Quand Jo devint Moustaki

Le Métèque et Bobino 70 (*) est un coffret qui a de quoi susciter la curiosité des amoureux de Moustaki car il révèle quelques jolis inédits ou versions rares.

La photo du coffret est célèbre depuis des lustres : c’est celle du fameux disque Le Métèque qui permit à l’ancien protégé de Piaf de se faire un nom et de commencer à tourner sur bien des scènes.

Doux sourire, chevelure poivre et sel : l’image de Moustaki donne envie de partager un bout de chemin avec celui qui popularisera les créations du grand Manos Hadjidakis (La Pierre ou Le Facteur). Connu aussi est le premier « live » de l’artiste et ce Bobino 70 : sur la pochette, cigarette au bout des doigts, Moustaki joue de la guitare douze cordes sur une photo teintée en orange. Guitariste accompagnateur de Moustaki à l’époque – et présent ensuite au côté de Brassens de longues années – Joël Favreau se souvient du premier groupe monté pour les propositions de concerts : « Pas de partitions. Jo faisait beaucoup de place au collectif. C’était dans l’esprit de cette époque, mais c’était aussi son tempérament. Les répétitions sont plutôt des bœufs et les choses se structurent pas décantation. »

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La voix Maurane

Claudine Luypaerts, plus connue sous le nom de Maurane, a été retrouvée morte à son domicile de Bruxelles. Elle avait 57 ans et préparait un disque en souvenir de Jacques Brel. Hommage en clip.

Après deux ans d’absence suite à des soucis de cordes vocales, Maurane avait annoncé son retour  jeudi dernier sur sa page Facebook :  « Aujourd’hui, je remets officiellement les pieds sur une scène après plus de 2 ans d’absence. Je ne vous dirai pas dans quel état je suis… Vous devez vous en douter. »

Soudainement retrouvée morte, elle nous laissera un dernier disque enregistré en hommage à Jacques Brel pour le quarantième anniversaire de sa disparition. La sortie était prévue pour l’automne prochain.

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Yvan Marc se met au vert

Quinze ans de discographie n’ont pas émoussé l’inspiration d’Yvan Marc, artiste pop rock. Avec Nos dimanches (*),  il garde les pieds sur terre, semble plus apaisé mais ne renie pas des convictions qu’il a chevillées au corps.

Compagnon de route de Mickaël Furnon, alias Mickey 3D, et de Pascal Collomb – qui joue sur Nos dimanches et assuré les arrangements – Yvan Marc mène sa carrière sans faire de bruit, tout en continuant à enseigner en parallèle à des jeunes en lycée agricole d’Yssingeaux. C’est en artisan qui garde les pieds sur terre qu’il signe son septième disque, Nos dimanches.

Le premier clip extrait du disque, Sous les gants, tourné au Puy-en-Velay et dans lequel figure son fils,  donne le ton d’un ouvrage moins impliqué dans son engagement, moins porté à dénoncer les désordres du monde (on se souvient du réjouissant Propaganda par exemple). Au magazine Francofans, il s’explique en ces termes : « J’ai écrit beaucoup sur la société, l’engagement et j’ai eu l’impression de tourner en rond. J’avais envie d’explorer d’autres contrées, peut-être avec des albums un peu plus proches de moi, plus intimistes dans lesquels je suis moins dans la revendication et la critique. »

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L’esprit Yanne en musique

Il a tout fait, tout tenté ! Homme de cabaret, journaliste, acteur, auteur-compositeur, réalisateur, Jean Yanne a marqué la fin du XXe siècle. Jean Yanne et ses interprètes 1956-1962 retrace le parcours de l’auteur de chanson. Des souvenirs croustillants et un sacré coup de plume parfois imité, rarement égalé !

Face à Jean Yanne, Jean-Pierre Bacri pourrait passer pour le comique de service, tant Roger-Jean Gouyé – le nom à l‘état civil de l’artiste né en 1933 et mort en 2003 – s’était fait une spécialité de râleur de service avec une gouaille toute parisienne. Le journalisme mène à tout à condition d’en sortir et Jean Yanne le prouva qui a réussi l’entrée du prestigieux Centre de formation des journalistes à Paris, avant de la quitter au bout de … cinq mois. Déjà l’esprit d’indépendance, dont il fera montre toute sa vie d’artiste. Et s’il a vécu un temps de ses piges, Jean Yanne a vite bifurqué pour le cabaret où l’on découvre son style dans des lieux comme « Le Montana », rue Saint-Benoît. Au fil des années, Jean Yanne va multiplier les expériences, en étant un hyperactif de l’humour que ce soit en livre, en scène ou au cinéma.

