MPL : la musique des souvenirs

En souvenir de Lulu, trop tôt emportée,  les quatre amis d’enfance, réunis dans le groupe MPL sortent un deuxième album, L’Étoile (*). Entre vie bien réelle et évocation de fantômes, un disque de belle tenue.

Cédric à l’écriture  et au chant (il est doté d’un fort beau timbre de voix); Manu et Julien aux guitares et Andreas à la basse : MPL a trouvé dans la musique un exutoire aux souvenirs douloureux, en l’occurrence, la perte d’une amie, d’une amante de rêve, Loulou. Sur le clip en forme de générique du disque, ont voit quatre hommes, guidés par une voix mystérieuse, braver le blizzard pour gagner le haut d’une colline où se trouve un étrange gourou, le cinquième membre du groupe de grenoblois.

Porté par des guitares aux riffs africains, légers et rythmés, ponctués de pulsations électro,  l’album de MPL embarque son monde dans un univers très ouvert où l’on trouve aussi bien des chansons très acoustiques que des productions hip-hop, des musiques pop, world… C’est de cette diversité musicale que Étoile tire une vraie richesse musicale. Lire la suite « MPL : la musique des souvenirs »

Une pop vintage pour un trio des familles

Square The Circle (*) est le nouvel EP de June and The Jones, une fratrie de musiciens, anglais jusqu’au bout du rythme et 100 % français de naissance. Un son solide, même s’il manque parfois un peu d’âme.

Indéniablement, le nouvel album de June and The Jones est imprégné des mélodies sixties qui ont nourri leur imaginaire. Hadrien, Louis et Alice savent ce qu’ils doivent aux sonorités venues d’Outre-Manche. Et ils le reconnaissent : « On aime la musique pop qui se découvre en plusieurs fois et laisse entrevoir de nouvelles subtilités à chaque écoute. »

Square The Circle est le fruit d’une longue série de concerts qui ont permis à la fratrie de peaufiner leur univers. Mélangeant des instruments vintage, des guitares et des sons électros pour nourrir des mélodies qui tournent rond, cet album offre un univers musical dansant et rythmique comme le prouve le premier clip du groupe Dancing On The Moon, aux sonorités disco.

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Un cri pour la planète

Avec Oblivious, le groupe Combo Charlie offre un hymne pour défendre la planète sur un tempo rock-électro.

Pour évoquer l’urgence à lutter contre les dérèglements climatiques, Combo Charlie a pris le parti de jouer sur un clip en forme de courte fiction,  réalisé par la cinéaste Axelle Boudet. Leur titre Oblivious nous envoie dans un futur post-apocalyptique où les hommes vivent dans un monde ravagé et sont organisés en tribus. Leur patronne ? Elle est campée par la présentatrice Fanny Agostini (vue dans Thalassa et, elle-aussi militante pour la protection de la nature). Représentés par les membres de Combo Charlie, ces hommes du 21e siècle sont jugés pour les catastrophes naturelles à l’origine du désastre écologique.

L’univers de Combo Charlie, venu de Lyon, est un cocktail de sons électro, rock et vintage avec de l’accordéon et du violon électrique, manié avec une vraie intensité par Charlie Glad. Et leur chanson déborde d’une énergie qui ne demande qu’à être partagée.

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Le nouvel envol d’Ange

Cinquante ans avec Ange ! Le plus vieux groupe de rock français venu de Lorraine fait une grande tournée pour célébrer cet anniversaire. Toujours mené par Christian Décamps, le groupe rajeuni a sorti un 24e album, Heureux ! (*), et un « live » toujours aussi inspiré et habité.

Ange n’a peut-être plus les mêmes membres qu’à ses débuts, mais une chose ne change pas  dans les apparences: le graphisme des pochettes de ses disques. Celle de Heureux ! est signée, comme toujours, par Phil Umdenstock : elle nous montre un soleil cyclopéen souriant nous annonçant. Avant de prendre son vol et de tailler la route,  Ange est donc un groupe…heureux !. Un titre inspiré par un vers célèbre de Prévert : « Et si on essayait d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple ».

