L’Acadie de nouveau fêtée

Du 8 au 15 août 2020, la semaine Acadienne battra son plein dans le Calvados.  Des musiciens venus des deux rives de l’Atlantique vont faire vibrer Courseulles-sur-Mer et les communes de la Côte de Nacre.

Le 6 juin 1944, des milliers de soldats Canadiens débarquent sur les plages normandes pour combattre la tyrannie nazie. Dans leurs rangs, se trouvent de jeunes Canadiens, descendants des Français qui ont traversé l’Atlantique au 17ème siècle, et qui vont retrouver dans ce climat tragique la terre de leurs ancêtres.

Quinze ans après sa création,  « La semaine acadienne » continue de célébrer en musique leur souvenir sur la Côte de nacre. Malgré la crise sanitaire, le festival ne baisse pas le rideau et a convié des artistes comme Natasha St-Pier, une habituée de sa scène, le groupe Mes Souliers sont rouges (ci-contre), le Morand Cajun Band ou enocre Pascal Periz, l’ancien chanteur du groupe Pow Wow.

 

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Le bel été de Clara Luciani

Clara Luciani s’est durablement installé sur le devant de la scène avec sa personnalité artistique forte. Elle revient le temps d’un duo des plus efficaces.

L’espace d’un duo, Clara Luciani donne de la voix avec Alex Kapranos (Franz Ferdinand). Ensemble, ils revisitent Summer Wine, une chanson qui fut naguère immortalisée par Nancy Sinatra et Lee Hazlewood. C’est sur la scène du Karaoké del Desierto qu’on les découvre pour cette version magnifique où le mariage du timbre de leurs deux voix est parfait et le climat solaire.

Si Clara Luciani a signé les paroles en français, Alex Kapranos a assuré sa production et le tout a été mixé par Pierre Juarez au Motorbass Studio. Une mélodie qui s’inscrit parfaitement dans le climat estival.

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Dylan et des chants du crépuscule

Huit ans après Tempest, Bob Dylan créé une jolie surprise avec un nouveau disque de haute volée : Rough and Rowdy Ways (*), opus d’un artiste « nobélisé » de près de 80 ans qui porte un regard de vieux sage sur la vie, tout en n’ayant rien perdu de son inspiration.

Le 39ème album de Bob Dylan est à la hauteur du mythe d’un artiste qui est en route depuis des décennies. Rough and Rowdy Ways se compose de dix chansons dont l’une occupe tout un CD : Murder Most Foul qui remet dans son contexte l’assassinat de John Kennedy (sur la pochette figure sa photo) et sonne comme un long requiem de la culture américaine à l’heure d’un Donald Trump devenu étoile des réseaux sociaux et des fake news… Et cette évocation d’un « crime des plus abjects », en forme de prière et de blues, apporte un supplément d’âme à ce nouvel opus. Même si cette chanson n’est pas la manière la plus facile d’aborder un album d’une grande densité, porté par un groupe de musiciens – les guitaristes en tête – au mieux de leur forme.

Jouant comme à l’accoutumé de l’intertextualité, des références et autres citations, Bob Dylan trompe encore son monde avec le titre d’un album qui est tout sauf brutal ou bruyant. Il y a plutôt une ambiance de recueillement dans les nouvelles chansons d’un artiste qui livre ici un portrait éclaté et se réclame, dans la chanson d’ouverture, I Contain Multitudes, tout autant de William Blake que d’Anne Frank ou Indiana Jones…

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Un hymne à la vie

La voix chaude et puissante de la chanteuse franco-iranienne Ariana Vafadari porte haut les couleurs de son nouvel album Anahita (*), hymne à la diversité, à l’ouverture d’esprit et à la douceur de la vie.

Ariana Vafadari a composé chaque morceau de Anahita, un disque qui s’inspire de l’histoire de la déesse iranienne des eaux, de la fécondité, des peuples et des vivants. Dans ce conte onirique, une jeune femme, anéanti face à son paysage devenu stérile, prie la déesse dont elle porte le nom de redonner vie à son monde… Une quête qui la conduira à l’Amour.

