Bjørn Berge: le blues venu du froid.

Who Else ?, c’est le cri de guerre d’un sacré guitariste venu de Norvège : Bjørn Berge. Un blues viking qui décoiffe.

Le cheveu est long, la barbe bien taillé. Né à Haugesung en Norvège en septembre 1968, Bjørn Berge a fait de la solitude une image de marque dans son pays natal. Chanteur et guitariste, il est chez lui rarement accompagné de musiciens.

Depuis deux décennies, l’homme a marqué de son empreinte le blues européen. C’est en décembre 2004 que Bjørn a marqué, chez nous,  la grande scène des Transmusicales de Rennes en se produisant seul, une fois de plus,  devant plusieurs milliers de personnes.

Pour toute arme dans cette formule,  l’artiste disposé d’une guitare acoustique douze cordes et d’un battement de pied régulier et puissant en guise de grosse caisse. Voix caverneuse et jeu puissant à la gratte, Bjørn Berge peut aussi bien enflammer son monde de ses blues que par les reprises de Motorhead (Ace of spades) et des Red Hot Chili Peppers (Give it away).

S’il avait prévu d’enregistrer son 13ème album plus tôt, une tournée avec le grand groupe norvégien Vamp a différé son projet. Après cette parenthèse musicale, il s’est remis à la tache prévoyant que Who Else ? serait, une fois encore, une œuvre en solo. Lire la suite « Bjørn Berge: le blues venu du froid. »

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Marjolaine Piémont : qui s’y frotte…

Sans le superflu, c’est la carte de visite sonore de Marjolaine Piémont, une artiste qui manie l’humour avec parcimonie pour dire ses colères et ses émotions. Une belle surprise.

Marjolaine Piémont est une artiste culottée. Du culot, il lui en faut pour terminer son album, Sans le superflu » par une chanson Vieille, où il est question d’une nonagénaire qui a « un amant« , mais pas n’importe lequel ! Son doux nom ? Alzheimer ! Pour Marjolaine Piémont, tous les sujets sont bons à chanter à partir du moment où l’on y met un peu d’humour et de distance.

Tombée il y a quelques lustres dans l’univers de Barbara, cette dame brune a appris le métier sur scène, notamment au Japon où elle a proposé une tournée Hit Songs de chansons françaises à travers tout le pays du Soleil Levant. Plus tard, elle a fait partie de belles équipes, que ce soit  Sol en Cirque ou encore Mozart l’Opéra Rock. Le vrai déclic pour la chanson viendra de ses rencontres avec des artistes comme Vincent Baguian, Phil Baron ou Aldebert. Lire la suite « Marjolaine Piémont : qui s’y frotte… »

Caroline Loeb en route avec Sagan

Présentée comme « une lettre d’amour » à l’auteure, Comme Sagan  marque le retour de Caroline Loeb à la chanson. Une « rencontre » qui a changé sa vie et qu’elle célèbre de belle manière.

Françoise Sagan n’était pas l’auteure de chevet de Caroline Loeb. Elle l’a rencontrée grâce à Alex Lutz avec lequel elle avait élaboré son précédent spectacle musical dédié à une autre figure forte de la littérature française : George Sand. Elle raconte : « Il me parlait régulièrement d’elle, de son style tellement particulier fait de légèreté et de profondeur. » Pour passer à l’acte musical, il fallait une étape de plus : celle de la lecture de Je ne renie rien, recueil de ses interviews. L’idée du spectacle Françoise par Sagan s’imposait (mis en scène par Alex Lutz) et elle fait une tournée avec depuis trois ans dont le succès ne se dément pas.

Avec son disque Comme Sagan (*), Caroline Loeb s’attache, cette fois, à l’auteur de chansons pour Gréco, Mouloudji… On y retrouve les mots d’amour de Sagan, son sentiment de solitude aussi avec des chansons comme la mélancolique Maisons louées, avec ce refrain. « De tes maisons louées tu t’en vas d’un air fier/ Tu te crois regrettée en partant la première/ Dans ces maisons louées, tu laisses derrière toi/ Deux, trois ans de ta vie, et un peu de ta voix. » Les paroles d’une jeune femme qui aimait plus que tout bouger et dont la phrase leit motiv fut longtemps : «Tu viens ? On s’en va». On y retrouve encore Sans vous aimer, mis en musique par Michel Magne et créée par Juliette Gréco en 1955. « Sans vous aimer/ Je n’ai jamais rien cru/ De ces mots, de vos lents baisers/ Et si jamais votre cœur l’eût voulu/ Oubliez, oubliez cet été. » Ou encore la description saisissante d’une « ville édifiée » dans Bonjour New York.

