EMJI et les combats des femmes

Dédié à des femmes qui se battent depuis la nuit des temps, Je Tu Elles est le deuxième disque de EMJI qui prouve qu’il y a parfois une vie d’artiste comblée après La Nouvelle Star.

Même si elle n’a jamais renié ses débuts où elle poussait la goualante dans les métros de Paris, y revenant à chaque nouveau tournant de son aventure artistique, EMJI – Marion Grod, née le 14 mars 1987 à Évreux en Normadie – signe un deuxième album après l’intermède réussi de la comédie musicale des Trois Mousquetaires où elle campait la terrible Milady de Winter, passée maîtresse en l’art de trahir son monde.

Jeune trentenaire, elle a voulu que ce nouvel album reflète du combat millénaire des femmes. Et souligne d’emblée : « Je Tu Elles rassemble des histoires de femmes à travers leurs différents combats. Je les aborde telles des guerrières ! Dès l’antiquité, la femme avait déjà cette image. Nous n’avons pas besoin d’enfiler des pantalons pour avoir ce tempérament de battantes ! »

Dans un écrin électro-pop urbain et une production de Olivier Leducq (qui a œuvré, entre autres, avec Julien Doré, Big flo et Oli…), Je Tu Elles joue sur une atmosphère musicale résolument moderne avec des mélodies aux rythmiques  enlevées comme le prouve le premier extrait et le clip, Vegas, une chanson évoquant de manière directe l’infidélité.

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Louis Arlette : chanter dans Babylone…

Des Ruines et des Poèmes confirme le talent de Louis Arlette qui, avec ce deuxième album,  a imaginé un univers pop et intime sur des textes servis par sa voix profonde. Un disque de haute tenue.

Un an après Sourire carnivore, Louis Arlette revient sur le devant de la scène avec Des Ruines et des Poèmes, dont il signe paroles et musiques, un album enregistré au Studio Ferber sous la direction de Philippe Paradis (Hubert-Félix Thiéfaine, Christophe, Zazie  entre autres). D’emblée, on est cueilli par la maîtrise de l’artiste dans un disque ciselé de bout en bout. Il y dresse un tableau réaliste mais aussi alarmiste sur l’état du monde, sa fragilité…

Mêlant de multiples influences – celle de Brel assumée (avec la splendide version de son Je suis un soir d’été) à celle de Ferré, dans l’usage des images métaphoriques, en passant par celles de Daniel Darc, Radiohead – Louis Arlette fait œuvre originale dans des chansons comme Le Refuge où il chante : « Ma vie devient musique/ Je fais trembler les murs/ De remous narcissiques Et de pensées obscures. »

Sur des expérimentations musicales new wave, l’artiste – qui collabore avec le groupe Air depuis 2007- ose des textes romantiques, parfois empreints d’inquiétude, mais qui ne sombre jamais dans la noirceur gratuite. Lire la suite « Louis Arlette : chanter dans Babylone… »

La douceur pop de Bertille

Multi-instrumentiste de formation, Bertille sort son premier EP où elle délivre un univers féminin sur un univers pop teinté d’électro. Pas désagréable, mais non plus bouleversant.

On aimerait adorer la voix de Bertille, plonger sans réserve dans l’univers délicat, doux et tendre, de son premier CD, #ep (*) où elle se livre en six titres, sur des mélodies ou la pop le dispute aux accents électros.

Des chansons qui ont une atmosphère indéniable, que ce soit dans des textes comme Du vent dans les voiles ou encore Les Rivières dans laquelle surgit au final un beau solo de violoncelle.

C’est la première fois que la jeune femme se met sur le devant de la scène après le duo qu’elle formait en 2015 avec Olivier Daguerre et, plus près de nous, avec sa participation dans le groupe Wallace. Un vrai donc défit pour cette artiste discrète habituée à rester dans l’ombre de.

