Francis Cabrel à la lumière… revenant

Quatorzième album de Francis Cabrel, À l’aube revenant (*) reste fidèle à l’univers folk du barde de 66 ans, qui se laisse aller à quelques rêveries sensuelles et célèbre les troubadours d’antan dont il se sent un héritier.

À l’aube revenant, c’est du Cabrel pur sucre. La voix est mise en valeur derrière des mélodies ciselées pour les guitares et les cordes. Et le baladin d’Astaffort continue de chercher dans la moindre particule de vie, dans les formes de la cire qui fond « la poésie ou y’en a jamais eu. » (Les Bougies fondues).

Cette fois, l’homme qui chante depuis 1977 l’amour sous toutes les formes a osé tremper sa plume dans une inspiration plus sensuelle pour signer les mots bien troussés de la chanson-titre À l’aube revenant , (quand« La tempête s’achève en murmures brûlants ») qui s’inscrit dans la lignée d’une chanson vieille de douze ans, La Robe et l’Échelle. Ce qui ne l’empêche d’évoquer une première expérience féminine avec un humour certain dans J’écoutais Sweet Baby Jane.

A l’heure du confinement, une chanson comme Difficile à croire tombe à point pour évoquer la fermeture de librairie et des petits commerces sur un rock de bon aloi, éclairé par des solos de bugle.

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Vincent Eckert : un rock poétique et sensible

Entre rock solide et ballade plus intimiste, Vincent Eckert propose avec Les Années vaines (*), un disque à la poésie sensible et vivante.

On parle souvent de Kat Onoma quand on évoque Vincent Eckert, sans doute parce qu’il vient lui-aussi d’Alsace. Mais on pourrait aussi évoquer les influences de Noir Désir ou de Charlélie Couture, un autre homme de l’Est.

Vincent Eckert ait partie de ces artistes qui tentent, sans se décourager, de faire sonner les mots de la langue française avec les sonorités et rythmiques du rock. Mariant les mots avec les images, l’artiste annonce sa couleur, faisant renaître un vieux terme de la technique photographique dans Sténopé : « Je noircis des images/ de vers imparfaits/ vous en dessous des nuages/déclenchez le sténopé. »

Jouant sur les images et certaines métaphores, Vincent Eckert aborde dans ce nouveau disque des thèmes de la vie qui nous touchent tous : l’amour qui va et vient; les rêveries au bord de l’eau; les rêves d’avenir… même quand il est incertain.

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Appétit d’Ogres !

Sans le confinement qui a interrompu la tournée des Ogres de Barback débuté au printemps dernier, ce double album , Chanter libre et fleurir n’aurait sans doute pas vu le jour. Il témoigne de la vitalité d’un groupe toujours « en route » depuis vingt-cinq ans.

Tout commence par un salutaire solo d’harmonica et se continue en rythme avec notamment les cuivres de la fanfare Eyo’Nlé, venue du Bénin, qui embarquent le public dans des hymnes festifs comme La Rochelle. Ce qui n’empêche par les quatre frères et sœurs de laisser poindre les émotions à fleur de voix avec des chansons comme P’tit cœur, accompagné de mélancoliques cordes qui répondent à l’accordéon nostalgique.

À défaut d’aller « jouer en vrai, en vivant« , avant le printemps 2021, le groupe a donc décidé de sortir l’intégralité de ce spectacle qui prouve que, malgré les vingt-cinq ans au compteur, les Ogres de Barback conservent intact un enthousiasme juvénile. Et qui prend date avec sa Chanson pour dans 2 000 ans , « quand les couleurs de nos peaux et de nos chairs seront faites pour le bonheur des gens ». Le tout dans un sacré déluge sonore où la fanfare se déchaîne. Sans oublier le neuvième de l’orchestre, le batteur Tarek Maaroufi. Sans passer sous silence encore  quelques invités de passage comme Guillaume Lopez, le maître du fifre qui officie aussi aux cornemuses.

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L’univers sonore insolite de Laura Perrudin

Chanteuse, harpiste, compositrice… entre autres, Laura Perrudin est de retour avec un troisième album, Perspectives & Avatars. Un ovni musical, étrange en diable, et fait de bien des rencontres.