COMME SAGAN – CAROLINE LOEB

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La pop élégante d’Antoine Sahler

En 14 chansons et six interludes, non dénués d’humour, Antoine Sahler signe un nouvel album espiègle (*) où il aborde, sans jamais monter la voix, bien des thèmes. Le tout porté par une partition pop élégante.

Né à Montbéliard en 1970, Antoine Sahler est un personnage atypique. Il est notamment un  vieux complice d’un certain François Morel, rencontré par l’intermédiaire de Juliette,  avec lequel il a conçu deux albums et spectacles de chansons (Le soir, des lions, en 2010 et La Vie, titre provisoire, en 2016). Ancien élève d’HEC – où il devait s’ennuyer ferme quand on connaît un peu son univers- celui a qui fait ses gammes musicales en apprenant le piano classique dans son village de Valentigney dans le Doubs, a, depuis ses chères études, multiplié les aventures musicales. Il est notamment aussi l’auteur de deux livres-CD pour la jeunesse, chez Actes Sud Junior (La Tête de l’emploi et La Colonie des Optimistes). Et il a enfin créé un label, le Furieux, qui réunit des artistes comme Armelle Dumoulin et Wladimir Anselme.

Pour son retour sur le devant de la scène et en chansons, après dix ans sur d’autres terrains artistiques, Antoine Sahler a su, musicalement, bien s’entourer avec des complices tels Raphaël Séguinier à la batterie (Arthur H…) et Thibaud Defever à la guitare. Entre autres. Ensemble, il créent un univers pop, parfois mêlé d’une rythmique brésilienne. Le tout étant ni tape à l’œil, ni tristounet. Juste élégant.

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Le dernier « cadeau » de Gianmaria Testa

Il aurait du fêter ses 60 ans le 17 octobre dernier. Disparu en 2016, Gianmaria Testa, le plus francophone des chanteurs italiens, nous revient dans Prezioso(*), un album posthume qui nous fait pénétrer dans l’atelier de cet artiste inspiré et délicat.

Auteur, compositeur, interprète mais aussi chef de gare, Gianmaria Testa a été fauché par la camarde alors qu’il avait encore bien des mélodies à imaginer sur les cordes de sa guitare folk.

Sa compagne, Paola Farinetti a décidé d’offrir un « dernier cadeau » aux amateurs de l’univers de Testa en sortant cet enregistrement minimaliste et pour cause. Sur la pochette, elle écrit : « Le point de départ est constitué d’enregistrements imprécis, pour la plupart réalisés sur un Zoom, pour les nécessités de dépôt à la Siae (SACEM italienne) ou pour les faire écouter à d’autres artistes, avec un seul instrument comme accompagnement. »

À l’écoute, on a ainsi le sentiment de plonger dans le laboratoire de l’artiste qui pose sa voix sur une mélodie comme le peintre définit une couleur sur sa palette. Dès l’ouverture, on découvre un inédit Povero Tempo Nostro, portrait sans pitié de notre société et aussi hymne à la Terre. On y trouve encore la version magnifique de sobriété de Questa pianura, version italienne du Plat Pays, de Jacques Brel. Comme si le Pô rejoignait symboliquement, par la grâce d’une adaptation, l’Escaut. Lire la suite « Le dernier « cadeau » de Gianmaria Testa »

Laurent Montagne : les airs des cimes

Souviens-moi (*), c’est le nouvel album de Laurent Montagne, un chanteur  qui peut alterner les rimes révoltées avec  des couplets plus contemplatifs. Un cocktail qui lui réussit plutôt bien.

La voix est toujours solide au poste. Dans l’univers de Laurent Montagne, la guitare domine, tantôt très rock, tantôt plus pop avec un sens certain du crescendo sur des rythmiques solides. Côté musique, l’enfant de la Drôme qui vit aujourd’hui dans la région de Montpellier s’est entouré de vieux complices de ses années de groupe : Laurent Guillot, Cyril Douay, l’ami du groupe Les Acrobates et fondateur de The Chase; Pierre-Yves Serre, fondateur de Horla… Entre autres.