Elle qui définit « l’émotion comme son moteur » a donc couché sur le papier des mots pudiques pour dire son petit monde. D’amour, il est souvent question dans cet album où elle peut ainsi évoquer les infidélités amoureuses dans Du vent dans les voiles où elle évoque le « nez qui s’allonge » de celle qui a triché sur la carte du Tendre qu’un amour passion dans Je plonge et qui est prétexte à  un très inspiré vidéo-clip. Lire la suite « La douceur pop de Bertille »

Bertrand Betsch : doucement mais sûrement

Onzième album pour Bertrand Betsch. Tout doux est un disque où il convient de ne pas trop se fier au titre pour jauger un album plus profond qu’une écoute superficielle pourrait le faire penser…

C’est sans doute parce que sa mélancolie pop n’est pas sans résonance avec l’univers d’un Souchon, d’un Dominique A… que Bertrand Betsch a encore du mal à faire entendre sa petite musique des mots et des notes. Avec Tout doux pourtant, la natif de Draveil, plus toulousain que nature désormais, laisse la tristesse derrière lui pour signer un disque qui, sans être béat devant la vie qui va, livre quelques belles plages de douceur. Comme si écrire et chanter pouvait lever les tentations d’un spleen existentiel. Dans Ça vaut la peine, il murmure de sa voix chaude : « Siffleur, souffler / Et envoyer / Quelques mots doux/ Pas des cailloux/ Écrire, chanter/ Ou murmurer/ Des élégies/ Des poésies (…) Alors ça vaut le coup/ Alors ça vaut la peine. »

Et si la référence à Barbara est plus que limpide dans J’espère avec ces deux vers « Dis quand reviendras-tu  / Dis au moins le sais-tu? »,  Bertrand Betsch joue les médecins des âmes, surtout quand elles sont tristes. Avec un message perlé au gré des chansons : pourquoi ne pas tirer des petites joies de nos peines profondes ? Lire la suite « Bertrand Betsch : doucement mais sûrement »

Laïn sur le pont

Quatre titres, c’est peu pour se faire une idée d’une artiste. Dans le cas de Laïn, c’est amplement suffisant tant son EP Matelot vous embarque dans un univers électro-pop qui ne sonne pas pour rien !

Petite, Laïn a baigné dans la musique. Chez elle, les heures étaient rythmées par Keith Jarrett que ses géniteurs écoutaient en boucle, ou encore Brad Meldhau. Elle avoue encore que le Michel Portal de Turbulences n’a pas été étranger à ses rêves de musique.  De l’autre côté des influences, il y a avait aussi la chanson française, celle des Ferré, Barbara et autre Philippe Léotard. Mais Laïn est une enfant de son époque et elle a assimilé bien des influences pour les faire siennes. Il ne restait plus qu’à…

Installée depuis six ans à Paris, elle a dû batailler pour imposer son style, et faire les bonnes rencontres. En juillet 2015, ce sera Jean Fauque lors des Francofolies de La Rochelle qui lui confiera un texte écrit pour Alain Bashung et que celui-ci adorait  : On sera sur. Pour son premier EP, Matelot, construit avec HIPSTA, son réalisateur et arrangeur,Laïm propose quatre chansons qui sont au « carrefour de nombreux styles, » comme elle le reconnaît. Pour autant, ces quatre morceaux détonnent déjà d’une vraie personnalité… D’HIPSTA, elle dit : « J’ai enfin trouvé mon binôme, celui qui sait traduire en musique mes émotions, celui avec qui je créé, avec qui je partage tous mes mots, mes influences cinématographiques (Lynch, Pialat, Audiart, Antonioni…) et littéraires (Zweig, Colette, Romain Gary)… » Lire la suite « Laïn sur le pont »

Catherine Ringer : la fantaisie à vie

On l’avait quittée sur de magnifiques thèmes argentins il y a trois ans et l’album Plaza Francia. Catherine Ringer est de retour pour des variations sur la temps qui passe et les souvenirs qui vous construisent…

Catherine Ringer cultive l’humour (souvent noir) et la musique depuis des lustres. Avec Chroniques et Fantaisies (*), elle persiste et signe après d’autres collaborations, notamment ce splendide duo sur Idées noires, avec Bernard Lavilliers. Elle a simplement annoncé : « Je reviens avec ce que je faisais avec les Rita. Les chansons sont toutes un peu différentes. Ça peut être des sensations personnelles comme des histoires de gens, des chroniques, des fantaisies… »

La cohérence de cet album ? C’est Catherine Ringer elle-même, interprète d’une pop-électro qui offre un écrin idéal à sa vision décalée et humoristique du monde et des gens, même quand l’époque n’a rien de tonique et pousserait plutôt à pousser un grand coup de gueule.

