Un violoncelle sans frontières

Avec Origine(s), son deuxième album, Olivia Gay poursuit son désir de musiques sans frontières et de partages tous azimuts.

En 2018 avec Horizon(s), Olivia Gay faisait déjà entendre sa différence et faisait montre de son lyrisme sur trois concertos contemporains fort différents les uns des autres. Adepte des titres avec « s », la violoncelliste originaire de Belfort – elle fut élève de Thérèse Bussière au Conservatoire –  est de retour avec Origine(s) où elle fait montre, une fois de plus , de son goût pour les chemins de traverse.

Très symboliquement, elle a présenté en novembre dernier son nouveau répertoire sous le chapiteau du cirque Romanés, dernier cirque tzigane européen à Paris. Avec une ambition : montrer « l‘influence de la musique populaire sur la musique savante. » Ou comme elle l’écrit encore sur la pochette de son disque : elle a souhaité « retrouver la résonance originelle des œuvres de Schumann, Kodály, Bloch, Piazzolla et Nadia Boulanger avec les sources traditionnelles qui les ont inspirées. »

Le résultat est là. Et Origine(s) exprime l’âme d’une artiste, adepte d’un vrai romantisme et qui a aussi arrangé certains chants populaires pour son instrument. Fascinée par Zoltán Kodály – né en 1882 en Autriche-Hongrie, il a notamment influencé Bartok- ,  tentant de comprendre « quelles influences populaires avaient traversé son œuvre majeure« , Olivia Gay revisite de manière très sensible sa Sonate pour violoncelle op. 8.
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Elie Antoine à fleur de mots

Le succès étonnant de La Rose et l’Armure – car le titre détonne avec le reste de son album- a soudain propulsé Antoine Élie sous le feu des projecteurs et des plateaux de télévision. Roi du silence(*), son premier album, révèle un artiste inspiré et attachant.

Hier grand amateur de rap, Antoine Élie a su mettre ses mots à lui sur un univers musical qui chasse large et se joue de rythmiques variées qui n’écrasent jamais les mots. De sa voix cassée par les nuits blanches et alcoolisées, souvent évoquées dans les titres (de Clopes, Sky-Cola à Nuit tranquille), Antoine Élie livre bien des fêlures avec des textes qui font montre d’un joli sens des images qui touchent. Ainsi quand il lance avec des vibrations à la Jonasz (dans un registre plus bas) dans Où aller ? : « J’veux pas sourire, j’ai les canines encrassées… / Par peur de mourir… J’me tiens droit, les doigts croisées… Mais où aller ? où aller ? »

Avouant qu’il est d’un naturel « solitaire » – « parce que j’aime ça ! » – Antoine Élie, ce fils de médecins âgé aujourd’hui de 30 ans,  sait dire les fêlures d’amour dans un style qui détonnne comme dans L’Amas d’chair, un cri d’amour un brin désespéré, suite à une séparation douloureuse,  sur des boucles électros où le mot amour est conjugué sous les tons, avec une vraie véhémence. « Personne m’aimera jamais, même moi… / Aime-moi, aime-moi… »
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MPL : la musique des souvenirs

En souvenir de Lulu, trop tôt emportée,  les quatre amis d’enfance, réunis dans le groupe MPL sortent un deuxième album, L’Étoile (*). Entre vie bien réelle et évocation de fantômes, un disque de belle tenue.

Cédric à l’écriture  et au chant (il est doté d’un fort beau timbre de voix); Manu et Julien aux guitares et Andreas à la basse : MPL a trouvé dans la musique un exutoire aux souvenirs douloureux, en l’occurrence, la perte d’une amie, d’une amante de rêve, Loulou. Sur le clip en forme de générique du disque, ont voit quatre hommes, guidés par une voix mystérieuse, braver le blizzard pour gagner le haut d’une colline où se trouve un étrange gourou, le cinquième membre du groupe de grenoblois.

