Babel fait un tour

Avec leur EP de quatre titres (*), Babel prouve que le groupe né de la volonté de Sébastien Rousselet, a désormais hissé la grand-voile.

Un titre, Bless(e) you, suffit à montrer les ambitions et les capacités d’un groupe comme Babel. Le verbe est haut et ciselé, la partition se teinte de hip-hop mais aussi de mélodies arabisantes avant que les cordes n’entrent en scène. Et alors, les mots de Sébastien Rousselet résonne à la manière d’une imprécation de Ferré : « J’voulais qu’ma vie ait un sens/ Et j’crève pour qu’on roule à l’essence. Ils l’auront pas au Paradis/ Tout l’or noir au fond du puits (…)/ Que Dieu vous blesse. »

Il est vrai, Sébastien Rousselet n’est pas sorti d’un coup de pub discographique. Né en 1976 dans une famille paysanne où les disques font partie du quotidien des cinq enfants. Fou des Doors à la naissance du grunge, le jeune Sébastien compose un opéra-rock avant de filer à Londres, de découvrir la drum’n’bass dans certains clubs… A son retour en France en 2004, Sébastien sait qu’il veut suivre sa vie d’artiste.

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Sur tous les tons !

Puisque les temps sont difficiles, voilà quelques airs à se passer en boucle.

Depuis 1989, certaines idées font – fort heureusement- réagir. Allons enfants de la musique !

Benjamin Biolay et Le Vol noir

Michel Fugain, et La Bête Immonde

IAM et 21/04

Pierre Perret, et La bête est revenue

Philippe Katerine, et 20-04-2005

Et sans perdre son sens de l’humour (noir)

L’intensité Brel

Crist+Dos Brel Live Paris FA5650.inddIl est banal d’asséner que Brel sans la scène ne serait pas Brel, tant il ne donna jamais rien tant que sur les planches, perdant des kilos dans cette  bataille pour faire vivre ses chansons.  La collection « Live in Paris » : Jacques Brel 1960-1961 (*) permet de le retrouver au sommet de sa forme.

Des classiques des débuts de Jacques Brel : Rosa, Le Plat Pays, Zangra, Ne me quitte pas. Entre autres. Et une collection « Live in Paris » qui est à marquer d’une pierre blanche. Dirigée par Michel Brillié, elle permet (*) en effet  de retrouver des enregistrements inédits  : concerts, sessions privées ou radiophoniques. Et, grâce à un son restauré, le rendu de ces versions retrouvées est incomparable.

A écouter ces titres, on mesure à quel point Brel reste un interprète inégalable, possédé par son verbe et vibrant à chaque vers. Les deux versions de Quand on a que l’amour et Ne me quitte prouvent sa puissance  sur les planches. Il y a au passage quelques mélodies pour sourire, tant Brel savait déjà manier l’ironie face à la société bourgeoise dans les couplets de La Dame patronnesse et du Caporal Casse-Pompon.

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Boris Bergman dans ses textes

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L’homme a signé pour bien des artistes. Un coffret Boris Bergman et ses interprètes (*) permet de revisiter l’œuvre d’un auteur au long cours.

Parolier multilingue, Boris Bergman se définit comme une « poubelle ethnique ». « La tête en Angleterre, le cœur en Russie (le ghetto en bas à gauche) et les valises à Montmartre. » En trois CD, un coffret aux images élégantes montre comment l’inspiration de Boris Bergman a irrigué tout un pan de la chanson et pas seulement française.

Tout le monde connaît ses textes signés pour Alain Bashung et un hymne comme Vertige de l’amour. On sait moins qu’il a écrit des mots pour Christophe (J’l’ai pas touché), Lambert Wilson (Trois, c’est trop) ou encore… Nana Mouskouri (Mon enfant). Evoquant cet opus, Bergman lance : « Il y a vraiment des choses que moi-même j’avais oubliées. Ce coffret me permet de donner une deuxième chance à des chansons que j’aime bien, quoi. »

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L’hymne à la joie et contre les obscurantismes !

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En souvenir des disparus du 15 novembre, victime de la barbarie terroriste, HK et les Saltimbanks ont réagi en musique et joint le signe à la musique. A écouter sans modération.

 » Ce soir, nous irons au bal

Ce soir, nous danserons de plus belle

Nous danserons ma belle

Tous les deux entre les balles. »

Capture d’écran 2016-03-18 à 19.39.53 Voilà le slogan qu’HK et les Saltimbanks lancent à la face de tous les fanatiques dans Ce soir, nous irons au bal, une chanson en forme d’hommage à toutes les victimes du 15 novembre. Loin des images en boucle qui font l’ordinaire du petit écran, l’artiste et sa bande ont imaginé une chanson tonique en diable et qui prennent un peu de recul face à l’actualité à chaud, le jour même où les chaînes sont branchées sur l’arrestion de Salam Abdeslam. L’originalité du clip, c’est aussi d’avoir fait appel pour ce clip chatoyant et rythmée à la réalisatrice Sandrine Herman avec son association « Les yeux pour entendre » pour offrir la chanson aux sourds et malentendants.

Une autre manière de réagir face aux va-t-en guerre et autres mordus de l’état d’exception. Kaddour Hadadi aime cette fois citer Sénèque : « La vie, ce n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre à danser sous la pluie ».
Grâce au langage des sourds, les signes deviennent une arme pour s’attaquer à tous les obscurantismes religieux.

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Laurent Zerat au chevet du rock

  jaquette+zeratNouveau scud de Laurent Zerat, Women est le deuxième album d’un rocker de 58 piges, toubib de son état. Un artiste solide qui a peu de leçons à recevoir sur le rock des années 70.

Atypique, le parcours de Laurent Zerat l’est sans conteste. L’homme a commencé la guitare par le classique au milieu des années 60, avant de dénicher une gratte électrique en 1971, et de monter dans la foulée, en 1973, un groupe avec des copains. L’un d’eux aura un avenir en lettres capitales :  Louis Bertignac, futur guitariste du groupe Téléphone. Mais, outre la batterie, Laurent Zerat a une autre corde à son arc : la médecine. Il fait ses armes d’interne à l’Albert Einstein College of Medecine de New York, une occasion idéale pour vibrer aussi aux sons des musiques qui habillent – de jour comme de nuit – la ville verticale. En 2000, changement de cap après un bouleversement personnel et Laurent Zerat file se ressourcer chez un ami en Patagonie : Florent Pagny. Le même Pagny qui le convie à jouer sur un titre avec lui à l’Olympia en 2003. Dix-sept soirs pour que Laurent se rende compte qu’il a envie de renouer avec ses premières amours.

Du travail et encore du travail en perspective avant de sortir en 2012 – et à 55 ans – un premier disque Route 55 à la large palette musicale. Et le voilà de retour avec Women, un album où Laurent Zerat reste fidèle au rock, qu’il célèbre en français et en anglais.


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