Dérangée et dérangeante…

À cheval entre deux cultures, Nawel Ben Kraïem signe  avec Par mon nom (*), un EP de sept titres, où elle célèbre la force d’inspiration du métissage. Un univers fin et bourré d’énergie.

Nawel Ben Kraïem n’est pas une inconnue loin de là et on a déjà aperçu sa singularité en 2016 dans Méditerranéennes, construit par Julie Zenatti où elle livrait sa version – décalée en diable – de Ya Mustapha. Tout comme, on l’avait repérée dans Indignados, de Tony Gatlif, sur scène avec le groupe Orange Blossom, portant haut les couleurs de l’électro-world, ou encore en duo avec Christophe.

En solo avec  Par mon nom, Nawel Ben Kraïem  affirme sa singularité dans des chansons où elle laisse libre cours à son inspiration polyglotte, elle dont le père vient de Tunisie et la mère de Toulouse; elle qui a débuté très tôt sur scène à Tunis où elle était montée sur scène pour dire des poèmes en français, en arabe et en anglais.

Sur des rythmiques modernes qui empruntent aussi bien à l’univers d’une Lhassa qu’à Lauryn Hill, Nawel Ben Kraïem célèbre sa manière de voir la vie avec des mots d’esprit et des jeux de mots en français et des images poétiques en arabe comme le montre la chanson d’ouverture, Dérangés qui célèbre « les enfants paumés, les enfants secrets  » de sa génération. « Désoriental, désorienté/ Quand le béton arrête le vent, c’est difficile de souffler« , chante t-elle de sa voix légèrement ébréchée et sensuelle.

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Naples sur tous les modes

Chanteur et accordéoniste du groupe Brastch, François Castiello a su bien s’entourer pour livrer sa vision de Naples au cœur du collectif Lalala Napoli qui revisite à nouveau les classiques des mélodies napolitaines dans Disperato (*). Inventif et tonique en diable.

Il fallait bien que François Castiello, l’accordéoniste toujours inspiré du groupe Brastch,  replonge un jour dans ses racines musicales. Avec le deuxième disque du collectif Lalala Napoli, Disperato,   il confirme la variété de son inspiration et cet enracinnement.

Réunissant à nouveau sa bande de cinq musiciens autour des musiques populaires de Naples, François Castiello mêle l’acoustique et l’électrique dans ce disque où la liberté d’expression  prend son envol libérant, au gré des morceaux, une émotion palpable. Trilles de flûte, nostalgie d’un accordéon voyageur, basses solides, mandoline délicate… ce disque sent le « live » à plein nez et pétille de vie. Il y a du bal napolitain, aussi chaleureux que fou et exubérant, dans ce panorama en quatorze morceaux qui débute en fanfare avec Simme e napule paisa et qui se termine par une version mémorable de Funiculi Funicula. Un album qui offre aussi des mélodies moins connues comme ce Cannettella, porté par les arrangements du maître de cérémonie.

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BREL – 40 ANS APRÈS

Quarante ans après sa disparition, Jacques Brel n’a toujours pas été balayé de la mémoire populaire. Preuve de la modernité de son répertoire. Hommage en quelques chansons.

 

 

 

L’Éclusier (1968)

La Cathédrale (1977)

Ses mots sur la réussite

Voir un ami pleurer

Mourir pour mourir (écrite pour le  film Mon oncle Benjamin)

ALEXIS HK, L’ART DU FUNAMBULE

Trois ans après son dernier disque, et après l’intermède remarqué d’hommage à Brassens,  Alexis HK revient sur le devant de la scène avec Comme un ours (*). Quand il sort de sa tanière, le croquenotes fait mouche de belle manière.

