Un cri pour la planète

Avec Oblivious, le groupe Combo Charlie offre un hymne pour défendre la planète sur un tempo rock-électro.

Pour évoquer l’urgence à lutter contre les dérèglements climatiques, Combo Charlie a pris le parti de jouer sur un clip en forme de courte fiction,  réalisé par la cinéaste Axelle Boudet. Leur titre Oblivious nous envoie dans un futur post-apocalyptique où les hommes vivent dans un monde ravagé et sont organisés en tribus. Leur patronne ? Elle est campée par la présentatrice Fanny Agostini (vue dans Thalassa et, elle-aussi militante pour la protection de la nature). Représentés par les membres de Combo Charlie, ces hommes du 21e siècle sont jugés pour les catastrophes naturelles à l’origine du désastre écologique.

L’univers de Combo Charlie, venu de Lyon, est un cocktail de sons électro, rock et vintage avec de l’accordéon et du violon électrique, manié avec une vraie intensité par Charlie Glad. Et leur chanson déborde d’une énergie qui ne demande qu’à être partagée.

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Baptiste Dupré, ardéchois cœur fidèle

Guide accompagnateur de montagne et chanteur : Baptiste Dupré n’est pas un artiste comme les autres et le prouve avec Petites choses et vaste monde (*).

Installé à Burzet en Ardècle, Baptiste Dupré cultive son métier en flâneur des planches. Après avoir gagné des tremplins, remporté quelques trophées, s’être lancé dans des projets un brin étranges, comme une tournée semi-hexagonale en vélo,  le voilà de retour avec son quatrième album, Petites choses et vaste monde, où son goût pour les grands espaces vierges et la nature, présent dès ses premiers enregistrements en 2013, continue d’être source d’inspiration. Les Heures troubles, une rêverie  irlandaise,  Chut !, Demeurer un instant en apportent une preuve de plus. Dans le deuxième titre évoque, l’artiste chante : « Demeurer un instant dans la beauté des choses/ La seconde alanguie au soleil d’été/ Les champs de blés jaunis que le vent a couché/ S’éveillent le soir venu dans le parfum des roses. » Au détour de ses propres textes, Baptiste Dupré signe une belle version folk de cette Montagne, chère au cœur de Jean Ferrat, lui-aussi citoyen de l’Ardèche. Dans une interview à FilZik, il déclarait : « La nature et la montagne ont une place primordiale dans ma vie. Je vis en plein cœur des montagnes d’Ardèche, au bord d’une rivière sauvage aux eaux cristallines. La nature est un guide de l’existence. »

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Pekka, tout miel, tout « Sugar »

Sugar, Sugar (*) est le premier album de Pekka. Elle y chante, avec un humour certain, les émotions et les questionnements d’une jeune femme.

D’emblée la chanson-titre de l’album Sugar, Sugar donne le ton du premier album de Pekka, une artiste martiniquaise revenue vivre dans l’Hexagone et qui marie des rythmiques caribéennes à une pop un brin acidulée. Un coffret musical enregistré sous la houlette de Julien Chirol dans les studios Music Unit de Montreuil (il a bossé pour Feist, Camille notamment). Un univers chaleureux et ensoleillé où les riffs de guitare répondent à des éclats des cuivres.

Dans les chansons – dont elle écrit en général paroles et musiques – Pekka évoque le parcours pas toujours facile d’une jeune femme : amour, sexe et vie rêvée sont au rendez-vous de cet album solaire. Et la dérision est souvent sa compagne de plume. Ainsi, écrit-elle dans Sugar, Sugar : « Montre-moi tes tablettes/ Et je pars en sucette ».


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Gari Grèu : un poétique voyage musical

Fruit de sept ans de voyages musicaux entre l’Afrique et la France, Gari Grèu  signe avec Barka (*) , un album bourré de vitamine sur des partitions marquées par les arrangements  chaloupés de ses compères du Massilia Sound System, Blu et Kayalik.

