MPL : la musique des souvenirs

En souvenir de Lulu, trop tôt emportée,  les quatre amis d’enfance, réunis dans le groupe MPL sortent un deuxième album, L’Étoile (*). Entre vie bien réelle et évocation de fantômes, un disque de belle tenue.

Cédric à l’écriture  et au chant (il est doté d’un fort beau timbre de voix); Manu et Julien aux guitares et Andreas à la basse : MPL a trouvé dans la musique un exutoire aux souvenirs douloureux, en l’occurrence, la perte d’une amie, d’une amante de rêve, Loulou. Sur le clip en forme de générique du disque, ont voit quatre hommes, guidés par une voix mystérieuse, braver le blizzard pour gagner le haut d’une colline où se trouve un étrange gourou, le cinquième membre du groupe de grenoblois.

Porté par des guitares aux riffs africains, légers et rythmés, ponctués de pulsations électro,  l’album de MPL embarque son monde dans un univers très ouvert où l’on trouve aussi bien des chansons très acoustiques que des productions hip-hop, des musiques pop, world… C’est de cette diversité musicale que Étoile tire une vraie richesse musicale. Lire la suite « MPL : la musique des souvenirs »

Un étrange animal en mal d’amour…

Singulier animal musical, Pétosaure déboule avec son nouvel EP, Le Musc, porté par un univers rock et métal.

Le chanteur Pétosaure a le timbre de tous les excès, qui exprime une espèce de combustion interne. Le Musc est à l’image d’un artiste révolté et libre qui signe des histoires sombres et d’un grand romantisme.

C’est d’ailleurs à Provins, ville aimant célébrer son passé médiéval qu’il a tourné le clip rentre-dedans de Vampyre, en compagnie de Jaky La Brune, dans les souterrains et à la Tour César : une évocation d’une descente aux enfers, suite à une série d’incidents de vie tristes, voire violents. Une chanson qui lui fut inspirée par le Dracula, de Coppola : en y repensant, broyant du noir,  il a eu envie de s’identifier au terrifiant Comte.

Dans cet EP définit comme le « journal intime d’un homme qui croit avoir perdu l’amour pour toujours« , Pétosaure signe des histoires que l’on sent conçues dans une extrême urgence, à la nuit tombée et dans un certain état d’ivresse. « J’ai besoin d’un verre/ D’être bête et vulgaire« , lance-t-il , provocateur, dans Kielbassah. Comme si l’alcool lui permettait de libérer complètement ses neurones.
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Le mariage du blues et du rock boogie

Dès la première écoute, Woodoo Queen (*), du duo One Rusty Band agrippe vos oreilles. Ce mariage du blues, du rock et des claquettes vaut un arrêt sur image.

Le One Rusty Band, c’est un mélange explosif. À ma gauche, il y a Greg qui assure les parties de guitare (avec un son d’enfer), d’harmonica et d’une batterie aux pieds. À ma droite, on trouve Léa qui, quant à elle, tient la rythmique aussi bien en dansant des claquettes ou en faisant des acrobaties libres qu’en s’occupant de la washboard. A l’image de leur clip, le One Rusty Band sait donner ainsi envie d’entrer dans la danse.

Entre le blues des années 50 et le rock’n roll des années 70, ce duo signe un album détonnant à tous les sens du terme, enregistré dans la grande tradition des productions artisannales. Avec, en toile de fond, le vaudou des origines, celui que l’on célèbre du côté des bayous de Louisiane et du delta du Mississipi. Il est aussi question dans le disque des espaces vierges, célébrées dans des chansons comme Spanish Desert et I’m Lost.

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Vian revu sur le Zinc

Pour marquer le 100ème anniversaire de la naissance de l’artiste, Debout sur le zinc a choisi de faire revivre quinze chansons de son répertoire donc cinq inédits. Vian par Debout sur le zinc n’est pas un hommage de plus, mais un opus plein d’émotions, malgré certaines versions moins originales.

Il est né il y a cent ans. Disparu très jeune à 39 ans, en juin 1959, Boris Vian n’a pas cessé d’inspirer poète, musicien, romancier et journaliste. Car l‘homme à la trompinette avait plus d’une corde son arc. Symboliquement, c’est Françoise Canetti, fille du célèbre Jacques Canetti qui découvrit Vian en 1955 et le fit monter sur la scène du fameux cabaret de Trois Baudets, qui produit ce Vian par Debout sur le zinc où les six musiciens du groupe restituent l’humour et l’appétit de vivre de l’auteur de L’Écume des jours.

Dès la chanson d’ouverture, Quand j’aurai du vent dans mon crâne, créée par Reggiani en 1966, le ton est donné et l’hommage prend un envol certain. Assurant aussi bien le chant, le violon, la trompette que la guirate, Simon Mimoun souligne : « Interpréter les chansons de Boris Vian, c’est nager dans sa pensée, c’est goûter à ses tensions, approcher sa vision panoramique du monde et se livrer au délice de l’imposture. C’est croire un instant que l’on invente, que l’on se moque, que l’on aime comme lui. C’est une chance qui ne se présente que rarement. »

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Boucan salutaire

Premier album  d’un trio détonnant, Déborder(*) fait passer du chaud au froid, de la douceur à une certaine violence. Et Boucan ne provoque pas l’indifférence.

