Brassens et la croque-notes

On avait déjà repéré ses versions de Brassens avec l’album À l’ombre du cœur, Pauline Dupuy poursuit l’aventure de Contrebrassens avec un « live »(*).

Interpréter Brassens peut s’avérer un exercice casse-gueule. Avec sa contrebasse posée contre son épaule, Pauline Dupuy a déjà prouvé par son premier album griffé Contrebrassens qu’elle avait de l’énergie sous son archet. Et une sacrée inspiration musicale. On le mesure avec la sortie de Bal Blomet, un disque où elle a réfléchi à la manière de restituer l’atmosphère de la scène. Elle explique : « Je souhaitais cette fois de manière plus spontanée, graver la musique que nous jouons en concert. Enfermés tous les quatre dans la même grande pièce du studio pendant plusieurs jours, nous avons cherché l’Instant, la magie. Et c’est donc brut et sans retouche, dans un esprit jazzy et vivant que nous présentons ces cinq titres. »

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Céline Bonacina : le groove qui décolle

Le cinquième album de Céline Bonacina, Fly Fly (*), est une belle invitation à voyager en groove position…

Ayant commencé la musique dès l’âge de 7 ans, Céline Bonacina est une artiste qui aime le voyage et les rencontres. Après avoir joué du saxophone baryton dans les big band parisiens entre 1996 et 1998, elle a passé sept ans à la Réunion, s’est produit dans bien des festivals de l’Océan Indien, notamment en premières parties de l’Orchestre National de Jazz, d’Henri Texier.

Saxophone au cou, Céline Bonacina est de retour sur la scène jazz avec un disque qui fleure bon le dépaysement et les voyages. Fly Fly est un disque dont le titre est une invitation au voyage : elle ne se dément pas tout au long de treize compositions signées de la saxophoniste ou de son compagnon de route, Chris Jennings, bassiste de son état.

Pour expliquer la genèse de ce  cinquième disque, la saxophoniste souligne : « Cet album présente mes nouvelles compositions ainsi que celles de Chris Jennings. D’influences multiples, leur point de rencontre est le voyage. On y retrouve l’évocation de paysages et de souvenirs de lieux où nous avons séjourné, de moments forts de nos vies respectives; l’expression sonore de sentiments et d’émotions, et sans doute la symbolique d’une quête plus vaste. »

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Samy Thiebault ou le métissage musical

JAZZ – C’est à un mariage entre le jazz pur, le classique et la musique indienne que nous convie Samy Thiebault dans son nouvel album, Symphonic Tales(*). Un revigorant choc des cultures.

Un an après Caribbean Stories, une exploration des musiques latines,  Samy Thiebault sort un nouveau disque avec un projet assez fou : fusionner jazz, classique et musique indienne. Dès la première écoute, on mesure que le pari est réussi tant ce saxophoniste-flûtiste a su absorber bien des influences pour nourrir son inspiration.

Le classique n’est pas un parent inconnu du jazz et les figures du jazz modal n’ont jamais fait mystère de leur goût pour Debussy ou Fauré. Quant à un John Coltrane, il a toujours dit son admiration pour les ragas indiens d’un Ravi Shankar. Samy Thibault réussit, avec un naturel déconcertant, à unir tous ces univers dans ce Symphonic Tales.

C’est le jeune chef Aurélien Zielinsky qui, à la tête de l’Orchestre symphonique de Bretagne, qui n’a pas hésité à suivre le jazzman audacieux dans cette aventure. Samy Thiebault explique la façon dont il conçu ce mariage : « L’orchestration devait être partie intégrante d’un swing nerveux. » Dès The Flame, le morceau d’ouverture, on sent que le but est pleinement atteint. Et la suite confirme l’ambition d’un artiste qui aime les mariages de déraison. Lire la suite « Samy Thiebault ou le métissage musical »

Franck Amsallem : de retour à Paris

C’est une carte postale musicale dédiée à  New York que signe Franck Amsallem, grande figure du piano jazz, avec Gothan Good Bye (*).

