Des duos bien accordés

Duos en solitaire dit tout ou presque dans son titre. Pour ce nouvel album, Frédéric Zeitoun a choisi de marier sa voix à celle d’autres grandes figures musicales. Un partage réussi.

Tout est parti d’une discussion avec le producteur Gérard Davoust pour inciter à  la création de ces Duos en solitaire (*). Cela se passait après un concert donné par Frédéric Zeitoun à l’Alhambra en septembre 2017.

Le chanteur évoque les propos alors tenus par Gérard Davoust autour d’un traditionnel dîner : « Voilà cinq mois que tu joues, et la plupart des amis artistes dont tu as croisé un jour la route sont venus chanter en duo avec toi. Michel Fugain, Enrico Macias, Yves Duteil, Marie-Paule Belle, Sanseverion… autant d’instants sur scène, vraiment magiques. Pourquoi ne pas faire un album en duos? » Il ne restait plus qu’à passer à l’acte…

D’emblée, par la présence vocale dès l’ouverture de Charles Aznavour – Bien au contraire fut le dernier duo enregistré par l’artiste avant sa disparition -l’album ne peut que toucher l’auditoire. Il y est question du départ et de l’absence, celle du père de l’artiste en l’occurrence. « Nulle maxime n’empêche le manque » chantent-ils évoquant, dans des formules qui font mouche, ce numéro de mobile qui va désormais sonner dans le vide avant de répondre aux abonnés absents.


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Un groupe qui fait voyager loin le folklore

Septième album du groupe de musique traditionnelle, de folk alternatif, Mes Souliers sont rouges, Ce qui nous lie (*)  apporte, une fois encore, la preuve des talents musicaux de ces musiciens qui font voyager le patrimoine.

Venu de Normandie, Mes Souliers sont rouges aiment la musique sans frontières et ont signé plus d’un millier de concerts dans le monde : ils ont même joué en Australie. Leur credo ? Refaire découvrir le patrimoine en le déclinant au présent. Pour leur septième album, Gullivan, musicine-producteur et fondateur du groupe, et Deny Lefrançois, partenaire des débuts, ont convié dans l’aventure trois autres croquenotes : Simon Leterrier, l’accordéoniste originaire de Cherbourg; Jacky Beaucé, venu du Sud Manche et bercé par la musique irlandaise et Eflamm Labeyrie, spécialiste de la guitare Dadgad et son accordage spécifique en ré.

Ensemble, ils insufflent vie à de nouvelles chansons du patrimoine. D’entrée de jeu, le groupe dégaine un titre emblématique, Non je j’aime tant. A l’origine, cette chanson francophone fut enregistrée en 1938 au bord du lac Supérieur dans le Michigan, et c’est un certain John Cadeau qui en fut l’interprète. Aussitôt, le ton est donné avec une chanson qui évoque le partage, la boisson sur un rythme qui donne des fourmis dans les jambes. Lire la suite « Un groupe qui fait voyager loin le folklore »

Un bel appétit d’Ogres..

Poétique, le titre du nouvel album des Ogres de Barback, Amours grises & Colères rouges (*). Pour son retour à des chansons originales, le groupe d’artistes voyageurs n’a rien perdu de son inspiration.

D’entrée de jeu, les Ogres de Barback annonce la couleur de l’espoir avec Pas ma haine, chanson inspirée par le magnifique livre (et édito) de Antoine Leiris, ce journaliste qui a perdu son épouse lors de la fusillade du Bataclan. « Ils rempliront mon cœur de peine/ Mais ils n’auront pas ma haine. »

Avec ce groupe qui a fête ses vingt ans d’existence en 2014 et le disque Vous m’emmerdez !, l’heure ne sombre jamais dans le pessimisme. Pour la famille Burguière et leurs amis musiciens, rester tonique, voire gais sans pour autant tomber dans l’angélisme, reste plus que jamais la politesse du désespoir.