Porté par des guitares aux riffs africains, légers et rythmés, ponctués de pulsations électro,  l’album de MPL embarque son monde dans un univers très ouvert où l’on trouve aussi bien des chansons très acoustiques que des productions hip-hop, des musiques pop, world… C’est de cette diversité musicale que Étoile tire une vraie richesse musicale. Lire la suite « MPL : la musique des souvenirs »

Graeme Allwright, un troubadour s’en est allé

Ceux qui ont croisé le plus français des folk singer venu de Nouvelle-Zélande se souviennent de son regard d’un bleu d’atoll et de la douceur d’un artiste qui avait popularisé bien des chanteurs américains dans la langue de Molière. Discrètement, Graeme Allwright a tiré sa révérence : il avait 93 ans.

Il avait traduit et adapté Leonard Cohen en français (Suzanne, L’Étranger, Demain sera bien…); tout comme Bob Dylan (Qui a tué Davy Moore ?) ou encore Woody Guthrie (Le Trimadeur; La Femme du mineur), préférant se « se glisser dans les mots d’un autre » quand il sentait le verbe fort et la poésie à fleur de peau et des mots. Graeme Allwright avait aussi marqué les ondes de ses propres chansons : fraternelle (Il faut que je m’en aille), engagée comme Johnny qui dénonçait les bombardements au Vietnam ou La Ligne Holworth, qui évoquait la dure vie des migrants et faisait référence au temps de l’esclavage. On a aussi oublié qu’il avait signé un très beau disque d’adaptation en anglais – des textes signés  Andrew Kelly – des chansons de Georges Brassens.

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Beau temps pour Lou Tavano

Accompagnée de son compagnon en écriture, le pianiste Alexey Asantcheeff, Lou Tavano est de retour avec un disque de très belle tenue : Uncertain Weather (*). Elle y fait entendre une voix magnifique.

La pochette de Uncertain Weather joue sur le flou, comme si Lou Tavano souhaitait ne se dévoiler qu’à moitié, comme s’il fallait une telle image pour témoigner du doute et de certains tiraillements de l’artiste qui l’exprime dans ce second disque. En guise d’invitation au voyage, elle prévient : « Je doute en permanence. Je suis à la fois ma meilleure amie et ma pire ennemie. Ce disque est l’histoire de ce combat intérieur. »

Visiblement, ce combat intérieur est une belle source d’inspiration et, dès la première note de As One, Lou Tavano agrippe l’auditeur et ne le lâchera plus. Car la dame n’a pas l’intention non plus de tout dire car, comme elle le dit dans Simple Ways To Be, elle lance : « How complex it is to be simple. » Ou encore : La vie ne tient qu’à un fil/ Je suis souvent pendue à ce film. »(Le fils de la vie). Lire la suite « Beau temps pour Lou Tavano »

Mira Cétii : la musique dans les étoiles

Ayant pris pour nom d’artiste celui d’une étoile, Mira Cetii a tout naturellement intitulé son premier album Cailloux & Météores (*). Des comptines poétiques, parfois inégales, mais qui ne manquent pas musicalement d’un certain charme.

Étoile binaire de la constellation de la Baleine, Mira Cetii a aussi les pieds sur terre et pour cause : en y ajoutant un « i », une jeune artiste, Aurore Reichert, a décidé de se l’approprier comme nom de scène. Et ses premiers EP, d’abord en duo avec le guitariste Jean-Pascal Boffo, ont tous porté un nom céleste : Cetus, Persée et Orion. Autant de signes que la dame aime avoir la tête ailleurs et nous invite au rêve.

Cailloux & Météores(*) a une pochette  à l’image de son contenu : l’artiste s’y dévoile un peu tout en tenant un étrange objet dans les mains. En solo, Mira Cétii s’est créée un univers musical pop marqué par des influences anglo-saxonnes pour habiller des textes à la poésie lyrique. Àgée de 37 ans, Mira Cétii, qui a été bercée par la musique dans son Saint-Avold natal, par un père guitariste amateur, définit d’ailleurs son univers comme de la « poésie pop ».