Il avait posé les pieds en 2002 sur le continent américain. Vingt ans après, Franck Amsallem a choisi de remettre le cap sur Paris sans pour autant renier toutes les rencontres faites dans une ville qui vit au rythme de la musique dans de nombreux lieux dont New York a le secret. Là-bas, le jazz connaît la tradition sans pour autant en être prisonnier et l’esprit de jeu, le sens de l’improvisation mise au service d’une énergie collective ne sont pas des vains mots. Avec Gothan Good Bye, Franck Amsallem rend hommage à ces États-Unis à travers neuf compositions personnelles où sa virtuosité au piano éclate en plein jour.

Célébrant le foisonnement musical de la ville et à des artistes avec lesquels il a œuvré  – de Gerry Mulligan  à Charles Lloyd entre autres –  Franck Amsallem s’appuie sur l’énergie du trio de  musiciens qui l’accompagnent pour faire œuvre originale. Sur un morceau comme Baton Rouge, la batterie de Gautier Garrigue répond aux éclat du saxophone du cubain Irving Acao qui fait plusieurs apparitions magistrales dans l’album (dans In Mémoriam notamment). Quant au contrebassiste  suédois Viktor Nyberg, il apporte une rythmique solide et variée à l’ensemble dans des morceaux comme A Night in Ashland.

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Vian revu sur le Zinc

Pour marquer le 100ème anniversaire de la naissance de l’artiste, Debout sur le zinc a choisi de faire revivre quinze chansons de son répertoire donc cinq inédits. Vian par Debout sur le zinc n’est pas un hommage de plus, mais un opus plein d’émotions, malgré certaines versions moins originales.

Il est né il y a cent ans. Disparu très jeune à 39 ans, en juin 1959, Boris Vian n’a pas cessé d’inspirer poète, musicien, romancier et journaliste. Car l‘homme à la trompinette avait plus d’une corde son arc. Symboliquement, c’est Françoise Canetti, fille du célèbre Jacques Canetti qui découvrit Vian en 1955 et le fit monter sur la scène du fameux cabaret de Trois Baudets, qui produit ce Vian par Debout sur le zinc où les six musiciens du groupe restituent l’humour et l’appétit de vivre de l’auteur de L’Écume des jours.

Dès la chanson d’ouverture, Quand j’aurai du vent dans mon crâne, créée par Reggiani en 1966, le ton est donné et l’hommage prend un envol certain. Assurant aussi bien le chant, le violon, la trompette que la guirate, Simon Mimoun souligne : « Interpréter les chansons de Boris Vian, c’est nager dans sa pensée, c’est goûter à ses tensions, approcher sa vision panoramique du monde et se livrer au délice de l’imposture. C’est croire un instant que l’on invente, que l’on se moque, que l’on aime comme lui. C’est une chance qui ne se présente que rarement. »

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Boucan salutaire

Premier album  d’un trio détonnant, Déborder(*) fait passer du chaud au froid, de la douceur à une certaine violence. Et Boucan ne provoque pas l’indifférence.

Boucan, c’est un trio de mecs – Mathias Imbert, Brunoï Zarn et Piero Pépin – qui se sont déjà faits un petit nom dans le rock, le punk ou encore la chanson. Déborder, premier album de leur nouveau groupe Boucan, annonce clairement la couleur : ils n’ont pas l’intention de se laisser enfermer dans une chapelle, un courant musical. Et ça, c’est plutôt salutaire.

