coup de jeune au patrimoine mêlant ses compositions à celles de grands anciens auxquelles ils donnent un beau lifting. Dans le désordre, on trouve Smile, de Chaplin; Rêve de bonheur, de Jo Privat; Begin the Beguine, de Cole Porter sans oublier Chez Jacques, de Django Reinhardt.


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Superbravo ou une pop vivante et élégante

L’Angle vivant (*) est le premier album de Superbravo, un disque où l’on retrouve des figures connues des ondes.

Membre du groupe Holden, Armelle Pioline fait une pause musicale pour se lancer dans une autre aventure, celle de Superbravo, formé avec deux autres complices, Julie Gasnier et Michel Peteau. Avec une pochette en forme de mystérieux bestiaire, œuvre  de Kikuo R. Johnson, leur nouvel album, L’Angle vivant vous cueille d’abord par des mélodies entêtantes et des textes moins superficiels qu’ils ne peuvent paraître de prime abord.  Dès l’ouverture, Un baiser, une bombe donne le « la » d’un disque où apparaissent certains fantasmes de l’artiste mais aussi son sens de l’humour et une espièglerie certaine dans des chroniques intimes.


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La mémoire musicale des indignés

Son de la barricada (*) revisite avec fougue des grands airs de révolte. La mise en ondes est d’une grande efficacité et redonne un coup de jeune à des chansons qui restent gravées dans la mémoire des indignés.

Une version plus douce de El pueblo unido jamás será vencido, hymne révolutionnaire des Quilapayun; version vitaminée de Son de la barricada, la chanson titre inspirée de la grève et des répressions qui eurent lieu à Oaxaca au Mexique en 2006; reprise de Guitarra roja, œuvre du grand poète argentin Martin Castro…  Avec ce nouvel album, le groupe El Communero fait souffler un tonique vent de révolte sur les ondes.

Ayant vu le jour en 2008, autour du guitariste et chanteur Thomas Jimenez, petit-fils d’un « guérillero » et membre du groupe L’Air de rien,  El Communero publie ce Son de la barricada, un troisième album qui redonne une seconde vie à des chants de lutte, tels A la Huelga, « tube » de la Révolution espagnole de 1937, ou Todo es de color, du duo de flamenco Lole y Manuel qui œuvra en pleine Espagne franquiste.

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Amère mer pour Bernard Lavilliers

Gaëtan Chataigner signe le clip de la première chanson du futur album de Bernard Lavilliers, Croisières méditerranéennes. A découvrir.

Marqué par le drame des migrants qui ont perdu la vie en tentant de gagner l’Eldorado européen sur des embarcations de fortune, marqué par les trafics des passeurs, Bernard Lavilliers signe, en guise d’invitation au « voyage », une chanson mélancolique pour dire le désespoir des ces populations oubliées. Derrière la douceur de la mélodie, il y a une description presque journalistique de ce drame.

Il faudra attendre le 29 septembre pour découvrir l’intégralité de 5 minutes au paradis, le 21ème album studio de l’artiste qui fête ses 50 ans de carrière et sera, tout l’été, au cœur d’un feuilleton musical sur les antennes de Radio France. Tous les samedis, Jean-Luc Lehmann le racontera le samedi à midi dans Bernard Lavilliers : est-ce ainsi que l’homme vit ?

Pour enregistrer ce disque, il est bien entouré : outre Fred  Pallem, Romain Humeau, le chanteur d’Eiffel, qui figurent de nouveau au générique, Benjamin Biolay et les quatre musiciens de Feu! Chatterton (qui officient sur deux titres) ou encore Jeanne Cherhal  pour un duo sont de la partie.  Alors, pour reprendre la formule consacrée : à suivre…

Prévert mis en musiques

Les Chansons de Prévert 1934-1962 est un coffret qui tombe fort à point pour dignement célébrer l’œuvre du poète du quotidien, disparu il y a quarante ans.

Qui pourrait contester que Jacques Prévert (1934-1977) demeure le grand poète populaire du siècle dernier ? Par son langage accessible à tous mais aussi par sa fantaisie, son humour un brin surréaliste, Prévert a fait descendre la poésie dans la rue et, tout naturellement, l’a mariée à la chanson grâce à  des compositeurs inspirés, comme Joseph Kosma surtout, mais aussi Wal Berg et Christiane Verger,.

Le coffret Les Chansons de Prévert (*) témoigne  bien de l’importance de l’univers dupoète avec des classiques interprétés par des grands noms de la chanson : de Juliette Gréco à Edith Piaf, en passant par Mouloudji, Yves Montand et même Tino Rossi. Des artistes qui font sonner les mots d’un poète qui avait une ambition : « Écrire des chansons dont l’objet ne serait pas seulement de distraire, mais aussi d’exprimer l’angoisse des hommes devant les menaces de notre monde moderne, passablement inhumain. »

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