Au commencement était… Joan Baez

The Indispensable Joan Baez (1959-1962) nous fait retrouver l’artiste à l’orée des années 60. C’est le moment où l’artiste incarne le renouveau du folk avec sa voix cristalline qui peut tout se permettre. Ou presque.

Dès son adolescence, Joan Baez a choisi un style dépouillé qui met en valeur sa voix cristalline et son vibrato magnifique. Marquée par Pete Seeger bien sûr, Woody Guthrie mais aussi The Carter Family et le Kingston Trio, Joan a très tôt connu le succès. En prime, elle dispose d’une sacrée technique de guitariste et maîtrise le finger pincking de manière magistrale comme on peut l’entendre avec une chanson comme Lowlands.

Menant une vie de bohème, Joan Baez a été très tôt une figure féministe à l’engagement sans failles pour les causes qui comptaient à ses yeux. Et elles furent nombreuses. Amie d’un Martin Luther King, cette apôtre de la non-violence a marqué les esprits dès ses premiers albums qui sont réunis dans ce coffret et prouve à quel point elle a, dès ses débuts, trouvé sa voie et sa voix.

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Les voyages latinos de Liza del Mar

La Babiole (*) est le nouvel album de Liza del Mar, une artiste dont la spécialité est d’adapter des chansons françaises en espagnol mais qui sait aussi faire œuvre originale.

Pour cet album, Liza del Mar a fait une rencontre : celle de Michel Eyan. Aussi branché pop que Liza vibre aux sonorités latines – elle enseigne aussi l’espagnol- , il a ciselé les arrangements de son album La Babiole. Liza est une artiste solaire dont la voix, tour à tour sensuelle ou puissante, livre des mélodies en forme de « strip-tease de l’âme ». Après Jardin de amor, un cinq titres en forme de carte de visite, elle offre cette fois un voyage musical électro-pop marié à une sensualité latino.

Liza del Mar offre aussi bien des reprises –Sol de verano donne à entendre une version bossa nova de Que je t’aime, LE classique de Johnny Hallyday – que des inédits dont elle a signés certains en français ou en espagnol. Une langue particulièrement adaptée à l’expression des sentiments amoureux, la preuve avec Adicción, où, en faisant un détour par la langue de Molière, elle psalmodie : « Toi mon addiction/ Toi le fruit des mes passions/ Te voir te revoir encore. » Inspirée encore par les déboires amoureux, Liza conjugue encore la passion sur le mode cinématographique avec 1.2.3. Cinéma. « L’amour c’est le goût amer d’un fruit/ Que le ver a rongé sans un bruit. »


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Les rêves de Nosfell

Echo Zulu, le nouvel album(*) de Nosfell est à l’image d’un artiste qui aime les chemins de traverse, créer en dehors des sentiers balisés de la musique. Aussi original que parfois déroutant.

Pour plonger dans l’univers de Nosfell, il faut aimer les surprises tant cet auteur-compositeur-chanteur- danseur  et interprète, né en 1977, peut glisser d’un univers à l’autre avec son univers pop qui frappe comme un uppercut. De fait, entre  la rythmique déjantée de The Short-Timers et la ballade douce amère de Les Gorges, il y a un monde : on le voit, Nosfell ne pratique pas le grand écart que sur les pistes de danse. Et du rock au funk en passant par des envolées poétiques avec les arpèges de guitare du Corps des songes, l’artiste ose tout ou presque sans chercher l’unité, voire l’harmonie.

Souvent, c’est le rythme qui vient, seul, soutenir le chant et cette voix qui se permet de monter parfois dans les hauteurs. Ne jouant que de la guitare baryton à quatre cordes, accordée comme un violoncelle, Nosfell a choisi Frédéric Gastard pour superviser les arrangements qui a utilisé une bonne collection de synthétiseurs des années 70 avant qu’Emiliano Turi ne signe la réalisation de ce disque en assurant, lui-même, les parties de batterie.

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Zacharie ne joue pas les ours…

Premier album de Zacharie, Giant Bear (*) nous livre les partitions blues et folk d’un guitariste au doigté magnifique.

Dès la première plage, Stayin’ at home, un titre de Fats Waller transposé à la gratte, Zacharie nous cueille par un jeu de guitare d’une belle maturité et sa voix chaude et forte qui embarque son monde dans un périple en anglais.

