La Bretagne au chœur

Breizh – Eo Ma Bro ! (*) réunit 19 artistes pour un CD en forme d’hommage vibrant à la Bretagne avec, au cœur de ce voyage, un passeur d’émotions au long cours : Olivier de Kersauson.

Kersauson a la voix pour parler aux embruns. Il était le guide tout naturel pour accompagner cet hymne à la Bretagne qui réunit une vingtaine d’artistes pour célébrer « sa » Bretagne. « C’est ma Bretagne, dit-il, c’est le cœur qui se tout entier dans le vocabulaire qui ne parle pas toujours très bien. »

Autour du marin au parler fort, une kyrielle d’artistes sont du voyage. Les Bretons de toujours – Gilles Servat, Alain Stivell, Tri Yann ou encore Dan Ar Braz, Miossec – mais aussi les amoureux (Laurent Voulzy, Jane Birkin) de cette région  en forme de continent où les bombardes répondent aux cornemuses et où les chœurs se font tantôt aériens, tantôt puissants.

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Le swing symphonique de Guy Luypaerts

Les Chansons de ma jeunesse (*) cache, derrière une pochette un peu trop rétro, une riche compilation  de mélodies interprétées par des grands (Trénet, Sablon Guetary) et signées d’un as du jazz symphonique : Guy Luypaerts.

Au gré des plages, on est surpris par la qualité et la variété des compositions de Guy Luypaerts dont le nom ne dit certainement rien aux moins de 20 ans. Et pourtant, il suffit d’écouter le swing d’un morceau comme Avalanche, les délicats arrangements de La Ballade des petits lutins pour mesurer le coup de griffe de ce musicien. Il y a chez ce compositeur, né à Paris, le 29 septembre 1917, une joie de vivre et un amour de la musique qui « transpirent » de toutes ces musiques retrouvées et regroupées où le moindre basson peut apporter une rythmique du tonnerre.

Après avoir été pianiste de jazz dans des formations reconnues comme celle de Bill Coleman, l’artiste a été versé au théâtre aux armées où il devient l’accompagnateur de Charles Trenet. C’est Trenet qui va lui créer, en 1940, sa première chanson, la mélancolique Près de toi mon amour qui ouvre au demeurant ce CD et que l’on va découvrir avec plaisir, tant cette chanson est bien ciselée. Lire la suite

Tinkara, une voix forte de la pop italienne

Ancienne participante à l’Eurovision 2014, Tinkara, artiste slovène, signe avec Cuori Di Ossigeno, un album résolument pop où sa voix puissante fait la différence. Et se marie fort bien avec les flûtes rock’n roll.

Musicienne, chanteuse, compositrice, auteur et flûtiste, Tinkara vit à Ljublajana en Slovénie. Si elle publie avec Cuori Di Ossigeno, un hymne à l’amour sur tous les rythmes, l’artiste n’en est pas à son premier disque, ni à sa première scène. Tinkara a déjà donné plus de 800 concerts dans son pays natal mais aussi en Croatie, Autriche et, bien sûr, Italie. De même, Tinkara a collaboré avec des figures internationales comme Robert Plant, Carlos Nuñez ou Bobby Solo.

SI l’album, au demeurant réalisé avec fougue, n’étonne pas toujours quand Tinkara donne de la voix,  la pousse jusque dans certaines limites (et elle a un coffre certain), il est nettement plus touchant quand l’artiste joue sur des tempos plus doux, sur les nuances, avec des chansons telle que La Malinconia.

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Les étranges voyages de Léopoldine

hqdefaultBlumen im Topf (fleur en pot en Allemand) est une proposition musicale originale d’une chanteuse et actrice qui livre de surprenants états d’âme dans ce disque.

Léopoldine aime faire siens les mots des autres comme le prouve ce nouvel album, Blumen in Topf (*), où sa voix cristalline se promène sur les paroles de ces écrivains de chevet : de Gwenaëlle Aubry  à Olivier Cadiot, en passant, bien sûr, par Roland Topor. Quatorze chansons en français, allemand ou alsacien où elle laisse sa joie de vivre se promener sur des mélodies improbables.

