Le sax aérien de Plume

Dans le jeu de Plume, nouveau nom de la scène jazz, il y a cette volonté permanente de jouer avec les limites laissant le champ libre à la puissance de son inspiration. La preuve avec Escaping the Dark Side, un disque lumineux et profond.

D’entrée de jeu et ce Seek you Must, Plume et son saxophone-  dialoguant doucement dans les premières mesures avec le piano – cueillent leur auditoire au cœur. C’est au centre d’un quartet formé de Leonardo Montana au piano, Géraud Portal à la contrebasse et Antoine Paganotti à la batterie, que Plume officie en toute sérénité. Cerise sur le gâteau, la trompette d’Ambrose Akinmusire déboule avec les honneurs et subtilité sur deux titres : Helen’s Song et Perseverance.

Derrière le pseudonyme, se livre un musicien passé par Boston et New York, ayant  roulé sa bosse aussi en France – il a fini par poser son sac à Paris – et qui a été formé au Berklee Collge of Music à Boston, formé par es maîtres saxophonistes George Garzone, Jerry Bergonzi et Joe Lovano… Un lieu par où sont passés les Walter Smith, Jason Palmer et autre Warren Wolf.

Lire la suite « Le sax aérien de Plume »

Publicités

Jazz sans frontières avec le Trio Barolo

L’accordéon pourrait faire penser à l’Argentine mais d’autres pièces tirent vers le folklore italien. C’est ce qui fait de Casa Nostra (*), l’opus du groupe Trio Barolo un opus qui échappe à bien des classements…

C’est du jazz mais du jazz tout terrain car imprégné de sons latinos, de mélodies venues des Balkans… Casa Nostra est un album  surprenant griffé par le Trio Barolo. La réunion de trois artistes : Rémy Poulakis à l’accordéon ténor lyrique, Francesco Castellani au trombone, au chant et à la conque, et Philippe Euvrard à la contrebasse et aux loops. En prime, ils ont fait appel  au clarinettiste Carjez Gerretsen sur Carla et Barolo nuevo. Des temps forts de l’album.

Le résultat est ce kaléidoscope sonore, fruit d’une collaboration à géométrie variable : Philippe Euvrard a composé cinq titres, Francesco deux, Giacomo Puccini et Philippe Petruciani en signent respectivement chacun un.  Un disque où figurent les ombres des proches et qui est aussi conçu en guise d’hommage à la scène comme le signale un texte sur la pochette : « Casa Nostra, c’est avant tout le public qui nous a toujours incités à donner le meilleur de  nous même. C’est aussi pour nous ce lieu sacré, universel et profondément humain qu’est la Scène. C’est aussi ceux qui travaillent dans l’ombre, à diffuser du rêve. »


Lire la suite « Jazz sans frontières avec le Trio Barolo »

Le réveil d’Awake

Aubes et Crépuscules (*) marque le retour du groupe Awake. Un album puissant entièrement composé par Romain Cuoq, saxophoniste, et Anthony Jambon, guitariste, comme ce fut déjà le cas dans leur précédent disque.

Impossible de ne pas repérer la pochette Aubes et Crépuscules : d’un jaune tapant, elle est l’œuvre du jeune photographe Paul Rousteau et exprime une poésie certaine. Une atmosphère visuelle qui correspond bien à l’univers de ce nouvel album où, accompagné de trois musiciens – Leonardo Montana, au piano; Florent Nisse, à la contrebasse et Nicolas Charlier à la batterie – Romain Cuoq et Anthony Jambon offrent huit morceaux en forme de réflexion sur les cycles des jours et des nuits. Jouant sur tous les timbres instrumentaux, le quintet offre des plages musicales qui se développent et sont des incitations à la Rêverie, comme l’indique d’ailleurs le titre éponyme d’un des morceaux de l’album.


Lire la suite « Le réveil d’Awake »

Quand le Brésil djazze…

Piece Of Mind (*), premier album d’Andrea Caparros Quartet est un disque  à la confluence de plusieurs genres, réalisé avec un soin certain.

