Avec Tony Hymas, ça djazze tant…

Ferré admirait la musique classique et la célébrait. Pour autant, il avait tôt compris l’importance du jazz et ne fut pas le dernier à utiliser la révolte des sonorités rock. Dans Tony Hymas joue Léo Ferré, le musicien inspiré fait swinguer les mélodies de l’artiste. A découvrir.

Le lion sur la pochette semble regarder au loin la terre qui continue de tourner… Un beau symbole pour célébrer Ferré dans des arrangements djazziques. C’est le pari – réussi – de Tony Hymas dans son album, sorti déjà il y a quelques mois.

En quinze titres, le pianiste britannique revisite des classiques de Ferré, l’interprétant à sa manière, c’est-à-dire montrant ce qui se cache derrière la partition originale, explorant des pistes musicales suggérées dans la partition d’origine. C’est particulièrement sensible dans sa version de La Mémoire et la Mer, le poème-phare du solitaire toscan que Tony Hymas habille de ses variations pour piano en guise d’orchestre restituant de belle manière la montée sonore de la mélodie originale.

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En souvenir de Jo Privat

Swing of France, accompagné du guitariste virtuose Daniel Givone signe un hommage tonique à Jo Privat avec Manouche Partie (*).

C’est la renaissance d’un album mythique. Nous sommes en 1960 et l’illustre Jo Privat enregistre un disque qui va devenir, selon l’expression consacrée, culte. Il s’agit de Manouche partie. Devenu un classique du jazz musette, ce disque va influencer des générations de croque-notes. Avec le franc parler qui était le caractérisait, Jo Privat avait déclaré ensuite : « De tous mes disques, c’est certainement celui où tous les musiciens ont mis le plus de cœur; c’était homogène (…) on bandait quoi ! »

En refaisant vivre ce disque, Swing of France – un groupe qui se bat pour redonner ses lettres de noblesse au jazz musette – et Daniel Givone ont eu la bonne idée de rester fidèle à l’original sans pour autant jouer la copie conforme. Et le résultat est plein de punch et enlevé.

Daniel Givone souligne : « Je crois que la première chose que j’ai entendu en venant au monde c’était un disque de Jo Privat… » Accordéoniste, son père passait régulièrement cet album sur le tourne disque familial et, bien avant de se mettre à la gratte, Daniel a été baigné dans cette atmosphère musicale.

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Le swing symphonique de Guy Luypaerts

Les Chansons de ma jeunesse (*) cache, derrière une pochette un peu trop rétro, une riche compilation  de mélodies interprétées par des grands (Trénet, Sablon Guetary) et signées d’un as du jazz symphonique : Guy Luypaerts.

Au gré des plages, on est surpris par la qualité et la variété des compositions de Guy Luypaerts dont le nom ne dit certainement rien aux moins de 20 ans. Et pourtant, il suffit d’écouter le swing d’un morceau comme Avalanche, les délicats arrangements de La Ballade des petits lutins pour mesurer le coup de griffe de ce musicien. Il y a chez ce compositeur, né à Paris, le 29 septembre 1917, une joie de vivre et un amour de la musique qui « transpirent » de toutes ces musiques retrouvées et regroupées où le moindre basson peut apporter une rythmique du tonnerre.

Après avoir été pianiste de jazz dans des formations reconnues comme celle de Bill Coleman, l’artiste a été versé au théâtre aux armées où il devient l’accompagnateur de Charles Trenet. C’est Trenet qui va lui créer, en 1940, sa première chanson, la mélancolique Près de toi mon amour qui ouvre au demeurant ce CD et que l’on va découvrir avec plaisir, tant cette chanson est bien ciselée. Lire la suite

Le swing sensuel et joyeux de Natale

fa8530Jazz ma chérie (*), ce sont les  variations de Natale pour swing bien tempéré. Une artiste dont la voix est capable de bien des modulations. Sérieux s’abstenir !