Jouant sur tous les tableaux et sur tous les tons, Les Ogres de Barback nous embarquent dans un univers qui unit l’univers d’un Prévert (P’tit cœur) à des chansons cri (Hé Papa sur l’inceste ) et des élans de musiques world avec des passages de chanson écrits en yoruba et en goun par Eyo’nlé (Hé Papa, Si tu restes et La Rochelle). Lire la suite « Un bel appétit d’Ogres.. »

Manu Katché : drums sans frontières

Dixième album de Manu Katché, The Scope (*) multiplie les ouvertures musicales et les rencontres. À l’image d’un musicien qui sait mettre sa griffe dans tous les genres.

Connu pour avoir accompagné de grands noms sur scène – de Peter Gabriel  à Sting, en passant par Francis Cabrel, Tracy Chapman, Youssou N’Dour, Manu Katché a aussi son mot à dire à solo. Il le prouve avec The Scope (*), son dixième album où il unit un groove des familles à la modernité des machines (Don!t U Worry) et où il a invité différents artistes à donner de la voix en sa compagnie : Faada Freddy sur Vice; Jazz Bazz pour un rap dénonçant le nouveau visage de la Capitale dans Paris Me Manque ou encore Jonatha Brooke, à la voix magnifique sur Let Love Rule.

Au cœur d’un quartet solide – Jérôme Regard à la basse; Patrick Manouquian à la guitare et Jim Henderson aux claviers- Manu Katché promène son sens du rythme sur des morceaux qui nous emportent d’un univers à l’autre avec une vraie originalité.

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Hugues Aufray : les premiers pas

Le premier coffret de l’Intégrale chronologique : 1958-1962 nous fait réentendre les chansons fondatrices de l’univers d’Hugues Aufray, marqué par les musiques brésiliennes et le folk. Retour en arrière sur des débuts inattendus.

La particularité de cette Intégrale chronologique c’est que le chanteur lui-même a mis la main à la pâte pour écrire le livret.

Débarquant à Paris en 1948, il a un but –  s’inscrire à l’école des Beaux Arts –  après avoir fait ses études secondaires en Espagne à Madrid. Un pays qui l’a marqué. Il raconte : « L’Espagne m’a fait découvrir la beauté et la dynamique des folklores… J’ai acheté ma première guitare… l’espagnol est ma seconde langue… J’ai un petit bagage de chansons… » Devant le refus de son père, « par manque de moyens » de financer ses études aux Beaux Arts, Hugues Aufray va donc commencer pour gagner sa croute à faire le tour des cabarets et autres bars à chansons du Quartier latin. Et c’est à « L’Escale », « berceau de la mode du folklore latino » qu’il va commencer la carrière que l’on sait, en croisant plusieurs musiciens qui cherchent à se faire un nom.

Le premier CD de cette Intégrale nous plonge dans le monde latino avec des chansons marquées par le folklore du Nordeste du Brésil, notamment ses « xote » avec Eu Chorei et Peguei un ita no Norte. On y découvre aussi les premières chansons en français dont certaines ont pris quelques rides dans les arrangements comme dans certains textes ( Nous avions vingt ans).

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Ferré et la « télévi-con »…

Ferré non-stop(*), ce sont un retour en images sur plus de trente ans de chansons. Un cocktail un peu décousu il est vrai d’images rares et de moments plus anecdotiques. Tout ça est un peu brouillon quand même.

Ferré non-stop fait revivre Ferré à travers plus de six heures d’archives dans un coffret édité par l’INA. Si l’artiste révolté n’a jamais aimé la télévision – surnommé parfois la « télévi-con » dans des versions de Thank You Satan – il en mesurait l’importance et, dès ses débuts cathodiques, il mouille sa chemise (ou plutôt son costume) quand il est invité de Jacqueline Joubert, dans un de ses premières apparitions en 1956 : on le voit surjouer La Guinche ou encore Le Temps du plastique. À l’époque, on sent Ferré marqué par les cabarets où il est alors d’usage d’appuyer ses effets en articulant à l’extrême les chansons.