Signant seule, paroles et musiques, jouant du clavier, Catherine Ringer célèbre la fantaisie sur tous les tons : de la comptine enfantine de La Petite Planète (commençant par une rituelle formule : « Loin, très loin d’ici/ Il y a bien longtemps/ Voilà l’histoire. ») à une valse endiablée sur un texte évoquant le couple qui dure (Leur amour) en passant par un hymne réussi à l’indignation (Obstination). Elle y martèle : « Oui mais moi je resterait/ Comme je pourrai je me battrai/ Je forgerai mon courage/ Et je transformerai ma rage. »

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Les rêves de Nosfell

Echo Zulu, le nouvel album(*) de Nosfell est à l’image d’un artiste qui aime les chemins de traverse, créer en dehors des sentiers balisés de la musique. Aussi original que parfois déroutant.

Pour plonger dans l’univers de Nosfell, il faut aimer les surprises tant cet auteur-compositeur-chanteur- danseur  et interprète, né en 1977, peut glisser d’un univers à l’autre avec son univers pop qui frappe comme un uppercut. De fait, entre  la rythmique déjantée de The Short-Timers et la ballade douce amère de Les Gorges, il y a un monde : on le voit, Nosfell ne pratique pas le grand écart que sur les pistes de danse. Et du rock au funk en passant par des envolées poétiques avec les arpèges de guitare du Corps des songes, l’artiste ose tout ou presque sans chercher l’unité, voire l’harmonie.

Souvent, c’est le rythme qui vient, seul, soutenir le chant et cette voix qui se permet de monter parfois dans les hauteurs. Ne jouant que de la guitare baryton à quatre cordes, accordée comme un violoncelle, Nosfell a choisi Frédéric Gastard pour superviser les arrangements qui a utilisé une bonne collection de synthétiseurs des années 70 avant qu’Emiliano Turi ne signe la réalisation de ce disque en assurant, lui-même, les parties de batterie.

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Un Trèfle qui porte bonheur

L’artiste bruxelloise Cloé du Trèfle signe un album, Entre l’infime et l’infini, où les paroles sont joliment enchâssées dans un écrin sonore mêlant électro-pop et variations symphoniques.

Accompagnée de Thècle Joussaud et Céline Chappuis, aux violoncelles,  avec quelques interventions de complices musiciens à la programmation ou au clavier, Cloé Defossez nous invite avec Entre l’infime et l’infini (*), à un périple mélancolique qui se joue en français comme en anglais.

Entre plusieurs univers, la musique accompagne des récits à double fond où l’artiste évoque des amours perdus, la difficulté d’être. Elle chante ainsi dans Cet air lancinant : « De cet air émanait un parfum d’absolu/ Les poèmes les plus purs/ Cet air évoquait une douceur infinie/ Mais il trahissait mes songes les plus secrets. »

La dame sait aussi se jouer des mots à double sens et son Nous, dans laquelle Arnaud Fleurent-Didier assure les chœurs, en est l’exemple parfait avec son refrain entre hier et demain. « Et ce nous qui passe/ De futur simple/ À présent complexe/ De futur en impasse/ À simple passé d’ex. »


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La pop élégante de Charles like the Prince

Premier album d’un jeune venu de Vendée, 24 ans, Charles like the Prince – un patronyme qui est déjà tout un programme – sort avec Épitaphe (*) un disque de pop-électro qui attire l’oreille sans pour autant nous bouleverser.

La voix est haut perchée et se promène sans souci sur les mélodies enlevées et rythmées qui accompagnent ce premier voyage musical en quatorze titres. S’il n’affiche que 24 printemps sur sa carte d’identité, Charles like the Prince a déjà un solide parcours musical derrière lui.

Après avoir découvert bien des univers dans la Vendée de sa jeunesse, grâce à Myspace,  il a fait ses armes dans la mouvance électro-kitsch des années 80, tout en restant ouvert à la scène américaine… Et il a peaufiné  son style (et ses tenues qui valent le détour et fleurent bon l’esthétique des musiciens so british) sur la scène indé parisienne.

Tout naturellement (mais il fallait y parvenir), Épitaphe est au confluent de toutes ces influences et l’on sent chez le musicien un vrai plaisir à imaginer des arrangements électro-pop, avec, ici ou là, des incursions afro-pop. Sans oublier des mélodies qui fleurent bon la scène française des années 80 qui a vu défiler les Partenaire particulier et autre Lio. Avec un seul credo : « Faire les choses sérieusement mais sans se prendre au sérieux. »


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