Vian revu sur le Zinc

Pour marquer le 100ème anniversaire de la naissance de l’artiste, Debout sur le zinc a choisi de faire revivre quinze chansons de son répertoire donc cinq inédits. Vian par Debout sur le zinc n’est pas un hommage de plus, mais un opus plein d’émotions, malgré certaines versions moins originales.

Il est né il y a cent ans. Disparu très jeune à 39 ans, en juin 1959, Boris Vian n’a pas cessé d’inspirer poète, musicien, romancier et journaliste. Car l‘homme à la trompinette avait plus d’une corde son arc. Symboliquement, c’est Françoise Canetti, fille du célèbre Jacques Canetti qui découvrit Vian en 1955 et le fit monter sur la scène du fameux cabaret de Trois Baudets, qui produit ce Vian par Debout sur le zinc où les six musiciens du groupe restituent l’humour et l’appétit de vivre de l’auteur de L’Écume des jours.

Dès la chanson d’ouverture, Quand j’aurai du vent dans mon crâne, créée par Reggiani en 1966, le ton est donné et l’hommage prend un envol certain. Assurant aussi bien le chant, le violon, la trompette que la guirate, Simon Mimoun souligne : « Interpréter les chansons de Boris Vian, c’est nager dans sa pensée, c’est goûter à ses tensions, approcher sa vision panoramique du monde et se livrer au délice de l’imposture. C’est croire un instant que l’on invente, que l’on se moque, que l’on aime comme lui. C’est une chance qui ne se présente que rarement. »

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Clio : la tentation de Venise

Auteure, compositrice et sa propre interprète donc, Clio publie son deuxième album, Déjà Venise (*) où il est beaucoup question de sentiments. Il y a une vraie couleur musicale, mais l’ensemble manque un brin d’énergie.

Déjà Venise est un disque qui conjugue sur bien des modes la déception amoureuse et les blessures intimes que ce soit dans la chanson titre, Amoureuse ou encore Tristan où Clio chante : « C’est dans tes bras que j’ai attendu/ Que mon printemps soit revenu. » De passage dans un récent Soir 3, elle déclarait : « J’aime bien parler des sentiments qui nous traversent, et j’essaye d’en parler de la manière la plus personnelle possible. On retrouve chacune des petites touches de ce qu’on a vécu, soit même », expliquait Clio.

Visiblement à l’aise dans l’univers court d’une chanson, l’artiste aime ciseler les mots pour construire de ces petits récits en forme de clip. Nous perdre au Louvre par exemple est une évocation bien sentie d’une journée dominicale où l’on tente de tuer l’ennui. Revendiquant les influences d’un Vincent Delerm ou d’un Alain Souchon, Clio aime capter les petites tranches d’une vie amoureuse. Et même quand l’échange est musclée, elle ne hausse pas la voix. Elle chante  ainsi dans Déjà Venise: « J’essaie de tout / Et tout tombe à côté / T’encaisses les coups /Tu veux plus m’en donner. » Une chanson mise en images avec une belle inspiration par Théo Leroyer, qui filme deux amants buvant la tasse.

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EMJI et les combats des femmes

Dédié à des femmes qui se battent depuis la nuit des temps, Je Tu Elles est le deuxième disque de EMJI qui prouve qu’il y a parfois une vie d’artiste comblée après La Nouvelle Star.

Même si elle n’a jamais renié ses débuts où elle poussait la goualante dans les métros de Paris, y revenant à chaque nouveau tournant de son aventure artistique, EMJI – Marion Grod, née le 14 mars 1987 à Évreux en Normadie – signe un deuxième album après l’intermède réussi de la comédie musicale des Trois Mousquetaires où elle campait la terrible Milady de Winter, passée maîtresse en l’art de trahir son monde.

Jeune trentenaire, elle a voulu que ce nouvel album reflète du combat millénaire des femmes. Et souligne d’emblée : « Je Tu Elles rassemble des histoires de femmes à travers leurs différents combats. Je les aborde telles des guerrières ! Dès l’antiquité, la femme avait déjà cette image. Nous n’avons pas besoin d’enfiler des pantalons pour avoir ce tempérament de battantes ! »

Dans un écrin électro-pop urbain et une production de Olivier Leducq (qui a œuvré, entre autres, avec Julien Doré, Big flo et Oli…), Je Tu Elles joue sur une atmosphère musicale résolument moderne avec des mélodies aux rythmiques  enlevées comme le prouve le premier extrait et le clip, Vegas, une chanson évoquant de manière directe l’infidélité.