Boucan, c’est un trio de mecs – Mathias Imbert, Brunoï Zarn et Piero Pépin – qui se sont déjà faits un petit nom dans le rock, le punk ou encore la chanson. Déborder, premier album de leur nouveau groupe Boucan, annonce clairement la couleur : ils n’ont pas l’intention de se laisser enfermer dans une chapelle, un courant musical. Et ça, c’est plutôt salutaire.

En treize titres, Boucan passe d’une chanson acoustique à une atmosphère de western, mariant les voix à divers instruments : contrebasse, trompette ou encore banjo. Mis en ondes par John Parish, Déborder peut passer de la douceur à un éclat de rage, de l’ombre à la lumière. En tout cas, musicalement, l’album accroche l’oreille.  Ayant officié pour P.J. Harvey et Arno, John Parish joue d’ailleurs carte sur table en déclarant : « J’aime les choses où tu te dis que ça ne ressemble pas à quelqu’un d’autre. Boucan a vraiment son son propre. »

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Buzy brise le silence

Neuf ans sans nouvelles ! Autant dire que Cheval fou (*), le nouveau disque de Buzy, chanteuse devenue, au début des années 2 000 psychothérapeute, est une bonne surprise. Ce disque montre  qu’elle n’a rien perdu de son inspiration et de ses colères.

Cheval fou est un album, le neuvième de Buzy, qui sort après une  longue absence. Bien sûr, il y a eu une nouvelle activité professionnelle, mais il y a eu aussi des deuils et des cicatrices à soigner. Et puis, il y avait chez Buzy quelques craintes à se replonger dans, comme elle le dit,  « un milieu compliqué ».

Il n’est pas innocent que la pochette du disque (et même si ce n’est pas l’argument de vente le plus évident pour célébrer un retour ) figure la très belle photo d’un cheval dont le regard vous scrute. Buzy, une artiste indomptable. Dans la chanson-titre, elle lance d’emblée : « J’ai rêvé d’un homme/ J’ai rêvé d’un homme d’une épée/ De le monter de le plier/ D’être amazone et sur son dos/ Découvrir le monde en duo. » Et pourtant, on retrouve dans Cheval fou,  le style original et la voix rauque de Buzy, avec ce rock qui roule façon Alain Bashung. Un univers personnel qui peut aussi parfois évoquer celui d’une Serge Gainsbourg pour un certain goût des chocs de certaines rimes riches.

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Du feu rock

Nouveau EP du groupe  Part-Time Friends, Fire  montre que le groupe confirme son coup de griffe et son sens des mélodies qui accrochent.

Avec Fire(*),  Part-Time Friends, un groupe qui a trouvé ses marques dès son premier album Finger Crossed, propose une production 100 % anglaise où, sur des rythmiques solides et fluides, le duo prouve qu’il peut rivaliser avec la pop-rock anglaises. Rien que la chanson-titre montre que le groupe vise à toucher un univers très rock.

Alternant des sonorités accrocheuses comme Better Days et des mélodies plus douces et minimalistes comme For Your Eyes et quelques notes qui font écho à la BO de Furyo , Part-Time Friends confirme sa trajectoire. Avec des voix planantes sur des mélodies qui tiennent la route et sont taillées pour la scène. Lire la suite « Du feu rock »

Les chansons d’amour d’Acide Adore

En cinq morceaux, et le EP Tu Me Captures, Acide Adore, duo formé par Mathilde et Jeremy, offre un univers de pop électro non dénué d’atours.

Voix douce sur des mélodies qui vous enveloppent et des chansons d’amour mélancoliques : Acide Adore a un univers bien à lui avec ce mélange de sons vintage et très actuels quand les guitares saturées de Jeremy entrent dans la danse. Pour ce premier disque, le duo franco-britannique a œuvré avec la complicité de Vincent Girault de De La Romance

Dès le premier morceau de la chanson-titre, Mathilde lance des paroles oniriques et mystérieuses où l’amour se conjugue avec le désir de danse. Quelque part évoque ensuite la difficulté d’aller vers l’autre, de se dévoiler et d’aller dans un lieu pour concrétiser la rencontre. Et pour dépasser les difficultés à se croiser, il faut peut-être rêver à un « ailleurs », comme le suggère une autre chanson de cet EP étrange.

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Miossec ou l’air du large

Brestois de cœur mais rocker d’inspiration, Miossec a signé un grand retour avec Les Rescapés, un album, le onzième de sa carrière, où il évoque l’urgence de vivre vite dans des mélodies marquées par le sentiment d’urgence.

Miossec a une façon bien personnelle de dire les paroles en détachant chaque syllabe pour faire sonner les mots. Avec des textes au cordeau où chaque terme est soupesé pour donner l’essentiel de ce qui habite son auteur. « On vit comme s’il n’y avait pas de fin/ On vit comme le font les incendiaires » lance t-il.

Avec le cap de la cinquantaine franchi, on a le sentiment que Miossec est allé à l’essentiel avec la mort qui frappe autour ou qui se rappelle à notre mauvais souvenir. Cela donne notamment une splendide chanson où cet amoureux de l’océan impétueux évoque l’Atlantique qui a emporté un grand-père : La mer quand elle mort, c’est méchant. « La mer, elle est incertaine/ Quand on l’a déjà vue sortir les dents/ Et causer tellement de peines/ Elle n’a jamais fait, elle, dans les grands sentiments » chante-t-il. Lire la suite « Miossec ou l’air du large »

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