Le chant de l’Ange de Piazzolla

La Trilogie de l’Ange, ce sont les retrouvailles, via CD interposé (*), avec un des  grands compositeurs argentins, Astor Piazzolla, disparu en 1992, mais dont le jeu au bandonéon reste un modèle pour les musiciens du monde entier.

C’est en 1955 après des études parisiennes, notamment auprès de Nadia Boulanger qui lui enseigna l’art du quatuor à cordes, qu’Astor Piazzolla est retourné dans son Argentine natale pour y fonder son Octeto Buenos Aires.  Il s’entoure alors des meilleurs musiciens de tango pour peaufiner son répertoire avec ce jeu si spécifique au bandonéon. Durant cette période de recherches tout azimut, il composa le Tango del Angel. Installé aux États Unis de 1958 à 1960, Astor Piazzolla tenta l’aventure d’un jazz-tango, avant de revenir en Argentine pour y fonder un quintet. Le premier d’une longue série.

A cette époque, l’écrivain Alberto Rodriguez fait appel à lui pour composer la musique d’accompagnement d’une de ses pièces de théâtre : Le Tango de l’Ange.
Racontant l’histoire d’un ange apparaissant dans un immeuble de Buenos Aires pour purifier l’âme de ses habitants, la pièce est jouée en 1962 et, pour l’occasion, le musicien compose Milonga del Angel, une pièce douce et sentimentale,  et Muerte del Angel, les deux morceaux qui ouvrent La Trilogie de l’Ange. L’autre morceau composé alors, Introduccion al Angel,  qui ne figurera pas, in fine, dans cet œuvre, est nettement moins connu.

Préfigurant le tango, la milonga offre des rythmes similaires mais moins marqués. En 1965, pour créer une suite et offrir un dénouement plus heureux, Piazzolla ajoutera Resurrección del Angel. En disque comme sur scène, on ne peut qu’être ému par l’univers musical d’un artiste qui fait marier musique populaire et musique dite « savante ».

Dans cet album nécessaire, outre d’autres versions classiques de Piazzolla (Adios Nonino, composé à la mort de son père, ou encore El Viaje) figurent deux morceaux composés par un virtuose de l’accordéon et du bandonéon, Richard Galliano, en hommage à un maître à jouer : Aurore et Aria. Galliano qui évoque en ces termes sa rencontre avec Piazzolla : « Ma rencontre avec Astor Piazzolla a bouleversé ma vie. Une de ces rencontres sources avec un artiste qui fut, non un mentor comme il serait un peu facile de le dire, mais une voix, une voie et un exemple. Certaines de ses paroles résonnent encore en moi, profondément. À mes débuts, il m’avait dit: «Ton personnage d’accordéoniste de jazz est trop américain. Ce n’est pas bon du tout. Decouvre tes racines francaises. Il faut que tu crées « une new musette » comme moi-même j’ai créé le « tango nuevo ». » Pour qui connaît l’univers d’un Galliano, il a suivi ces conseils.

Avec plus de mille pièces à son actif, Piazzolla continue d’influencer les plus grands musiciens du monde entier. Et, à retrouver ces partitions, on mesure toute la modernité de son jeu.

(*) Disque Jade/ Universal

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