Gari Grèu, c’est le tchatcheur à la langue bien pendue du collectif marseillais du Massilia Sound System. L’artiste sait aussi tailler son chemin en solo et Barka(*) en est une nouvelle preuve. En 2012, la sortie de son Camarade Lézard lui permit de rencontrer un poète, griot qu’il surnomme vite « Papa » et avec lequel il s’était vite mis au travail pour créer des chansons destinées à un festival au Burkina Faso : le  concert Yes Papa ainsi eut lieu en 2014. En duo, ils font œuvre d’artisan pour construire les « petits meubles » du chanteur :  ses chansons. Gari Grèu raconte  : « Comme Papa le dit : « Je pars dans la forêt, je ramène du bois mort et Gari essaye d’en faire des meubles. »

S’ensuivent pour les deux nouveaux compètes sept années de route aussi bien en Afrique qu’en France – Papa habite, en ce qui le concerne, entre Ouagadougou, Cerbère et Bénarès –  dont Barka est largement le fruit. En langue mooré des Mossi du Burkina Faso, le mot signifie « Merci« . Et il est dérivé de « baraka » qui signifie en arabe « bénédiction, abondance des biens terrestres ou spirituels. »

Dès la première écoute, Gari Grèu – de son vrai nom Garibaldi-  nous fait faire un beau voyage avec, comme port d’attache, Marseille, la cité phocéenne où bien des pèlerins ont posé leurs valises, la preuve avec la belle chanson, La Valse de valises. « Oriental et provençal/ Ici, ces mondes ne font qu’un », lance-t-il.

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Cyril Mokaiesh : un retour gagnant

Avec Paris-Beyrouth (*), son quatrième album, Cyril Mokaiesh s’est inspiré d’un voyage retour dans le pays de ses origines. Un retour – ô combien – gagnant !

Paris-Beyrouth, c’est l’album des retrouvailles de Cyril Mokaiesh avec le pays paternel : il est né à Paris d’un père libanais et d’une mère française, sa famille paternelle ayant fui une terre d’un interminable conflit. C’est aussi un disque pour fuir un quotidien qui semblait peser et ce Paris où l’artiste vit même s’il a écrit et enregistré en grande partie ce disque au pays du cèdre. Il souligne : « J’y ai fait des rencontres merveilleuses , passé des nuits fauves et contemplé des paysages oranges qui m’ont donné un peu de leur lumière … « 
Cohabitation entre l’Orient et l’Occident, ce disque est celui de la maturité pour ce chanteur de 34 ans qui  marie musiques électroniques et  instruments traditionnels dans ce voyage musical métissé et épicé. Depuis ses débuts en 2011 avec Du rouge et des passions, on avait mesuré la qualité d’écriture du chanteur qui a d’abord été tenté par une carrière de tennisman. Autant dire qu’il n’avait pas eu beaucoup le temps de revenir au Liban. Il a eu le déclic de ce retour en ressentant « ‘l’envie de fouler une terre vierge, me réveiller avec d’autres parfums, d’autres gens. Chercher quelque chose. » 

Il ouvre ce Paris-Beyrouth si bien inspiré par une évocation justement de ses Origines dans une chanson évoquant le retour « au champ de (ses)  racines » et où il lance : « J’étais un tendre, un joyeux/ Adolescent amoureux/ J’étais le jour pas la nuit/ Dans le regard des amis/ Qu’il est proche et loin ce temps là ! »
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La carte postale musicale de Michael Jones

Non sans humour, Michael Jones célèbre le tube signé avec Jean-Jacques Goldman, Pas toi, sorti en mars 1986. Souvenirs, souvenirs…

Il fut un temps où Jean-Jacques Goldman faisait  encore le tour de France et de Navarre des scènes, accompagné par son vieux complice, le guitariste gallois Michael Jones (et qui fera ensuite partie, on s’en souvient tous,  du trio Fredericks/ Goldman/ Jones).  En mars 1986, la chanson Pas toi se vend à plus de 400 000 exemplaires et reste classé vingt-et-une semaines au Top 50.

Lors de la tournée de 1999, le duo s’amusa à jouer le morceau dans des versions différentes : du rock au rap en passant par le jazz et même le tango, lors d’un medley où une partie était chantée en anglais par Michael Jones.