Son dernier spectacle, Georges & moi, mis en scène par François Morel, avait marqué les esprits en 2015, il a renouvelé son inspiration dans une solitude assumée pour imaginer son nouvel album, Comme un ours. Il annonce ainsi la couleur : « Comme son nom l’indique, ce disque trouve ses racines dans la solitude et l’isolement. Mais ses racines seulement. Je me suis isolé le temps de l’écriture pour ressentir vraiment la nécessité de l’autre, l’insoutenable projet de la solitude absolue. »

En compagnie de Sébastien Collinet comme coréalisateur – il a œuvré notamment avec Florent Marchet – Alexis HK nous offre un album au dépouillement lumineux avec des « grooves lancinants », des incursions d’ukulélé, la présence discrète d’un violoncelle , et des rythmiques qui soutiennent des chansons ciselées en diable. L’inspiration solitaire n’a pas porté Alexis HK a un optimisme béat et le disque est marqué par cette année 2015 où le terrorisme fou a frappé et dont les ondes ont touché l’artiste qui s’était isolé, chez lui,  dans le vignoble nantais. La preuve avec cette Marianne évoquant ce vendredi 13 novembre où, du côté du Bataclan, la bière rousse s’est teintée de sang et a durablement changé l’atmosphère en France.

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L’émoi de Septembre

Quatuor pop, Septembre déboule avec un disque d’une douce mélancolie : Si c’était à refaire (*). Zoom.

Quatre garçons venus de la région du Mistral ne peuvent qu’être dans le vent. Il est vrai, les quatre membres du groupe Septembre se sont rencontrés du côté d’Avignon.

Influencés par Noir Désir comme par Depeche Mode,  Sylvain  Seguin au chant – il mène aussi une carrière de comédien- Axel à la basse, Benoît à la guitare et Romain à la batterie proposent avec Si c’était à refaire un disque de belle facture sonore, réalisé par Jeff Delort (qui a bossé avec Teté et Higelin…) et par Lionnel Buzac (Charlie Winston, Elephanz…) La voix de son chanteur aidant, on pense vite à Indochine, voire à certaines intonations d’Étienne Daho. Et l’harmonie vocale est souvent au rendez-vous avec, parfois, le sentiment d’ouïr un moderne cantique, comme dans Du flou, de la violence.

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Charles Aznavour : une voix sans frontières

Il y a quelques jours encore, Charles Aznavour était l’invitée de France 5 dans C à vous, où il ne faisait pas de la figuration auprès de chroniqueurs inspirés . Il vient de nous quitter à l’âge de 94 ans. Une voix connue dans le monde entier…

Aznavour, c’était l’homme des records. Celui qui avait débuté comme secrétaire d’Edith Piaf en 1946, celui auquel bien des chroniqueurs ne prédisaient aucun avenir de chanteur – le grand découvreur de talent, Jacques Canetti, m’avait avoué qu’il avait fait l’erreur de ne pas « croire en lui » – Charles Aznavour, il s’agit bien de lui, avait pourtant conquis, à force de travail,  le monde entier, signé pour lui et pour tant d’autres quelques 1300 chansons  et vendu 100 millions de disques. Ambassadeur de la langue française, ce fils d’une modeste famille d’immigrés arméniens était connu dans près de 90 pays et savait chanter dans huit langues. « J’ai fait une carrière inespérée mais exemplaire » disait-il récemment à l’AFP. Car il avait eu droit à bien des critiques à ses débuts : sa taille, sa voix, ses textes…

« Je suis pas vieux, je suis âgé« , disait Aznavour pour lequel le mot « retraite » n’avait pas de sens et qui est -presque – mort sur scène car il était sur le point de reprendre une tournée après s’être fracturé le bras cet été. Un auteur, compositeur, interprète qui avait osé bien des thèmes durant sa carrière. Dès 1956, il avait évoqué le sexe dans Après l’amour, censuré.  Dans Tu t’laisses aller, il avait osé décrire la décrépitude d’un amour vieillissant et dégradé. Ou évoqué l’homosexualité en 1972 dans le remarquable Comme ils disent. Marié à trois reprises, Aznavour avait aussi chanté l’amour sur tous les modes des Plaisirs démodés à Plus bleu que tes yeux, immortalisé par Edith Piaf. Il avait aussi célébré à maintes reprises la vie d’artiste avec des incontournables comme La Bohème ou Je m’ voyais déjà

Parfois, on oublie que le grand Charles avait signé des textes pour Johnny Hallyday (Retiens la nuit) et Sylvie Vartan (La plus belle pour aller danser). Récemment, il avait écrit un très beau texte pour François Fabian : Ce diable d’homme. Toujours curieux des nouveautés, du rap notamment, il avait été en quelque sort un précurseur du genre quand, avec son premier complice Pierre Roche, il avait signé son Feutre taupé. Lire la suite « Charles Aznavour : une voix sans frontières »

Les nouveaux copains de Georges

Croquenote virtuose guitare en main, Rodolphe Raffalli célèbre Brassens sur tous les rythmes en accompagnant une fine interprète, Renée Garlène, dont la voix est magnifique. J’ai rendez-vous avec vous(*) n’est pas un album d’hommage de plus.

