Un hymne à la vie

La voix chaude et puissante de la chanteuse franco-iranienne Ariana Vafadari porte haut les couleurs de son nouvel album Anahita (*), hymne à la diversité, à l’ouverture d’esprit et à la douceur de la vie.

Ariana Vafadari a composé chaque morceau de Anahita, un disque qui s’inspire de l’histoire de la déesse iranienne des eaux, de la fécondité, des peuples et des vivants. Dans ce conte onirique, une jeune femme, anéanti face à son paysage devenu stérile, prie la déesse dont elle porte le nom de redonner vie à son monde… Une quête qui la conduira à l’Amour.

Produite par la chanteuse franco-iranienne et Vincent Joinville, cette création offre différents tableaux chantés en persan et en français : elle a été jouée en mars dernier au Musée du Quai Branly avec Fanny Ardant en récitante.

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Sarah Lancman : jazz in Paris

Jazz


Parisienne (*) est le nouvel album de Sarah Lancman, un manifeste musical et jazz entre deux langues qui lui sont chères.

Flanquée d’un groupe solide – notamment de Giovanni Mirabassi au piano – Sarah Lancman livre une espèce d’autoportrait en bilingue dans ce disque où l’artiste, née vers Châtelet-les-Halles, évoque sa Carte du tendre personnelle. Elle  annonce d’emblée la couleur évoquant ses compositions personnelles : « J’ai du mal à écrire autre chose que des chansons d’amour. »

Dans Parisienne, il est donc question des émois, des élans mais aussi des blessures dues aux ruptures comme elle le signifie dans C’était pour toi. « Perdue dans le temps qui passe/ Je flotte dans ma vie/ Est-ce qu’un autre m’attend là-bas/ Je reste ou je m’enfuis. » Quand il est question d’évoquer les amours qui naissent et les amours qui passent, Sarah Lancman passe du français à l’anglais sans barguigner. De manière sans doute plus directe en anglais comme le montre A New Star où elle lance : « I didn’t realize/ How my words could have hurt you. » Elle concède au passage que, dans notre langue, elle a une naturelle tendance à « penser poétiquement. »

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Une artiste entre jazz et chansons

Chansons- Jazz


Récif, nouvel album de Marie Mifsud est un dosage audacieux entre chansons françaises et jazz, parfois expérimental. Une vraie surprise sonore.

En ces périodes confinées, Récif,  le nouvel album (*) de Marie Mifsud offre une belle parenthèse tonique et ensoleillée, à l’image d’une pochette colorée où l’artiste « enlève le haut ».  De sa voix qui peut jouer sur différents octaves, l’artiste joue comme d’un instrument qui répond aux autres partenaires de jeu comme le prouve une chanson comme Attitude qui évoque en deux strophes , les onomatopées tirant la bourre à la basse, « toutes ces attitudes pleines d’incertitudes/ qui pourraient me laisser sans voix. »

Sur son récif, l’artiste marie tous les genres musicaux, du jazz au rock (certains rythmes pour flûte et basses renvoient à l’univers d’un Jethro Tull), en passant par des intermèdes plus expérimentaux autour de formules poétiques comme Passager où elle lance deux vers : « Le passé est en voie de disparition/ Le présent est en voie d’imagination. » Et avec l’étonnante Amusette, on retrouve  encore un tempo à la Nougaro, façon Le Jazz et la Java.

Il y a une poésie certaine dans les mots qui caractérisent l’univers de Marie Mifsud comme dans Ballade, une célébration de la solitude, dans laquelle surgit un déchirant solo du saxophoniste alto de Pierrick Pedron, que l’on retrouve encore en ouverture de Au fur et à mesure. Une chanson à laquelle fait écho le seul titre qui n’est pas écrit par l’artiste : la complainte d’un amour perdu,  Si tu savais, signée Marcel Antoni et Georges Ulmer, avec cette adresse : « Si seulement tu savais/ Que tant de plaisir et tant de jois/ Pourraient revenir sur un mot de toi. »

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Chants de femme et belles reprises

JAZZ-ROCK


Pour rendre hommage à certaines grandes voix féminines, Robin McKelle a choisi, de sa voix puissante, de signer quelques reprises avec Altérations (*).

Timbre de contralto, puissant et expressif, Robin McKelle, la native de Rochester (New York) a la puissance vocale d’une Janis Joplin. Avec Altérations, elle a voulu rendre hommage à des femmes « songwriters » dont le nom a marqué l’histoire de la musique populaire. Figurent donc dans l’album, et dans le désordre, des artistes comme Carole King, Billy Holiday, Joni Mitchell, Sade, Amy Winehouse ou encore la diva de la country, Dolly Parton.