Remarquée en 2015 à la sortie de son premier album Impressions, Laura Perrudin continue son chemin dans un univers musical à la frontière de la soul music, de l’électro et d’un folk expérimental. Le tout en centrant ses recherches sonores sur un instrument créé pour elle : la harpe chromatique électrique. Cela offre une étrange palette sonore à Perspectives & Avatars, un album dans lequel elle joue sur des pédales d’effet, le laptop … mis au service de bien des bidouillages électroniques.

Cet album montre à quel point Laura Perrudin est fascinée par des recherches sonores les plus pointues, de The W Word qui ouvre l’opus et sert de support à un clip non dénué d’une étrange poésie à From One Dark Side to Another.

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Imbert Imbert : l’enfance du rock

Mémoires d’un enfant de 300  000 ans (*), c’est un opus bizarre en forme d’album racé. Et un cri du cœur de Imbert Imbert, un artiste qui bourlingue sur les ondes depuis plus de dix ans et ne manque pas d’originalité.

La pochette noire est crépusculaire. Dès la chanson-titre, Imbert Imbert lance « Qu’est ce qu’il ne faut pas faire pour se taire » sur une rythmique sourde qui souligne les solos des cordes. Et de poursuivre : « La photo d’un enfant mort, qu’est ce qu’il ne faut pas voir/ Pour le croire. » Dans cette ouverture, on sent que Imbert Imbert a mis toutes ses déchirures, toutes ses colères dans ces plages musicales. Ex-contrebassiste du Jim Murple Memorial,  resté fidèle à cet instrument , Mathias Imbert  a commencé sa carrière solo dès 2007 et a publié depuis quatre albums dont le dernier, Viande d’amour, fut, en 2016,  le coup de Cœur de l’Académie Charles Cros. Cette fois encore, il nous offre une belle alchimie poétique.

Tout au long de 11 titres prenants et accrocheurs, Imbert Imbert ne baisse jamais la garde et croque le monde tel qu’il va – et souvent ne va pas ! – sous ses yeux. Avec une habileté à se défendre avec un sarcasme ainsi quand il évoque les émotions médiatisées portées par un chœur enfantin (Tous les crocodiles) : « Les injustices du monde/ Les pions et les pionnes/ A la merci de l’immonde/ Je m’en tamponne. »

Quand il s’agit de signer une lettre d’amour, une « promesse plus sobre et plus sincère aussi », c’est pour retrouver, dans L’Amour tentacule,  la même façon de dire l’attachement sans chaîne qu’un Brassens évoquait dans La Non-demande en mariage.

IMBERT IMBERT  – Mémoires d’un enfant de 300 000 ans

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Un duo des plus bizarres

En cinq titres, Why Nicht fait montre d’une belle originalité dans un premier EP au titre éponyme autoproduit . Original et décoiffant.

Électro, trap, hip-hop et autres variations musicales : le premier EP (*) de Why Nicht ne manque pas de souffle et d’inspiration. Il suffit d’un solo de flûte aux résonances classiques et orientales sur Boa pour titiller la curiosité et prouver que ce duo aime arpenter les chemins musicaux de traverse et jouer là où on ne l’attend pas

C’est à coup de séjours dans les Balkans, à en croire leur biographie, que ce duo de copains d’adolescence – Bagheera et Lord Tératoïde – s’est construit une personnalité artistique. Le tout accompagné de concerts dans les boites du petit monde de la nuit bruxellois. Entre autres. Entre Brigitte Fontaine, Die Antwoord et quelques éclats vocaux d’une Camille, Why Nicht fait monter la fièvre pour les nuits de danse.

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La ligne Clarys

Des éclairs rocks dans un univers mélancolique et sombre : De là (*), le nouveau disque de Clarys, offre un univers sonore qui met en valeur la narration poétique de l’artiste sur une belle rythmique rock.

Avec la voix grave de  Peter Milton Walsh (de The Apartments), les mots de Un moment sans répondre sont assez emblématiques de l’atmosphère de De Là, le nouvel album de Clarys. « Ce monde en réseau/ Voit son âme dévaluée« , murmure t-il.  Clarys est une auteure qui oscille entre une mélancolie assumée et un humour grinçant dans un univers sonore rock où elle pose sa voix singulière sur les mélodies assurées par un trio rock solide, dans la lignée d’un Nick Cave, quand la rythmique opte pour un tempo de pulsation cardiaque. Avec, au final, le final instrumental de Memento Mori.

