Quand le Brésil djazze…

Piece Of Mind (*), premier album d’Andrea Caparros Quartet est un disque  à la confluence de plusieurs genres, réalisé avec un soin certain.

L’aventure du groupe débute en 2014 quand une bande de copains décident de voir la vie en grand et de vivre de leur musique. En première ligne, il y a Andrea Caparros, fille d’une mère brésilienne et d’un père musicien : depuis son plus jeune âge, elle a vécu avec les rythmes chaleureux de la samba et de la bossa-nova.

En seconde ligne, on trouve Émile Melenchon, médaillé d’or en guitare classique et jazz au conservatoire de Toulon; Arnaud Pacini, bassiste et contrebassiste et Jessy Rakotomanga, le batteur. Après avoir écumé pas mal de scènes du sud de la France, ils vivent un tournant le 1er avril 2015 en se produisant au Sunset/Sunside de Paris, un concert qui donne envie au quartet de voir la vie en disque. Piece Of Mind est le fruit donc d’une longue maturation et d’une ambition commune. Lire la suite « Quand le Brésil djazze… »

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Alfredo Rodriguez retourne à l’enfance

Quatrième album du pianiste et compositeur cubain, Alfredo Rodriguez, The Little Dream (*) est un opus plein d’espoir, porté par des mélodies brillantes et arrangées avec bonheur.

D’Alfredo Rodriguez, on connaît le parcours  rapide. Repéré par Quincy Jones, le producteur qui n’est plus à présenter, en janvier 2009, ce musicien cubain a quitté sa famille pour émigrer et travailler aux États-Unis.  Avec le recul, il dit : « Quand tu vis dans ton pays, tu es immergé dans la réalité locale, sans nécessairement avoir conscience de ce qui la compose. Je me suis formé avec la musique cubaine. Me retrouver loin de cette réalité m’a offert une nouvelle perspective. Composer et jouer cette musique m’a permis de me redécouvrir. »

A une époque où Trump (et d’autres dans le monde) cultivent l’art des murs qu’on érige pour se protéger de l’étranger,  Alfredo Rodriguez préfère défendre l’ouverture d’esprit et célébrer la puissance des rêves, comme le symbolise le titre de son quatrième album.  « C’est la réponse au climat du monde actuel. Le titre provient de ma fascination pour un monde de rêve, manifestation magnifique de notre réalité. Mon plus grand rêve serait que tous les humains vivent heureux et en paix. Les enfants sont l’espoir et la réponse à la création d’un monde d’amour, de paix, d’unité et de compréhension. »

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Le « cri essentiel » de Hugh Coltman

Il avait rendu un hommage remarqué à Nat King Cole. De retour avec ses propres chansons dans Who’s Happy ? (*), Hugh Coltman signe un disque magnifique, porté par sa voix puissante où, une fois encore, il débarque là où on ne l’attendait pas…

On l’avait quitté en 2017, avec une victoire de jazz pour son Shadows : Songs of Nat King Cole. On le retrouve quelques mois plus tard avec Who’s Happy, un disque où il a pris le chemin de la Nouvelle Orléans pour enregistrer de nouvelles compositions accompagné d’un brass band local et du guitariste et co-réalisateur de l’album : Freddy Koella qui a aussi bien joué avec Bob Dylan, Willy DeVille que Francis Cabrel.

Dès la première écoute, c’est une petite claque tant le crooner anglais a le timbre chaud adéquat pour célébrer un blues des familles, en passant allégrement du rock au jazz. L’artiste, âgé de 47 ans, avait prévenu : « Je compose aussi, j’ai envie de chanter mes propres chansons, mes mots à moi ».