D’emblée, et même si la voix de Christian Décamps n’est plus aussi puissante que naguère, les nouveaux membres d’Ange font un travail soiide : à la batterie Benoît Cazzulini assure une rythmique d’enfer en compagnie du bassiste Hassan Hajdi quand Tristan Décamps signe des solos façon harmonica. Des musiciens qui assurent de compositions solides et puissantes. Mais des musiques mises au service de ces textes toujours poétiques et puissants qui portent un regard original sur le cours du monde. Et la vie d’artiste. Lire la suite « Le nouvel envol d’Ange »

Un étrange animal en mal d’amour…

Singulier animal musical, Pétosaure déboule avec son nouvel EP, Le Musc, porté par un univers rock et métal.

Le chanteur Pétosaure a le timbre de tous les excès, qui exprime une espèce de combustion interne. Le Musc est à l’image d’un artiste révolté et libre qui signe des histoires sombres et d’un grand romantisme.

C’est d’ailleurs à Provins, ville aimant célébrer son passé médiéval qu’il a tourné le clip rentre-dedans de Vampyre, en compagnie de Jaky La Brune, dans les souterrains et à la Tour César : une évocation d’une descente aux enfers, suite à une série d’incidents de vie tristes, voire violents. Une chanson qui lui fut inspirée par le Dracula, de Coppola : en y repensant, broyant du noir,  il a eu envie de s’identifier au terrifiant Comte.

Dans cet EP définit comme le « journal intime d’un homme qui croit avoir perdu l’amour pour toujours« , Pétosaure signe des histoires que l’on sent conçues dans une extrême urgence, à la nuit tombée et dans un certain état d’ivresse. « J’ai besoin d’un verre/ D’être bête et vulgaire« , lance-t-il , provocateur, dans Kielbassah. Comme si l’alcool lui permettait de libérer complètement ses neurones.
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Le mariage du blues et du rock boogie

Dès la première écoute, Woodoo Queen (*), du duo One Rusty Band agrippe vos oreilles. Ce mariage du blues, du rock et des claquettes vaut un arrêt sur image.

Le One Rusty Band, c’est un mélange explosif. À ma gauche, il y a Greg qui assure les parties de guitare (avec un son d’enfer), d’harmonica et d’une batterie aux pieds. À ma droite, on trouve Léa qui, quant à elle, tient la rythmique aussi bien en dansant des claquettes ou en faisant des acrobaties libres qu’en s’occupant de la washboard. A l’image de leur clip, le One Rusty Band sait donner ainsi envie d’entrer dans la danse.

Entre le blues des années 50 et le rock’n roll des années 70, ce duo signe un album détonnant à tous les sens du terme, enregistré dans la grande tradition des productions artisannales. Avec, en toile de fond, le vaudou des origines, celui que l’on célèbre du côté des bayous de Louisiane et du delta du Mississipi. Il est aussi question dans le disque des espaces vierges, célébrées dans des chansons comme Spanish Desert et I’m Lost.

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Andoni Iturrioz : chanteur rimbaldien

Après avoir bourlingué dans le monde entier, Andoni Iturrioz, né à Paris en 1976 mais d’origine basque, signe avec Le Roi des Ruines (*), un disque singulier à la poésie brute à fleur des sons.

Il y a dans les chansons d’Andoni Iturrioz quelque chose d’incandescent. L’artiste a le verbe haut et le sens des images poétiques qui portent.

En huit titres, il  embarque son monde dans son  singulier univers, fruit de deux décennies de recherches et de rencontres. Il est vrai, l’homme a, tel un Rimbaud moderne, largué les amarres à 19 ans pour courir les routes du monde durant cinq années, d’Asie en Afrique, en passant par l’Océanie. C’est en 2001 qu’il a posé son sac de voyage à Barcelone avec l’envie de faire de la chanson son terrain de jeu et d’expression.