Coréalisé par Boris Boulbil – un monsieur qui a officié avec Dominique A, Playing Carver – De là est un album qui se déguste à petites touches. Comme autant de moments cinématographiques, lorgnant de manière assumée vers l’univers d’un Wim Wenders. Lire la suite « La ligne Clarys »

Gaël Rouilhac en premier de cordée

Longtemps plongé dans différentes formations où il était leader, Gaël Rouilhac signe avec Waterworks, un premier album où la finesse d’exécution est de rigueur.

Sur son site, Gaël Rouilhac annonce la couleur en évoquant l’enregistrement de Waterworks. Il écrit : « Encore beaucoup de projets menés de front encore cette année, mais si il y en a un qui me tient à cœur et m’occupe beaucoup en ce moment, c’est mon premier groupe en tant que leader et compositeur. » Le guitariste avait déjà fait scène commune en 2015 avec la violoniste Caroline Bugala (qui partagea le studio et la scène d’un Didier Lockwood) et l’accordéoniste sicilien Roberto Gervasi. Enregistré fin novembre 2019, ce premier album en premier de cordée est le fruit de cette rencontre et l’aboutissement d’une démarche toute personnelle.

Dès le deuxième titre, Diamant rouge, le ton est donné et le dialogue entre la guitare et l’accordéon donne envie de suivre le trio sans barguigner dans ses variations musicales et amicales. Ensuite, il nous emporte dans des mélodies inventives et surprenantes et pas que dans les titres des morceaux : il fallait oser un nom comme La Valse des parachutistes belges… Lire la suite « Gaël Rouilhac en premier de cordée »

Le Cousin de chez nous…

Premier album d’un  routier de la chanson, Debbie et moi accroche l’oreille dès la première écoute. Avec une belle griffe sonore, Thomas Cousin signe un disque brut et âpre.

Auteur, compositeur et arrangeur, Thomas Cousin a bourlingué dans les studios depuis plus de vingt ans au sein de différentes formations: de Tax Brothers & the Old Racoon, à Shy… Il ne manquait plus que se lancer dans l’aventure en solo. C’est chose faite avec Debbie et moi où l’artiste prouve qu’il a du métier et le souffle pour durer.

Il raconte ainsi son besoin de passer à l’acte et de faire ce voyage en solitaire : « J’ai eu besoin d’écrire, il a donc fallu que je chante … Ce texte s’adresse à ceux qui me connaissent, personnellement ou à travers ma musique dans les différents projets auquel je participe. J’ai passé 25 années de ma vie à « faire chanter » les autres, à m’habiller de leur pensée pour essayer de tailler sur mesure des mélodies et des mots qui les mettent en valeur, qui leur correspondent. Ce n’est pas que je n’avais jamais rien mis de personnel dans ma musique, mais je me cachais toujours sous le masque d’un autre » Il y a huit ans, un peu après la naissance de sa fille, il a commencé à éprouver ce besoin d’écrire sur des sujets plus intimes. De textes en chansons, il a ainsi mis des mots pour évoquer  sa jeunesse, ses amours, ses névroses…


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Gérard Pierron, le passeur de mots

Retour de Gérard Pierron qui fait montre de ses talents d’interprète et de compositeur avec Good-Bye Gagarine (*). En vingt chansons,  il montre vers quoi le pousse sa passion des mots justes et des univers singuliers.

Good-Bye Gagarine, c’est une belle chanson du regretté Allain Leprest que Gérard Pierron mit en musique. Sur la pochette, Pierron se souvient du jour où tout commença pour leur duo, juste après un concert en 1983. Il écrit : « J’avais pleuré tellement c’était beau. J’avais devant moi toute la chanson que j’aimais, Boris Vian, Jacques Prévert, Mac Orlan, dans un seul homme. Cette pensée du cosmonaute lue dans le journal du coin lui avait plu puisque le soir, il avait posé son texte à côté de mon bol. « Gérard, j’attends la musique… » Ce fut notre première chanson. »

Accompagné par sa fidèle équipe de musiciens, avec la belle présence des clarinettes pour soutenir le vibrato de l’accordéon, Gérard Pierron donne de sa voix douce sur quelques chansons magnifiques, saluant une fois encore le marin et poète un peu trop oublié de Marseille, Louis Brauquier,  dans cette Pluie d’été, qui dit les sentiments du voyageur dans l’attente d’un ciel plus bleu : « Tout projet aboli dans la pauvre lumière/ Et la prison de l’eau du ciel/ Naît une espèce de liberté intérieure/ Mollement désirée. »

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