Le résultat, c’est un album qui balance pas mal, efficace dans les sons sans pour autant offrir des arrangements qui jouent la fioriture pour la fioriture, au risque d’y  perdre leur âme. Cela met en valeur des textes qui oscillent entre la colère et la poésie, sans jamais que la revendication n’inspire le trac. Ainsi avec Le Système : « Le système t’aime/ Le système t’aime comme un vampire aime le sens » lance-t-il évoquant une société qui ne tourne plus vraiment rond et qui est issue de « la même élite. »


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Le carnaval sonore de Dowdelin

La pochette de leur album, Carnaval Odyssey (*) bigarrée est à l’image d’un trio, Dowdelin,  qui aime ouvrir des voies musicales nouvelles entre jazz créole, musique électro et percussions antillaises. Intéressant mais inégal.

Laissé  Mwen donne le ton de Carnaval Odyssey, le nouvel album de Dowdelin, un trio lyonnais qui tente de donner un coup de neuf à la musique créole traditionnelle. « Laissé Mwen aller/ Etre dans l’instant/ On serait bien sans choisir de camp » lance-t-elle. La voix chaude de la chanteuse martiniquaise Olyvia porte de bout en bout cet album qui défriche bien des pistes musicales : du jazz créole aux plages électroniques en passant par un brin de soul. Un titre au tempo plus doux comme Slowdown en apporte la preuve.

Pour apprécier l’univers musical de Dowdelin, il faut aimer les mariages audacieux entre les mélodies créoles traditionnelles et les promenades électroniques. C’est David Kiledjian  qui est au cœur du projet musical, mais il est secondé de main de maître par  Raphaël Philibert, saxophoniste et joueur de gwoka qui marque de sa griffe les plages les plus puissantes de l’album.

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Marcel Azzola : un accordéon s’éteint

Marcel Azzola est mort. Âgé de 91 ans, il avait accompagné Piaf et Barbara. Et, par la grâce d’une chanson, Jacques Brel avait rendu célèbre son prénom.

Il continuait de se produire sur scène, malgré une santé qui déclinait. Jusqu’au bout, Marcel Azzola fut fidèle au piano à bretelles qui l’avait rendu célèbre. Le célèbre « chauffe, Marcel ! »,  lancé Jacques Brel, en 1968, en plein enregistrement de sa chanson Vesoul,  avait donné un prénom à son visage. Son nom demeurera à jamais associé à tous les aspects de l’accordéon de papa :  du bal musette au jazz en passant par la création originale. L’homme était un modeste. Plutôt que de relater ses nombreuses aventures avec le grand Brel, il préférait faire « parler » son instrument. Il est aujourd’hui en deuil…

En 2005 dans un portrait du Monde, il disait : « Oh, la gloire c’est très relatif, vous savez. Regardez le jeune garçon de café. C’est normal qu’il ne me connaisse pas. S’il me parlait de son groupe de techno favori, ce serait pareil pour moi… Non, je n’ai pas la grosse tête. Je n’aimerais pas, en tout cas. » Comme le chantait Brassens, Azzola était un « modeste ». Mais quel talent !

Un 13 qui porte bonheur

Chant libre (*), c’est le nouvel album de Collectif 13, un groupe qui réunit des membres de Tryo, La Rue Ketanou, Massilia Sound System… Un bouillon de culture pour des artistes qui chantent leurs révoltes et leurs colères dans un joyeux bazar musical.

Dès l’ouverture de Chant libre, Collectif 13 annonce la couleur et balance le tempo sur Collègues, un hymne au partage et à la fraternité : « Ce n’est pas une histoire de quartier. C’est une envie de se rencontrer. » Le ton est donné par ce groupe formé de musiciens venus de bien des formations connues qui préfèrent se parler en musique que de communiquer par Internet. « Aucun filtre entre nous, pas de marketing », lancent-ils dans Réseau, soutenu par les solos d’un saxophone rageur et qui se moque de nos vies connectées.

En quinze titres, Collectif 13 mise sur le mélange des cultures, le métissage musical au service de chansons qui disent la dinguerie américaine (les couplets de Trumperie sont fort bien tournés), l’anonymat des laissés-pour-compte (Invisible), l’univers bétonné et artificiel d’un Dubaï . « Elle n’est jamais finie la vie d’un chanteur/ Il y a toujours à dire, toujours un râleur » clament-ils sur fond de reggae made in Marseille dans Tout petit déjà.

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