Rodolphe Burger signe un patchwork inspiré

Sixième album solo de l’ancien leader du groupe Kat Onoma, Environs est un album où l’artiste a créé en toute liberté. Des ballades poétiques où le rock le dispute au blues.

Sur quatorze titres, Rodolphe Burger a glissé  quatre reprises : Lost and lookin’ de Sam Cooke;  Fuzzy, de Grant Lee Buffalo;  Ba Ba Boum des Jamaïcans  ou encore Mushroom de Can sans oublier deux lieders – magnifiques – de Schubert. C’est dire si Rodolphe Burger assume le patchwork et une création en toute liberté. Avec une pochette ancrée dans le quotidien de l’artiste – y figurent des lieux autour de Colmar, immortalisé sur une carte ancienne achetée aux Puces par Fred Poulet, réalisateur de son nouveau clip,  et dont le visuel a été recentré sur la vallée de Sainte-Marie, où le chanteur a ses racines et a installé un studio.

Au cœur de ce cadre psycho-géographique,  Rodolphe Burger a convié bien des « figures » de son panthéon personnel  pour donner vie à des plages musicales variées :  de Bruce Chatwin, du Chant des pistes à Verlaine, sur la belle chanson Le piano que baise une main frêle (dont le titre est ici, tout aussi poétique, Parfumé d’elle).

Entouré d’une bande d’amis musiciens -la contrebassiste Sarah Murcia, le batteur Christophe Calpini, Bertrand Belin, Julia Dorner, Grimaçe (le groupe de son fils) l’artiste Hugues Reip, Arnaud Dieterlen et l Christophe – Rodolphe Burger signe son chant personnel des pistes, quitte à prendre bien des chemins de traverse. Lire la suite « Rodolphe Burger signe un patchwork inspiré »

Le folk-rock des labours

Sixième album du groupe Wazoo, Agriculteurs(*) est une ode festive à la vie rurale. Ça balance pas mal du côté des labours…

Wazoo est un groupe né en 1999 lors d’une ballade au pied du plateau de Gergovie, en Auvergne : Jeff Chalaffre et Kevin Quicke mettent sur les fonds baptismaux le groupe et signent un premier album où le public repère vite un titre : La Manivelle.

C’est une affaire qui tourne ensuite rond  et, en début confiné de 2020, Wazoo célèbre vingt années d’existence par Agriculteurs, un album dont le titre se passe de commentaires : l’opus est une célébration folk-rock du monde rural. Dès la chanson-titre, le message est clair : « On ne redoute pas le labeur/ Pour le pire pour le meilleur/ La terre est au fond de nos cœurs/ Car nous sommes… Agriculteurs. » Et le clip de ladite chanson est signé par de jeunes agriculteurs de Haute-Loire qui n’ont pas mis la charrue avant les bœufs…

On sent chez Wazoo un certain penchant à la nostalgie quand il s’agit de célébrer l’art de lever le coude (Boire un canon; Chabrot, où le groupe se moque au passage d’une accorte animatrice qui creuse son sillon télévisée en arpentant les champs de France et de Navarre). Cela dit, chez Wazoo, l’inspiration reste champêtre et festive et les mots sont surtout prétexte à des arrangements qui fleurent bon le folk des familles avec un zeste de rythmes cajuns.

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Le rock épicé de Salt

ROCK


Groupe franco-américain né en 2016, Salt propose avec The Loneliness of clouds (*), un album qui sonne à la manière californienne avec ce mélange d’harmonies et de rythmiques solides.

Pour Salt, tout a commencé durant les sessions de l’album posthume  Supercalifragilistic, de Game Theory dans les studios d’Abbey Road à Londres. Ken Stringfellow, Anton Barbeau et Stéphane Schück s’y sont rencontrés avant d’être rapidement rejoints par les potes de Stéphane Schück: Fred Quentin à la basse et Benoît Lautridou à la batterie. C’est à Berlin que le groupe répète et trouve ses marques avant de mettre en boite son premier album entre Londres et Paris  : The Loneliness of clouds.

Bien sûr, on y retrouve les fondamentaux de l’inspiration de Ken Stringfellow  – et son travail avec Les Posies et REM- avec d’autres influences marquées par le jeu des guitares de Ken et de Stéphane Schück. Et par dessus tout la voix d’Anton Barbeau qui se marient aux harmonies voulues par  Ken pour offrir un univers sonore tout à fait cohérent et efficace. Lire la suite « Le rock épicé de Salt »

Volin : les airs des cimes

Cimes est un cocktail d’harmonie éthérées mises au service de l’univers poétique du groupe Volin. S’en dégage une atmosphère certaine de volupté, loin des foules.