Porté par le brass band, les riffs des guitares folk conduites par Freddy Koella et des cuivres soul, qui sonnent comme dans les bonnes vieilles processions, son disque décoiffe sévère et on se laisse porter d’une plage à l’autre, y compris quand Hugh Coltman s’amuse à faire swinguer des paroles made in France. « La musique de la Nouvelle Orléans n’est pas forcément virtuose; elle met en avant le cri essentiel« , dit-il. Et le sien a un sacré écho…

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Un subtil mariage de déraison

Allier l’orgue et l’accordéon, Aria est un album en forme d’Ovni ou la rencontre musicale entre Richard Galliano et Thierry Escaich.

Avec pour simple fil conducteur de « jouer ensemble un large répertoire musical« , pour reprendre les mots de Richard Galliano, cet album Aria a suivi une rencontre « improvisée » lors d’une émission sur France Musique qui ont précédé une série de concerts consacrés à Bach, Vivaldi et autre Piazzolla.

Signant des variations sur un répertoire large, le duo nous surprend en revisitant des airs que l’on pensait dans un moule, ainsi quand Galliano et Escaich s’attaquent au Caruso, immortalisé par Lucio Dalla et « massacré » par certains chanteurs traîtres.  Commentaires de Thierry Escaich : « Il est toujours passionnant pour un compositeur d’aller chercher dans le répertoire les sources pour se renouveler. »


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Aux racines d’un jazz

Pelican Blues (*), c’est le deuxième disque du trio Fox qui s’est adjoint pour l’occasion les services de Chris Cheek, grand nom américain du saxophone. Avec, en prime, un invité de marque : l’accordéoniste Vincent Peirani. Un voyage inspiré aux racines du jazz américain.

Un retour au berceau du jazz : c’est l’ambition du trio Fox (le guitariste Pierre Perchaud, le contrebassiste Nicolas Moreaux et le batteur Jorge Rossy) avec Pelican Blues, un disque où, en compagnie du grand saxophoniste Chris Cheek, ces musiciens laissent voguer leur imaginaire musical en s’inspirant des thèmes  associés à La Nouvelle-Orléans. Sans pour autant jouer sur une simple reprise de tubes locaux. Le seul vrai morceau identifiable est un extrait de la bande originale du film Un tramway nommé Désir, classique d’entre les classiques.

Ainsi  Mardi Gras/ Bubble Gumbo sonne comme un clin d’œil musical direct à deux éléments incontournables des traditions de La Nouvelle-Orléans : les parades du carnaval et la spécialité culinaire locale, ce ragout originaire de la Louisiane française au cours du XVIII siècle. Plus loin, on remarque Canoë, errance musicale sur les « coureurs des bois », ces hommes d’aventure qui remontaient les nombreux cours d’eau de la région pour organiser la traite des peaux avec les Amérindiens.

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Les voyages latinos de Liza del Mar

La Babiole (*) est le nouvel album de Liza del Mar, une artiste dont la spécialité est d’adapter des chansons françaises en espagnol mais qui sait aussi faire œuvre originale.

Pour cet album, Liza del Mar a fait une rencontre : celle de Michel Eyan. Aussi branché pop que Liza vibre aux sonorités latines – elle enseigne aussi l’espagnol- , il a ciselé les arrangements de son album La Babiole. Liza est une artiste solaire dont la voix, tour à tour sensuelle ou puissante, livre des mélodies en forme de « strip-tease de l’âme ». Après Jardin de amor, un cinq titres en forme de carte de visite, elle offre cette fois un voyage musical électro-pop marié à une sensualité latino.

Liza del Mar offre aussi bien des reprises –Sol de verano donne à entendre une version bossa nova de Que je t’aime, LE classique de Johnny Hallyday – que des inédits dont elle a signés certains en français ou en espagnol. Une langue particulièrement adaptée à l’expression des sentiments amoureux, la preuve avec Adicción, où, en faisant un détour par la langue de Molière, elle psalmodie : « Toi mon addiction/ Toi le fruit des mes passions/ Te voir te revoir encore. » Inspirée encore par les déboires amoureux, Liza conjugue encore la passion sur le mode cinématographique avec 1.2.3. Cinéma. « L’amour c’est le goût amer d’un fruit/ Que le ver a rongé sans un bruit. »


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Quand Claude devint Nougaro

Claude Nougaro et ses interprètes (1956-1962) a un double mérite : témoigner les premiers pas (très maîtrisés) du poète toulousain et offrir quelques versions (parfois déroutantes) de ses interprètes.

