Karin Clercq sort de la boite

Quatrième disque de Karin Clercq, La Boite de Pandore est un album musicalement ambitieux et dans lequel la chanteuse ne chante pas que pour jouer sur les sonorités des mots. Il faut donc ne pas craindre d’ouvrir cette boite…

La Boite de Pandore commence par une chanson puissante évoquant le drame des migrants : J’avance, un texte dont le contenu a évolué tout au long de la maturation du disque. Elle est suivie par la chanson-titre, accompagné d’un clip qui en dit long sur la violence mondiale.

Née sur la fameuse scène pop belge, Karin Clercq  est de retour avec ce quatrième disque, neuf ans après La Vie Buissonnière. Après avoir longtemps collaboré avec Guillaume Jouan, le complice des premiers albums de Miossec, l’artiste a choisi cette fois de bosser avec la jeune génération pour les  arrangements et  la réalisation d’une équipe formée de la multi instrumentiste belge Alice Vande Voorde (Valko, Kùzylarsen) et du français Emmanuel Delcourt (Roscoe, My little cheap dictaphone), de Laurent Mathoux à l’enregistrement et du lillois Remy Deliers au mixage. Le résultat est un album qui, même s’il peut parfois sembler disparate, sonne avec de vraies tonalités modernes sans pour autant être à la mode.

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Pierre Perret : la liberté d’en rire…

Plus de soixante ans de carrière au compteur, mais toujours une manière artisanale de composer ses chansons. Il a fallu trois ans à Pierre Perret pour ciseler les douze chansons d’Humour liberté (*). Si, musicalement, l’opus n’a rien de très novateur, Perret sait trousser des couplets graves sans jamais surligner le trait.

Pierre Perret a beau avoir 84 ans printemps, il ne s’endort pas sur ses lauriers.  Et son inspiration sait aussi jouer avec la technologie. La preuve ? Suite à un texte publié sur son site, il y a trois ans, il a cédé aux demandes de ses fans pour composer Ma France à moi. Hymne à un pays qui a longtemps plus rayonné par les productions de ses hommes de culture que par des rodomontades de politiciens en mal de consécration médiatique. Il chante ainsi, faisant écho au célèbre texte de Jean Ferrat avec lequel il débuta dans un cabaret parisien, cet hymne qui n’a rien de patriotique : « Ma France à moi celle que j’adore/ Celle des Klarsfeld celle de Senghor/ Celle de Prévert et la France des paysans/ France de Stendhal Chamfort Molière/ France de Balzac La Fontaine et Victor » L’artiste sait aussi se moquer des modes en évoquant un temps que les moins de 20 ans… : celui de cette Communale où les élèves ne surfaient pas tout le temps sur les portables ou sur l’écran plat de leur ordinateur, fidèle compagnon de route et de jeux. « Et sous les platanes/ C’qui avait d’plus sacré/ C’était la castagne / Pendant la récré. »
L’œil malicieux et le verbe toujours précis, Pierre Perret regarde le monde sans jamais se départir de son sens de l’humour. Et il faut avoir l’humour bien accroché au cœur pour décrire notre société dite « moderne ». Pourtant, fidèle à sa philosophie, sinon de bien vivre, du moins de vivre le mieux possible, et en accord avec ses idées, Pierre Perret ne pouvait pas taire son émotion, suite aux attentats du 13 novembre 2015. Il le fait avec la chanson-titre qui ouvre ce disque et où il salut les copains tombés au champ de l’humour : »Adieu mes amis les artistes/ Bienfaiteurs de l’humanité/ Qui venez de quitter la piste/ Pour avoir dit la vérité. »

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Liz Van Deuq : une fausse légèreté

Vanités est le second album de Liz Van Deuq qui est apparue dans l’univers de la chanson en 2014. Depuis, cette pianiste et chanteuse a rodé son métier sur bien des scènes. La voilà de retour avec un disque moderne et pop, offrant, ici et là, quelques belles saillies verbales.