En treize titres, Boucan passe d’une chanson acoustique à une atmosphère de western, mariant les voix à divers instruments : contrebasse, trompette ou encore banjo. Mis en ondes par John Parish, Déborder peut passer de la douceur à un éclat de rage, de l’ombre à la lumière. En tout cas, musicalement, l’album accroche l’oreille.  Ayant officié pour P.J. Harvey et Arno, John Parish joue d’ailleurs carte sur table en déclarant : « J’aime les choses où tu te dis que ça ne ressemble pas à quelqu’un d’autre. Boucan a vraiment son son propre. »

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Le sax aérien de Plume

Dans le jeu de Plume, nouveau nom de la scène jazz, il y a cette volonté permanente de jouer avec les limites laissant le champ libre à la puissance de son inspiration. La preuve avec Escaping the Dark Side, un disque lumineux et profond.

D’entrée de jeu et ce Seek you Must, Plume et son saxophone-  dialoguant doucement dans les premières mesures avec le piano – cueillent leur auditoire au cœur. C’est au centre d’un quartet formé de Leonardo Montana au piano, Géraud Portal à la contrebasse et Antoine Paganotti à la batterie, que Plume officie en toute sérénité. Cerise sur le gâteau, la trompette d’Ambrose Akinmusire déboule avec les honneurs et subtilité sur deux titres : Helen’s Song et Perseverance.

Derrière le pseudonyme, se livre un musicien passé par Boston et New York, ayant  roulé sa bosse aussi en France – il a fini par poser son sac à Paris – et qui a été formé au Berklee Collge of Music à Boston, formé par es maîtres saxophonistes George Garzone, Jerry Bergonzi et Joe Lovano… Un lieu par où sont passés les Walter Smith, Jason Palmer et autre Warren Wolf.

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Jazz sans frontières avec le Trio Barolo

L’accordéon pourrait faire penser à l’Argentine mais d’autres pièces tirent vers le folklore italien. C’est ce qui fait de Casa Nostra (*), l’opus du groupe Trio Barolo un opus qui échappe à bien des classements…

C’est du jazz mais du jazz tout terrain car imprégné de sons latinos, de mélodies venues des Balkans… Casa Nostra est un album  surprenant griffé par le Trio Barolo. La réunion de trois artistes : Rémy Poulakis à l’accordéon ténor lyrique, Francesco Castellani au trombone, au chant et à la conque, et Philippe Euvrard à la contrebasse et aux loops. En prime, ils ont fait appel  au clarinettiste Carjez Gerretsen sur Carla et Barolo nuevo. Des temps forts de l’album.

Le résultat est ce kaléidoscope sonore, fruit d’une collaboration à géométrie variable : Philippe Euvrard a composé cinq titres, Francesco deux, Giacomo Puccini et Philippe Petruciani en signent respectivement chacun un.  Un disque où figurent les ombres des proches et qui est aussi conçu en guise d’hommage à la scène comme le signale un texte sur la pochette : « Casa Nostra, c’est avant tout le public qui nous a toujours incités à donner le meilleur de  nous même. C’est aussi pour nous ce lieu sacré, universel et profondément humain qu’est la Scène. C’est aussi ceux qui travaillent dans l’ombre, à diffuser du rêve. »


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Le réveil d’Awake

Aubes et Crépuscules (*) marque le retour du groupe Awake. Un album puissant entièrement composé par Romain Cuoq, saxophoniste, et Anthony Jambon, guitariste, comme ce fut déjà le cas dans leur précédent disque.

Impossible de ne pas repérer la pochette Aubes et Crépuscules : d’un jaune tapant, elle est l’œuvre du jeune photographe Paul Rousteau et exprime une poésie certaine. Une atmosphère visuelle qui correspond bien à l’univers de ce nouvel album où, accompagné de trois musiciens – Leonardo Montana, au piano; Florent Nisse, à la contrebasse et Nicolas Charlier à la batterie – Romain Cuoq et Anthony Jambon offrent huit morceaux en forme de réflexion sur les cycles des jours et des nuits. Jouant sur tous les timbres instrumentaux, le quintet offre des plages musicales qui se développent et sont des incitations à la Rêverie, comme l’indique d’ailleurs le titre éponyme d’un des morceaux de l’album.


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