Pour mettre en boite cet album, la chanteuse s’est bien entourée avec une bande de musiciens solides qui inclut le co-producteur, arrangeur et claviers Shedrick Michell. On notera aussi la présence du solide saxophoniste Keith Loftis sur la seule composition originale du disque, Head High. Ou encore la présence du trompettiste renommé Marquis Hill pour accompagner la reprise de Lana Del Rey : Born to Die.

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Ozma sans frontières

JAZZ-ROCK


Septième album du groupe Ozma, Hyperlapse propose un voyage à travers continents genres musicaux. De nouvelles expériences pour un groupe qui les pratique naturellement…

Depuis des lustres, Ozma nous avait habitué à des surprises et des idées originales, que ce soit avec les concerts Crossroads, en 2019, fruit de la rencontre avec des photographes européens, africains et asiatiques ou encore 1914-1918, qui faisait revivre des archives photographiques inédites de la Première Guerre mondiale. Sans oublier plusieurs ciné-concerts dont Les Trois Âges, de Buster Keaton en 2014 ou Le Cuirassé Potemkine, en 2010.

Cette fois, le quintet réuni par le batteur inventif Stéphane Scharlé offre un album en forme d’évocation musicale de dix villes traversées par le groupe en 2018 : 58 concerts dans 13 pays, une paille ! A son côté, on trouve Édouard Séro-Guillaume à la basse; Tam De Villiers à la guitare; Julien Soro au saxophone et aux claviers et Guillaume Nuss au trombone.

Hyperlapse – technique de prise de vue  dynamique et  où la caméra n’est pas fixe offrant une accélération du temps réel – montre une fois encore les liens évidents entre le groupe et le cinéma. Au passage, la réalisatrice Juliette Ulrich a suivi le groupe durant cette année autour du monde pour accompagner les illustrations vidéos marquant la sortie du disque.

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Brassens et la croque-notes

On avait déjà repéré ses versions de Brassens avec l’album À l’ombre du cœur, Pauline Dupuy poursuit l’aventure de Contrebrassens avec un « live »(*).

Interpréter Brassens peut s’avérer un exercice casse-gueule. Avec sa contrebasse posée contre son épaule, Pauline Dupuy a déjà prouvé par son premier album griffé Contrebrassens qu’elle avait de l’énergie sous son archet. Et une sacrée inspiration musicale. On le mesure avec la sortie de Bal Blomet, un disque où elle a réfléchi à la manière de restituer l’atmosphère de la scène. Elle explique : « Je souhaitais cette fois de manière plus spontanée, graver la musique que nous jouons en concert. Enfermés tous les quatre dans la même grande pièce du studio pendant plusieurs jours, nous avons cherché l’Instant, la magie. Et c’est donc brut et sans retouche, dans un esprit jazzy et vivant que nous présentons ces cinq titres. »

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Céline Bonacina : le groove qui décolle

Le cinquième album de Céline Bonacina, Fly Fly (*), est une belle invitation à voyager en groove position…

Ayant commencé la musique dès l’âge de 7 ans, Céline Bonacina est une artiste qui aime le voyage et les rencontres. Après avoir joué du saxophone baryton dans les big band parisiens entre 1996 et 1998, elle a passé sept ans à la Réunion, s’est produit dans bien des festivals de l’Océan Indien, notamment en premières parties de l’Orchestre National de Jazz, d’Henri Texier.

Saxophone au cou, Céline Bonacina est de retour sur la scène jazz avec un disque qui fleure bon le dépaysement et les voyages. Fly Fly est un disque dont le titre est une invitation au voyage : elle ne se dément pas tout au long de treize compositions signées de la saxophoniste ou de son compagnon de route, Chris Jennings, bassiste de son état.

Pour expliquer la genèse de ce  cinquième disque, la saxophoniste souligne : « Cet album présente mes nouvelles compositions ainsi que celles de Chris Jennings. D’influences multiples, leur point de rencontre est le voyage. On y retrouve l’évocation de paysages et de souvenirs de lieux où nous avons séjourné, de moments forts de nos vies respectives; l’expression sonore de sentiments et d’émotions, et sans doute la symbolique d’une quête plus vaste. »

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Samy Thiebault ou le métissage musical

JAZZ – C’est à un mariage entre le jazz pur, le classique et la musique indienne que nous convie Samy Thiebault dans son nouvel album, Symphonic Tales(*). Un revigorant choc des cultures.

