Richard Galliano fidèle au Japon

Entre l’accordéon de Richard Galliano et le Japon, c’est une vieille histoire d’amour. The Tokyo Concert (*) porte trace de trois récitals donnés en 2018 dans le cadre de « La Folle journée », ce célèbre festival de musique classique née à Nantes. On y perçoit de vrais moments d’émotion.

La première fois où Richard Galliano a mis le pied au Japon, c’était en 1975 pour une tournée avec le Grand Orchestre de Franck Pourcel. Une histoire d’amour allait poindre entre le maestro de l’accordéon et le public attentif et passionné du Japon. Sur son site, le musicien raconte : « Depuis, j’y suis retourné au moins une quarantaine de fois. Les souvenirs se bousculent dans ma tête, mais je garde très précisément en mémoire mes sessions au Blue Note, les concerts que j’ai donnés avec mon amie Naoko Terai, violoniste de jazz, dans le cadre du Festival de Jazz de Tokyo, ou encore mes rencontres avec Pierre Barouh. »

Durant ce spectacle, le musicien fait montre de son ouverture passant de ses compositions personnelles – l’ouverture avec Parisian Divertimento – à un Hommage à Michel Legrand de toute beauté, via une interprétation forte d’une Valse en do# mineur, de Chopin. Et le public le lui a bien rendu. Il note : « Peut-être les japonais ont une qualité d’écoute collective qui n’appartient qu’à eux. Une qualité probablement liée à leur culture, qui implique un grand respect d’autrui, et on l’éprouve d’ailleurs, dans tous les aspects de la vie quotidienne. » Lire la suite « Richard Galliano fidèle au Japon »

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Des duos bien accordés

Duos en solitaire dit tout ou presque dans son titre. Pour ce nouvel album, Frédéric Zeitoun a choisi de marier sa voix à celle d’autres grandes figures musicales. Un partage réussi.

Tout est parti d’une discussion avec le producteur Gérard Davoust pour inciter à  la création de ces Duos en solitaire (*). Cela se passait après un concert donné par Frédéric Zeitoun à l’Alhambra en septembre 2017.

Le chanteur évoque les propos alors tenus par Gérard Davoust autour d’un traditionnel dîner : « Voilà cinq mois que tu joues, et la plupart des amis artistes dont tu as croisé un jour la route sont venus chanter en duo avec toi. Michel Fugain, Enrico Macias, Yves Duteil, Marie-Paule Belle, Sanseverion… autant d’instants sur scène, vraiment magiques. Pourquoi ne pas faire un album en duos? » Il ne restait plus qu’à passer à l’acte…

D’emblée, par la présence vocale dès l’ouverture de Charles Aznavour – Bien au contraire fut le dernier duo enregistré par l’artiste avant sa disparition -l’album ne peut que toucher l’auditoire. Il y est question du départ et de l’absence, celle du père de l’artiste en l’occurrence. « Nulle maxime n’empêche le manque » chantent-ils évoquant, dans des formules qui font mouche, ce numéro de mobile qui va désormais sonner dans le vide avant de répondre aux abonnés absents.


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Marc Delmas à une main…

Dix ans après son dernier album, Bloody Mary, Marc Delmas est de retour avec La Superficie du ciel, un disque au folk épuré où l’auteur-compositeur-interprète et musicien bordelais pose une poésie douce. On peut parfois regretter que l’ensemble ne manque pas de nerfs.

Les guitares ciselées répondent au solo d’harmonica comme dans Tisser des poèmes.  Et quand les arpèges de piano déboulent c’est pour habiller en douceur la réflexion sur le temps qui passe dans Jouvence... Après avoir emprunté des chemins de traverse, collaboré pour le théâtre ou la danse, Marc Delmas est donc de retour sur le devant de la scène avec un folk boisé et un univers qui est marqué de l’empreinte de Radiohead, Joni Mitchell et côté français d’un Silvain Vanot.

