Yvan Marc, la France tranquille

L’Ancien soleil (*), ce sont onze nouvelles chansons de Yvan Marc. Sans hausser le ton, il signe des ballades folks sur des récits d’amour mais aussi une belle chanson sur le sort des migrants, une autre sur l’écologie…

Chez Yvan Marc, la musique est une voie pour emprunter les chemins de traverse, le nez au vent. Signant une folk hexagonale, avec parfois une rythmique de batterie pour soutenir les chœurs (Merci), Yvan Marc prend le temps de vivre et de chanter sur son tempo. Retranché dans sa tanière de Haute-Loire, l’homme préfère partager son temps entre la chanson et son activité d’enseignant d’éducation socioculturelle en lycée agricole, ce qui lui ménage le temps de s’échapper pour les promenades en forêt ou au bord des rivières. Pas étonnant alors qu’en prenant de la hauteur, il glisse au milieu de son album par  Qu’ont-ils fait ? une évocation mélancolique d’une planète maltraitée où il lance : « Et du fond de ma navette/ Ce que je vois n’est pas très beau/ Alors je le dis tout net/ Nos ancêtres étaient des idiots. »

En mettant ses pas sur les traces de son pote d’enfance Mickey Furnon, dit 3D, Yvan Marc, avec une voix qui oscille entre celle de Jean-Louis Murat (question de climat et de territoire sans doute) et celle de Bertrand Belin, signe des petites histoires bien ciselées où la mélancolie qui pointe parfois son nez est toujours tempéré par une forme d’humour. Lire la suite « Yvan Marc, la France tranquille »

Les Goguettes : la pandémie de l’humour

Durant le confinement, les réseaux sociaux nous ont régalé de morceaux parodiques. Nul doute que T’as voulu voir le salon et ses couplets désopilants ont marqué les ondes. Avec Le Temps béni de la pandémie (*), Les Goguettes signent un album réjouissant qui restera dans les annales de la chanson d’humour de l’ère Macron 1er.

Plus de 4,5 millions de vues : la version parodique du Vesoul, de Jacques Brel, T‘as voulu voir le salon a rendu très célèbre le quatuor des Goguettes, formé de Aurélien Merle, Clémence Monnier, Stan et Valentin Vander. Pourtant, ce groupe faisait des tournées dans la France entière depuis des années mais, cette exposition forcée, via les réseaux sociaux  et leur chaîne You Tube,  a montré l’étendue du talent de ces as  de la parodie humoristique qui disent joliment des choses, sans forcer la voix, ni être prisonnier de la chanson-tract.

En onze chansons, qui revisitent les mélodies de Michel Berger (Message personnel (l’amour confiné); de Julien Clerc (Utile ?) ou encore de Gotainer (Le Youki), les Goguettes s’amusent avec une actualité qui n’est pas des plus drôles avec des vidéos « confilmées » avec les moyens du bord of course. Lire la suite « Les Goguettes : la pandémie de l’humour »

Gilles Servat devient classique

Après  cinquante ans de scène, Gilles Servat garde chevillés au corps et à la voix l’instinct de liberté et celui de créer. Le sens de la révolte aussi. Avec À Cordes déployées (*), il réinvente son univers en quatuor classique. Et ça a de la gueule !

Qu’importe le lieu de naissance ! Gilles Servat a beau avoir vu le jour à Tarbes le 1er février 1945, il est avant tout un grand défenseur de la culture bretonne armoricaine et des autres langues celtiques. Après 70 ans… à l’ouest !!!, en 2017, le voilà revisitant quelques belles pièces de son répertoire dans un écrin classique et poétique, avec les arrangements délicats de Mathilde Chevrel, par ailleurs violoncelliste. Entourée de Philippe Turbin, au piano et Floriane le Pottier au violon, elle donne à entendre d’une nouvelle manière ces chansons inscrites dans nos mémoires. La preuve avec la chanson d’ouverture, Les Prolétaires où le solo de violoncelle répond aux arpèges délicats du piano. Et ces mots prophétiques : « Hitler le disait déjà : « Un chômeur n’est pas rentable/ Un soldat ça coûte moins cher et c’est bien plus raisonnable ! »

Avec une telle enveloppe sonore, les vers de Gilles Servat trouve une seconde jeunesse. Y compris sa célèbre Blanche hermine, ce magnifique hymne poétique sur la révolte, qui devient La Blanche sonatine, de très belle facture. Pour évoquer cette nouvelle aventure, Gilles Servat souligne : « Si ce n’est pas à mon âge qu’on prend des risques et qu’on se remet en question, c’est quand ? La routine est mortelle pour un artiste. »

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Un duo féminin pop bien tempéré

Auvergnates, deux sœurs, Claire et Gaëlle Salvat sortent sous le nom de leur groupe, Comme John, un premier album de belle facture, Douce folie (*). Un univers pop bien ciselé.

