Boucan salutaire

Premier album  d’un trio détonnant, Déborder(*) fait passer du chaud au froid, de la douceur à une certaine violence. Et Boucan ne provoque pas l’indifférence.

Boucan, c’est un trio de mecs – Mathias Imbert, Brunoï Zarn et Piero Pépin – qui se sont déjà faits un petit nom dans le rock, le punk ou encore la chanson. Déborder, premier album de leur nouveau groupe Boucan, annonce clairement la couleur : ils n’ont pas l’intention de se laisser enfermer dans une chapelle, un courant musical. Et ça, c’est plutôt salutaire.

En treize titres, Boucan passe d’une chanson acoustique à une atmosphère de western, mariant les voix à divers instruments : contrebasse, trompette ou encore banjo. Mis en ondes par John Parish, Déborder peut passer de la douceur à un éclat de rage, de l’ombre à la lumière. En tout cas, musicalement, l’album accroche l’oreille.  Ayant officié pour P.J. Harvey et Arno, John Parish joue d’ailleurs carte sur table en déclarant : « J’aime les choses où tu te dis que ça ne ressemble pas à quelqu’un d’autre. Boucan a vraiment son son propre. »

Il y a une poésie de marlous dans ces chansons, interprétées par l’un ou l’autre des trois larrons  et, d’Etrangler à La Question des secondes, Boucan nous embarque dans un univers au swing délicatement bancal. Parfois, une mélodie peut aussi vous embarquer dans un univers de cirque perdu comme dans Vent de l’Ouest.

« Les hommes naissent cons/ Il n’y a aucune raison que ça change« , lance Boucan, non sans ironie, dès la chanson d’ouverture Étrangler, sur des solos aux sonorités un brin balkaniques du banjo de Mathias Imbert. Quand le trio ne chante pas ses propres mots, c’est pour revisiter un autre fou des mots et de la « trompinette », sa majesté Boris Vian pour leur reprise de Le Temps de vivre (L’Évadé) où, passée une douce introduction de cuivre, les éclats de la guitare électrique et les chorus donnent à l’ensemble une atmosphère de chant tribal et confèrent à ce poème sur un fugitif une  belle urgence dramatique. Un peu à la manière de certains textes des Têtes raides.

En écoutant un tel opus, on se dit que « faire du Boucan » va devenir bientôt une qualité. Et un but pour réunir certains paumés du petit matin.

(*)L’Autre Distribution

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