Sans jamais hausser le ton, Marc Delmas joue sur des nuances lumineuses pour évoquer le temps qui passe et le jeu de la nature avec des textes qui ne dédaignent pas le double sens dans la digne lignée d’un Bashung. Dans la chanson-titre, il chante ainsi : « De foulées en foulées, / traverser des plaines pleines de non-dits/  nantis, d’adeptes bien nourris. » Plus bucolique au cœur de la ville quand il s’agit de dire l’amour sur tous les tons, il célèbre son goût pour les Roses trémières, ses « fleurs téméraires, ses fleurs préférées »

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Le sax aérien de Plume

Dans le jeu de Plume, nouveau nom de la scène jazz, il y a cette volonté permanente de jouer avec les limites laissant le champ libre à la puissance de son inspiration. La preuve avec Escaping the Dark Side, un disque lumineux et profond.

D’entrée de jeu et ce Seek you Must, Plume et son saxophone-  dialoguant doucement dans les premières mesures avec le piano – cueillent leur auditoire au cœur. C’est au centre d’un quartet formé de Leonardo Montana au piano, Géraud Portal à la contrebasse et Antoine Paganotti à la batterie, que Plume officie en toute sérénité. Cerise sur le gâteau, la trompette d’Ambrose Akinmusire déboule avec les honneurs et subtilité sur deux titres : Helen’s Song et Perseverance.

Derrière le pseudonyme, se livre un musicien passé par Boston et New York, ayant  roulé sa bosse aussi en France – il a fini par poser son sac à Paris – et qui a été formé au Berklee Collge of Music à Boston, formé par es maîtres saxophonistes George Garzone, Jerry Bergonzi et Joe Lovano… Un lieu par où sont passés les Walter Smith, Jason Palmer et autre Warren Wolf.

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Un groupe qui fait voyager loin le folklore

Septième album du groupe de musique traditionnelle, de folk alternatif, Mes Souliers sont rouges, Ce qui nous lie (*)  apporte, une fois encore, la preuve des talents musicaux de ces musiciens qui font voyager le patrimoine.

Venu de Normandie, Mes Souliers sont rouges aiment la musique sans frontières et ont signé plus d’un millier de concerts dans le monde : ils ont même joué en Australie. Leur credo ? Refaire découvrir le patrimoine en le déclinant au présent. Pour leur septième album, Gullivan, musicine-producteur et fondateur du groupe, et Deny Lefrançois, partenaire des débuts, ont convié dans l’aventure trois autres croquenotes : Simon Leterrier, l’accordéoniste originaire de Cherbourg; Jacky Beaucé, venu du Sud Manche et bercé par la musique irlandaise et Eflamm Labeyrie, spécialiste de la guitare Dadgad et son accordage spécifique en ré.

Ensemble, ils insufflent vie à de nouvelles chansons du patrimoine. D’entrée de jeu, le groupe dégaine un titre emblématique, Non je j’aime tant. A l’origine, cette chanson francophone fut enregistrée en 1938 au bord du lac Supérieur dans le Michigan, et c’est un certain John Cadeau qui en fut l’interprète. Aussitôt, le ton est donné avec une chanson qui évoque le partage, la boisson sur un rythme qui donne des fourmis dans les jambes. Lire la suite « Un groupe qui fait voyager loin le folklore »

Maya Kawaty : la résurrection maloya…

Deuxième disque de Maya Kawaty, Pandiyé offre un virage électro très réussi pour l’artiste originaire de la Réunion qui revisite le maloya, la musique traditionnelle de son île.

Quatre ans de silence et une surprise. Quatre ans après Santié Papang, Maya Kamaty revisite le maloya de son île en le réinventant dans un cocktail aussi électro qu’organique dans un univers sonore où les vrais instruments se marient avec les sons venus des machines. On est désormais loin de l’époque où, alors étudiante à Montpellier, Maya Kamaty faisait ses premiers pas sur scène comme choriste.