Avec la vogue des reprises, souvent signe moderne d’un manque d’inspiration, on aborde l’album avec un brin d’appréhension. Mais, dès le premier titre, Tu veux ou je veux pas, parodie du tube de Marcel Zanini, on mesure que l’artiste à un joli coup de griffe et une personnalité forte. Et la suite confirme la première impression avec une douzaine de chansons qui oscillent entre jazz, pop, et touches électros. Féministe jusqu’au bout des rythmes, Natale ne parodie pas pour ne rien dire et on prend un plaisir certain à la suivre sur des mélodies aux arrangements subtils – Natale a cosigné la réalisation avec Vincent Bruley ( qui créa  Étienne-Étienne, de Guesch Patti)-  avec notamment des cuivres solides et une batterie tout en douceur. Lire la suite

Liane Foly : son retour de swing

8916053-14132592Il faut reconnaître une qualité à Liane Foly : une  capacité à repartir à zéro. Après huit ans d’absence discographique – son album Le Goût du désir remontait à 2008 – elle s’est attaquée à un projet qui lui tenait à cœur : des reprises de tubes en version jazz. Le résultat de Crooneuse (*)  est inégal.

Il faut bien le dire : la vague des reprises font peur tant elles symbolisent une incapacité à faire du neuf, à dénocher  les Brel,  Brassens, Higelin du 21ème siècle. Manque d’imagination ? Peur d’innover ?  Désir de rentabiliser un vieux fond de commerce qui a fait ses preuves ?

554855550_1280x720En tout cas, le Crooneuse, nouveau disque  de Liane Foly peut susciter une indifférence polie, d’autant plus que l’artiste avait pris le parti – le public n’étant plus vraiment au rendez-vous au demeurant – de se lancer dans les imitations avec un talent certain. Sans jamais faire l’impasse sur les Restos du cœur et en faisant quelques apparitions, fort honorables, de comédiennes. « Après huit ans d’une grande parenthèse d’imitation en one woman show, il était temps pour moi de revenir à la musique » dit-elle simplement dit pour commenter ce retour. Lire la suite

L’univers envoutant de Nils Økland

nils-okland-band-1500Avec son nouvel album, Kjolvatn (*), le maestro du violon norvégien nous embarque dans un univers original et inspiré où le folk le dispute au jazz.

Nils Økland fait partie de ces artistes qui se moquent des frontières musicales. Il l’a déjà prouvé en jouant notamment avec des musiciens rock au gré de ses envies musicales. Avec Kjolvat,  ce musicien qui sait tirer des harmonies splendides du  violon Hardange, typique de la Norvège – où il est né en janvier 1961-  nous invite à larguer les amarres vers d’autres univers sonores bien tempérés. Avec des thèmes qui ont des résonances folkloriques et entouré d’une fine équipe de musiciens, Nils Økland mêle des rythmiques psychédéliques de rock,

nils ¿kland nov 04 foto: lars o.

de la musique classique et, bien sûr, du jazz, à un soupçon de world music.

Dans Fivreld, à l’ouverture celtique, la danse n’est pas loin quand Mali repose sur un thème folk-violon et BlÜ harding nous convie sur des rivages country blues américain avec des résonances musicales scandinaves et écossaises. Entre mélancolie et chants plein de vie, ce nouvel album est  plein de surprises et de mélodies inventives et envoûtantes.

L’homme sait bien s’entourer et cela s’entend. De l’harmonium tenu par Sigbjørn Apeland  aux percussions qui sont l’œuvre du percussionniste Håkon Stene, l’univers sonore, offert ici à nos oreilles en pâture, tient toutes ses promesses et donne envie de découvrir un tel groupe sur scène.

(*) Disque ECM

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Henri Salvador : scène on Seine

1540-1La collection « Live in Paris » (*) consacrée à des enregistrements inédits permet de réentendre Henri Salvador sur scène entre 1956 et 1960. Une époque faste pour l’artiste.

Il faut bien l’avouer, certaines morceaux de ces enregistrements sur scène ont un peu vieilli aujourd’hui, soit parce qu’Henri Salvador force un peu sur le rire pour… le rire, soit parce que la chanson date un peu ou semble parfois – c’est un comble vu l’artiste – un brin xénophobe quand il en rajoute sur l’accent créole. Mais, il faut bien le dire aussi, Henri Salvador – qui est né en 1917 en Guyane – fait montre dans ces spectacles donnés à Bobino ou à l’Alhambra d’un sacré métier et il signe une prestation de crooner-entertainer dont il a le secret. L’artiste est capable de se moquer du rock – annonçant des chansons créées avec l’ami Vian comme Rock hoquet – pour mieux le servir avec un sens du rythme qui balance pas mal. A côté de deux versions du célèbre Blouse du dentiste, qui demeure un joli numéro d’interprétation, il y a quelques chansons jamais gravées sur disque comme Les Petits Copains ou Dérouillade blues. Et quelques mélodies chaloupées à la mode calypso.

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