D’abord homme d’images et réalisateur vidéo, Zacharie a changé de cap pour le chant. Casquette vissée sur le crane et barbe épanouie, Zacharie Dangoin  marie picking folk, jolies harmonies et une poésie discrète dans une douzaine de chansons, qu’il a joliment arrangées avec Julien Jussey (qui a assuré également le mixage de l’opus).

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Quand Claude devint Nougaro

Claude Nougaro et ses interprètes (1956-1962) a un double mérite : témoigner les premiers pas (très maîtrisés) du poète toulousain et offrir quelques versions (parfois déroutantes) de ses interprètes.

S’il débuta sa carrière en 1955, Claude Nougaro dut attendre cinq ans et 1960 pour connaître un petit succès enregistré par Jean Constantin, Les Pantoufles à papa. Mais c’est avec son deuxième disque, en 1962, que Nougaro rencontre son public qui ne va plus le lâcher. C’est Michel Legrand qui va lui permettre de débarquer chez Philips et d’y graver un 45 tours devenus aujourd’hui collector où figurent Une petite fille; Le Jazz et la Java; Les Don Juan et Le Cinéma. Comme le rappelle le texte présent dans le coffret, le poète Jacques Audiberti adouba d’emblée le jeune poète par quelques lignes écrites sur la pochette du disque : « Ce poète, c’est Claude Nougaro. Il connaît la musique. Il peut donner aux mots une résonance concrète non encore entendue chez les poètes de papier… La matière même des mots joue par elle-même parallèlement au texte qui garde sa clarté. » Avec un tel parrainage, voilà Nougaro paré pour l’air du large et le pays des mots…

Alors, bien sûr, dans le coffret de chez Frémeaux & Associés, il y a neuf titres qui ont marqué les débuts de la carrière du futur interprète de Locomotive d’or, un des chefs d’œuvre à venir de Nougaro. Et puis, il y a les interprétations des autres qui font le sel de cette collection et donnent à entendre du bon et du moins bon. Lire la suite

Mr Yéyé : un moteur hybride

Hybride , c’est le nouveau scud de Mr Yéyé, un artiste fonceur, décomplexé et qui sait se jouer, avec brio, de ces réseaux sociaux qui envahissent notre quotidien. Pour le pire et – parfois – le meilleur.

En tournée avant de poser matériel et musiciens sur la scène du Nouveau Casino (Paris) le 2 novembre prochain, Mr Yéyé a construit sa notoriété tout seul, via You Tube. Avec Hybride, il propose un album(*) à son image : audacieux et agressif, quitte à dérouter son monde. Mais l’artiste a de l’énergie à revendre son électricité et une imagination qu’il ne bride jamais.

Pour Mr Yéyé, tout a commencé  du côté de la Bretagne avec une grande claque sur le museau, le jour où son groupe de lycée explose en vol. Nous sommes en 2012, et Mr Yéyé n’est pas du genre à garder sa chambre pour dépression chronique. Dans cette solitude forcée, il choisit de voyager musicalement en solitaire en tentant tous les chemins de traverse. Grâce à sa chaîne You Tube où, en toute indépendance, il poste morceaux et clips auto-réalisés au compte-goutte, il parvient au 40 000 abonnés. Au passage, Mr Yéyé n’hésite pas jouer sur le détournement de chansons existantes, des mélodies de Shaka Ponk ou Stromae à Indila et même Kendji Girac.

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Anouar Brahem sur tous les modes

Marquant le soixantième anniversaire d’Anouar Brahem, un maître incontesté de l’oud, Blue Maqams (*) livre bien des pistes musicales. Pour l’occasion, l’artiste s’est entouré de trois grands improvisateurs.

Ce n’est pas un scoop : depuis plus de vingt-cinq ans, Anouar Brahem établit des ponts entre musique arabe et jazz. Né dans le quartier tunisois de Halfaouine, ce musicien n’a pas cessé, depuis qu’il s’est initié, adolescent, à l’oud, d’explorer tous les genres en se moquant joyeusement des chapelles.

Avec Blue Maqams (*), enregistré aux studios Avatar de New York en mai 2017,  il a marié son art à trois improvisateurs de haut vol : le contrebassiste Dave Holland, le batteur Jack DeJohnette et le pianiste Django Bates. Avec Dave Holland, ce sont de belles retrouvailles : le joueur d’oud et celui de contrebasse avait déjà croisé le fer  il y a vingt ans pour l’enregistrement du disque Thimar.Holland et DeJohnette  sont, eux,  de vieilles connaissances musicales car leur première association remonte au tournant des années 70 quand ils se produisaient tous deux avec les groupes de Miles Davis. Lire la suite