Pour célébrer les vingt ans de cette version, Michael Jones , qui vient de célébrer « on stage » ses 48 ans de carrière, s’est amusé avec son groupe à signer un clip déjanté de ce désormais « classique » de la chanson française. Et c’est assez réussi : jugez sur pièce, notamment avec la version déjantée à souhait de Bohemian Rhapsody.

Devant les réactions positives sur les réseaux sociaux, Michael Jones a écrit :  « L’accès au clip est volontairement gratuit pour tous ! Au départ, je tenais à remercier toutes les personnes qui me suivent fidèlement depuis des années et qui sont venues assister aux 98 concerts de 2019. Mais je suis agréablement surpris de voir que tous les amoureux de la chanson française et des années 80 se retrouvent aussi dans ce clip ! »

Retour sur l’original

Le nouvel envol d’Ange

Cinquante ans avec Ange ! Le plus vieux groupe de rock français venu de Lorraine fait une grande tournée pour célébrer cet anniversaire. Toujours mené par Christian Décamps, le groupe rajeuni a sorti un 24e album, Heureux ! (*), et un « live » toujours aussi inspiré et habité.

Ange n’a peut-être plus les mêmes membres qu’à ses débuts, mais une chose ne change pas  dans les apparences: le graphisme des pochettes de ses disques. Celle de Heureux ! est signée, comme toujours, par Phil Umdenstock : elle nous montre un soleil cyclopéen souriant nous annonçant. Avant de prendre son vol et de tailler la route,  Ange est donc un groupe…heureux !. Un titre inspiré par un vers célèbre de Prévert : « Et si on essayait d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple ».

D’emblée, et même si la voix de Christian Décamps n’est plus aussi puissante que naguère, les nouveaux membres d’Ange font un travail soiide : à la batterie Benoît Cazzulini assure une rythmique d’enfer en compagnie du bassiste Hassan Hajdi quand Tristan Décamps signe des solos façon harmonica. Des musiciens qui assurent de compositions solides et puissantes. Mais des musiques mises au service de ces textes toujours poétiques et puissants qui portent un regard original sur le cours du monde. Et la vie d’artiste. Lire la suite « Le nouvel envol d’Ange »

Le grand « méchant « live » de Vincent Baguian

Artiste doué d’humour mais discret, Vincent Baguian a mis huit ans à sortir ce Méchant live (*) où, flanqué d’Hugo Renard au piano, à l’accordéon et complice en dérision, il revisitait son répertoire et ses trois albums studio.

Vincent Baguian cultive une certaine réserve et promène sa dégaine tranquille sur les chemins de traverse de la chanson française, mais avec un style certain et un goût du second degré. Comme si les gens trop sérieux avaient le don de l’ennuyer. Il l’a prouvé récemment encore en signant pour le principal intéressé : Si tu n’aimes pas Florent Pagny...

Avec son Méchant live, on peut plonger dans l’ambiance cabaret de ce concert remontant à 2011 où, guitare au poing, Vincent Baguian donnait libre court à son sens de l’humour avec son complice en double croches, Hugo Renard. Un duo taillé pour la musique mais aussi pour le ping-pong verbal sur scène.

On y retrouve avec plaisir sa chanson d’un artiste en quête de reconnaissance, mais pas dupe : Sous Souchon, où il n’hésite pas à lancer : « À côté de Jacques/ Je suis une brêle ».

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La pop pleine de punch de Pershanoush

En un nouvel EP (*) de cinq titres, #2, Pershanoush fait entendre sa différence. Son univers pop indé a de quoi titiller les tympans.

Avec un nom de scène pareil, Pershanoush (alias Vanessa Giangrande) ne craint pas de marquer sa différence.  C’est la qualité sonore de ce nom qui a séduit l’artiste qui y voit des références persanes. Et puis, comme le nom n’apparaissait pas quand on le tapait sur Google, cela valait une jolie carte de visite.

La pochette de l’opus avec ce regard de divinité égyptienne vous cueille aussi comme un upercut visuel. Cette jeune chanteuse écrit, compose et arrange ces cinq titres qui renvoie aux années 90 avec des artistes comme Banks ou même Jeanne Added. Un nouvel opus qui a été mixé par Jean-Paul Gonnod (Phœnix, Imagine Dragons…).

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