Produite par la chanteuse franco-iranienne et Vincent Joinville, cette création offre différents tableaux chantés en persan et en français : elle a été jouée en mars dernier au Musée du Quai Branly avec Fanny Ardant en récitante.

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Neil Young : des chants de rupture

Chaînon manquant entre Harvest et On The Beach, Homegrown est un album inédit de Neil Young, enregistré à la suite d’une rupture au mitan des années 70. Un disque qu’il faut apprécier à sa juste valeur.

En 1975, Neil Young a deux albums sur le feu : Tonight’s the Night, une méditation sur les amis disparus et Homegrown, un disque d’apparence plus simple dans la veine country-rock qui est sa marque de fabrique. Finalement, Homegrown restera dans les magnétos, car, très personnelles et marquées par la séparation avec l’actrice Carrie Snodgress, mère de son enfant, Zeke. Le disque lui est clairement dédié dans la pochette.

Pour annoncer la sortie de cet album, quarante-cinq ans après sa gestation, Neil Young a publié un article flanqué d’une vidéo qui montrait John Hanlon, son producteur de longue date, en train de préparer la version finale. Il écrivait ainsi : « M. J. Hanlon est ici en train de travailler sur Homegrown (…).  C’est comme ça qu’on faisait les disques quand on a commencé. C’est comme ça qu’on les a fait sonner correctement. On nous a dit que c’était impossible maintenant, que les bandes de Homegrown étaient trop endommagées pour être utilisées ; nous devions utiliser le digital. On n’était pas d’accord. Nous n’avons pas accepté. Nous avons donc soigneusement restauré les bandes analogiques de Homegrown. »

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Les chants de la Covid

Il fallait bien que la crise sanitaires inspire les chanteurs. Si Pierre Perret trousse des couplets assez réussis, Renaud fait peine à écouter.

A 86 ans, et même masqué, Pierre Perret sait encore ironiser sur la crise sanitaire et livre une chanson qui, sans rivaliser avec Lily, raille la politique et les gouvernants. Et son regard facétieux fonctionne à belle allure sur cette valse lente des Confinis.

On aimerait bien être aussi élogieux avec Renaud. Mais, même au quatrième degré, sa Corona song où il fait rimer, de sa voix de plus en plus cassée,  « Corona virus et conard de virus » est de la petite bière d’un chanteur fatigué. On attend d’autres créations de l’auteur de Mistral gagnant que ces couplets poussifs sur fond de musique country.

Si tu vas à Dario…

Caricature du chanteur exotique et vrai ténor, Dario Moreno est sans doute un brin oublié aujourd’hui. Sa prestation dans le disque Live in Paris 1957-1960 (*) montre le métier d’un personnage haut en couleur.

Quand il meurt, victime d’un malaise cardiaque à 47 ans, en  1968, Dario Moreno est une star des ondes. Chanteur d’opérette, il avait conquis un large public pour ses chansons francophones sur des rythmes chaloupés en diable, notamment des mélodies brésiliennes dont il avait le flair pour dénicher les meilleures versions. Il suffit d’écouter ce Live in Paris où il aligne ses tubes ; La Bamba, Si tu vas à Rio ou encore son Miguelito, qui ouvre le bal. Sans oublier son Quand elle danse qui fut un vrai tube de la vie noctambule parisienne.

Turc par son père et mexicain par sa mère, Dario Moreno avait, très jeune, commencé  sa carrière de chanteur, en se produisant dans les bar mitzvah et la synagogue d’Izmir, tout comme le crooner américain Paul Anka le fit aux États-Unis . Embauché pour une tournée mondiale dans l’orchestre de l’Américain Mac Allen, le ténor voit sa vie changer de cap. Oubliée l’idée de devenir rabbin… Il commence alors par de petits engagements au casino Taksim d’Istanbul.

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Rodolphe Burger signe un patchwork inspiré

Sixième album solo de l’ancien leader du groupe Kat Onoma, Environs est un album où l’artiste a créé en toute liberté. Des ballades poétiques où le rock le dispute au blues.

