Mihuma brouille les ondes

Six titres pour un rappeur au long cours qui se promène entre rap et rock avec un certain sens de la formule : tel est Friture sur la ligne, le EP (*) de Mihuma.

Le sens des histoires, Mihuma l’a sans conteste. Un artiste qui avait été révélé en 2010 au grand public via l’album Music-All, où figuraient notamment Féfé, Oxmo Puccino… Avec Friture sur la ligne, Mihuma se balade entre ballades rock et rythmique rock sur des mélodies où il a fait appel au beatmaker Gyver Hypman, qui produit notamment le Saïan Super Crew. Sans oublier Stéfane Goldman, le guitariste compagnon de ses débuts et qui a joué pour Imany, Jean-Pierre Nataf… De quoi habiller de mélodies ciselées des histoires parfois noires comme cette surprenante (le clip l’est aussi)  Plage, où il est question des violences conjugales dites d’une voix blanche et un brin monocorde avec des images qui font mouche comme lorsqu’il évoque ce « bouquet de fleurs » ou « il y avait même des fleurs dedans« .

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La mémoire musicale des indignés

Son de la barricada (*) revisite avec fougue des grands airs de révolte. La mise en ondes est d’une grande efficacité et redonne un coup de jeune à des chansons qui restent gravées dans la mémoire des indignés.

Une version plus douce de El pueblo unido jamás será vencido, hymne révolutionnaire des Quilapayun; version vitaminée de Son de la barricada, la chanson titre inspirée de la grève et des répressions qui eurent lieu à Oaxaca au Mexique en 2006; reprise de Guitarra roja, œuvre du grand poète argentin Martin Castro…  Avec ce nouvel album, le groupe El Communero fait souffler un tonique vent de révolte sur les ondes.

Ayant vu le jour en 2008, autour du guitariste et chanteur Thomas Jimenez, petit-fils d’un « guérillero » et membre du groupe L’Air de rien,  El Communero publie ce Son de la barricada, un troisième album qui redonne une seconde vie à des chants de lutte, tels A la Huelga, « tube » de la Révolution espagnole de 1937, ou Todo es de color, du duo de flamenco Lole y Manuel qui œuvra en pleine Espagne franquiste.

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Amère mer pour Bernard Lavilliers

Gaëtan Chataigner signe le clip de la première chanson du futur album de Bernard Lavilliers, Croisières méditerranéennes. A découvrir.

Marqué par le drame des migrants qui ont perdu la vie en tentant de gagner l’Eldorado européen sur des embarcations de fortune, marqué par les trafics des passeurs, Bernard Lavilliers signe, en guise d’invitation au « voyage », une chanson mélancolique pour dire le désespoir des ces populations oubliées. Derrière la douceur de la mélodie, il y a une description presque journalistique de ce drame.

Il faudra attendre le 29 septembre pour découvrir l’intégralité de 5 minutes au paradis, le 21ème album studio de l’artiste qui fête ses 50 ans de carrière et sera, tout l’été, au cœur d’un feuilleton musical sur les antennes de Radio France. Tous les samedis, Jean-Luc Lehmann le racontera le samedi à midi dans Bernard Lavilliers : est-ce ainsi que l’homme vit ?

Pour enregistrer ce disque, il est bien entouré : outre Fred  Pallem, Romain Humeau, le chanteur d’Eiffel, qui figurent de nouveau au générique, Benjamin Biolay et les quatre musiciens de Feu! Chatterton (qui officient sur deux titres) ou encore Jeanne Cherhal  pour un duo sont de la partie.  Alors, pour reprendre la formule consacrée : à suivre…

Lavilliers sur son 21 !

Alors qu’il tourne en France pour des concerts acoustiques, Bernard Lavilliers a fait découvrir deux extraits de son 21ème album studio.

Avec Croisières méditerranéennes, Bernard Lavilliers signe, derrière une musique mélancolique, une chanson en prise sur la sinistre actualité de tous ces migrants qui ont laissé leur peau en tentant de traverser la Méditerranée.