Dès le premier titre de Cimes (*), le « message » est donné. Descendre en soi nous convie à un exercice d’introspection en se jouant avec l’idée du temps et du mouvement (de Hier à L’Élan en passant par Entre deux rives).  Après Volcan, un album aux atmosphères plus sombres, ce nouvel opus joue sur un autre registre et le quatuor invite à prendre sinon de la hauteur, du moins le temps de ne plus se laisser happer par un cycle de vie qui nous dévore. « Balaye les mauvais rêves/ Comme on balaye les feuilles mortes », lance Volin.

Peut-être le fait d’avoir enregistre l’album dans un chalet pyrénéen en compagnie de l’ingénieur du son, frère du chanteur,  a joué sur l’inspiration du groupe qui semble goûter à l’air des montagnes (Cimes, Blanc) et à une solitude des plus inspirantes pour « retrouver la chaleur des échappées solitaires… » (Partir).

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Ozma sans frontières

JAZZ-ROCK


Septième album du groupe Ozma, Hyperlapse propose un voyage à travers continents genres musicaux. De nouvelles expériences pour un groupe qui les pratique naturellement…

Depuis des lustres, Ozma nous avait habitué à des surprises et des idées originales, que ce soit avec les concerts Crossroads, en 2019, fruit de la rencontre avec des photographes européens, africains et asiatiques ou encore 1914-1918, qui faisait revivre des archives photographiques inédites de la Première Guerre mondiale. Sans oublier plusieurs ciné-concerts dont Les Trois Âges, de Buster Keaton en 2014 ou Le Cuirassé Potemkine, en 2010.

Cette fois, le quintet réuni par le batteur inventif Stéphane Scharlé offre un album en forme d’évocation musicale de dix villes traversées par le groupe en 2018 : 58 concerts dans 13 pays, une paille ! A son côté, on trouve Édouard Séro-Guillaume à la basse; Tam De Villiers à la guitare; Julien Soro au saxophone et aux claviers et Guillaume Nuss au trombone.

Hyperlapse – technique de prise de vue  dynamique et  où la caméra n’est pas fixe offrant une accélération du temps réel – montre une fois encore les liens évidents entre le groupe et le cinéma. Au passage, la réalisatrice Juliette Ulrich a suivi le groupe durant cette année autour du monde pour accompagner les illustrations vidéos marquant la sortie du disque.

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MPL : la musique des souvenirs

En souvenir de Lulu, trop tôt emportée,  les quatre amis d’enfance, réunis dans le groupe MPL sortent un deuxième album, L’Étoile (*). Entre vie bien réelle et évocation de fantômes, un disque de belle tenue.

Cédric à l’écriture  et au chant (il est doté d’un fort beau timbre de voix); Manu et Julien aux guitares et Andreas à la basse : MPL a trouvé dans la musique un exutoire aux souvenirs douloureux, en l’occurrence, la perte d’une amie, d’une amante de rêve, Loulou. Sur le clip en forme de générique du disque, ont voit quatre hommes, guidés par une voix mystérieuse, braver le blizzard pour gagner le haut d’une colline où se trouve un étrange gourou, le cinquième membre du groupe de grenoblois.

Porté par des guitares aux riffs africains, légers et rythmés, ponctués de pulsations électro,  l’album de MPL embarque son monde dans un univers très ouvert où l’on trouve aussi bien des chansons très acoustiques que des productions hip-hop, des musiques pop, world… C’est de cette diversité musicale que Étoile tire une vraie richesse musicale. Lire la suite « MPL : la musique des souvenirs »

Un étrange animal en mal d’amour…

Singulier animal musical, Pétosaure déboule avec son nouvel EP, Le Musc, porté par un univers rock et métal.

Le chanteur Pétosaure a le timbre de tous les excès, qui exprime une espèce de combustion interne. Le Musc est à l’image d’un artiste révolté et libre qui signe des histoires sombres et d’un grand romantisme.

C’est d’ailleurs à Provins, ville aimant célébrer son passé médiéval qu’il a tourné le clip rentre-dedans de Vampyre, en compagnie de Jaky La Brune, dans les souterrains et à la Tour César : une évocation d’une descente aux enfers, suite à une série d’incidents de vie tristes, voire violents. Une chanson qui lui fut inspirée par le Dracula, de Coppola : en y repensant, broyant du noir,  il a eu envie de s’identifier au terrifiant Comte.

