L’atmosphère de Noosphère

Rencontre improbable entre trois personnalités que tout sépare, Noosphère déboule avec un CD (*) éponyme de cinq titres non dénué de charme.

Noosphère, c’est une atmosphère. C’est aussi un nom étrange pour un groupe car il désigne, selon Vladimir Vernadsky et Pierre Teilhard de Chardin (il introduisit le mot en 1922 dans sa « cosmogénèse »), la « sphère de la pensée humaine« . Noosphère, c’est enfin la rencontre entre trois personnalités qui n’étaient pas a priori destinées à faire un bout de chemin ensemble. Musical qui plus est.

En fait, il s’agit du mariage  entre Jean-Louis Roubira – pédopsychiatre de métier et créateur, notamment, du jeu à succès Dixit – de Pauline Dupuy – contrebassiste chanteuse et partageuse – et d’un musicien et arrangeur britannique, promenant son imaginaire entre Berlin et Paris, Michael Wookey. Pauline a été séduite par les compositions de Jean-Louis et Michael a flashé sur les chansons interprétées par la musicienne au point d’avoir envie de les produire. Lire la suite

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Un duo pour l’hiver…

Formant le groupe Hiver Pool, Delphine Fargier et Martial Semonsut ont, avec Turbulences, imaginé une œuvre pop et poétique aux influences nombreuses. Un travail d’artisan aux mélodies délicates.

La voix de Delphine Fargier, cristalline, ne manque pas de charme et les arrangements de Martial Semonsut, accompagné de Christophe Chavanon, de délicatesse. Avec ce premier album, Turbulences, le duo composant Hiver Pool marque son territoire qui, à l’image d’une pochette doucement rétro où les humains ont des gueules d’ange, nous convie dans une new pop de belle facture musicale.

Enregistré à la maison dans leur Studio La vallée, créé par Martial à Chambezon, une commune de Haute-Loire, Turbulences est le produit du mariage des mots de Delphine et des sons de Martial. Elle dit  : « Cet échange entre nous, on le vit à fond. On se dit les choses, chacun a besoin du retour et du regard de l’autre ». Un disque qui est né suite à un déclic après un voyage en Irlande où la musique se vit au quotidien, de pubs en fêtes locales. Et, après avoir trouvé un public, certes restreint mais chaleureux, en faisant la manche, le duo a eu l’idée de voir plus grand…

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Charles fidèle à l’Olympia

Nouvelle pierre de la collection « Live in Paris », Charles Arnavour – 3 avril 1962 (*) permet de retrouver l’artiste déjà en pleine maîtrise de son tour de chant.

Au moment où il revient arpenter la scène de l’Olympia, en ce mois d’avril 1962, Charles Aznavour n’est pas en terrain inconnu, loin de là.  Dans ce temple du music-hall qui a réouvert en 1954, Aznavour s’y est produit pour la première fois en juin 1955 (en première partie de Sidney Bechet), ensuite en décembre 1955 et janvier 1956 avec Roger Pierre et Jean-Marc Thibault et encore à compter du 28 février 1957. Suite à une brouille avec Bruno Coquatrix en 1958, Aznavour restera quatre ans sans se produire dans la salle du boulevard des Capucines.

En 1962, malgré les critiques de certains sur sa voix si particulière, nasale,  malgré une rude concurrence des Bécaud, Gainsbourg et autre Brel, Aznavour est devenu un auteur-compositeur important de la scène française.

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L’univers étrange de Coffees & Cigarettes

Taillé pour la scène, Freak Show (*) est le nouvel album du groupe Coffees &Cigarettes. Un cocktail détonnant où les chansons de Renaud Druel nous emporte dans un univers déconcertant, inquiétant à souhait.

Auteur, compositeur et interprète, Renaud Druel est l’âme de Coffees & Cigarettes, un groupe dont le nom est un clin d’œil évident au long métrage  éponyme devenu culte de Jim Jarmush. En 2014, il avait publié un premier album, plus rock, London Western, salué par les critiques et qui plongeait l’auditeur dans le Londres victorien de l’époque de Jack l’Éventreur.

