Stephen Eicher, un retour en fanfare

Après sept ans de silence, Stephen Eicher revient mais pas tout seul. Avec Huë !, il revisite certains tubes de sa longue carrière dans une version pour… voix et fanfare. Un défi. Très réussi.

Folk, rock, électro, world music… Stephen Eicher a abordé bien des rivages musicaux en quatre décennies de carrière. Pour son quatorzième album, on a le sentiment qu’il fait la synthèse de tout. Huë ! marque la rencontre de l’artiste et d’un big bang flamboyant Traktorkestar ou douze musiciens qui font passer sur cet album de belle facture le souffle balkanique. Rien que la pochette du disque est tout un programme : elle est signée Laurent Seroussi, celui qui avait immortalisé Alain Bashung pour Fantaisie militaire.

Dans des arrangements festifs et inventifs, Stephen Eicher et sa bande revisitent des classiques de son répertoire et des textes de Philippe Djian, le complice de toujours : Pas d’Ami (comme toi); Ce Peu d’Amour ou encore des chansons moins connues comme chansons plus méconnues comme Cendrillon après minuit ou Louanges. Il y a bien sûr le texte de Corinne Dacla qui marqua les débuts de l’artiste : Combien de temps. Et aussi quatre inédits qui complètent ces errances musicales : Étrange, Chenilles, Papillons et Nocturne, avec un beau solo de Charles Wagner. Des titres empreints de la mélancolie propre à Stephen Eicher.

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Bjørn Berge: le blues venu du froid.

Who Else ?, c’est le cri de guerre d’un sacré guitariste venu de Norvège : Bjørn Berge. Un blues viking qui décoiffe.

Le cheveu est long, la barbe bien taillé. Né à Haugesung en Norvège en septembre 1968, Bjørn Berge a fait de la solitude une image de marque dans son pays natal. Chanteur et guitariste, il est chez lui rarement accompagné de musiciens.

Depuis deux décennies, l’homme a marqué de son empreinte le blues européen. C’est en décembre 2004 que Bjørn a marqué, chez nous,  la grande scène des Transmusicales de Rennes en se produisant seul, une fois de plus,  devant plusieurs milliers de personnes.

Pour toute arme dans cette formule,  l’artiste disposé d’une guitare acoustique douze cordes et d’un battement de pied régulier et puissant en guise de grosse caisse. Voix caverneuse et jeu puissant à la gratte, Bjørn Berge peut aussi bien enflammer son monde de ses blues que par les reprises de Motorhead (Ace of spades) et des Red Hot Chili Peppers (Give it away).

S’il avait prévu d’enregistrer son 13ème album plus tôt, une tournée avec le grand groupe norvégien Vamp a différé son projet. Après cette parenthèse musicale, il s’est remis à la tache prévoyant que Who Else ? serait, une fois encore, une œuvre en solo. Lire la suite « Bjørn Berge: le blues venu du froid. »

Le Boss : le solo lui va bien

En octobre 2017, Bruce Sprinsgsteen lançait une série de récitals en solo dans un petit théâtre de Broadway, le Walter Kerr, une salle de mille places inaugurée en 1929. Un album « live », Springsteen on Broadway (*) porte trace d’un show en forme de promenade autobiographique.

Ce n’est pas pour s’adonner à une quelconque comédie musicale que Bruce Springsteen a installé ses guitares et un piano au Walter Kerr, de Broadway où fort du succès – les places se sont même arrachées à des prix indécents au marché noir – le récital fut prolongé à trois reprises jusqu’à la mi-décembre. Loin des stades où le boss a coutume de se produire, il a opté pour une forme de récit solitaire de son odyssée rock’n’roll.