Ce n’est pas la première fois que Rodolphe Raffalli s’attaque à Brassens, mais, jusque là, il s’agissait d’habiter ses mélodies de son talent de guitariste. Avec Renée Garlène, il opte pour un duo musical pour voix, guitare et quelques instruments. Peu d’instruments pour rester fidèle au désir du Sétois qui disait à son ami Louis Nucéra (comme il est rapporté dans la pochette de J’ai rendez-vous avec vous) : « Je ne tiens pas à ce que l’attention du public soit détournée par des fioritutes, par un son de flûte, par un son de trompette. J’aime beaucoup justement ça , j’aurais beaucoup aimé avoir des orchestrations sur mes chansons mais je crois que ce n’est pas à moi de faire ça. »

Accompagné de Sébastien « Raoul » Gastine à la contrebasse et de Fabrice Thompson aux percussions, Rodolphe Raffalli teinte les mélodies originale de Brassens de swing, de rythmes brésiliens pour leur donner une singulière couleur musicale. Et sans jamais forcer le trait. Lire la suite « Les nouveaux copains de Georges »

Des mélodies pour mieux vivre….

Des parts de rêve est un groupe qui veut nous communiquer le désir de prendre le temps de vivre. Un parti pris d’optimisme qui apparaît dans leur premier album : Terre Happy (*).

« Dire non. Pour rester vrai avec toi-même » pourrait être la devise du groupe Des parts de rêve, formé autour de Christelle et Victor Tinguelly. En tout cas, ils lancent la formule dans Ose dire non, la chanson qui ouvre leur premier album où la terre est au centre de leur inspiration.

Recherchant d’abord le bien être personnel plutôt que la consommation à tout crin, Des parts de rêve a opté pour la fréquence en La 432 htz utilisée avant les années 50, qui fut un des innombrables standards d’accordage du passé et que l’on dit proche de la fréquence de la nature et de l’eau. Même si cette idée ne fait pas partout l’unanimité.

En tout cas, le groupe promène des couplets optimistes – le « Je mérite le meilleur« , de Stop ! – sur des rythmiques diverses  pop, folk, rock (Terre Happy et ses accents à la Dire Straits), blues accompagnés de ballades qui délivrent une atmosphère apaisante mais pas morose.

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Fred Nevché : les mots sur la route

Valdevaqueros (*) marque le retour sur les ondes de Fred Nevché avec un album écrit de Marseille au Québec, via Casablanca. Des mots qui résonnent car mis en valeur par des arrangements synthétiques épurés.

Valdevaqueros porte le nom d’une plage de sable fin d’Andalousie (ci-dessous), entourée par les dunes qui longent la « Costa de la Luz ». Un tel endroit symbolise une invitation au voyage et donne justement son titre au nouveau disque de Fred Nevché, alias Fred Nevchehirlian, un artiste dont les racines se trouve dans le quartier des Olives, à Marseille, même si ses ancêtres ont pris le chemin de l’exil, les uns de l’Espagne sous la dictature franquiste, les autres de l’Arménie paternelle.

Ceux qui connaissent le parcours de Fred Nevché savent qu’il a déjà un solide parcours derrière lui.  Ancien professeur de français, impliqué dans les premières années du slam en France, il a commencé son aventure discographique avec son premier groupe Vibrion et un album éponyme remarqué par un prix au Printemps de Bourges en 2005. En 2009, il vole avec son propre nom  avec Monde Nouveau Monde Ancien, où figure le guitariste Serge Teyssot-Gay, se promène ensuite sur les vers de Prévert… Bref, entre slam, rock et chanson française de facture plus classique, Fred Nevché  a su façonner un univers original dont ce nouvel album est l’expression aboutie. Il se joue aussi bien d’une simple ligne mélodique de synthétiseur que Lire la suite « Fred Nevché : les mots sur la route »

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