S’il débuta sa carrière en 1955, Claude Nougaro dut attendre cinq ans et 1960 pour connaître un petit succès enregistré par Jean Constantin, Les Pantoufles à papa. Mais c’est avec son deuxième disque, en 1962, que Nougaro rencontre son public qui ne va plus le lâcher. C’est Michel Legrand qui va lui permettre de débarquer chez Philips et d’y graver un 45 tours devenus aujourd’hui collector où figurent Une petite fille; Le Jazz et la Java; Les Don Juan et Le Cinéma. Comme le rappelle le texte présent dans le coffret, le poète Jacques Audiberti adouba d’emblée le jeune poète par quelques lignes écrites sur la pochette du disque : « Ce poète, c’est Claude Nougaro. Il connaît la musique. Il peut donner aux mots une résonance concrète non encore entendue chez les poètes de papier… La matière même des mots joue par elle-même parallèlement au texte qui garde sa clarté. » Avec un tel parrainage, voilà Nougaro paré pour l’air du large et le pays des mots…

Alors, bien sûr, dans le coffret de chez Frémeaux & Associés, il y a neuf titres qui ont marqué les débuts de la carrière du futur interprète de Locomotive d’or, un des chefs d’œuvre à venir de Nougaro. Et puis, il y a les interprétations des autres qui font le sel de cette collection et donnent à entendre du bon et du moins bon. Lire la suite « Quand Claude devint Nougaro »

Jazz en Seine

Du 1er octobre au 20 novembre, La Seine Musicale met le jazz sur tous les tons. Revue de détail d’un automne aux couleurs de tous les swings.

En cinq concerts de l’automne, la Seine Musicale, cet ensemble de bâtiments en forme de vaisseau situées sur  l’Île Seguin à Boulogne-Billancourt, prouve son attachement à toutes les formes de jazz. Dans un Auditorium aux indéniables qualités acoustiques, les aficionados du genre découvriront une affiche  riche et variée.

Coup d’envoi le 1er octobre avec Hiromi- Edmar Castaneda, un duo détonant où le mariage d’une harpe inattendue et du piano jazz, jouée par Hiromi, pianiste japonaise dont le talent a été remarqué par un certain Ahmad Jamal.

Changement de registre le 14 octobre avec Tigram Hamasyan, un artiste venu d’Arménie et qui mêle jazz, sons électro, folk et mélodies ancestrales.

Quand l’accordéon fait le jazz avec la contrebasse, cela donne la rencontre de Ron Carter et Richard Galliano dont on garde en mémoire le disque Panamanhattan. À découvrir le 1er novembre.

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Avec Tony Hymas, ça djazze tant…

Ferré admirait la musique classique et la célébrait. Pour autant, il avait tôt compris l’importance du jazz et ne fut pas le dernier à utiliser la révolte des sonorités rock. Dans Tony Hymas joue Léo Ferré, le musicien inspiré fait swinguer les mélodies de l’artiste. A découvrir.

Le lion sur la pochette semble regarder au loin la terre qui continue de tourner… Un beau symbole pour célébrer Ferré dans des arrangements djazziques. C’est le pari – réussi – de Tony Hymas dans son album, sorti déjà il y a quelques mois.

En quinze titres, le pianiste britannique revisite des classiques de Ferré, l’interprétant à sa manière, c’est-à-dire montrant ce qui se cache derrière la partition originale, explorant des pistes musicales suggérées dans la partition d’origine. C’est particulièrement sensible dans sa version de La Mémoire et la Mer, le poème-phare du solitaire toscan que Tony Hymas habille de ses variations pour piano en guise d’orchestre restituant de belle manière la montée sonore de la mélodie originale.

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