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Eric Legnini marie piano et guitares

Dans Six Strings Under (*), nouvel opus d’Eric Legnini, signe une déclaration d’amour à la gratte. Et pourtant, son instrument de chevet reste le clavier.

Il a joué avec Claude Nougaro, les frères Belmondo ou encore Ibrahim Maalouf. Entre autres. Natif de Huy, aux portes de Liège, Eric Legnini, pianiste de son état, fait cavalier seul en signant avec Six Strings Under, un disque qui marque la rencontre entre la gratte et le clavier, même s’il confesse  non sans humour : « Les pianistes et guitaristes ne font pas toujours bon ménage. » Lui a décidé, on le voit, outre ces histoires de désamour.

Accompagné de Rocky Gresset et Hugo Lippi aux guitares et de Thomas Bramerie à la basse, le lauréat de la Victoire du jazz 2011du Meilleur album de l’année, signe un mariage de raison -mais pas de soumission non plus – avec la six cordes. Il avoue pourtant n’être qu’un « piètre guitariste » qui ne connait que « trois pauvres accords brésiliens ». Pour autant, avec un père grand fan de Django, Eric Legnini a été bercé par cet instrument et il a déjà fait un bout de chemin musical en Belgique avec  Philip Catherine ou Toots Thielemans, célèbre harmoniciste mais qui sait jouer aussi avec brio de la gratte.

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Gauvain Sers défend les « oubliés »

Le deuxième album de Gauvain Sers, actuellement en tournée, reste dans la droite ligne du premier. Cet enfant revendiqué  de Renaud et Prévert sait, dans Les Oubliés,  évoquer les petites gens et les tranches de vie dites « normales ».

Il y a dans Les Oubliés, sorti il y a quelques mois, comme un parfum de Gilets jaunes dès la chanson-titre. Gauvain Sers y évoque avec une certaine tendresse les paumés de la France profonde et rurale. Ainsi, dans le refrain, il chante : « On est les oubliés/ La campagne, les paumés/ Les trop loin de Paris/ Le cadet d’leurs soucis. » Au passage, il fait un hommage à ces enseignants qui tentent de diffuser malgré tout une certaine éducation dans ces zones oubliées. On sent d’ailleurs une plume autobiographique dans La Langue de Prévert où, à la manière du Cancre hier célébré par le poète, le chanteur pense à l’élève passif qu’il fut et le choc de la découverte de certaines Paroles. « Et aujourd’hui, c’est ton métier/ Toutes les planètes sont alignées/ Quand tu repenses au lycéen/ T’aurais pas parié ton destin. »

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Un duo fraternel et à l’heure dite

Nom de code, -pardon de groupe !- 22h22. Étrange carte de visite pour deux frères que tout unit musicalement et qui sortent un premier EP, Tout tremble et rien ne bouge. Singulier et à découvrir.

D’emblée, le clip de Tout tremble et rien ne bouge nous plonge dans l’atmosphère de 22h22, composé de Pierre et Yves Le Coz, dont l’un est aussi chauve que l’autre porte une crinière en pétard. En cinq titres, les frangins signent une carte de visite musicale où la voix du chanteur, légèrement voilée, évoque quelques histoires qui ont le poids d’un certain vécu.

Dès l’ouverture, 22h22 nous conduit ainsi dans un quartier d’une ville, sans doute Paris, qui symbolise toutes les villes du monde. « Au fond de ma cage d’escalier/ Odeur de pisse et de crack« … Avant d’ajouter : « Aurais-je fini de rêver/ Quand on m’glissera dans le sac ? » Dans ce Paris du quartier de Charonne qui les inspire, dans ce 11ème arrondissement qui les a vus grandir, le duo a puisé son inspiration et signe de courtes tranches de vie musicales, comme autant de petits films sur le temps qui passe et les amours qui germent et parfois trépassent.

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Boucan salutaire

Premier album  d’un trio détonnant, Déborder(*) fait passer du chaud au froid, de la douceur à une certaine violence. Et Boucan ne provoque pas l’indifférence.