Dans cette aventure, elle est entourée de vieux complices – musiciens et comédiens comme Maxime Kerzanet et Charly Marty – de l’ingénieur du son Van Landuyt et des chœurs du collège Diderot à Besançon. Et, sur scène, Leopoldine-la-surprenante débarque avec une (grosse)  valise d’instruments : de l’accordéon au piano en passant par une mini-harpe, un ukulélé…

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Le tour tranquille de Francis Cabrel

fc-inextour-12x12-rvbIl a l’élégance gasconne et la discrétion des timides. Avec L’ In extremis Tour, Francis Cabrel propose au public son quatorzième album, captation artisanale et soignée de son spectacle en deux CD racés, un DVD et un making of qui restituent joliment  l’atmosphère tranquille de sa dernière tournée.

Francis Cabrel n’a jamais joué les rockers de choc, mais les artisans d’une pop-folk made in France, marquée de bien des influences anglo-américaines, Dylan en tête de liste bien sûr auquel il ne manque jamais de rendre hommage.

L’homme sait ciseler des histoires raffinées et qui prennent les chemins de traverse pour le dire. Engagé mais pas enragé, Cabrel était de retour en scène au printemps 2015 pour une centaine de dates, suite à la publication de son nouvel album In Extremis. Son spectacle donné au Forest National de Bruxelles (passage obligé pour tout croque notes qui se respecte) n’était pas révolutionnaire mais d’un grand raffinement et on le mesure pleinement en découvrant le DVD du spectacle où Cabrel et ses musiciens officient dans un décor sobre, et un espace structuré par les belles lumières des « Allumeurs d’images », comme les surnomme l’artiste dans la très belle pochette du disque, riche de bien des photos du récital comme de ses coulisses.


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Archibald prend le large

1540-1Premier album d’Archibald, In Time In Space (*) est nourri des vies multiples de sa créatrice, Roxane Terramorsi. De quoi nourrir bien des explorations musicales.

Avec des études d’éthologie et de biologie à son actif, après avoir étudié les singes dans la jungle, les blattes dans un laboratoire, Roxane fait un nouveau grand écart en signant en compagnie de Nicolas Gardel, In Time In Space (*), un disque aux influences multiples. Et qui évoque sur tous les tons et bien des rythmes le voyage sous toutes ses formes.  « C’est un album en  hommage aux marins, aux bateaux qui ont coulé et à tout ce milieu maritime« , dit Roxane.

Après avoir débuté sur Anjo Vingador, et ses sonorités qui ne dépareilleraient par sur bon vieux Carlos Jobim, le voyage se poursuit avec quelques sonorités italiennes, une évocation ,dans la mélodie éponyme, de Scott Moorman, disparu mystérieusement avec ses compagnons dans un atoll des îles Marshall en 1978. Et ce, avant de se terminer par un hymne aux isthmes.

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Chico et les Gypsies : la nostalgie des années 80

Chico-The-Gypsies-Plus-près-des-étoiles-SingleColor 80’s (*) marque le retour de Chico et les Gypsies qui revisitent les tubes des années 80. Et ce, avec plus ou moins de bonheur.

Le coup d’envoi des années 80 revues et corrigées par Chico et sa bande, c’est Plus près des étoiles, le tube de Gold, célèbre groupe toulousain qui, en 1984 sur l’album Tropicana, évoquait en rythme le sort des boat-people vietnamiens. Le ton est donné et en treize titres, avec leur sens de la rythmique gitane et des envolées de guitare, Chico et les Gypsies revisitent des airs qui ont déjà fait leur preuve : de Couleur café à La Bamba, en passant par J’veux du soleil. Le tout en glissant parfois le Français et l’Espagnol sur certains titres comme Couleur café. Un album taillé pour affronter l’été et les pistes de danse.

Le résultat est solide même s’il n’y a pas de véritables surprises à l’écoute. On n’a pas passé quarante ans sur les scènes sans avoir un sens certain de la mélodie qui emballe son monde. Mais le résultat est, au final, inégal et l’on peut se demander par exemple ce qu’apporte l’adaptation de Joe le taxi,le tube qui lança Vanessa Paradis avec des variations qui n’apportent rien de plus à l’original.


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