Rodolphe Burger signe un patchwork inspiré

Sixième album solo de l’ancien leader du groupe Kat Onoma, Environs est un album où l’artiste a créé en toute liberté. Des ballades poétiques où le rock le dispute au blues.

Sur quatorze titres, Rodolphe Burger a glissé  quatre reprises : Lost and lookin’ de Sam Cooke;  Fuzzy, de Grant Lee Buffalo;  Ba Ba Boum des Jamaïcans  ou encore Mushroom de Can sans oublier deux lieders – magnifiques – de Schubert. C’est dire si Rodolphe Burger assume le patchwork et une création en toute liberté. Avec une pochette ancrée dans le quotidien de l’artiste – y figurent des lieux autour de Colmar, immortalisé sur une carte ancienne achetée aux Puces par Fred Poulet, réalisateur de son nouveau clip,  et dont le visuel a été recentré sur la vallée de Sainte-Marie, où le chanteur a ses racines et a installé un studio.

Au cœur de ce cadre psycho-géographique,  Rodolphe Burger a convié bien des « figures » de son panthéon personnel  pour donner vie à des plages musicales variées :  de Bruce Chatwin, du Chant des pistes à Verlaine, sur la belle chanson Le piano que baise une main frêle (dont le titre est ici, tout aussi poétique, Parfumé d’elle).

Entouré d’une bande d’amis musiciens -la contrebassiste Sarah Murcia, le batteur Christophe Calpini, Bertrand Belin, Julia Dorner, Grimaçe (le groupe de son fils) l’artiste Hugues Reip, Arnaud Dieterlen et l Christophe – Rodolphe Burger signe son chant personnel des pistes, quitte à prendre bien des chemins de traverse. Lire la suite « Rodolphe Burger signe un patchwork inspiré »

Quatre voix de révolte

Le 8 juillet, le Théâtre antique d’Arles abritera un concert atypique réunissant Jeanne Added, Camelia Jordana, « L » et Sandra Nkaké. Quatre voix pour célébrer les « protest songs ».

L’histoire de ce quatuor provisoire a commencé en 2018. Formée au chant choral, « L » avait invité Jeanne Added, Camélia Jordana et Sandra Nkaké lors d’une carte blanche que la Maison de la Poésie, à Paris, lui avait proposée.

Sortant de cette longue période de confinement et sans spectacles, elles récidivent en donnant rendez-vous au public dans le cadre magnifique du Théâtre antique d’Arles, un écrin archéologique au cœur de la ville du bord du Rhône.

Pour ce faire, elles ont imaginé un répertoire a capella de « protest songs », de ces chansons engagées qui ont traversé l’Histoire. Un spectacle où elles entendent chanter, et dans plusieurs langues, des histoires de luttes contre les discriminations, les ségrégations, l’injustice, les violences faites aux plus faibles… Au répertoire, on retrouve donc naturellement Joan Baez et Aimé Césaire. Entre autres.

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Dick Rivers-Francis Cabrel : les enfants du rock

Exhumé des tiroirs avec un CD de 19 titres et un DVD, Rock’n’Roll Show permet de partager, trente ans après ce spectacle en duo, l’amour de Dick Rivers et Francis Cabrel pour le bon vieux rock des familles. Un plaisir des oreilles.

Entre le chanteur d’Astaffort et le rocker niçois et à la banane anthracite, ce fut une histoire d’amitié qui débuta dans les années 80. Unis par le même goût pour les classiques du rock, signés Elvis Presley,  Buddy Holly, Eddie Cochran ou encore Chuck Berry – il ne faut pas oublier que Cabrel anima des bals dans sa région natale – les deux potes décident de monter un spectacle de reprise, flanqué d’un groupe :  Les Parses. Un nom étrange de groupe né de l’idée de Dick Rivers qui avait une maison dans le Sud-Ouest et disait que là-bas, pour se saluer, on lançait : « Comment vas-tu comparse ? »