Son Springsteen on Broadway(*) témoigne de longues apartés avec un public aux anges et qui sont comme des prolongements de son autobiographie récente Born to run. Car, entre chansons, Bruce livre des souvenirs avec un sens consommé de l’anecdote et sans perdre un sens certain de l’humour. Ainsi quand il dit lors d’une pause : « J’ai connu un succès incroyable, et absurde, en écrivant sur des choses dont je n’ai jamais eu la moindre expérience pratique. Tous, je vous en remercie beaucoup. »

A l’écoute de l’opus, on a le sentiment que le Boss est venu jouer de la gratte chez vous en vous dévoilant des pans entiers de sa drôle d’existence et en puisant dans les tous les rayons de sa mémoire discographique avec un sens consommé de la mise en scène et de l’anecdote choisie. Lire la suite « Le Boss : le solo lui va bien »

Dernières nouvelles de Bashung

Il fut annoncé à grand renfort de communication : En amont est l’album posthume d’Alain Bashung. Ce n’est pas qu’un document sonore et commercial : il a une véritable force et une certaine cohérence poétique. Une belle manière de conclure musicalement l’année…

Les chansons de En amont, remonte aux années 2002-2008 quand Alain Bashung peaufinait ce qui allait être son album ultime, Bleu pétrole, marqué par les coups de griffe d’un Gaêtan Roussel et d’un Gérard Manset. Pourtant, chez lui, Bashung avait enregistré d’autres chansons sur des paroles signées Dominique A, Doriand, Daniel Darc…

Avant de mourir le 14 mars 2009, il avait demandé à Chloé Mons, son épouse et chanteuse, de terminer le chantier de ces chansons en devenir. Il a fallu dix ans à cette dernière – parce que c’était « trop d’émotions » – pour oser se replonger dans ces archives et réécouter une voix familière qui s’était tue. Chloé Mons a chargé Edith Fambuena, musicienne et productrice de retravailler ces démos pour les publier. Un choix plus que légitime : Edith Fambuena avait été une des pièces maîtresse   dans la conception de l’album Fantaisie militaire,  sorti il y a vingt ans et qui demeure un des albums forts de l’artiste.

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Miossec ou l’air du large

Brestois de cœur mais rocker d’inspiration, Miossec a signé un grand retour avec Les Rescapés, un album, le onzième de sa carrière, où il évoque l’urgence de vivre vite dans des mélodies marquées par le sentiment d’urgence.

Miossec a une façon bien personnelle de dire les paroles en détachant chaque syllabe pour faire sonner les mots. Avec des textes au cordeau où chaque terme est soupesé pour donner l’essentiel de ce qui habite son auteur. « On vit comme s’il n’y avait pas de fin/ On vit comme le font les incendiaires » lance t-il.

Avec le cap de la cinquantaine franchi, on a le sentiment que Miossec est allé à l’essentiel avec la mort qui frappe autour ou qui se rappelle à notre mauvais souvenir. Cela donne notamment une splendide chanson où cet amoureux de l’océan impétueux évoque l’Atlantique qui a emporté un grand-père : La mer quand elle mort, c’est méchant. « La mer, elle est incertaine/ Quand on l’a déjà vue sortir les dents/ Et causer tellement de peines/ Elle n’a jamais fait, elle, dans les grands sentiments » chante-t-il. Lire la suite « Miossec ou l’air du large »

Des rois déjantés !

Punk Rock Academy (*) est le produit de deux cerveaux dérangés qui ont formé un groupe qui ne l’est pas moins : Les Rois de la Suède. Un opus à déguster frappé !

Punk Rock Academy est un disque « OSDI », un objet sonore difficile à identifier tant les Rois de la Suède chassent musicalement large en mettant leurs musiques au service d’un univers loufoque et déjanté de mots.

Le groupe est né d’une rencontre entre Mr Poulpe, un animateur TV qui n’a rien d’un classique passeur de plats  et d’Ivan Callot, le fondateur d’un autre groupe de rock qui joue à fond le décalage, les Fatals Picards. Dignes descendant d’un Bobby Lapointe qui aurait fait un bout de route avec Au bonheur des dames, les Rois de la Suède jouent aux ambassadeurs du savoir-vivre suédois ce qui, sur le papier, n’a rien pour passionner les foules.

