Le jazz sans frontières de Stéphane Edouard

Premier disque en tant que leader de Stéphane Edouard qui, par le passé,  a travaillé avec toute une kyrielle d’artistes. Avec Pondicergy Airlines(*), il prouve la variété de sa palette.

Derrière le titre- jeu de mots de son premier disque, Stéphane Edouard joue carte sur table : il compte bien mener la danse lors de ce voyage musical et métissé. Il souligne : « Cet album est le fruit de mon histoire symbolisée par les rencontres, les voyages, les destins. Au départ, Pondichéry, cet ancien comptoir français du sud de l’Inde d’où sont originaires mes parents, pour arriver à Cergy, la ville de mon enfance. L’Inde, à travers ses senteurs et sa musique, a marqué ma jeunesse et représente le noyau de cet album autour duquel orbitent des inspirations musicales venues de tous les continents. » Voilà l’auditeur prévenu : Pondicergy Airlines est taillé pour faire voyager et Stéphane Edouard tient ses promesses. Et comme il le dit dans le morceau-titre : « Attention aux turbulences ! ». En tout cas, on retrouve la flamme de ce percussionniste de formation, qui se promène allégrement des sonorités de jazz actuel à la musique cubaine et africaine, afin de créer son propre son et un sacré groove.

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Gaël Rouilhac en premier de cordée

Longtemps plongé dans différentes formations où il était leader, Gaël Rouilhac signe avec Waterworks, un premier album où la finesse d’exécution est de rigueur.

Sur son site, Gaël Rouilhac annonce la couleur en évoquant l’enregistrement de Waterworks. Il écrit : « Encore beaucoup de projets menés de front encore cette année, mais si il y en a un qui me tient à cœur et m’occupe beaucoup en ce moment, c’est mon premier groupe en tant que leader et compositeur. » Le guitariste avait déjà fait scène commune en 2015 avec la violoniste Caroline Bugala (qui partagea le studio et la scène d’un Didier Lockwood) et l’accordéoniste sicilien Roberto Gervasi. Enregistré fin novembre 2019, ce premier album en premier de cordée est le fruit de cette rencontre et l’aboutissement d’une démarche toute personnelle.

Dès le deuxième titre, Diamant rouge, le ton est donné et le dialogue entre la guitare et l’accordéon donne envie de suivre le trio sans barguigner dans ses variations musicales et amicales. Ensuite, il nous emporte dans des mélodies inventives et surprenantes et pas que dans les titres des morceaux : il fallait oser un nom comme La Valse des parachutistes belges… Lire la suite « Gaël Rouilhac en premier de cordée »

Un hymne à la vie

La voix chaude et puissante de la chanteuse franco-iranienne Ariana Vafadari porte haut les couleurs de son nouvel album Anahita (*), hymne à la diversité, à l’ouverture d’esprit et à la douceur de la vie.

Ariana Vafadari a composé chaque morceau de Anahita, un disque qui s’inspire de l’histoire de la déesse iranienne des eaux, de la fécondité, des peuples et des vivants. Dans ce conte onirique, une jeune femme, anéanti face à son paysage devenu stérile, prie la déesse dont elle porte le nom de redonner vie à son monde… Une quête qui la conduira à l’Amour.

Produite par la chanteuse franco-iranienne et Vincent Joinville, cette création offre différents tableaux chantés en persan et en français : elle a été jouée en mars dernier au Musée du Quai Branly avec Fanny Ardant en récitante.

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Sarah Lancman : jazz in Paris

Jazz


Parisienne (*) est le nouvel album de Sarah Lancman, un manifeste musical et jazz entre deux langues qui lui sont chères.

Flanquée d’un groupe solide – notamment de Giovanni Mirabassi au piano – Sarah Lancman livre une espèce d’autoportrait en bilingue dans ce disque où l’artiste, née vers Châtelet-les-Halles, évoque sa Carte du tendre personnelle. Elle  annonce d’emblée la couleur évoquant ses compositions personnelles : « J’ai du mal à écrire autre chose que des chansons d’amour. »

Dans Parisienne, il est donc question des émois, des élans mais aussi des blessures dues aux ruptures comme elle le signifie dans C’était pour toi. « Perdue dans le temps qui passe/ Je flotte dans ma vie/ Est-ce qu’un autre m’attend là-bas/ Je reste ou je m’enfuis. » Quand il est question d’évoquer les amours qui naissent et les amours qui passent, Sarah Lancman passe du français à l’anglais sans barguigner. De manière sans doute plus directe en anglais comme le montre A New Star où elle lance : « I didn’t realize/ How my words could have hurt you. » Elle concède au passage que, dans notre langue, elle a une naturelle tendance à « penser poétiquement. »

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Une artiste entre jazz et chansons

Chansons- Jazz


Récif, nouvel album de Marie Mifsud est un dosage audacieux entre chansons françaises et jazz, parfois expérimental. Une vraie surprise sonore.