L’aventure du groupe débute en 2014 quand une bande de copains décident de voir la vie en grand et de vivre de leur musique. En première ligne, il y a Andrea Caparros, fille d’une mère brésilienne et d’un père musicien : depuis son plus jeune âge, elle a vécu avec les rythmes chaleureux de la samba et de la bossa-nova.

En seconde ligne, on trouve Émile Melenchon, médaillé d’or en guitare classique et jazz au conservatoire de Toulon; Arnaud Pacini, bassiste et contrebassiste et Jessy Rakotomanga, le batteur. Après avoir écumé pas mal de scènes du sud de la France, ils vivent un tournant le 1er avril 2015 en se produisant au Sunset/Sunside de Paris, un concert qui donne envie au quartet de voir la vie en disque. Piece Of Mind est le fruit donc d’une longue maturation et d’une ambition commune. Lire la suite « Quand le Brésil djazze… »

Alfredo Rodriguez retourne à l’enfance

Quatrième album du pianiste et compositeur cubain, Alfredo Rodriguez, The Little Dream (*) est un opus plein d’espoir, porté par des mélodies brillantes et arrangées avec bonheur.

D’Alfredo Rodriguez, on connaît le parcours  rapide. Repéré par Quincy Jones, le producteur qui n’est plus à présenter, en janvier 2009, ce musicien cubain a quitté sa famille pour émigrer et travailler aux États-Unis.  Avec le recul, il dit : « Quand tu vis dans ton pays, tu es immergé dans la réalité locale, sans nécessairement avoir conscience de ce qui la compose. Je me suis formé avec la musique cubaine. Me retrouver loin de cette réalité m’a offert une nouvelle perspective. Composer et jouer cette musique m’a permis de me redécouvrir. »

A une époque où Trump (et d’autres dans le monde) cultivent l’art des murs qu’on érige pour se protéger de l’étranger,  Alfredo Rodriguez préfère défendre l’ouverture d’esprit et célébrer la puissance des rêves, comme le symbolise le titre de son quatrième album.  « C’est la réponse au climat du monde actuel. Le titre provient de ma fascination pour un monde de rêve, manifestation magnifique de notre réalité. Mon plus grand rêve serait que tous les humains vivent heureux et en paix. Les enfants sont l’espoir et la réponse à la création d’un monde d’amour, de paix, d’unité et de compréhension. »

Lire la suite « Alfredo Rodriguez retourne à l’enfance »

Le « cri essentiel » de Hugh Coltman

Il avait rendu un hommage remarqué à Nat King Cole. De retour avec ses propres chansons dans Who’s Happy ? (*), Hugh Coltman signe un disque magnifique, porté par sa voix puissante où, une fois encore, il débarque là où on ne l’attendait pas…

On l’avait quitté en 2017, avec une victoire de jazz pour son Shadows : Songs of Nat King Cole. On le retrouve quelques mois plus tard avec Who’s Happy, un disque où il a pris le chemin de la Nouvelle Orléans pour enregistrer de nouvelles compositions accompagné d’un brass band local et du guitariste et co-réalisateur de l’album : Freddy Koella qui a aussi bien joué avec Bob Dylan, Willy DeVille que Francis Cabrel.

Dès la première écoute, c’est une petite claque tant le crooner anglais a le timbre chaud adéquat pour célébrer un blues des familles, en passant allégrement du rock au jazz. L’artiste, âgé de 47 ans, avait prévenu : « Je compose aussi, j’ai envie de chanter mes propres chansons, mes mots à moi ».

Porté par le brass band, les riffs des guitares folk conduites par Freddy Koella et des cuivres soul, qui sonnent comme dans les bonnes vieilles processions, son disque décoiffe sévère et on se laisse porter d’une plage à l’autre, y compris quand Hugh Coltman s’amuse à faire swinguer des paroles made in France. « La musique de la Nouvelle Orléans n’est pas forcément virtuose; elle met en avant le cri essentiel« , dit-il. Et le sien a un sacré écho…

Lire la suite « Le « cri essentiel » de Hugh Coltman »

Un subtil mariage de déraison

Allier l’orgue et l’accordéon, Aria est un album en forme d’Ovni ou la rencontre musicale entre Richard Galliano et Thierry Escaich.