On se doute bien que ce point de départ est un parti-pris burlesque pour tirer sur tout ce qui bouge avec un esprit bien français de l’irrévérence. On a pas guillotiné un roi pour ne pas avoir quelques remords, non ? Lire la suite « Des rois déjantés ! »

Karin Clercq sort de la boite

Quatrième disque de Karin Clercq, La Boite de Pandore est un album musicalement ambitieux et dans lequel la chanteuse ne chante pas que pour jouer sur les sonorités des mots. Il faut donc ne pas craindre d’ouvrir cette boite…

La Boite de Pandore commence par une chanson puissante évoquant le drame des migrants : J’avance, un texte dont le contenu a évolué tout au long de la maturation du disque. Elle est suivie par la chanson-titre, accompagné d’un clip qui en dit long sur la violence mondiale.

Née sur la fameuse scène pop belge, Karin Clercq  est de retour avec ce quatrième disque, neuf ans après La Vie Buissonnière. Après avoir longtemps collaboré avec Guillaume Jouan, le complice des premiers albums de Miossec, l’artiste a choisi cette fois de bosser avec la jeune génération pour les  arrangements et  la réalisation d’une équipe formée de la multi instrumentiste belge Alice Vande Voorde (Valko, Kùzylarsen) et du français Emmanuel Delcourt (Roscoe, My little cheap dictaphone), de Laurent Mathoux à l’enregistrement et du lillois Remy Deliers au mixage. Le résultat est un album qui, même s’il peut parfois sembler disparate, sonne avec de vraies tonalités modernes sans pour autant être à la mode.

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Chloé Mons sur l’autel des souvenirs

Elle a écrit et composé Hôtel de l’univers (*), son nouvel album, intimiste, soutenu par des cordes sensibles et des sonorités électro-rock.

Le 5 septembre, Chloé Mons offrait une plage musicale « live » au Silencio à Paris, mettant un peu d’âme dans ce  lieu assez triste et impersonnel. Un peu cachée derrière son piano, son instrument fétiche, elle  offrait à ses invités un florilège de son dernier album, Hôtel de l’univers, avec une invitée Helena Noguerra sur Here comes the rain again (qu’elles chantent en trio avec Anna Mouglalis sur le disque).

Si la voix rauque se perdait parfois sous les arrangements, on sentait l’artiste heureuse de retrouver une scène et une vie d’artiste qu’elle mène loin de l’industrie du disque. « Je ne vais pas me plaindre, j’ai une liberté totale, un luxe que je peux me permettre grâce à Alain. Je réinvestis tous ses droits d’auteurs dans la musique » a coutume de dire la dernière compagne d’Alain Bashung.

Avec Hôtel de l’univers,  composé au piano, elle a confié la production à Chris Eckman (The Walkabouts) avec lequel elle fait un duo en anglais sur Antisite. Jouant sur des ambiances douces et une certaine mélancolie – au risque de ne pas voir une chanson vraiment se distinguer du lot – ce disque est construit sur un univers musical où les cordes de Jean-François Assy soutiennent les nuances du piano, avec quelques sonorités électro-rock d’Antoine Kerninon, l’homme des claviers. Lire la suite « Chloé Mons sur l’autel des souvenirs »

Rachid Taha n’est plus

Mêlant les influences de son Algérie natale à celles du rock, du punk et de l’électro, Rachid Taha a succombé à une crise cardiaque.

Depuis ses débuts en 1981 avec le groupe Carte de Séjour, qu’il avait formé à Lyon avec quatre autres musicien, et leur version revue et corrigée du tube de Charles Trenet, Douce France en 1986, Rachid Taha n’avait cessé d’explorer bien des rivages musicaux, devenant un des artistes inspirés de la scène musicale métissée.

L’homme était aussi un artiste engagée qui n’avait jamais hésité à se servir de sa notoriété pour soutenir les idées qui lui tenaient à cœur. Ainsi, pour lutter contre les lois Pasqua qui visait à réguler l’immigration, Carte de Séjour avait distribuer son Douce France aux députés à l’Assemblée nationale. Lire la suite « Rachid Taha n’est plus »

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