Puis, au fil des ans, Ferré mesure l’importance de l’épure et du geste mesuré et cela donne les remarquables versions d’Avec le temps, d’Ecoute-moi ou de Cette blessure dans les extraits du récital fameux de Bobino de 1970 où, dans l’ombre, Paul Castanier officie au piano avec un sens consommé de l’improvisation jazzique.

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Bertrand Belin ou l’art de l’épure

Nouvel (et sixième) album de Bertrand Belin, Persona (*) confirme le coup de griffe plus que personnel de l’artiste dont la diction et la manière de chanter sont si particulières.

Tout le monde le souligne : le phrasé et la voix si chaude et particulière de Bertrand Belin vous accrochent dès la première écoute du disque. Persona est d’évidence un album très personnel d’un artiste qui aime explorer tous les genres : outre les musiques de film, il vient aussi de publier Grands carnivores, son troisième roman, chez P.O.L. L’homme a l’art des raccourcis et résume ainsi sa manière d’écrire : « Ce que je chante c’est ce que je vois, ce que j’écris c’est ce que je pense… »

Dans ce nouvel album sur lequel plane l’ombre d’un Alain Bashung, mort il y a dix ans et qui avait le même amour des jeux sur les mots et sur les sonorités verbales, Bertrand Belin évoque des thèmes chers à lui : la fuite du temps, la dureté du monde, la solitude…

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Les voyages de deux guitares

D’une rive à l’autre, c’est la rencontre de deux grands guitaristes – Marylise Florid et Sylvain Luc – qui marient , dans une belle osmose,  partitions classiques, latines et compositions personnelles. Un disque d’une grande musicalité.

Deux guitares unies par la même passion pour célébrer les univers musicaux les plus divers : Marylise Florid et Sylvain Luc marient dans D’une rive à l’autre(*) des interprétations de morceaux classiques pour la guitaretelle la magnifique Sarabande de la partita n°1, de Jean-Sébastien Bachà des compositions personnelles (La Promesse; Labyrinthe Arlequin) , via des incursions dans le répertoire brésilien (Choro da saudade) et espagnol (Andalise).

D’un morceau à l’autre, le duo parvient à offrir des interprétations aussi pures que fluides, mettant  leur style respectif au service d’un univers musical métisse. Présentant leur travail sur la pochette, Richard Galliano, un des grands accordéonistes contemporains, parle d’une « véritable médecine musicale pour guérir nos maux de l’âme. »

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Bjørn Berge: le blues venu du froid.

Who Else ?, c’est le cri de guerre d’un sacré guitariste venu de Norvège : Bjørn Berge. Un blues viking qui décoiffe.

Le cheveu est long, la barbe bien taillé. Né à Haugesung en Norvège en septembre 1968, Bjørn Berge a fait de la solitude une image de marque dans son pays natal. Chanteur et guitariste, il est chez lui rarement accompagné de musiciens.

Depuis deux décennies, l’homme a marqué de son empreinte le blues européen. C’est en décembre 2004 que Bjørn a marqué, chez nous,  la grande scène des Transmusicales de Rennes en se produisant seul, une fois de plus,  devant plusieurs milliers de personnes.

Pour toute arme dans cette formule,  l’artiste disposé d’une guitare acoustique douze cordes et d’un battement de pied régulier et puissant en guise de grosse caisse. Voix caverneuse et jeu puissant à la gratte, Bjørn Berge peut aussi bien enflammer son monde de ses blues que par les reprises de Motorhead (Ace of spades) et des Red Hot Chili Peppers (Give it away).

S’il avait prévu d’enregistrer son 13ème album plus tôt, une tournée avec le grand groupe norvégien Vamp a différé son projet. Après cette parenthèse musicale, il s’est remis à la tache prévoyant que Who Else ? serait, une fois encore, une œuvre en solo. Lire la suite « Bjørn Berge: le blues venu du froid. »

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