En ces périodes confinées, Récif,  le nouvel album (*) de Marie Mifsud offre une belle parenthèse tonique et ensoleillée, à l’image d’une pochette colorée où l’artiste « enlève le haut ».  De sa voix qui peut jouer sur différents octaves, l’artiste joue comme d’un instrument qui répond aux autres partenaires de jeu comme le prouve une chanson comme Attitude qui évoque en deux strophes , les onomatopées tirant la bourre à la basse, « toutes ces attitudes pleines d’incertitudes/ qui pourraient me laisser sans voix. »

Sur son récif, l’artiste marie tous les genres musicaux, du jazz au rock (certains rythmes pour flûte et basses renvoient à l’univers d’un Jethro Tull), en passant par des intermèdes plus expérimentaux autour de formules poétiques comme Passager où elle lance deux vers : « Le passé est en voie de disparition/ Le présent est en voie d’imagination. » Et avec l’étonnante Amusette, on retrouve  encore un tempo à la Nougaro, façon Le Jazz et la Java.

Il y a une poésie certaine dans les mots qui caractérisent l’univers de Marie Mifsud comme dans Ballade, une célébration de la solitude, dans laquelle surgit un déchirant solo du saxophoniste alto de Pierrick Pedron, que l’on retrouve encore en ouverture de Au fur et à mesure. Une chanson à laquelle fait écho le seul titre qui n’est pas écrit par l’artiste : la complainte d’un amour perdu,  Si tu savais, signée Marcel Antoni et Georges Ulmer, avec cette adresse : « Si seulement tu savais/ Que tant de plaisir et tant de jois/ Pourraient revenir sur un mot de toi. »

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Chants de femme et belles reprises

JAZZ-ROCK


Pour rendre hommage à certaines grandes voix féminines, Robin McKelle a choisi, de sa voix puissante, de signer quelques reprises avec Altérations (*).

Timbre de contralto, puissant et expressif, Robin McKelle, la native de Rochester (New York) a la puissance vocale d’une Janis Joplin. Avec Altérations, elle a voulu rendre hommage à des femmes « songwriters » dont le nom a marqué l’histoire de la musique populaire. Figurent donc dans l’album, et dans le désordre, des artistes comme Carole King, Billy Holiday, Joni Mitchell, Sade, Amy Winehouse ou encore la diva de la country, Dolly Parton.

Pour mettre en boite cet album, la chanteuse s’est bien entourée avec une bande de musiciens solides qui inclut le co-producteur, arrangeur et claviers Shedrick Michell. On notera aussi la présence du solide saxophoniste Keith Loftis sur la seule composition originale du disque, Head High. Ou encore la présence du trompettiste renommé Marquis Hill pour accompagner la reprise de Lana Del Rey : Born to Die.

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Ozma sans frontières

JAZZ-ROCK


Septième album du groupe Ozma, Hyperlapse propose un voyage à travers continents genres musicaux. De nouvelles expériences pour un groupe qui les pratique naturellement…

Depuis des lustres, Ozma nous avait habitué à des surprises et des idées originales, que ce soit avec les concerts Crossroads, en 2019, fruit de la rencontre avec des photographes européens, africains et asiatiques ou encore 1914-1918, qui faisait revivre des archives photographiques inédites de la Première Guerre mondiale. Sans oublier plusieurs ciné-concerts dont Les Trois Âges, de Buster Keaton en 2014 ou Le Cuirassé Potemkine, en 2010.

Cette fois, le quintet réuni par le batteur inventif Stéphane Scharlé offre un album en forme d’évocation musicale de dix villes traversées par le groupe en 2018 : 58 concerts dans 13 pays, une paille ! A son côté, on trouve Édouard Séro-Guillaume à la basse; Tam De Villiers à la guitare; Julien Soro au saxophone et aux claviers et Guillaume Nuss au trombone.

