Mira Cétii : la musique dans les étoiles

Ayant pris pour nom d’artiste celui d’une étoile, Mira Cetii a tout naturellement intitulé son premier album Cailloux & Météores (*). Des comptines poétiques, parfois inégales, mais qui ne manquent pas musicalement d’un certain charme.

Étoile binaire de la constellation de la Baleine, Mira Cetii a aussi les pieds sur terre et pour cause : en y ajoutant un « i », une jeune artiste, Aurore Reichert, a décidé de se l’approprier comme nom de scène. Et ses premiers EP, d’abord en duo avec le guitariste Jean-Pascal Boffo, ont tous porté un nom céleste : Cetus, Persée et Orion. Autant de signes que la dame aime avoir la tête ailleurs et nous invite au rêve.

Cailloux & Météores(*) a une pochette  à l’image de son contenu : l’artiste s’y dévoile un peu tout en tenant un étrange objet dans les mains. En solo, Mira Cétii s’est créée un univers musical pop marqué par des influences anglo-saxonnes pour habiller des textes à la poésie lyrique. Àgée de 37 ans, Mira Cétii, qui a été bercée par la musique dans son Saint-Avold natal, par un père guitariste amateur, définit d’ailleurs son univers comme de la « poésie pop ».

Lire la suite « Mira Cétii : la musique dans les étoiles »

Une pop vintage pour un trio des familles

Square The Circle (*) est le nouvel EP de June and The Jones, une fratrie de musiciens, anglais jusqu’au bout du rythme et 100 % français de naissance. Un son solide, même s’il manque parfois un peu d’âme.

Indéniablement, le nouvel album de June and The Jones est imprégné des mélodies sixties qui ont nourri leur imaginaire. Hadrien, Louis et Alice savent ce qu’ils doivent aux sonorités venues d’Outre-Manche. Et ils le reconnaissent : « On aime la musique pop qui se découvre en plusieurs fois et laisse entrevoir de nouvelles subtilités à chaque écoute. »

Square The Circle est le fruit d’une longue série de concerts qui ont permis à la fratrie de peaufiner leur univers. Mélangeant des instruments vintage, des guitares et des sons électros pour nourrir des mélodies qui tournent rond, cet album offre un univers musical dansant et rythmique comme le prouve le premier clip du groupe Dancing On The Moon, aux sonorités disco.

Lire la suite « Une pop vintage pour un trio des familles »

La constance de David Giguère…

Une poésie simple et juste portée par des mélodies électroniques accrocheuses : David Giguère nouvelle voix venue du Québec, signe un album touchant : Constance (*).

« J’ai pas le bonheur tatoué sur l’avant bras/ Et quand j’me force, personne ne me croie« , lance d’emblée David Giguère dans Curse. L’instant d’après, il peut, sur des chœurs aériens, signer une complainte dédiée à la jalousie dans Téléphone.

Partageant son temps depuis les débuts entre le jeu au théâtre comme au cinéma – on se souvient de lui dans le film de Ken Scott Starbuck (2011)-  et la musique, David Giguère fait montre dans ce troisième album d’une étonnante maturité artistique avec un univers qui n’est pas sans similitudes avec celui d’un Pierre Lapointe, autre nouvelle voix venue du Canada francophone.

Parlant aussi bien de l’enfance que de la longue marche vers la maturité, l’artiste sait aussi offrir de belles respirations musicales  dans cet album composé de quatorze titres : les deux Interludes dont le premier fait entendre l’astrologue Rob Brezsny, qui parle des Sagittaires pour lesquels 2019 sera placé sous le signe de la réinvention...

Lire la suite « La constance de David Giguère… »

EMJI et les combats des femmes

Dédié à des femmes qui se battent depuis la nuit des temps, Je Tu Elles est le deuxième disque de EMJI qui prouve qu’il y a parfois une vie d’artiste comblée après La Nouvelle Star.

Même si elle n’a jamais renié ses débuts où elle poussait la goualante dans les métros de Paris, y revenant à chaque nouveau tournant de son aventure artistique, EMJI – Marion Grod, née le 14 mars 1987 à Évreux en Normadie – signe un deuxième album après l’intermède réussi de la comédie musicale des Trois Mousquetaires où elle campait la terrible Milady de Winter, passée maîtresse en l’art de trahir son monde.