Il fallait une piqûre de rappel pour se souvenir de la manière dont l’artiste savait trouver les mots pour exprimer sa vision ironique et décalée de la vie. C’est chose faite avec le coffret Jean Yanne et ses interprètes 1956-1962. Pour Jean Yanne, tout est parti de l’époque pas vraiment béni du service militaire où, comme l’on peut s’en doute, l’appelé Yanne s’ennuie à mourir à la caserne Dupleix à Paris où, malgré un régime de faveur, lui permettant de continuer à courir le cachet le soir, il tuait le temps, en écrivant notamment des chansons. Lire la suite

Les belles rencontres d’Altan

Cap sur l’Irlande avec le nouvel album du groupe Altan – trente ans d’âge – qui signe avec The Gap of Dreams, une création marquée par la rencontre et le partage.

Dès la première écoute, The Gap of Dreams (*) fait défiler des images dans nos têtes – aussi bien celles des landes bordant une mer sauvage que celle des pubs où les musiciens se retrouvent- et donnent une irrésistible envie de bouger.

Pour nous plonger dans le magnifique et sauvage Comté de Donegal, au nord-ouest de l’Irlande, le berceau du groupe, Atlan propose des ballades rêveuses ou toniques en gaélique ou en anglais.

Hommage à ceux qui sont partis, ce disque est aussi ouvert à demain et Altan a convié pour ce voyage musical des compositeurs plus jeunes.  AInsi Nya Byrne, la fille de Mairéad Ni Mhaonaigh, voix cristalline et violon aérien,  signe Nias’s Jig, de belle facture, quand Sam Kelly, le fils de Mark, un des guitaristes du groupe, a donné vie à The Beekeeper. Ces deux jigs, couplés au morceau titre de l’album, offrent une belle introduction au reste.

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Daran : retour en force

Trois ans après Le Monde perdu, Daran nous revient avec Endorphine, un CD bourré d’énergie dans lequel l’artiste n’a rien perdu de ses colères. Sans pour autant tomber dans la revendication d’un tract. Cela sort un peu de l’ordinaire musical du moment.

Hormones secrétées par des glandes cérébrales et présentes dans de nombreux organes dont le cerveau et la moëlle épinière, les endorphines provoquent une sensation de relaxation, de bien être, et parfois d’euphorie. Désormais, le mot est indissociablement lié l’univers sonore de Daran qui l’a choisi pour son retour dans la lumière et sur scène : sa tournée a commencé le 30 mars et il sera notamment en première partie de Fred Blondin, le 14 avril au Casino de Paris.

D’emblée, ce disque nous saisit par la force des textes et des mélodies qui en tournent pas en rond. La plupart des mots d’Endorphine(*) sont l’œuvre de Pierre-Yves Lebert, parolier fidèle de Daran, sauf Ici et Horizon, signé Erwan Le Berre, du groupe belge Atomique DeLuxe, autre vieux copain de Daran. Et l’artiste n’a pas hésité à donner de sa voix puissante sur des chansons qui sortent des rengaines psychologiques si présentes dans la chanson actuelle et qui tournent parfois en rond…

Que ce soit avec Halima, et son rythme étouffant, évoquant le drame du Bataclan qu’avec Horizon et cette évocation saisissante de ces usines qui ferment et cachent bien des drames humains.  « On a bien tenté de se battre au début/ Mais contre qui contre quoi contre la fatalité/ On a tendance à se résigner assez vite aussi c’est vrai/ Alors on a baissé les bras et on a regardé les évènements s’enchaîner. »

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Le Fou chantant n’est plus…

Comme d’habitude, les pleureuses sont de sortie à la mort d’un artiste, y compris les médias qui n’avaient pas beaucoup communiqué sur lui ces dernières années. Alors, adios Jacques Higelin. Et en chansons.

Qui a eu le plaisir de croiser Jacques Higelin savait que l’homme était capable de faire des interviews sans fin en se laissant porter au gré de sa fantaisie qui n’avait rien de militaire. Qui a eu le plaisir de suivre Higelin sur scène sait qu’il était capable, improvisation oblige, de spectacles de folie (celui au Casino de Paris, en 1983,  demeure un sommet)  comme de moment moins spectaculaire quand la poésie cédait le pas à une forme de logorrhée (ce fut parfois le cas lors du show de Bercy en 1985). Mais, une chose est sûre : Higelin était un artiste libre et inventif.  Le voilà bien en scène avec ses délires si communicatifs. Chapeau l’artiste !

Je suis mort qui dit mieux

Ballade pour Izïa

Mona Lisa Klaxon

Boum (de Charles Trenet)

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