Hyperlapse – technique de prise de vue  dynamique et  où la caméra n’est pas fixe offrant une accélération du temps réel – montre une fois encore les liens évidents entre le groupe et le cinéma. Au passage, la réalisatrice Juliette Ulrich a suivi le groupe durant cette année autour du monde pour accompagner les illustrations vidéos marquant la sortie du disque.

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Brassens et la croque-notes

On avait déjà repéré ses versions de Brassens avec l’album À l’ombre du cœur, Pauline Dupuy poursuit l’aventure de Contrebrassens avec un « live »(*).

Interpréter Brassens peut s’avérer un exercice casse-gueule. Avec sa contrebasse posée contre son épaule, Pauline Dupuy a déjà prouvé par son premier album griffé Contrebrassens qu’elle avait de l’énergie sous son archet. Et une sacrée inspiration musicale. On le mesure avec la sortie de Bal Blomet, un disque où elle a réfléchi à la manière de restituer l’atmosphère de la scène. Elle explique : « Je souhaitais cette fois de manière plus spontanée, graver la musique que nous jouons en concert. Enfermés tous les quatre dans la même grande pièce du studio pendant plusieurs jours, nous avons cherché l’Instant, la magie. Et c’est donc brut et sans retouche, dans un esprit jazzy et vivant que nous présentons ces cinq titres. »

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Céline Bonacina : le groove qui décolle

Le cinquième album de Céline Bonacina, Fly Fly (*), est une belle invitation à voyager en groove position…

Ayant commencé la musique dès l’âge de 7 ans, Céline Bonacina est une artiste qui aime le voyage et les rencontres. Après avoir joué du saxophone baryton dans les big band parisiens entre 1996 et 1998, elle a passé sept ans à la Réunion, s’est produit dans bien des festivals de l’Océan Indien, notamment en premières parties de l’Orchestre National de Jazz, d’Henri Texier.

Saxophone au cou, Céline Bonacina est de retour sur la scène jazz avec un disque qui fleure bon le dépaysement et les voyages. Fly Fly est un disque dont le titre est une invitation au voyage : elle ne se dément pas tout au long de treize compositions signées de la saxophoniste ou de son compagnon de route, Chris Jennings, bassiste de son état.

Pour expliquer la genèse de ce  cinquième disque, la saxophoniste souligne : « Cet album présente mes nouvelles compositions ainsi que celles de Chris Jennings. D’influences multiples, leur point de rencontre est le voyage. On y retrouve l’évocation de paysages et de souvenirs de lieux où nous avons séjourné, de moments forts de nos vies respectives; l’expression sonore de sentiments et d’émotions, et sans doute la symbolique d’une quête plus vaste. »

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Samy Thiebault ou le métissage musical

JAZZ – C’est à un mariage entre le jazz pur, le classique et la musique indienne que nous convie Samy Thiebault dans son nouvel album, Symphonic Tales(*). Un revigorant choc des cultures.

Un an après Caribbean Stories, une exploration des musiques latines,  Samy Thiebault sort un nouveau disque avec un projet assez fou : fusionner jazz, classique et musique indienne. Dès la première écoute, on mesure que le pari est réussi tant ce saxophoniste-flûtiste a su absorber bien des influences pour nourrir son inspiration.

Le classique n’est pas un parent inconnu du jazz et les figures du jazz modal n’ont jamais fait mystère de leur goût pour Debussy ou Fauré. Quant à un John Coltrane, il a toujours dit son admiration pour les ragas indiens d’un Ravi Shankar. Samy Thibault réussit, avec un naturel déconcertant, à unir tous ces univers dans ce Symphonic Tales.

C’est le jeune chef Aurélien Zielinsky qui, à la tête de l’Orchestre symphonique de Bretagne, qui n’a pas hésité à suivre le jazzman audacieux dans cette aventure. Samy Thiebault explique la façon dont il conçu ce mariage : « L’orchestration devait être partie intégrante d’un swing nerveux. » Dès The Flame, le morceau d’ouverture, on sent que le but est pleinement atteint. Et la suite confirme l’ambition d’un artiste qui aime les mariages de déraison. Lire la suite « Samy Thiebault ou le métissage musical »

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