Les deux sœurs Salvat ont grandi avec Françoise Hardy, Barbara et la pop anglo-saxonne en fond sonore. Avant de lancer ce duo au milieu des années 2010, Claire et Gaëlle ont fait leurs gammes au Conservatoire où elle ont peaufiné leur sens de l’harmonie. Et leurs compositions en attestent. Ces deux artistes multi-instrumentistes ont ensuite rodé leur style en assurant des premières parties d’artistes aussi différents que La Grande Sophie, Oldelaf, Imany ou encore Barcella.

Aujourd’hui, avec Douce Folie(*), elle impose leur griffe pour créer une french pop colorée et décalée où les instruments – et en premier chef, un piano et une flûte traversière jouant la rythmique – se marient à merveille avec ces deux voix qui jouent sur un équilibre polyphonique. Sans oublier des moments où une électronique discrète vient créer une atmosphère spécifique (Été 80).

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Les faits divers selon Charlélie Couture

Prévu pour le 30 octobre prochain, Trésors Cachés & Perles Rares proposera une relecture de chansons de Charlélie Couture dans lesquelles il signait des chroniques de la vie quotidienne où la noirceur n’est pas toujours signe de désespoir.

Voilà les deux premiers clips annonçant le retour de Charlélie Couture dans des versions plus épurées qui mettent en relief les textes des chansons de son répertoire. Une espèce de blues à la française dont Charlélie a le don de créer.

Presque rien

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Musiques en route

Nomadic Spirit, c’est le sixième album( *) de La Caravane passe. Regroupant le combo historique, Toma Feterman signe un magnifique hymne au voyage et aux rencontres.

Joyeuse pagaille sonore, Nomadic Spirit est un album où s’entremêlent la chanson française, les errances manouches, le hip-hop, les mélopées tziganes, les mélodies orientales… Après près de vingt ans de voyages à travers les musiques de l’Est et du Sud de l’Europe, après bien des tournées internationales, Toma Feterman récidive dans ce disque qui séduit l’oreille dès la première écoute, tant ce disque est musicalement riche et porteur d’une joie de vivre communicative.

Mêlant l’accent parigot, hip-hop et le serbo-croate, Toma Feterman, se définissant comme « yougostalgique »,  reste fidèle à l’esprit des Balkans où les musiques traditionnelles, jamais fermées sur la modernité, accompagnent tous les instants de la vie. La chanson qui termine l’album, Yougoslavie , qui pourrait figurer dans un film de Kusturica, rend d’ailleurs hommage à cet univers.  Toma souligne : « La musique populaire doit créer du lien. Aux concerts de le Caravane passe, nous disons qu’avec nous, les gens peuvent devenir gitans au moins un jour dans leur vie. »

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Hoze danse sur les toits

Ayant commencé la chanson dès son plus jeune âge, Hoze déboule dans l’univers de la pop française avec son premier album éponyme.

Elle a écrit ses premières chansons à l’âge de 9 ans avant de monter un groupe de rock trois ans plus tard avec des amis de classe.

Dès ses 18 ans, Carine Herseng, dit Hoze, s’installe à Paris et fait ses premiers tours de piste sur les scènes de cabaret de la capitale. Premier contrat en 2008 sur le label Polydor. Après avoir signé trois disques autoproduits,  Hoze vient de sortir son premier album studio conçu avec le producteur JokaFace du groupe The City. Cet EP en six titres montre les influences larges d’une artiste qui s’est nourri aussi bien des auteurs hexagonaux que des modèles anglo-saxons.

De sa voix joliment perchée, Hoze convie son monde dans des mélodies pop entraînantes comme en atteste l’hymne à la légèreté de Je danse sur les toit. Avant de proposer cinq autres chansons, où les sonorités orientales se marient à certains gimmicks hispaniques dans une ryhtmique des plus solides. Jouant sur les mots, Hoze peut d’une chanson d’amour pas toujours réciproque signer une mélodie enlevée et joyeuse (JTM JTM) et lance : « Il est beau/ Bien trop beau/pour être vrai. » Même jeu sur les mots du quotidien avec Hello Ola où elle s’amuse des expressions banales de la convivialité. Lire la suite « Hoze danse sur les toits »

La Bricole reprend la mer

Trois ans après l’album Ne vous faites pas marins, le trio La Bricole retrouve l’univers marin avec Jour de malheur et prouve la vitalité des chansons laissées par le peuple des gens de mer recueillies du côté de Boulogne.