Un an après Caribbean Stories, une exploration des musiques latines,  Samy Thiebault sort un nouveau disque avec un projet assez fou : fusionner jazz, classique et musique indienne. Dès la première écoute, on mesure que le pari est réussi tant ce saxophoniste-flûtiste a su absorber bien des influences pour nourrir son inspiration.

Le classique n’est pas un parent inconnu du jazz et les figures du jazz modal n’ont jamais fait mystère de leur goût pour Debussy ou Fauré. Quant à un John Coltrane, il a toujours dit son admiration pour les ragas indiens d’un Ravi Shankar. Samy Thibault réussit, avec un naturel déconcertant, à unir tous ces univers dans ce Symphonic Tales.

C’est le jeune chef Aurélien Zielinsky qui, à la tête de l’Orchestre symphonique de Bretagne, qui n’a pas hésité à suivre le jazzman audacieux dans cette aventure. Samy Thiebault explique la façon dont il conçu ce mariage : « L’orchestration devait être partie intégrante d’un swing nerveux. » Dès The Flame, le morceau d’ouverture, on sent que le but est pleinement atteint. Et la suite confirme l’ambition d’un artiste qui aime les mariages de déraison. Lire la suite « Samy Thiebault ou le métissage musical »

Franck Amsallem : de retour à Paris

C’est une carte postale musicale dédiée à  New York que signe Franck Amsallem, grande figure du piano jazz, avec Gothan Good Bye (*).

Il avait posé les pieds en 2002 sur le continent américain. Vingt ans après, Franck Amsallem a choisi de remettre le cap sur Paris sans pour autant renier toutes les rencontres faites dans une ville qui vit au rythme de la musique dans de nombreux lieux dont New York a le secret. Là-bas, le jazz connaît la tradition sans pour autant en être prisonnier et l’esprit de jeu, le sens de l’improvisation mise au service d’une énergie collective ne sont pas des vains mots. Avec Gothan Good Bye, Franck Amsallem rend hommage à ces États-Unis à travers neuf compositions personnelles où sa virtuosité au piano éclate en plein jour.

Célébrant le foisonnement musical de la ville et à des artistes avec lesquels il a œuvré  – de Gerry Mulligan  à Charles Lloyd entre autres –  Franck Amsallem s’appuie sur l’énergie du trio de  musiciens qui l’accompagnent pour faire œuvre originale. Sur un morceau comme Baton Rouge, la batterie de Gautier Garrigue répond aux éclat du saxophone du cubain Irving Acao qui fait plusieurs apparitions magistrales dans l’album (dans In Mémoriam notamment). Quant au contrebassiste  suédois Viktor Nyberg, il apporte une rythmique solide et variée à l’ensemble dans des morceaux comme A Night in Ashland.

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Vian revu sur le Zinc

Pour marquer le 100ème anniversaire de la naissance de l’artiste, Debout sur le zinc a choisi de faire revivre quinze chansons de son répertoire donc cinq inédits. Vian par Debout sur le zinc n’est pas un hommage de plus, mais un opus plein d’émotions, malgré certaines versions moins originales.

Il est né il y a cent ans. Disparu très jeune à 39 ans, en juin 1959, Boris Vian n’a pas cessé d’inspirer poète, musicien, romancier et journaliste. Car l‘homme à la trompinette avait plus d’une corde son arc. Symboliquement, c’est Françoise Canetti, fille du célèbre Jacques Canetti qui découvrit Vian en 1955 et le fit monter sur la scène du fameux cabaret de Trois Baudets, qui produit ce Vian par Debout sur le zinc où les six musiciens du groupe restituent l’humour et l’appétit de vivre de l’auteur de L’Écume des jours.

Dès la chanson d’ouverture, Quand j’aurai du vent dans mon crâne, créée par Reggiani en 1966, le ton est donné et l’hommage prend un envol certain. Assurant aussi bien le chant, le violon, la trompette que la guirate, Simon Mimoun souligne : « Interpréter les chansons de Boris Vian, c’est nager dans sa pensée, c’est goûter à ses tensions, approcher sa vision panoramique du monde et se livrer au délice de l’imposture. C’est croire un instant que l’on invente, que l’on se moque, que l’on aime comme lui. C’est une chance qui ne se présente que rarement. »

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