Il en faut pas se fier à la pochette – très kitsch – de Vanités. Comme il ne faut pas juger l’opus à l’écoute du premier titre, un brin mou : Du léger. Si la demoiselle s’est frottée au piano dès l’âge de 7 ans, elle a aussi officié aux claviers dans des groupes pop-rock, ce qui l’a naturellement conduit à se détacher du moule classique, sans renier pour autant sa formation d’origine, comme le montrent une mélodie comme Stuck ou certaines chansons plus intimistes de l’album.

Fille de son époque, Liz Van Deuq sait user d’humour quand il s’agit de mêler Le wifi ou dieu, chanson dans laquelle elle s’amuse de certains cultes de notre modernité (ou soi-disant telle). Elle chante ainsi : « On y retrouve des âmes et, des réseaux sociaux, de paroles, / Des cantiques, des musiques/ On peut aussi s’y rencontrer. »

De même, on ne s’attendait pas à la voir inspirée par le  foot – une inspiration décalée comme il se doit – avec son Supporter où elle susurre : « J« imposerai à chaque stade de foot, / De bloquer l’accès au vestiaire/ Laissez nous avec nos doutes,/Ça regarde par la ménagère/ J’voudrais des « chut » après les shoots, / Pour méditer sur les corners. »

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Murat inclassable

Il publie des albums avec une régularité d’horloge. Avec Il Francese (*), Jean-Louis Murat sort son dix-huitième album. De belle facture, mais pas toujours captivant.

C’est le vieux complice Denis Clavaizolle qui a arrangé Il Francese, réalisé par Jean-Louis Murat himself et qui, loin du petit monde de l’industrie musicale, continue de ne chanter qu’à sa tête. Dans la lignée de Travaux sur la N89, Murat continue son voyage vers l’épure, mêlant les sons naturels à l’électronique, trafiquant le son de sa voix.  Pour l’ermite du Puy-de-Dôme, l’heure n’est pas à rejoindre la meute mais à jouer les loups solitaires. Au risque de perdre parfois quelques aficionados, tant ce disque semble parfois monotone, malgré quelques rythmiques plus déliées comme dans Gazoline et ses intermèdes de fanfare. Il est vrai, Murat ne joue pas sur des textes qui se livrent à première écoute. Sur le plan sonore, Murat prend des risques de surprendre avec aussi l’utilisation du vocoder, expérimenté sur des titres comme Hold Up où il chante en duo avec Morgane Imbeaud, ex-Cocoon, dont la voix se marie parfaitement avec celle de Murat.

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Un hymne marseillais déjantée

En 1930, Vincent Scotto, Géo Koger et Audiffred célébraient à leur façon l’univers de Marseille.  Moussu T e Lei Jovents revisite cet univers joyeux et offre une version déjantée de C’est Marseillais.

Les amoureux de Bobby Lapointe ne peuvent que prendre un plaisir certain en découvrant le clip de C’est Marseillais dans lequel la galéjade est de mise. Petite promenade musicale dans une ville où tout commence et finit par des chansons…

Alibert

Moussu T et Lei Jovents

Miegeville tient la distance

Premier EP de Miegeville, Longue distance(*) joue sur la corde sensible avec un album où les rythmiques solides portent des textes inspirés par la vie. À découvrir.

Cinq titres pour se dévoiler. Avec Longue distance, Matthieu Miegeville se dévoile après plusieurs projets collectifs aux quatre coins du monde, deux recueils de textes… Dès la première chanson, il va droit au but avec les mots de  Bonjour, je suis mort, qui ont le mérite de ne pas chanter dans la banalité. « Pourtant je bouge encore », prévient-il aussitôt en ajoutant dans un souffle : « J’abats toutes mes cartes tricolores/ Pourtant je vote encore. »

Chez lui, les mots sont faits pour jaillir des nappes sonores, non sans un certain lyrisme. Ensemble dans le vent offre ainsi des accents de ballades à la Noir désir dans un monde saturé de frontières et en s’affichant comme un chant pour « la simple joie d’exister« .


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Samuel Cajal : en solo mais bien entouré

En solo, Samuel Cajal se lance sur le devant de la scène avec Une Issue. Un disque de belle facture conçu de façon minimaliste avec voix, guitare et looper.