De retour à Paris en 2007, reprenant son vrai patronyme,  Andoni Iturrioz  signe avec Le Roi des ruines, un disque de haute volée, avec des textes ciselés qui détonnent dans l’atmosphère actuelle un peu molle de la chanson. Dans ses longs monologues incantatoires comme La Joie noire ou La Fabuleuse histoire de Judas Iscariote, dans sa manière de prendre date, il y a une manière de s’exprimer qui lorgne du côté d’un Léo Ferré.  Ainsi dans La Joie noire, il martèle tel un prophète moderne  avec un sens certain du sarcasme: « Entendu que la Beauté a toujours raison/ Et qu’il nous faut être un creuset/ L’horreur a son potentiel/ C’est le cri. » L’exercice n’est pas une pâle copie du créateur du Chien, et sonne avec une mélancolie propre. Lire la suite « Andoni Iturrioz : chanteur rimbaldien »

Le chant d’adieu de Rachid Taha

Dix chansons en forme d’adieu : Je suis africain(*) est l’album posthume de Rachid Taha. Envoutant et magistral.

La mort des artistes est souvent prétexte à la publication de disques de plus ou moins bonnes tenus, souvent prétexte à des coups commerciaux. Parfois, c’est radicalement différent et le Je suis africain de Rachid Taha en est un bon exemple. De fait, quand le chanteur allait fêter ses 60 ans le 12 septembre 2018, la camarde a frappé à sa porte alors qu’il mettait la dernière main à son onzième album, celui qui est sorti il y a quelques semaines et qui avait été conçu après un voyage au Mali. Sur la pochette, Lyes Taha dédié quelques mots à son père : « Ton dernier album, tu l’as conçu avec Toma Feterman dans ton studio, à la maison. « Je suis africain », le titre du premier single de cet album, dit tout des valeurs d’humanisme et d’ouverture d’esprit qui te tenaient tant à cœur. »

Dès l’ouverture avec Ansit et son rock oriental, il donne le ton dans ce chant où il lance de sa voix cassée si reconnaissable : « Je n’oublierai pas les fachos/ Je n’oublierai pas/ Je n’oublierai pas les traitres/ Je n’oublierai pas les assassins. » Mariant les riffs de guitares, les flûtes, le balafon et les youyous, Rachid Taha nous embarque dans un voyage musical splendide où il mélange en prime bien des langues : l’anglais, le français, l’arabe et l’espagnol. Lire la suite « Le chant d’adieu de Rachid Taha »

Les voyages oniriques de Marie Sigal

En six chansons, Marie Sigal convie à un voyage personnel avec Les Géraniums où, sur des mélodies plutôt anglo-saxonnes, elle livre des histoires à l’indéniable poésie.

Avec Marie Sigal, il faut se laisser glisser lentement dans un univers musical que cette chanteuse qui a trouvé son inspiration aux États-Unis –  elle a conçu cet album lors d’une résidence –  a créé autour de textes ouverts sur la rêverie et l’imaginaire.

Ouvrant et terminant ce disque par un hymne à la Beauté où elle évoque aussi bien les Nympheas chères à Monet que des errances sur rue Bichat en souvenir de la « femme venue très vite » à (son) secours« .  Le tout porté par une mise en ondes solides où les roulements de la batterie de Theo Glass le disputent aux basses de Philippe Burneau pour porter la voix puissante et claire de Marie SIgal. Le tout avec une réalisation ciselée au studio Condorcet de Toulouse avec  Olivier Cussac, qui joue de bien des instruments sur cet opus.

Chanteuse-pianiste formée au Conservatoire, Marie Sigal revendique une inspiration musicale qui va de Debussy à Feu!Chatterton en passant par Portishead. Dans cette pop obscure où jaillissent des envolées de violon et de violoncelle (Le bât blesse), elle peut provoquer à la rêverie comme évoquer les blessures d’une histoire d’amour qui tourne court. Lire la suite « Les voyages oniriques de Marie Sigal »

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