Le mariage du blues et du rock boogie

Dès la première écoute, Woodoo Queen (*), du duo One Rusty Band agrippe vos oreilles. Ce mariage du blues, du rock et des claquettes vaut un arrêt sur image.

Le One Rusty Band, c’est un mélange explosif. À ma gauche, il y a Greg qui assure les parties de guitare (avec un son d’enfer), d’harmonica et d’une batterie aux pieds. À ma droite, on trouve Léa qui, quant à elle, tient la rythmique aussi bien en dansant des claquettes ou en faisant des acrobaties libres qu’en s’occupant de la washboard. A l’image de leur clip, le One Rusty Band sait donner ainsi envie d’entrer dans la danse.

Entre le blues des années 50 et le rock’n roll des années 70, ce duo signe un album détonnant à tous les sens du terme, enregistré dans la grande tradition des productions artisannales. Avec, en toile de fond, le vaudou des origines, celui que l’on célèbre du côté des bayous de Louisiane et du delta du Mississipi. Il est aussi question dans le disque des espaces vierges, célébrées dans des chansons comme Spanish Desert et I’m Lost.

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Vian revu sur le Zinc

Pour marquer le 100ème anniversaire de la naissance de l’artiste, Debout sur le zinc a choisi de faire revivre quinze chansons de son répertoire donc cinq inédits. Vian par Debout sur le zinc n’est pas un hommage de plus, mais un opus plein d’émotions, malgré certaines versions moins originales.

Il est né il y a cent ans. Disparu très jeune à 39 ans, en juin 1959, Boris Vian n’a pas cessé d’inspirer poète, musicien, romancier et journaliste. Car l‘homme à la trompinette avait plus d’une corde son arc. Symboliquement, c’est Françoise Canetti, fille du célèbre Jacques Canetti qui découvrit Vian en 1955 et le fit monter sur la scène du fameux cabaret de Trois Baudets, qui produit ce Vian par Debout sur le zinc où les six musiciens du groupe restituent l’humour et l’appétit de vivre de l’auteur de L’Écume des jours.

Dès la chanson d’ouverture, Quand j’aurai du vent dans mon crâne, créée par Reggiani en 1966, le ton est donné et l’hommage prend un envol certain. Assurant aussi bien le chant, le violon, la trompette que la guirate, Simon Mimoun souligne : « Interpréter les chansons de Boris Vian, c’est nager dans sa pensée, c’est goûter à ses tensions, approcher sa vision panoramique du monde et se livrer au délice de l’imposture. C’est croire un instant que l’on invente, que l’on se moque, que l’on aime comme lui. C’est une chance qui ne se présente que rarement. »

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Boucan salutaire

Premier album  d’un trio détonnant, Déborder(*) fait passer du chaud au froid, de la douceur à une certaine violence. Et Boucan ne provoque pas l’indifférence.

Boucan, c’est un trio de mecs – Mathias Imbert, Brunoï Zarn et Piero Pépin – qui se sont déjà faits un petit nom dans le rock, le punk ou encore la chanson. Déborder, premier album de leur nouveau groupe Boucan, annonce clairement la couleur : ils n’ont pas l’intention de se laisser enfermer dans une chapelle, un courant musical. Et ça, c’est plutôt salutaire.

En treize titres, Boucan passe d’une chanson acoustique à une atmosphère de western, mariant les voix à divers instruments : contrebasse, trompette ou encore banjo. Mis en ondes par John Parish, Déborder peut passer de la douceur à un éclat de rage, de l’ombre à la lumière. En tout cas, musicalement, l’album accroche l’oreille.  Ayant officié pour P.J. Harvey et Arno, John Parish joue d’ailleurs carte sur table en déclarant : « J’aime les choses où tu te dis que ça ne ressemble pas à quelqu’un d’autre. Boucan a vraiment son son propre. »

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Buzy brise le silence

Neuf ans sans nouvelles ! Autant dire que Cheval fou (*), le nouveau disque de Buzy, chanteuse devenue, au début des années 2 000 psychothérapeute, est une bonne surprise. Ce disque montre  qu’elle n’a rien perdu de son inspiration et de ses colères.

Cheval fou est un album, le neuvième de Buzy, qui sort après une  longue absence. Bien sûr, il y a eu une nouvelle activité professionnelle, mais il y a eu aussi des deuils et des cicatrices à soigner. Et puis, il y avait chez Buzy quelques craintes à se replonger dans, comme elle le dit,  « un milieu compliqué ».

Il n’est pas innocent que la pochette du disque (et même si ce n’est pas l’argument de vente le plus évident pour célébrer un retour ) figure la très belle photo d’un cheval dont le regard vous scrute. Buzy, une artiste indomptable. Dans la chanson-titre, elle lance d’emblée : « J’ai rêvé d’un homme/ J’ai rêvé d’un homme d’une épée/ De le monter de le plier/ D’être amazone et sur son dos/ Découvrir le monde en duo. » Et pourtant, on retrouve dans Cheval fou,  le style original et la voix rauque de Buzy, avec ce rock qui roule façon Alain Bashung. Un univers personnel qui peut aussi parfois évoquer celui d’une Serge Gainsbourg pour un certain goût des chocs de certaines rimes riches.

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Du feu rock

Nouveau EP du groupe  Part-Time Friends, Fire  montre que le groupe confirme son coup de griffe et son sens des mélodies qui accrochent.