Longtemps, Samuel Cajal s’est effacé derrière le collectif. Et il a beaucoup écrit, produit ou même joué avec d’autres artistes (Fanch, Karina K !, Albane Aubry) sans oublier l’aventure – désormais derrière lui- de 3 Minutes Sur Mer, ce groupe qu’il formait avec le chanteur Guilhem Valayé.

Il était sans doute temps pour lui d’attaquer la face solo de l’ascension, même s’il a su s’entourer de fidèles compagnons que sont Johan Guidou, coté batterie et machines, et Matthieu Lesenechal aux claviers. Ensemble, ils ont concocté un album où il passe d’une colère retenue (dans Cœur noir par exemple) à des mélodies pop-song, comme en témoigne la chanson d’ouverture, qui évoque la dépression : Tu mords. « Tu es comme un chien qui essaie de se défendre » lance t-il. Mais Samuel Cajal, avec un univers musical qui pourrait rappeler parfois Bashung et Noir Désir, sait aussi élever la voix comme dans Indigné. « Si ça pique, c’est qu’on est vivants » lance t-il.

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Dérangée et dérangeante…

À cheval entre deux cultures, Nawel Ben Kraïem signe  avec Par mon nom (*), un EP de sept titres, où elle célèbre la force d’inspiration du métissage. Un univers fin et bourré d’énergie.

Nawel Ben Kraïem n’est pas une inconnue loin de là et on a déjà aperçu sa singularité en 2016 dans Méditerranéennes, construit par Julie Zenatti où elle livrait sa version – décalée en diable – de Ya Mustapha. Tout comme, on l’avait repérée dans Indignados, de Tony Gatlif, sur scène avec le groupe Orange Blossom, portant haut les couleurs de l’électro-world, ou encore en duo avec Christophe.

En solo avec  Par mon nom, Nawel Ben Kraïem  affirme sa singularité dans des chansons où elle laisse libre cours à son inspiration polyglotte, elle dont le père vient de Tunisie et la mère de Toulouse; elle qui a débuté très tôt sur scène à Tunis où elle était montée sur scène pour dire des poèmes en français, en arabe et en anglais.

Sur des rythmiques modernes qui empruntent aussi bien à l’univers d’une Lhassa qu’à Lauryn Hill, Nawel Ben Kraïem célèbre sa manière de voir la vie avec des mots d’esprit et des jeux de mots en français et des images poétiques en arabe comme le montre la chanson d’ouverture, Dérangés qui célèbre « les enfants paumés, les enfants secrets  » de sa génération. « Désoriental, désorienté/ Quand le béton arrête le vent, c’est difficile de souffler« , chante t-elle de sa voix légèrement ébréchée et sensuelle.

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Naples sur tous les modes

Chanteur et accordéoniste du groupe Brastch, François Castiello a su bien s’entourer pour livrer sa vision de Naples au cœur du collectif Lalala Napoli qui revisite à nouveau les classiques des mélodies napolitaines dans Disperato (*). Inventif et tonique en diable.

Il fallait bien que François Castiello, l’accordéoniste toujours inspiré du groupe Brastch,  replonge un jour dans ses racines musicales. Avec le deuxième disque du collectif Lalala Napoli, Disperato,   il confirme la variété de son inspiration et cet enracinnement.

Réunissant à nouveau sa bande de cinq musiciens autour des musiques populaires de Naples, François Castiello mêle l’acoustique et l’électrique dans ce disque où la liberté d’expression  prend son envol libérant, au gré des morceaux, une émotion palpable. Trilles de flûte, nostalgie d’un accordéon voyageur, basses solides, mandoline délicate… ce disque sent le « live » à plein nez et pétille de vie. Il y a du bal napolitain, aussi chaleureux que fou et exubérant, dans ce panorama en quatorze morceaux qui débute en fanfare avec Simme e napule paisa et qui se termine par une version mémorable de Funiculi Funicula. Un album qui offre aussi des mélodies moins connues comme ce Cannettella, porté par les arrangements du maître de cérémonie.

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