Le « Charleroi », de Lavilliers

S’il a souvent chanté les villes – de New-York à Lyon – Bernard Lavilliers a choisi la ville wallonne de Charleroi, sur la Sambre pour servir de décor à une de ses nouvelles chansons.

Cette fois, Lavilliers s’est inspiré du décor de ces villes frappées par la crise pour signer cette chanson d’alarme où il célèbre aussi ces cités du métissage… Le ton est grave et la voix chaude sur une mélodie au doux tempo. Son nouvel album sortira d’ici une dizaine de jours.

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Géraldine Torres, une indignée douce

Un premier album haut-en-couleur pour Géraldine Torres. Avec La Vie sur les os(*), la chanteuse, riche de dix ans de métier en groupe et sur la route, prouve la palette de son talent.

D’emblée, Géraldine Torres cueille son monde par une énergie partageuse. La voix rauque de la dame nous embarque vers des territoires où l’indifférence n’est pas de mise et la colère jamais feutrée. Pour preuve, la chanson dédiée au 11 septembre. Pas celui des tours jumelles de New-York, non celui d’un triste jour au Chili où la dictature militaire mit fin au désir de changement politique de Salvador Allende en son palais de La Moneda et où la guitare de Yann Pompidou distille une douce nostalgie des temps sans bruits de bottes. On sent chez Géraldine Torres le désir qu’une tragédie n’en efface pas une autre dans la mémoire collective.

Le reste d’Avec la vie sur les os est à l’image de ce titre : inspiré, solide, puissant. Et varié. Ce qui n’est pas courant dans l’univers musical actuel où la confession intime (et lassante) tient lieu de passeport…


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La mémoire musicale des indignés

Son de la barricada (*) revisite avec fougue des grands airs de révolte. La mise en ondes est d’une grande efficacité et redonne un coup de jeune à des chansons qui restent gravées dans la mémoire des indignés.

Une version plus douce de El pueblo unido jamás será vencido, hymne révolutionnaire des Quilapayun; version vitaminée de Son de la barricada, la chanson titre inspirée de la grève et des répressions qui eurent lieu à Oaxaca au Mexique en 2006; reprise de Guitarra roja, œuvre du grand poète argentin Martin Castro…  Avec ce nouvel album, le groupe El Communero fait souffler un tonique vent de révolte sur les ondes.

Ayant vu le jour en 2008, autour du guitariste et chanteur Thomas Jimenez, petit-fils d’un « guérillero » et membre du groupe L’Air de rien,  El Communero publie ce Son de la barricada, un troisième album qui redonne une seconde vie à des chants de lutte, tels A la Huelga, « tube » de la Révolution espagnole de 1937, ou Todo es de color, du duo de flamenco Lole y Manuel qui œuvra en pleine Espagne franquiste.

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Amère mer pour Bernard Lavilliers

Gaëtan Chataigner signe le clip de la première chanson du futur album de Bernard Lavilliers, Croisières méditerranéennes. A découvrir.

Marqué par le drame des migrants qui ont perdu la vie en tentant de gagner l’Eldorado européen sur des embarcations de fortune, marqué par les trafics des passeurs, Bernard Lavilliers signe, en guise d’invitation au « voyage », une chanson mélancolique pour dire le désespoir des ces populations oubliées. Derrière la douceur de la mélodie, il y a une description presque journalistique de ce drame.

Il faudra attendre le 29 septembre pour découvrir l’intégralité de 5 minutes au paradis, le 21ème album studio de l’artiste qui fête ses 50 ans de carrière et sera, tout l’été, au cœur d’un feuilleton musical sur les antennes de Radio France. Tous les samedis, Jean-Luc Lehmann le racontera le samedi à midi dans Bernard Lavilliers : est-ce ainsi que l’homme vit ?

Pour enregistrer ce disque, il est bien entouré : outre Fred  Pallem, Romain Humeau, le chanteur d’Eiffel, qui figurent de nouveau au générique, Benjamin Biolay et les quatre musiciens de Feu! Chatterton (qui officient sur deux titres) ou encore Jeanne Cherhal  pour un duo sont de la partie.  Alors, pour reprendre la formule consacrée : à suivre…

Prévert en vers… et contre tout.

Disparu il y a quarante ans, Jacques Prévert demeure le poète de la liberté et de l’audace. Béatrice Fontaine prouve son éternelle jeunesse dans sa fantaisie musicale : Prévert, Kosma… et moi (*).

Il y a chez Prévert, une simplicité apparente qui rend sa poésie accessible à tous. Et pourtant, pour parvenir à une telle fluidité, que de travail ! Il y a surtout chez Prévert un formidable appel à la liberté, un appel à prendre toutes les libertés. Qui a plongé dans Prévert ne peut que garder à l’esprit ses paroles.  Face à  Dieu qui n’arrête pas de polluer l’actualité, il faudrait obliger tout le monde à apprendre ces vers : « Notre Père qui êtes aux cieux /Restez-y Et nous nous resterons sur la terre/
Qui est quelquefois si jolie… »

On mesure la puissance de l’inspiration de Prévert en découvrant la fantaisie musicale de Béatrice Fontaine. Avec un sens consommé du jeu théâtral, elle revisite à sa manière les mots de Prévert : des poèmes lapidaires dont il avait le génie comme On frappe , Immense et rouge ou encore Le Jardin, à des textes plus développés comme Dans ma maison. Un album qui « fige » un spectacle éponyme que l’artiste a tourné deux ans sur scène. Et le côté vivant de cet hommage ne perd rien dans ce CD, tant la dame sait habiter les mots du poète.


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Andréel et ses contes sur la vie moderne

Cinquième album d’Andréel, Que du feu (*) offre, sur des rythmes chaloupées et brésiliens, des chansons qui portent un regard décalé, parfois cruel, sur la vie moderne.

Andréel n’est pas un auteur-compositeur-interprète facile à suivre. Depuis ses débuts avec le théâtre et la comédie musicale à la fin des années 90, l’artiste a sorti un premier album solo en 2003, Ligne 2, marqué par les influences de la musique brésilienne qu’il n’abandonnera plus. Faillite de son label oblige, Andréel a ensuite fait, comme d’autres, le choix de l’autoproduction et composé aussi un conte musical pour les enfants. Le tout en préservant une manière artisanale de faire des disques. Il souligne :  « J’ai pris goût à l’écriture des arrangements, à l’enregistrement des instruments. La création artisanale m’a comblé fait de mes albums des œuvres avec leurs imperfections et leur personnalité, mais je crois une authentique humanité. »

Concevant ses chansons comme de petits tableaux vivants, Andréel traite bien sûr des tourments amoureux avec des chansons comme Pour que tu existes, interprétée à deux voix avec Pauline Croze, elle-aussi amoureuse de la bossa nova. Il y dit : « Quand je n’aurai plus d’amour à te donner, je serai si triste, je serai si triste, j’irai jusqu’au bout du monde te chercher pour que tu existes »
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