Karl Zéro dans le rétro

De la télévision à la chanson, il n’y a qu’un – petit – pas. La preuve avec les nouvelles aventures latinos de Karl Zéro et un album au titre long comme un jour sans pain.

Pour lancer son album, Karl Zéro n’a pas fait dans la demi-mesure, à son habitude, pour choisir son titre. Qu’on en juge : Songs for Moonlight Swim and Otros Tipos de Ocupaciones (*). Dans la droite lignée des orchestres swing, tropicaux et raffinés des années 40 et 50, Karl Zéro revisite ici des morceaux de new wave, d’électro-rap ou s’amuse à détourner des incontournables comme L’Eau à la bouche, le classique de Gainsbourg revu et corrigé en version brésilienne… qui fleure bon le sable d’Ipanema.

Chantant en français, russe ou arabe, Karl Zéro joue sur un vintage de bon aloi en s’entourant d’une sacrée brochette de musiciens du jazz parisien qu’il a conviée au studio Ferber à Paris. Et c’est Raphaël Lemmonier  (compagnon de route de China Moses entre autres) qui mène la danse et a signé les arrangements de l’opus avec un bel enthousiasme. Lire la suite

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Toutes les musiques de l’Acadie

 L’Acadie dans tous ses états et en musiques : c’est le pari de la Semaine acadienne qui se tient du 8 au 15 août dans le Calvados depuis douze ans. Coup de projecteur sur l’édition 2017.

Le 6 juin 1944,  des dizaines de milliers de soldats participèrent au Débarquement sur les plages normandes. Parmi eux, des Américains, des Anglais, des Francais, des Belges, des Polonais, … mais aussi des Canadiens.  Chaque nationalité étant affecté à une zone précise, ce fut pour ces derniers Juno Beach, une bande d’une dizaine de kilomètres de long, allant de Courseulles-sur-Mer à Saint-Aubin-sur- mer.

C’est en souvenir de ces cousins d’Amérique que les villes de Courseulles-sur-mer, Luc-sur-mer, Saint-Aubin-sur-mer, Douvres-la- Delivrande, Carpiquet, Authie, Beny- sur-mer, dans le Calvados accueilleront la douzième édition de « La semaine acadienne » du 8 au 15 aout . Pour les soldats acadiens qui participèrent à ce Débarquement, ils revenaient, trois siècles plus tard, sur les terres de ces Français qui avaient traversé l’Atlantique pour construire le Québec au 17e siècle. Hommage leur est donc rendu aujourd’hui d’une façon festive.

Plus importante  manifestation consacrée à l’Acadie en France, le Festival propose cette année outre un concert de Natasha St Pier,  la grande Marie Jo Thério, venue du Nouveau-Brunswick, Jocelyn Petit, et des groupes comme 112 Accords, Unisson, LGS. Entre autres… Lire la suite

Ils font bien les… Trottoirs

Formé à Strasbourg en 2006, mais ayant connu quelques modifications humaines depuis,  Les Garçons Trottoirs font montre d’une belle énergie dans Doux, durs et dingues (*), où mélodies inventives accrochent l’oreille.

D’emblée, les sonorités cajuns vous donnent un sympathique uppercut dans Animal qui ouvre Doux, durs et dingues. Avec leur nouvel album,  Doux, durs et dingues, on sent que Paul d’Amour (guitare et chant), Jean-René Mourot (accordéon, trompette, piano) et les autres ont concocté un opus taillé pour la route et la scène, tant les mélodies sont enlevées.  Même pour signer une chanson décalée sur un des sept péchés dit capitaux : Gourmand.

De ballades romantiques sur le thème de la séparation (Chacun dans son maquis), à des mélodies plus rocks (Le diable e(s)t ma femme), l’énergie est bien au rendez-vous d’un disque qui fait, musicalement, bien des clins d’œil au cinéma. Ainsi, les arrangements de Chacun dans son maquis ont un lointain cousinage avec les musiques d’un Ennio Morricone.  Et quand l’amour déçu le dispute à une ivresse consommée sans modération, cela offre les dérives espagnoles et latinos (dans les solos d’accordéon) de J’ai ouï dire.