Un an après la disparition de Dick Rivers, Francis Cabrel a œuvré pour la résurrection en disque (et en DVD) de ce mémorable concert qui donnait des fourmis dans les jambes. A l’époque, le disque n’était pas sorti car Francis venait de publier Sarbacane qui avait cartonné. A l’enterrement de Dick, il y a un an, son guitariste a reparlé à Francis Cabrel ce ce show et du « live » qui avait été capté au Bataclan et filmé en caméra portée (ce qui explique la qualité moyenne des images mais qui conservent la grâce du vécu.) Le guitariste a retrouvé les bandes en rangeant chez lui et un membre des Parses lui a dit qu’il avait tourné ce film. Lire la suite « Dick Rivers-Francis Cabrel : les enfants du rock »

La poésie musicale de Pierre Lapointe

Même s’il n’est pas très récent, Pour déjouer l’ennui prouve que Pierre Lapointe est un des nouveaux artisans de la chanson, tant le cocktail des mots et des mélodies est abouti.

Pierre Lapointe n’en est pas à son coup d’essai et ce Pour déjouer l’ennui (*) est son dixième album. Dernier opus d’une trilogie, il a été produit par Albin de la Simone. Son but dans ce disque minimaliste : « recréer le concept d’un feu de camp« . L’artiste canadien y parvient haut la main en déroulant  en douze  titres un univers personnel, comme s’il s’agissait de berceuses pour adultes restés de grands enfants.

Musicalement, on vogue dans l’épure et l’essentiel avec des instruments à la présence discrète qui souligne sans jamais surligner et laisse le champ libre aux élans de l’imagination provoquée par les mots de Lapointe. Rejoint par Albin de la Simone, pour quelques claviers et des chœurs, les fidèles musiciens de Lapointe sont là, Joseph Marchand et Philippe Brault, entre autres. Et ils assurent sans forcer le trait.

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Techno et guerre des mots

Épilexique sonne la charge à grand coups de mots sur des envolées technos. Cérébro Dancing est une vaste invitation à bousculer le réel. Un univers qui a le mérite de l’originalité.

L’univers d’Épilexique sonne comme un cri d’urgence. À ma gauche, il y a  Mâya Defay, et sa voix qui ondule entre le cri-rythme et la mélopée des conteuses africaines. A ma gauche de ma gauche, il y a Quentin Pourchot, un artiste que l’on sent versé dans les musiques expérimentales quand les boucles électros pulvérisent les frontières entre le jazz et le rock, le tout métissé de sonorités orientales.

Cérébro Dancing est un de ces albums qui vous cueille à froid et vous empêche de respirer attirant l’auditeur qui passe dans un déluges de mots et de sons sous la forme d’une certaine alchimie sonore.

Chez Mâya Defay, il y a une urgence de dire des mots qui dérangent. Alors bien sûr, on pense à Brigitte Fontaine pour une certaine diction, comme on pense à Hubert-Félix Thiefaine pour le goût des jeux sur les mots savants (ou le latin), le sens des formules ou à Ferré pour celui de l’invective poétique façon Trump la mort : »Donald Duck décide/ Mickey Macron valide.« 

Avec elle, les mots sont tordus pour mieux le dire, et parfois en rire. « Être primaire, là, c’est ton tour. » Il y a parfois (souvent ?) de la cruauté dans sa vision du monde comme dans C’est, c’était qui raconte la vie de quelqu’un tombé à terre durant un festival et anonyme dans sa douleur…

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Lou Doillon, sa version de Clo-Clo

Filmé fin mai pendant le confinement, ce clip de Lou Doillon est inattendu et pour cause : elle fait une reprise sortant des sentiers battus d’un tube de Claude François.

Alexandrie, Alexandra : la mélodie vitaminée de Claude François fait toujours son effet dans les fêtes de famille où l’on pousse les murs pour se trémousser en retrouvant l’énergie de sa jeunesse. Pour cette reprise, Lou Douillon a opté pour une version épurée, portée par la rythmique d’une guitare. Visuellement, elle joue sur des images rétros en diable. Un défi et un pari qui sont réussis.