Jeune trentenaire, elle a voulu que ce nouvel album reflète du combat millénaire des femmes. Et souligne d’emblée : « Je Tu Elles rassemble des histoires de femmes à travers leurs différents combats. Je les aborde telles des guerrières ! Dès l’antiquité, la femme avait déjà cette image. Nous n’avons pas besoin d’enfiler des pantalons pour avoir ce tempérament de battantes ! »

Dans un écrin électro-pop urbain et une production de Olivier Leducq (qui a œuvré, entre autres, avec Julien Doré, Big flo et Oli…), Je Tu Elles joue sur une atmosphère musicale résolument moderne avec des mélodies aux rythmiques  enlevées comme le prouve le premier extrait et le clip, Vegas, une chanson évoquant de manière directe l’infidélité.

Lire la suite « EMJI et les combats des femmes »

Louis Arlette : chanter dans Babylone…

Des Ruines et des Poèmes confirme le talent de Louis Arlette qui, avec ce deuxième album,  a imaginé un univers pop et intime sur des textes servis par sa voix profonde. Un disque de haute tenue.

Un an après Sourire carnivore, Louis Arlette revient sur le devant de la scène avec Des Ruines et des Poèmes, dont il signe paroles et musiques, un album enregistré au Studio Ferber sous la direction de Philippe Paradis (Hubert-Félix Thiéfaine, Christophe, Zazie  entre autres). D’emblée, on est cueilli par la maîtrise de l’artiste dans un disque ciselé de bout en bout. Il y dresse un tableau réaliste mais aussi alarmiste sur l’état du monde, sa fragilité…

Mêlant de multiples influences – celle de Brel assumée (avec la splendide version de son Je suis un soir d’été) à celle de Ferré, dans l’usage des images métaphoriques, en passant par celles de Daniel Darc, Radiohead – Louis Arlette fait œuvre originale dans des chansons comme Le Refuge où il chante : « Ma vie devient musique/ Je fais trembler les murs/ De remous narcissiques Et de pensées obscures. »

Sur des expérimentations musicales new wave, l’artiste – qui collabore avec le groupe Air depuis 2007- ose des textes romantiques, parfois empreints d’inquiétude, mais qui ne sombre jamais dans la noirceur gratuite. Lire la suite « Louis Arlette : chanter dans Babylone… »

La douceur pop de Bertille

Multi-instrumentiste de formation, Bertille sort son premier EP où elle délivre un univers féminin sur un univers pop teinté d’électro. Pas désagréable, mais non plus bouleversant.

On aimerait adorer la voix de Bertille, plonger sans réserve dans l’univers délicat, doux et tendre, de son premier CD, #ep (*) où elle se livre en six titres, sur des mélodies ou la pop le dispute aux accents électros.

Des chansons qui ont une atmosphère indéniable, que ce soit dans des textes comme Du vent dans les voiles ou encore Les Rivières dans laquelle surgit au final un beau solo de violoncelle.

C’est la première fois que la jeune femme se met sur le devant de la scène après le duo qu’elle formait en 2015 avec Olivier Daguerre et, plus près de nous, avec sa participation dans le groupe Wallace. Un vrai donc défit pour cette artiste discrète habituée à rester dans l’ombre de.

Elle qui définit « l’émotion comme son moteur » a donc couché sur le papier des mots pudiques pour dire son petit monde. D’amour, il est souvent question dans cet album où elle peut ainsi évoquer les infidélités amoureuses dans Du vent dans les voiles où elle évoque le « nez qui s’allonge » de celle qui a triché sur la carte du Tendre qu’un amour passion dans Je plonge et qui est prétexte à  un très inspiré vidéo-clip. Lire la suite « La douceur pop de Bertille »

Bertrand Betsch : doucement mais sûrement

Onzième album pour Bertrand Betsch. Tout doux est un disque où il convient de ne pas trop se fier au titre pour jauger un album plus profond qu’une écoute superficielle pourrait le faire penser…