Boucan, c’est un trio de mecs – Mathias Imbert, Brunoï Zarn et Piero Pépin – qui se sont déjà faits un petit nom dans le rock, le punk ou encore la chanson. Déborder, premier album de leur nouveau groupe Boucan, annonce clairement la couleur : ils n’ont pas l’intention de se laisser enfermer dans une chapelle, un courant musical. Et ça, c’est plutôt salutaire.

En treize titres, Boucan passe d’une chanson acoustique à une atmosphère de western, mariant les voix à divers instruments : contrebasse, trompette ou encore banjo. Mis en ondes par John Parish, Déborder peut passer de la douceur à un éclat de rage, de l’ombre à la lumière. En tout cas, musicalement, l’album accroche l’oreille.  Ayant officié pour P.J. Harvey et Arno, John Parish joue d’ailleurs carte sur table en déclarant : « J’aime les choses où tu te dis que ça ne ressemble pas à quelqu’un d’autre. Boucan a vraiment son son propre. »

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Les voyages intimes de Marjolaine Karlin

Tatoo Toota, est un étrange disque signé Marjolaine Karlin, entre musique de transe et blues. Entre l’anglais, le yiddish et la français, son cœur balance en rythmes…

Dès la première écoute, l’univers de Marjolaine Karlin affirme sa singularité. Singularité de la voix,de l’inspiration et des rythmes. Tatoo Toota (*) est le fruit d’une longue expérience scénique d’une artiste qui se promène sur les doutes depuis deux décennies. 2008 a marqué un tournant dans la vie de l’artiste : c’est l’année où elle a perdu un ami proche, l’année où elle a découvert la maloya, une musique de transe dont l’une des raisons d’être est de remettre en lien morts et vivants. Elle ne pouvait alors ne pas faire le voyage jusqu’à la Réunion, berceau de cette musique, et, son retour, Marjolaine Karlin co-fonde le groupe Wati Watia Zorey Band avec plusieurs membres du groupe Moriarty. Tout en mettant de côté des idées, des sons, des émotions pour nourrir ce premier disque en solo.

Pour expliquer son itinéraire assez sinueux, elle raconte : « Quand j’avais une vingtaine d’années, j’ai été très marquée par le « Discours sur le colonialisme » d’Aimé Césaire, qui met en parallèle le nazisme et le colonialisme d’une manière implacable, et jette une lumière très crue sur les racines de la société d’aujourd’hui.

De fil en aiguille cette découverte m’a amenée à me passionner pour des formes d’expression assez éloignée de ma culture d’origine, souvent imprégnée d’africanité comme dirait Danyèl Waro : et surtout le maloya de l’île de la Réunion, justement, avec sa langue créole, ses influences métissées d’un peu partout, sa spiritualité incarnée dans la danse et les rythmes très tendus, totalement enivrants.,Alors je suis allée là-bas, j’ai appris cette musique, elle m’accompagne partout et je tente de jeter des ponts entre ma langue française et ce créole à la fois si proche et si lointain. »

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L’Occitanie au chœur

Quinze ans au compteur ! Le Festival HestivÔc célèbre, du 22 au 25 août,  les artistes venus du Sud de la France tout en s’ouvrant sur les territoires voisins ; le Pays Basque, la Navarre, l’Aragon, la Catalogne. Zoom sur la programmation.

Si le festival Hestiv’Ôc célèbre toutes les musiques actuelles occitanes, ce n’est pas pour rester enfermé dans la tradition mais pour montrer sa diversité artistique et son dynamisme.

Souvent surnommé « Lo País de las Cantas » (le Pays des Chansons), tant la tradition du chant polyphonique y est forte, le Béarn et la ville de Pau étaient un écrin naturel pour un tel festival de musique mêlant concerts, bals traditionnels, spectacles de rue et festival des enfants.

Avec le fête en partage, Hestiv’Ôc offre, une année de plus, une affiche bigarrée. On va y découvrir aussi bien un fidèle du lieu, Guillaume Lopez qui proposera un projet aux frontières du jazz et des musiques du monde, Anda-Lutz, que les neuf membres du groupe polyphonique Lo Barrut; le trio Djé Balèti ou encore le duo dynamique des Femmouzes T qui auront droit à une carte blanche cette saison… Entre autres.

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