La guitare en ballade…

Maxime Delpierre a intitulé son premier album solo d’un Naoñed (*), nom breton de sa Nantes, la ville natale de ce guitariste passé de l’ombre à la lumière.

Entouré de deux autres musiciens et de quelques hôtes de passage, Maxime Delpierre  a concocté pour Naoñed un cocktail sonore mêlant des courants jazz à un rock alternatif.

Pour le co-fondateur de Limousine, VKGN et Viva And The Diva, ce premier opus sert à poser sa griffe musicale sur les ondes et, sur chaque morceau, sa guitare sert de fil conducteur – en jouant sur diverses sonorités –  à ce voyage musical qui mêle des sonorités no-wave à de la pop psyché en passant par une forme de rock mélancolique, via des plages plus minimalistes…

Après avoir écumé les courants et lieux alternatifs du Paris des années 1990, Maxime Delpierre s’est forgé une identité qui imprime ce premier disque aux sonorités surprenantes. S’il a mis du temps à sauter le pas pour se lancer dans une carrière solo, Maxime Delpierre a eu le déclic en juin 2018, lors d’une carte blanche à la Gare, une des nouvelles bases du jazz alternatif et du rock inventif de la Capitale. Son trio est sorti de là avec le batteur de Limousine David Aknin et le bassiste de VKNG, Juan De Guillebon.

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Camille Bénâtre, tout doux, tout folk

Troisième album de Camille Bénâtre, Après le soir mise sur un folk en fingerpicking du terroir sur des mélodies d’une douce mélancolie.

Camille Bénâtre est un artiste qui creuse son chemin en marge de certaines modes musicales. Après avoir tourné une dizaine d’années avec sa sœur dans le duo Alone With Everybody, après avoir joué pour Laure Briard ou Tango Juliett, il a commencé une carrière en solo en 2015 en signant des chansons dans la langue de Molière sur des mélodies qui lorgnent vers le folk américain des familles. Jouant sur une certaine discrétion, il a préféré l’image anonyme d’une ville pour la pochette de ce nouveau disque à montrer sa trombine en gros plan !

Dès les premières notes de Laisse filer, le ton est donné et, d’une voix douce et posé, Camille Bénâtre nous invite à découvrir des mélodies où la guitare soutient les chansons d’arpèges délicats ou de douce rythmiques soutenues par une technique sans failles de finggerpicking. L’atmosphère de ces petites histoires nous conduit plus vers une certaine forme de mélancolie, comme l’annonce les paroles de ce Laisse filer : « Laisse filer le jour et la nuit/ Laisse filer l’ennui… » Composé le temps d’un été dans son sous-sol toulousain, ce nouvel opus a des accents de Cabrel ou de Cohen dans son côté épure. Lire la suite « Camille Bénâtre, tout doux, tout folk »

La musique n’est pas du… Luxe

De l’île de la Réunion à d’autres rivages, le groupe Sages comme des sauvages signe avec Luxe Misère, un disque aux entrées multiples aussi séduisants musicalement que percutant à celui de l’inspiration.

Douze chansons pour dire un autre monde. Douze chansons qui se répondent sous le titre provocateur de Luxe Misère. Un album aux visages mais nourri de l’énergie. Emmené par Ava Carrère et Ismaël Colombani, le quatuor composé d’Osvaldo Hernandez (percussions afro-latines) et d’Emilie Alenda (basson, clavier, chant) , sans oublier la présence d’autres solistes, ce disque à la pochette coloré, à la manière des peintres naïfs des îles, est d’une grande richesse musicale tant on ressent, dès la première écoute, combien ces artistes ont ciselé l’opus final.

Enregistré aux studios Ferber par  Jean Lamoot ( qui a œuvré aussi bien avec Salif Keita, Alain Bashung que Noir Désir), ou au Sutdio Sat Marron, de la Réunion sous la houlette de Serge Parbatia,  Luxe Misère voit figurer en prime Danyèl Waro, dont le chant garde toute sa puissance (Le Goût de la fumée) ou encore Kate Stables (This is the Kit), au timbre folk sur De L’eau. Lire la suite « La musique n’est pas du… Luxe »

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