Techno et guerre des mots

Épilexique sonne la charge à grand coups de mots sur des envolées technos. Cérébro Dancing est une vaste invitation à bousculer le réel. Un univers qui a le mérite de l’originalité.

L’univers d’Épilexique sonne comme un cri d’urgence. À ma gauche, il y a  Mâya Defay, et sa voix qui ondule entre le cri-rythme et la mélopée des conteuses africaines. A ma gauche de ma gauche, il y a Quentin Pourchot, un artiste que l’on sent versé dans les musiques expérimentales quand les boucles électros pulvérisent les frontières entre le jazz et le rock, le tout métissé de sonorités orientales.

Cérébro Dancing est un de ces albums qui vous cueille à froid et vous empêche de respirer attirant l’auditeur qui passe dans un déluges de mots et de sons sous la forme d’une certaine alchimie sonore.

Chez Mâya Defay, il y a une urgence de dire des mots qui dérangent. Alors bien sûr, on pense à Brigitte Fontaine pour une certaine diction, comme on pense à Hubert-Félix Thiefaine pour le goût des jeux sur les mots savants (ou le latin), le sens des formules ou à Ferré pour celui de l’invective poétique façon Trump la mort : »Donald Duck décide/ Mickey Macron valide.« 

Avec elle, les mots sont tordus pour mieux le dire, et parfois en rire. « Être primaire, là, c’est ton tour. » Il y a parfois (souvent ?) de la cruauté dans sa vision du monde comme dans C’est, c’était qui raconte la vie de quelqu’un tombé à terre durant un festival et anonyme dans sa douleur…



« Je veux flirter avec le chaos du désordre« , lance Mâya Defay, dans Joëlle. Aux claviers et aux bidouillages sonores multiples, Quentin Pourchot est là pour mettre en musique cette alchimie verbale. Donner du rythme à ce goût de l’allitération comme dans Les Têtes, errance poétique loufoque même si, à l’horizon, se pointent quelques objets nucléaires de rigueur.

Parfois les claviers se font plus planants – comme pour repartir de plus belle – et cela donne les sonorités plus apaisées de Évaporation neuronale où le « verbe solitaire » prend des teintes plus intimistes et « yougostalgiques« .

Et pour finir en techno latin (de cuisine), il faudrait évoquer ce Coïto ergo soy orgasum un vito veritas ejaculum, où le duo se moque d’une ère ou le réseau social comble les solitudes effectives et le selfie tient lieu de message d’amour « onaniste ».

Avec Épilexique, le caustique le dispute à l’incisif sur des mélodies qui embarquent à cent à l’heure… Il ne faut pas passer à côté.

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