Dans cet EP définit comme le « journal intime d’un homme qui croit avoir perdu l’amour pour toujours« , Pétosaure signe des histoires que l’on sent conçues dans une extrême urgence, à la nuit tombée et dans un certain état d’ivresse. « J’ai besoin d’un verre/ D’être bête et vulgaire« , lance-t-il , provocateur, dans Kielbassah. Comme si l’alcool lui permettait de libérer complètement ses neurones.
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Le mariage du blues et du rock boogie

Dès la première écoute, Woodoo Queen (*), du duo One Rusty Band agrippe vos oreilles. Ce mariage du blues, du rock et des claquettes vaut un arrêt sur image.

Le One Rusty Band, c’est un mélange explosif. À ma gauche, il y a Greg qui assure les parties de guitare (avec un son d’enfer), d’harmonica et d’une batterie aux pieds. À ma droite, on trouve Léa qui, quant à elle, tient la rythmique aussi bien en dansant des claquettes ou en faisant des acrobaties libres qu’en s’occupant de la washboard. A l’image de leur clip, le One Rusty Band sait donner ainsi envie d’entrer dans la danse.

Entre le blues des années 50 et le rock’n roll des années 70, ce duo signe un album détonnant à tous les sens du terme, enregistré dans la grande tradition des productions artisannales. Avec, en toile de fond, le vaudou des origines, celui que l’on célèbre du côté des bayous de Louisiane et du delta du Mississipi. Il est aussi question dans le disque des espaces vierges, célébrées dans des chansons comme Spanish Desert et I’m Lost.

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Vian revu sur le Zinc

Pour marquer le 100ème anniversaire de la naissance de l’artiste, Debout sur le zinc a choisi de faire revivre quinze chansons de son répertoire donc cinq inédits. Vian par Debout sur le zinc n’est pas un hommage de plus, mais un opus plein d’émotions, malgré certaines versions moins originales.

Il est né il y a cent ans. Disparu très jeune à 39 ans, en juin 1959, Boris Vian n’a pas cessé d’inspirer poète, musicien, romancier et journaliste. Car l‘homme à la trompinette avait plus d’une corde son arc. Symboliquement, c’est Françoise Canetti, fille du célèbre Jacques Canetti qui découvrit Vian en 1955 et le fit monter sur la scène du fameux cabaret de Trois Baudets, qui produit ce Vian par Debout sur le zinc où les six musiciens du groupe restituent l’humour et l’appétit de vivre de l’auteur de L’Écume des jours.

Dès la chanson d’ouverture, Quand j’aurai du vent dans mon crâne, créée par Reggiani en 1966, le ton est donné et l’hommage prend un envol certain. Assurant aussi bien le chant, le violon, la trompette que la guirate, Simon Mimoun souligne : « Interpréter les chansons de Boris Vian, c’est nager dans sa pensée, c’est goûter à ses tensions, approcher sa vision panoramique du monde et se livrer au délice de l’imposture. C’est croire un instant que l’on invente, que l’on se moque, que l’on aime comme lui. C’est une chance qui ne se présente que rarement. »

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Boucan salutaire

Premier album  d’un trio détonnant, Déborder(*) fait passer du chaud au froid, de la douceur à une certaine violence. Et Boucan ne provoque pas l’indifférence.

Boucan, c’est un trio de mecs – Mathias Imbert, Brunoï Zarn et Piero Pépin – qui se sont déjà faits un petit nom dans le rock, le punk ou encore la chanson. Déborder, premier album de leur nouveau groupe Boucan, annonce clairement la couleur : ils n’ont pas l’intention de se laisser enfermer dans une chapelle, un courant musical. Et ça, c’est plutôt salutaire.

En treize titres, Boucan passe d’une chanson acoustique à une atmosphère de western, mariant les voix à divers instruments : contrebasse, trompette ou encore banjo. Mis en ondes par John Parish, Déborder peut passer de la douceur à un éclat de rage, de l’ombre à la lumière. En tout cas, musicalement, l’album accroche l’oreille.  Ayant officié pour P.J. Harvey et Arno, John Parish joue d’ailleurs carte sur table en déclarant : « J’aime les choses où tu te dis que ça ne ressemble pas à quelqu’un d’autre. Boucan a vraiment son son propre. »

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