Avec Freak Show, il a imaginé un mélange de rock et de hip hop survitaminé où les envolées de cordes (alto, violon ou violoncelle) font bon ménage avec une rythmique du tonnerre (Un nouvel espoir). Et quand l’harmonica fait une étrange apparition, c’est pour servir un Hip Hop Blues des familles. Théâtral en diable, ce nouvel album est un hommage mélodique à tout l’univers du cinéma fantastique, voire d’épouvante. Lire la suite

Un Trèfle qui porte bonheur

L’artiste bruxelloise Cloé du Trèfle signe un album, Entre l’infime et l’infini, où les paroles sont joliment enchâssées dans un écrin sonore mêlant électro-pop et variations symphoniques.

Accompagnée de Thècle Joussaud et Céline Chappuis, aux violoncelles,  avec quelques interventions de complices musiciens à la programmation ou au clavier, Cloé Defossez nous invite avec Entre l’infime et l’infini (*), à un périple mélancolique qui se joue en français comme en anglais.

Entre plusieurs univers, la musique accompagne des récits à double fond où l’artiste évoque des amours perdus, la difficulté d’être. Elle chante ainsi dans Cet air lancinant : « De cet air émanait un parfum d’absolu/ Les poèmes les plus purs/ Cet air évoquait une douceur infinie/ Mais il trahissait mes songes les plus secrets. »

La dame sait aussi se jouer des mots à double sens et son Nous, dans laquelle Arnaud Fleurent-Didier assure les chœurs, en est l’exemple parfait avec son refrain entre hier et demain. « Et ce nous qui passe/ De futur simple/ À présent complexe/ De futur en impasse/ À simple passé d’ex. »


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Vinicio Capossela : l’Ouest, le vrai

Avec un double album (*), dont chacun a été enregistré à plus de dix ans d’intervalle, Vinicio Capossela, le troubadour italien, fait un pont entre le Sud profond italien et le Grand Ouest américain. Tout sauf banal !

Avec sa pochette magnifique en sépia qui fleure bon les westerns d’un Sergio Leone, Canzoni della lupa (*) est un double album atypique car datant de décennies différentes. Une drôle d’aventure comme les aime Vinicio Capossela, singer-songwriter le plus original d’Italie qui, de disque en disque, se lance dans de nouveaux défis. Cette fois, il a osé un coffret à deux faces, dont les morceaux ont été mis à boite l’un durant la période aride de 2013 (Polvere), l’autre, onze ans après, à l’automne 2014 (Ombra).

Dans le premier, Capossela a choisi une « session décharnée, desséchée » où il chante de sa voix capable de bien des modulations, accompagné seulement de deux violons, un cymbalum, une contrebasse et une guitare. Dans le second, il se promène dans des ballades puisant dans un folklore authentique évoquant un univers plus fantasmagorique, étrange, nourri de légendes rurales. Lire la suite

Léo et les siens

Le tome 2 de L’Intégrale Léo Ferré et ses interprètes, 1957-1962 (*) est à marquer d’une pierre blanche car l’on y découvre des versions oubliées des classiques de cette graine d’ananar.

Dans ce coffret de 3 CD, il y a des disques incontournables du Ferré qui était encore peu connu du grand public. D’abord ses versions des Fleurs du mal avec La Mort des amants, L’Invitation au voyage, dans des interprétations auxquelles Ferré donnera plus de mordant sur scène des décennies plus tard. On y retrouve aussi des textes des années Odéon, telles que Les Indifférentes, une très belle chanson, et Comme dans la haute. Enfin, il y a le classique des classiques, Les Chansons d’Aragon où Ferré habille magnifiquement les poèmes de l’auteur des Yeux d’Elsa, que ce soit Est-ce ainsi que les hommes vivent ? et surtout L‘Affiche rouge,  dont les chœurs tragiques accompagnent cette ode au martyre de la bande à Manouchian.

Mais, le plus surprenant dans ce coffret, ce sont les interprètes réunis autour du répertoire de l’auteur de Thank you Satan et qui redonnent vie à des chansons parfois oubliées. Lire la suite