Avec pour simple fil conducteur de « jouer ensemble un large répertoire musical« , pour reprendre les mots de Richard Galliano, cet album Aria a suivi une rencontre « improvisée » lors d’une émission sur France Musique qui ont précédé une série de concerts consacrés à Bach, Vivaldi et autre Piazzolla.

Signant des variations sur un répertoire large, le duo nous surprend en revisitant des airs que l’on pensait dans un moule, ainsi quand Galliano et Escaich s’attaquent au Caruso, immortalisé par Lucio Dalla et « massacré » par certains chanteurs traîtres.  Commentaires de Thierry Escaich : « Il est toujours passionnant pour un compositeur d’aller chercher dans le répertoire les sources pour se renouveler. »


Lire la suite « Un subtil mariage de déraison »

Aux racines d’un jazz

Pelican Blues (*), c’est le deuxième disque du trio Fox qui s’est adjoint pour l’occasion les services de Chris Cheek, grand nom américain du saxophone. Avec, en prime, un invité de marque : l’accordéoniste Vincent Peirani. Un voyage inspiré aux racines du jazz américain.

Un retour au berceau du jazz : c’est l’ambition du trio Fox (le guitariste Pierre Perchaud, le contrebassiste Nicolas Moreaux et le batteur Jorge Rossy) avec Pelican Blues, un disque où, en compagnie du grand saxophoniste Chris Cheek, ces musiciens laissent voguer leur imaginaire musical en s’inspirant des thèmes  associés à La Nouvelle-Orléans. Sans pour autant jouer sur une simple reprise de tubes locaux. Le seul vrai morceau identifiable est un extrait de la bande originale du film Un tramway nommé Désir, classique d’entre les classiques.

Ainsi  Mardi Gras/ Bubble Gumbo sonne comme un clin d’œil musical direct à deux éléments incontournables des traditions de La Nouvelle-Orléans : les parades du carnaval et la spécialité culinaire locale, ce ragout originaire de la Louisiane française au cours du XVIII siècle. Plus loin, on remarque Canoë, errance musicale sur les « coureurs des bois », ces hommes d’aventure qui remontaient les nombreux cours d’eau de la région pour organiser la traite des peaux avec les Amérindiens.

Lire la suite « Aux racines d’un jazz »

Les voyages latinos de Liza del Mar

La Babiole (*) est le nouvel album de Liza del Mar, une artiste dont la spécialité est d’adapter des chansons françaises en espagnol mais qui sait aussi faire œuvre originale.

Pour cet album, Liza del Mar a fait une rencontre : celle de Michel Eyan. Aussi branché pop que Liza vibre aux sonorités latines – elle enseigne aussi l’espagnol- , il a ciselé les arrangements de son album La Babiole. Liza est une artiste solaire dont la voix, tour à tour sensuelle ou puissante, livre des mélodies en forme de « strip-tease de l’âme ». Après Jardin de amor, un cinq titres en forme de carte de visite, elle offre cette fois un voyage musical électro-pop marié à une sensualité latino.

Liza del Mar offre aussi bien des reprises –Sol de verano donne à entendre une version bossa nova de Que je t’aime, LE classique de Johnny Hallyday – que des inédits dont elle a signés certains en français ou en espagnol. Une langue particulièrement adaptée à l’expression des sentiments amoureux, la preuve avec Adicción, où, en faisant un détour par la langue de Molière, elle psalmodie : « Toi mon addiction/ Toi le fruit des mes passions/ Te voir te revoir encore. » Inspirée encore par les déboires amoureux, Liza conjugue encore la passion sur le mode cinématographique avec 1.2.3. Cinéma. « L’amour c’est le goût amer d’un fruit/ Que le ver a rongé sans un bruit. »


Lire la suite « Les voyages latinos de Liza del Mar »

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