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Des échos de Verdée

Artiste atypique, Verdée sort son premier album, Dans nos pas (*) où les mots répondent aux sons pour créer une atmosphère particulière.

Sur le site de Verdée figure une de ses « activités » : les balades musicales, des parcours de marche « ponctués de haltes en musique, au contact d’une nature que l’on redécouvre parfois jusque dans la ville. » Elle y interprète des titres dans un version épurée, permettant même aux participants d’inventer ensemble des « chansons territoires »…Et l’on se dit alors que Verdée n’est pas une artiste banale. Il est vrai, avec ce nom qui symbolise tout un univers naturel à lui-seul, l’artiste a multiplié les voyages pour trouver sa voix et sa voie : elle a étudié le droit, les claquettes, pris des cours de photo avant de chanter du jazz, de la bossa nova et d’inventer un duo « électro bazar », Katia Golmann et Lui. Désormais, elle pointe seule sur le devant de la scène et des clips.

Pour autant, elle avance masquée derrière ce pseudonyme pour signer un album en onze titres. Partageant l’écriture avec Edouard Peramaud – « on n’écrit plutôt par dans la douleur » dit-elle – Verdée se met ensuite à inventer les couleurs sonores, soit au clavier, soit en jouant avec les curseurs d’un vieux Moog ou en taquinant la boîte à rythmes. Le résultat est un disque qui ne se livre pas dès la première écoute mais où la voix de Verdée qui peut monter vers les aigus vous agrippe, fruit de cogitations nées « dans le silence des processeurs » (Petite machine)

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Marijosé Alie : une maîtresse femme

Retour sur le devant de la scène pour Marijosé Alie avec un album, Madanm(*), où elle marie les mélodies de ses Antilles natales à des textes célébrant la force des femmes. Un disque bien inspiré.

D’emblée, Madanm séduit par la subtilité de ses arrangements. Les chansons de Mariejosé Alie sont soutenues par des rythmes caribéens où les percussions sont rares, et des mélodies de folk créole qu’elle a arrangées en compagnie de Mike Ibrahim (il a écrit, entre autres, pour Julien Clerc et Johnny Hallyday).

Si elle fut longtemps journaliste – elle a terminé comme directrice déléguée aux programmes chargée de la diversité à France Télévision – Marijosé Alie  sacrifie désormais à ses deux autres passions : l’écriture et la chanson. Et comme elle n’est pas du genre à faire les choses à moitié, le résultat est là. Sur la belle pochette signée Pedro Tapa, l’artiste y figure le poing levé, comme pour symboliser que le temps n’a pas émoussé ses convictions. Ou comme le dit « pour accentuer la verticalité de la détermination au féminin. »

Des convictions qu’elle exprime ici en onze titres où elle célèbre notamment le rôle majeur de la femme. La chanson-titre Madanm renvoie au terme créole qui pourrait se traduite aussi bien par « Maîtresse Femme » ou « Femme puissante« . Lire la suite « Marijosé Alie : une maîtresse femme »

Une pop vintage pour un trio des familles

Square The Circle (*) est le nouvel EP de June and The Jones, une fratrie de musiciens, anglais jusqu’au bout du rythme et 100 % français de naissance. Un son solide, même s’il manque parfois un peu d’âme.

Indéniablement, le nouvel album de June and The Jones est imprégné des mélodies sixties qui ont nourri leur imaginaire. Hadrien, Louis et Alice savent ce qu’ils doivent aux sonorités venues d’Outre-Manche. Et ils le reconnaissent : « On aime la musique pop qui se découvre en plusieurs fois et laisse entrevoir de nouvelles subtilités à chaque écoute. »

Square The Circle est le fruit d’une longue série de concerts qui ont permis à la fratrie de peaufiner leur univers. Mélangeant des instruments vintage, des guitares et des sons électros pour nourrir des mélodies qui tournent rond, cet album offre un univers musical dansant et rythmique comme le prouve le premier clip du groupe Dancing On The Moon, aux sonorités disco.

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