Sur quatorze titres, Rodolphe Burger a glissé  quatre reprises : Lost and lookin’ de Sam Cooke;  Fuzzy, de Grant Lee Buffalo;  Ba Ba Boum des Jamaïcans  ou encore Mushroom de Can sans oublier deux lieders – magnifiques – de Schubert. C’est dire si Rodolphe Burger assume le patchwork et une création en toute liberté. Avec une pochette ancrée dans le quotidien de l’artiste – y figurent des lieux autour de Colmar, immortalisé sur une carte ancienne achetée aux Puces par Fred Poulet, réalisateur de son nouveau clip,  et dont le visuel a été recentré sur la vallée de Sainte-Marie, où le chanteur a ses racines et a installé un studio.

Au cœur de ce cadre psycho-géographique,  Rodolphe Burger a convié bien des « figures » de son panthéon personnel  pour donner vie à des plages musicales variées :  de Bruce Chatwin, du Chant des pistes à Verlaine, sur la belle chanson Le piano que baise une main frêle (dont le titre est ici, tout aussi poétique, Parfumé d’elle).

Entouré d’une bande d’amis musiciens -la contrebassiste Sarah Murcia, le batteur Christophe Calpini, Bertrand Belin, Julia Dorner, Grimaçe (le groupe de son fils) l’artiste Hugues Reip, Arnaud Dieterlen et l Christophe – Rodolphe Burger signe son chant personnel des pistes, quitte à prendre bien des chemins de traverse. Lire la suite « Rodolphe Burger signe un patchwork inspiré »

Quatre voix de révolte

Le 8 juillet, le Théâtre antique d’Arles abritera un concert atypique réunissant Jeanne Added, Camelia Jordana, « L » et Sandra Nkaké. Quatre voix pour célébrer les « protest songs ».

L’histoire de ce quatuor provisoire a commencé en 2018. Formée au chant choral, « L » avait invité Jeanne Added, Camélia Jordana et Sandra Nkaké lors d’une carte blanche que la Maison de la Poésie, à Paris, lui avait proposée.

Sortant de cette longue période de confinement et sans spectacles, elles récidivent en donnant rendez-vous au public dans le cadre magnifique du Théâtre antique d’Arles, un écrin archéologique au cœur de la ville du bord du Rhône.

Pour ce faire, elles ont imaginé un répertoire a capella de « protest songs », de ces chansons engagées qui ont traversé l’Histoire. Un spectacle où elles entendent chanter, et dans plusieurs langues, des histoires de luttes contre les discriminations, les ségrégations, l’injustice, les violences faites aux plus faibles… Au répertoire, on retrouve donc naturellement Joan Baez et Aimé Césaire. Entre autres.

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Dick Rivers-Francis Cabrel : les enfants du rock

Exhumé des tiroirs avec un CD de 19 titres et un DVD, Rock’n’Roll Show permet de partager, trente ans après ce spectacle en duo, l’amour de Dick Rivers et Francis Cabrel pour le bon vieux rock des familles. Un plaisir des oreilles.

Entre le chanteur d’Astaffort et le rocker niçois et à la banane anthracite, ce fut une histoire d’amitié qui débuta dans les années 80. Unis par le même goût pour les classiques du rock, signés Elvis Presley,  Buddy Holly, Eddie Cochran ou encore Chuck Berry – il ne faut pas oublier que Cabrel anima des bals dans sa région natale – les deux potes décident de monter un spectacle de reprise, flanqué d’un groupe :  Les Parses. Un nom étrange de groupe né de l’idée de Dick Rivers qui avait une maison dans le Sud-Ouest et disait que là-bas, pour se saluer, on lançait : « Comment vas-tu comparse ? »

Un an après la disparition de Dick Rivers, Francis Cabrel a œuvré pour la résurrection en disque (et en DVD) de ce mémorable concert qui donnait des fourmis dans les jambes. A l’époque, le disque n’était pas sorti car Francis venait de publier Sarbacane qui avait cartonné. A l’enterrement de Dick, il y a un an, son guitariste a reparlé à Francis Cabrel ce ce show et du « live » qui avait été capté au Bataclan et filmé en caméra portée (ce qui explique la qualité moyenne des images mais qui conservent la grâce du vécu.) Le guitariste a retrouvé les bandes en rangeant chez lui et un membre des Parses lui a dit qu’il avait tourné ce film. Lire la suite « Dick Rivers-Francis Cabrel : les enfants du rock »

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