Cette fois, Maya Kamaty  s’affirme en faisant évoluer en profondeur son univers musical avec des mélodies magnifiques de Kaniki à Varkala et ses rythmiques de transe. Elle affirme simplement pour expliquer ce changement de cap : « Cela aurait été trop facile de refaire Santié Papang, j’ai besoin de me mettre en danger, de prendre des risques. »


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Jazz sans frontières avec le Trio Barolo

L’accordéon pourrait faire penser à l’Argentine mais d’autres pièces tirent vers le folklore italien. C’est ce qui fait de Casa Nostra (*), l’opus du groupe Trio Barolo un opus qui échappe à bien des classements…

C’est du jazz mais du jazz tout terrain car imprégné de sons latinos, de mélodies venues des Balkans… Casa Nostra est un album  surprenant griffé par le Trio Barolo. La réunion de trois artistes : Rémy Poulakis à l’accordéon ténor lyrique, Francesco Castellani au trombone, au chant et à la conque, et Philippe Euvrard à la contrebasse et aux loops. En prime, ils ont fait appel  au clarinettiste Carjez Gerretsen sur Carla et Barolo nuevo. Des temps forts de l’album.

Le résultat est ce kaléidoscope sonore, fruit d’une collaboration à géométrie variable : Philippe Euvrard a composé cinq titres, Francesco deux, Giacomo Puccini et Philippe Petruciani en signent respectivement chacun un.  Un disque où figurent les ombres des proches et qui est aussi conçu en guise d’hommage à la scène comme le signale un texte sur la pochette : « Casa Nostra, c’est avant tout le public qui nous a toujours incités à donner le meilleur de  nous même. C’est aussi pour nous ce lieu sacré, universel et profondément humain qu’est la Scène. C’est aussi ceux qui travaillent dans l’ombre, à diffuser du rêve. »


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Stephen Eicher, un retour en fanfare

Après sept ans de silence, Stephen Eicher revient mais pas tout seul. Avec Huë !, il revisite certains tubes de sa longue carrière dans une version pour… voix et fanfare. Un défi. Très réussi.

Folk, rock, électro, world music… Stephen Eicher a abordé bien des rivages musicaux en quatre décennies de carrière. Pour son quatorzième album, on a le sentiment qu’il fait la synthèse de tout. Huë ! marque la rencontre de l’artiste et d’un big bang flamboyant Traktorkestar ou douze musiciens qui font passer sur cet album de belle facture le souffle balkanique. Rien que la pochette du disque est tout un programme : elle est signée Laurent Seroussi, celui qui avait immortalisé Alain Bashung pour Fantaisie militaire.

Dans des arrangements festifs et inventifs, Stephen Eicher et sa bande revisitent des classiques de son répertoire et des textes de Philippe Djian, le complice de toujours : Pas d’Ami (comme toi); Ce Peu d’Amour ou encore des chansons moins connues comme chansons plus méconnues comme Cendrillon après minuit ou Louanges. Il y a bien sûr le texte de Corinne Dacla qui marqua les débuts de l’artiste : Combien de temps. Et aussi quatre inédits qui complètent ces errances musicales : Étrange, Chenilles, Papillons et Nocturne, avec un beau solo de Charles Wagner. Des titres empreints de la mélancolie propre à Stephen Eicher.

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Un sacré métissage…

Satingarona pt.2 (*), est le deuxième album de The Bongo Hop nous invite sur les routes dans un univers musical chaloupé en diable, où les mots résonnent sur des rythmiques solides.

Inspiré de l’univers de la BD -une référence aux aventures du marin Keubla, une BD imaginée par Jano dans les années 80 – , The Bongo Hop est l’ovni musical du trompettiste  Etienne Sevet, un voyageur passionné – il passé ainsi huit ans en Colombie – doublé d’un journaliste (SoFoot, WordSound…) qui marie la danse à bien des métissages musicaux. D’entrée de jeu, Gren Promené donne le ton où, sur une semba angolaise revue à la sauce haïtienne, Kephny Eliacin interprète une chanson qui dénonce la surexploitation de la terre et la déforestation en Haïti. Sans pour autant passer sous silence qu’il n’est pas trop tard pour redresser la barre.

Changement de cap dès le deuxième titre, La Carga, porté par une rythmique soutenue et une forte présence des guitares et des cuivres dans laquelle Nidia Gongora  raconte une histoire inspirée d’un récit fait par Chris Kirkley (Sahel Sounds) qui avait découvert près de son campement au cœur du désert les restes d’un avion vénézuélien éventrée et les traces d’un camion : l’idée de ce « chargement » envoûtant était née…

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