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La fougue d’une fille du soleil

1540-1Cinquième album de Barbara Luna, Hijos del sol (*), porte la griffe d’une artiste bourrée d’énergie et qui puise son inspiration dans bien des registres.

Il ne faut pas se fier aux pochettes d’album : la preuve avec le nouveau disque de Barbara Luna. De fait, l’image ensoleillée est un peu ringarde et l’artiste affiche un sourire de circonstances. Mais, quand on plonge dans l’écoute de l’album, on change vite d’avis…

Il est vrai, Barbara Luna n’est pas née de la dernière scène. Et, cette fois, elle a enregistré ce disque entre l’Argentine, son pays natal, Paris et la Bretagne. Elle note simplement : “Je suis Argentine parce que je suis née en Argentine, mais je me sens du monde. Ça ne s’explique pas, cela se vit”. Car, née en Argentine à Roque Pérez,  elle est installée à Ploemeur et signe ici un album fait de rencontres musicales au long cours.

De chanson en chanson, on découvre une jeune femme dotée d’un beau tempérament et dont la voix passe, en quelques mesures, d’une énergie folle à une douceur plus sensuelle. Il est vrai, Barbara Luna a déjà fait un sacré tour des scènes où elle a peaufiné son chant, après avoir été découverte en 1998 en France au Printemps de Bourges : elle s’est même produite dans le festival itinérant de World Music « Womad », créé par un certain Peter Gabriel. Lire la suite

Archibald prend le large

1540-1Premier album d’Archibald, In Time In Space (*) est nourri des vies multiples de sa créatrice, Roxane Terramorsi. De quoi nourrir bien des explorations musicales.

Avec des études d’éthologie et de biologie à son actif, après avoir étudié les singes dans la jungle, les blattes dans un laboratoire, Roxane fait un nouveau grand écart en signant en compagnie de Nicolas Gardel, In Time In Space (*), un disque aux influences multiples. Et qui évoque sur tous les tons et bien des rythmes le voyage sous toutes ses formes.  « C’est un album en  hommage aux marins, aux bateaux qui ont coulé et à tout ce milieu maritime« , dit Roxane.

Après avoir débuté sur Anjo Vingador, et ses sonorités qui ne dépareilleraient par sur bon vieux Carlos Jobim, le voyage se poursuit avec quelques sonorités italiennes, une évocation ,dans la mélodie éponyme, de Scott Moorman, disparu mystérieusement avec ses compagnons dans un atoll des îles Marshall en 1978. Et ce, avant de se terminer par un hymne aux isthmes.

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Patricia Essong : la voix des émotions

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Soul of Nü Bantu est le premier disque d’une artiste venue du Cameroun, Patricia Essong. Voix puissante, charisme certain, cette chanteuse est sûrement au début d’une belle aventure artistique.

Dès la première écoute, on ne peut rester indifférent, tant la voix de Patricia Essong a quelque chose de profond, d’émouvant et de charnel. D’emblée sur son site, l’artiste prévient en évoquant cet album solo  : « Je raconte l’histoire de nos envies profondes, celle que nous rêvons de voir émerger de nous, celle de prendre le témoin de sa culture d’origine, et la valoriser. « Soul of Nü Bantu » est un voyage initiatique en langues bantoues, un parcours régional rythmé de sonorités folk jazzy et blues. »

En empruntant les chemins de traverse de la musique, cette jeune femme est bien loin de sa vocation première : elle a commencé  dans un cabinet de conseil en management. Mais, sans doute, l’appel de la musique et de la scène étaient déjà suffisamment forts pour lui faire déserter un parcours professionnel classique et sans doute moins risqué. Depuis 2015, les conseils sont de l’histoire ancienne et c’est tant mieux pour la chanson métissée.


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