« Croisière méditerranéenne
Sourire carnassier de nous mêmes
Très loin des sirènes italiennes
Tu atteindras ces rives sombres
Très près des côtes siciliennes
Les vierges noires comme une traîne. »

Et, avec Charleroi, il promène son inspiration sur cette ville qui semble délaissée et figée dans le temps. « Je vois ma ville comme un amant/ Trompé par un riche imbécile… »

Le disque sera disponible le 29 septembre et Lavilliers reprendra la route pour retrouver les aficionados de la révolte et du voyage. Pour ce retour, il s’est entouré de réalisateurs artistiques qui ont une griffe certaine  : de Romain Humeau à Benjamin Biolay en passant par Fred Pallem,  Feu! Chatterton ou encore Florent Marchet. Et Jeanne Cherhal sera présente enfin pour signer un duo en sa compagnie. De quoi ménager quelques surprises musicales.

 

Yéyé : copier est parfois bien jouer…

Yéyé VO/VF offre, dans un coffret de 3 CD, un parcours intéressant entre les versions originales et françaises de cette musique qui marqua la France à la fin des années 50.

La pochette de couverture du coffret (*) est parfaitement choisie : on y voit un Johnny jeune le regard fixé sur une photo d’Elvis. Deux regards dans le lointain, deux profils pensifs. Avec Yéyé VO/VF, Pierre Layani et François Jouffa invitent l’amateur à un passionnant saut dans le temps accompagné d’un livret toujours riche en informations où, s’ils montrent bien que si les rockers français se sont inspirés d’illustres modèles, ils soulignent aussi. que tous les artistes se sont inspirés des anciens. Alors, pour un Johnny, adapter Tutti Frutti, de Presley est une filiation naturelle. Tout comme Be-Bop-A-Lula, de Gene Vincent pour les Chaussettes Noires. Mieux, un certain nombre des originaux étaient eux-mêmes des reprises. Ainsi Cliff Richard, si souvent adapté en France, s’est inspiré pour ses créations de bien des morceaux oubliés de la musique américaine. Quant à Presley, les auteurs du coffret prennent la peine de souligner : « Hors musiques de film, le répertoire d’Elvis Presley, de la première à la dernière chanson, est composé au moins de trois quarts de reprises, comme chez Frank Sinatra ou Ray Charles. »

De Titus Turner à Johnny Hallyday

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Sur tous les tons !

Puisque les temps sont difficiles, voilà quelques airs à se passer en boucle.

Depuis 1989, certaines idées font – fort heureusement- réagir. Allons enfants de la musique !

Benjamin Biolay et Le Vol noir

Michel Fugain, et La Bête Immonde

IAM et 21/04

Pierre Perret, et La bête est revenue

Philippe Katerine, et 20-04-2005

Et sans perdre son sens de l’humour (noir)

Dimoné brise la glace

On l’avait quitté avec l’étonnant Bien Hommé, Mal Femmé, en 2015 et sa pochette surréaliste. De retour avec un nouvel EP, Épris dans la glace (*), Dimoné poursuit ses routes musicales avec cet album enregistré à Québec.

En enregistrant Épris dans la glace au Québec, Dimoné semble repartir sur d’autres variations, d’autres errances. Sa voix chaude et puissante – entre Bashung et Dick Rivers- nous embarque dès le premier couplet de La Grande allée où il se laisse dériver au gré de son imagination. S’il se joue des mots, c’est pour prendre du recul avec les maux de l’âme et, porté par la batterie tenue de main de maître par Benjamin Vigneault, il psalmodie les mots entêtants qui reviennent comme une incantation de Celui qui t’a puni l’a fait.

Chez Dimoné, l’écriture est précise, non dénuée d’élégance et semble se méfier des formules toutes faites, des grandes déclarations sentimentales. Il faut alors écouter Les Lignes qui bougent, comme une évocation poétique de nos sociétés nucléarisées, et un hymne à la nature.  Sur son site, l’artiste souligne : « Le Québec m’oxygène l’imaginaire, en plus d’aller y jouer régulièrement à toutes les périodes, comme prochainement où les frimats sont au climax, j’ai la chance d’y avoir enregistré le 5 titres « Epris dans la glace ». »


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