C’est sans doute parce que sa mélancolie pop n’est pas sans résonance avec l’univers d’un Souchon, d’un Dominique A… que Bertrand Betsch a encore du mal à faire entendre sa petite musique des mots et des notes. Avec Tout doux pourtant, la natif de Draveil, plus toulousain que nature désormais, laisse la tristesse derrière lui pour signer un disque qui, sans être béat devant la vie qui va, livre quelques belles plages de douceur. Comme si écrire et chanter pouvait lever les tentations d’un spleen existentiel. Dans Ça vaut la peine, il murmure de sa voix chaude : « Siffleur, souffler / Et envoyer / Quelques mots doux/ Pas des cailloux/ Écrire, chanter/ Ou murmurer/ Des élégies/ Des poésies (…) Alors ça vaut le coup/ Alors ça vaut la peine. »

Et si la référence à Barbara est plus que limpide dans J’espère avec ces deux vers « Dis quand reviendras-tu  / Dis au moins le sais-tu? »,  Bertrand Betsch joue les médecins des âmes, surtout quand elles sont tristes. Avec un message perlé au gré des chansons : pourquoi ne pas tirer des petites joies de nos peines profondes ? Lire la suite « Bertrand Betsch : doucement mais sûrement »

Laïn sur le pont

Quatre titres, c’est peu pour se faire une idée d’une artiste. Dans le cas de Laïn, c’est amplement suffisant tant son EP Matelot vous embarque dans un univers électro-pop qui ne sonne pas pour rien !

Petite, Laïn a baigné dans la musique. Chez elle, les heures étaient rythmées par Keith Jarrett que ses géniteurs écoutaient en boucle, ou encore Brad Meldhau. Elle avoue encore que le Michel Portal de Turbulences n’a pas été étranger à ses rêves de musique.  De l’autre côté des influences, il y a avait aussi la chanson française, celle des Ferré, Barbara et autre Philippe Léotard. Mais Laïn est une enfant de son époque et elle a assimilé bien des influences pour les faire siennes. Il ne restait plus qu’à…

Installée depuis six ans à Paris, elle a dû batailler pour imposer son style, et faire les bonnes rencontres. En juillet 2015, ce sera Jean Fauque lors des Francofolies de La Rochelle qui lui confiera un texte écrit pour Alain Bashung et que celui-ci adorait  : On sera sur. Pour son premier EP, Matelot, construit avec HIPSTA, son réalisateur et arrangeur,Laïm propose quatre chansons qui sont au « carrefour de nombreux styles, » comme elle le reconnaît. Pour autant, ces quatre morceaux détonnent déjà d’une vraie personnalité… D’HIPSTA, elle dit : « J’ai enfin trouvé mon binôme, celui qui sait traduire en musique mes émotions, celui avec qui je créé, avec qui je partage tous mes mots, mes influences cinématographiques (Lynch, Pialat, Audiart, Antonioni…) et littéraires (Zweig, Colette, Romain Gary)… » Lire la suite « Laïn sur le pont »

Catherine Ringer : la fantaisie à vie

On l’avait quittée sur de magnifiques thèmes argentins il y a trois ans et l’album Plaza Francia. Catherine Ringer est de retour pour des variations sur la temps qui passe et les souvenirs qui vous construisent…

Catherine Ringer cultive l’humour (souvent noir) et la musique depuis des lustres. Avec Chroniques et Fantaisies (*), elle persiste et signe après d’autres collaborations, notamment ce splendide duo sur Idées noires, avec Bernard Lavilliers. Elle a simplement annoncé : « Je reviens avec ce que je faisais avec les Rita. Les chansons sont toutes un peu différentes. Ça peut être des sensations personnelles comme des histoires de gens, des chroniques, des fantaisies… »

La cohérence de cet album ? C’est Catherine Ringer elle-même, interprète d’une pop-électro qui offre un écrin idéal à sa vision décalée et humoristique du monde et des gens, même quand l’époque n’a rien de tonique et pousserait plutôt à pousser un grand coup de gueule.

Signant seule, paroles et musiques, jouant du clavier, Catherine Ringer célèbre la fantaisie sur tous les tons : de la comptine enfantine de La Petite Planète (commençant par une rituelle formule : « Loin, très loin d’ici/ Il y a bien longtemps/ Voilà l’histoire. ») à une valse endiablée sur un texte évoquant le couple qui dure (Leur amour) en passant par un hymne réussi à l’indignation (Obstination). Elle y martèle : « Oui mais moi je resterait/ Comme je pourrai je me battrai/ Je forgerai mon courage/ Et je transformerai ma rage. »

Lire la suite « Catherine Ringer : la fantaisie à vie »

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