Avec Fire(*),  Part-Time Friends, un groupe qui a trouvé ses marques dès son premier album Finger Crossed, propose une production 100 % anglaise où, sur des rythmiques solides et fluides, le duo prouve qu’il peut rivaliser avec la pop-rock anglaises. Rien que la chanson-titre montre que le groupe vise à toucher un univers très rock.

Alternant des sonorités accrocheuses comme Better Days et des mélodies plus douces et minimalistes comme For Your Eyes et quelques notes qui font écho à la BO de Furyo , Part-Time Friends confirme sa trajectoire. Avec des voix planantes sur des mélodies qui tiennent la route et sont taillées pour la scène. Lire la suite « Du feu rock »

Les chansons d’amour d’Acide Adore

En cinq morceaux, et le EP Tu Me Captures, Acide Adore, duo formé par Mathilde et Jeremy, offre un univers de pop électro non dénué d’atours.

Voix douce sur des mélodies qui vous enveloppent et des chansons d’amour mélancoliques : Acide Adore a un univers bien à lui avec ce mélange de sons vintage et très actuels quand les guitares saturées de Jeremy entrent dans la danse. Pour ce premier disque, le duo franco-britannique a œuvré avec la complicité de Vincent Girault de De La Romance

Dès le premier morceau de la chanson-titre, Mathilde lance des paroles oniriques et mystérieuses où l’amour se conjugue avec le désir de danse. Quelque part évoque ensuite la difficulté d’aller vers l’autre, de se dévoiler et d’aller dans un lieu pour concrétiser la rencontre. Et pour dépasser les difficultés à se croiser, il faut peut-être rêver à un « ailleurs », comme le suggère une autre chanson de cet EP étrange.

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Miossec ou l’air du large

Brestois de cœur mais rocker d’inspiration, Miossec a signé un grand retour avec Les Rescapés, un album, le onzième de sa carrière, où il évoque l’urgence de vivre vite dans des mélodies marquées par le sentiment d’urgence.

Miossec a une façon bien personnelle de dire les paroles en détachant chaque syllabe pour faire sonner les mots. Avec des textes au cordeau où chaque terme est soupesé pour donner l’essentiel de ce qui habite son auteur. « On vit comme s’il n’y avait pas de fin/ On vit comme le font les incendiaires » lance t-il.

Avec le cap de la cinquantaine franchi, on a le sentiment que Miossec est allé à l’essentiel avec la mort qui frappe autour ou qui se rappelle à notre mauvais souvenir. Cela donne notamment une splendide chanson où cet amoureux de l’océan impétueux évoque l’Atlantique qui a emporté un grand-père : La mer quand elle mort, c’est méchant. « La mer, elle est incertaine/ Quand on l’a déjà vue sortir les dents/ Et causer tellement de peines/ Elle n’a jamais fait, elle, dans les grands sentiments » chante-t-il. Lire la suite « Miossec ou l’air du large »

Un quatuor loufoque et rock

Improbable réunion de quatre mordus de la scène, le groupe Bancal Chéri signe un album tonique qui joue sur bien des tempos. Zoom.

Quatre mousquetaires du délire, Dimoné, Roland Bourbon, Nicolas Jules, Imbert Imbert avaient tout pour se rencontrer et marier leur énergie respective. C’est chose faite avec Bancal Chéri, un groupé né au cours du spectacle collectif Boby Lapointe repiqué où, à l’occasion du 90ème anniversaire de la naissance du barde de Pézenas, ils s’étaient retrouvés sur scène pour célébrer le répertoire déglingué et abrasif de ce jongleur des mots au débit d’une mitraillette.

L’énergie de cette complicité née sur les planches, a donné envie aux quatre lascars de jouer les prolongations. C’est chose faite avec cet album qui joue sur tous les tableaux et tous les tempos. A quatre mains, ils ont concocté ce puzzle musical où se glisse parfois un musical au titre poétique (Glass Glock). Lire la suite « Un quatuor loufoque et rock »

Les hurlements de Léo, toujours d’attaque

Vingt ans d’âge et dix albums : c’est le retour des Hurlements de Léo avec Luna de Papel, un opus énergique et déterminé.

Combien de concerts sur les routes de France et de Navarre ? Combien de partage avec d’autres artistes ? Avec Luna de Papel (*), Les Hurlements de Léo persiste et signe avec un disque où passent La Cafetera Roja  sur Cumbia par exemple ou encore Les Ogres de Barback sur Quand tu seras là-bas. Car les huit musiciens du groupe cultivent par dessus tout le plaisir de « créer ensemble et partager. » Sont du voyage cette fois deux nouvelles têtes, comme David Bourguignon (Radio Bemba) et Bayrem Ben Amor (Mano Solo).

Laurent Kebous signe toujours les textes avec cette fois la complicité d’un certain Jean Fauque, le parolier de Bashung, sur deux titres (Social Traitre et Luna de Papel),  et le groupe n’a rien perdu de son esprit libertaire et rebelle. Car Les Hurlements de Léo n’est pas prêt à mettre la sourdine et le dit dans La Liste : « Ils veulent nous enfermer/ Nous créons plus fort. » Et dans Social Traitre, le groupe la joue carte sur table : « Pas de fascistes dans mon quartier. Pas de quartier pour les fascistes ! »

Pour autant,  un aspect plus introspectif surgit ici ou là comme dans la belle chanson qui termine l’album, Quand tu seras là-bas évoquant la fin de l’existence sans pour autant plomber l’ambiance. De toute façon, comme il est dit dans la chanson, pas question de ne « pas prendre son temps« , alors… Lire la suite « Les hurlements de Léo, toujours d’attaque »

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