En quatorze titres, La Bricole célèbre l’univers maritime en chansons, de ces airs tirés des vieux carnets des marins conservés aux archives et à la bibliothèque de Boulogne. Composé de Vincent Brusel, à la mandoline et au chant; d’Olivier Catteau, à l’accordéon, à la clarinette et au chant et de Julien Biget au bouzouki, à la guitare et au chant, la Bricole célèbre avec la forme et une énergie intacte de ces « chansons pour l’aventure immobile », comme put en composer un Pierre Mac Orlan. Bien installé dans son fauteuil, on a tout loisir de partir loin, très loin, en écoutant ces récits de marins qui parlent aussi bien des Antilles que de l’Océan Indien ou de la Mer Noire. Sans oublier le Maghreb où d’aucuns allaient le temps du service national.

L’atout indéniable de cet album, c’est que la pochette donne des indications précieuses sur chaque chanson qui permettent de circonscrire le périmètre d’inspiration et de dire les origines de son auteur.

Ainsi pour la chanson-titre, œuvre d’un jeune matelot étaplois, Auguste Fournier, né en 1885. Dans son cahier, la chanson porte le titre de Vengeance au Fayot et il la copia en rade de Tanger, en mai 1907 sur la Jeanne d’Arc, alors le plus grand navire de la marine française. On ne peut pas dire que son auteur porte le service militaire dans son cœur. « Adieu ciel bleu, adieu maudit service/ Adieu ferraille et tous vos retranchements, / Croyez le bien c’était un vrai supplice/ De voir brûler le feu de mes vingt ans. » Lire la suite « La Bricole reprend la mer »

Sur les traces du Cyber Ninja

Jouant sur de multiples clins d’œil au cinéma asiatique, NinjA Cyborg signe un album électro où le duo pyrénéen fait montre d’une  inspiration certaine.

Nouvel EP de NinjA Cyborg, The Sunny Road poursuit une aventure sonore commencée avec Night of the Cobra, qui avait des airs de bande originale d’un nanard d’action SF remontant aux années 80. Il y a un an, le groupe revenait avec The Sunny Road,  racontant les aventures de Gordon, un Cyber Ninja obéissant aux ordres et allant défier les méchants de la ville de Sun City. Le tout étant accompagné d’un film signé par Jef Dubrana et Olivier Hernandez, et réalisé image par image en pâte à modeler. Martin Antiohon et Marc Botté continuent dans cet EP de faire vivre ce personnage en couchant leur inspiration sur des synthétiseurs analogiques, notamment le Juno 60 et le TR808. Et rien que le visuel de la pochette suffit à signaler quelles sont leurs sources d’inspiration et de respirations musicales…

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Dätcha Mandala : un rock « mystique »

Hara, c’est du rock pur et dur, signé Dätcha Mandala où, derrière des musiques aux rythmiques solides, le trio bordelais évoque tout un cheminement personnel.

Créé à Bordeaux en 2009, Dätcha Mandala signe avec Hara, un album au son carré où il est question de l’amour ou de son absence mais aussi d’une recherche plus personnelle avec, en point d’orgue, la chanson Moha et son univers de transe. « Elle est essentiellement composé de Mantras très anciens ou écrits pour l’occasion, traitant du rapport eu divin, de notre connexion à l’Univers, de la part mystique de l’existence« , dit Nicolas Sauvey (voix, basse, guitare acoustique, harmonica).

De même, avec une chanson comme Stick It Out, le groupe donne de la voix pour inciter à une prise de conscience écologique : « Climat resilience is hard to believe/ When you look at all that man has done. »

Avec Jérémy Saigne (lead guitare et voix) et Jb Mallet (batterie, voix), Nicolas Sauvey a imaginé un album dans lequel, si les lignes rythmiques sont bien présentes, les mélodies ne sont pas oubliées, dans la droite ligne du rock des années 70 où ils ont puisé leur inspiration. Pas étonnant alors que le groupe ait opté pour un enregistrement mêlant l’analogique à l’ancienne aux atouts du numérique, ce qui confère une grande énergie aux enregistrements. Ils l’ont concocté  au Studio Black Box à Angers, toujours sous la houlette de Clive Martin qui a fait ses gammes au  Studio Trident à Londres durant l’enregistrement de l’album A Kind of Magic de Queen et qui a aussi travaillé depuis avec The Cure, Midnight Oil…

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