Mihuma brouille les ondes

Six titres pour un rappeur au long cours qui se promène entre rap et rock avec un certain sens de la formule : tel est Friture sur la ligne, le EP (*) de Mihuma.

Le sens des histoires, Mihuma l’a sans conteste. Un artiste qui avait été révélé en 2010 au grand public via l’album Music-All, où figuraient notamment Féfé, Oxmo Puccino… Avec Friture sur la ligne, Mihuma se balade entre ballades rock et rythmique rock sur des mélodies où il a fait appel au beatmaker Gyver Hypman, qui produit notamment le Saïan Super Crew. Sans oublier Stéfane Goldman, le guitariste compagnon de ses débuts et qui a joué pour Imany, Jean-Pierre Nataf… De quoi habiller de mélodies ciselées des histoires parfois noires comme cette surprenante (le clip l’est aussi)  Plage, où il est question des violences conjugales dites d’une voix blanche et un brin monocorde avec des images qui font mouche comme lorsqu’il évoque ce « bouquet de fleurs » ou « il y avait même des fleurs dedans« .

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Des chansons de révolte

Avec En désaccord (*), le duo Alee & Ordoeuvre signent un album mariant chanson et rap. Un univers musical surprenant sur des textes qui égratignent le monde comme il va.

Sortie à quelques jours des législatives, En Désaccord résonne étrangement car les mots du duo n’y vont pas par quatre chemins. Dans Y’a trop de blabla, ils lancent ainsi : « Trop de blabla pour la France d’en bas qui ne sait plus qui est de gauche et qui est de droite. » Ou encore dans Le Poids des mots : « La peste ou le choléra, c’est pas trop bandant comme avenir/ Mais si on laisse la place aux rats, c’est sûr qu’on ne pourra plus choisir. »

Après deux ans de tournée au cœur du collectif 13 (Tryo, La Rue Kétanou, Massilia Sound System, Syrano…),  Alee & Ordoeuvre se sont associés – platines, chant et guitare – pour signer un disque d’ouverture sonore, entre hip-hop et jazz, avec quelques doses funky. Sans oublier quelques pas du côté des rythmes africains dans Des routes.

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Quand le rap célèbre Léo Ferré…

ferre-ce-rap1Les reprises ne sont pas toujours de bonne augure, loin de là. Pourtant La Vie d’Artiste fait un travail original dans Ferré ce rap (*),  solide relecture de l’œuvre du créateur d' »Avec le temps ». Une réussite qui prouve la grande modernité de l’œuvre de Ferré..

L’aventure a commencé il y a cinq ans quand un duo de beatmakers rennais, Namsen, créait un premier instrumental. L’idée a fait son chemin et un groupe, La Vie d’artiste, a été spécialement créé pour l’occasion avec quatre artistes installés à Orléans : Supafuh aux machines et aux platines, David Hazak à la basse, Pierre-Erwa,  Grenet à la batterie et, pour la voix,  Trublion. En 2010, celui-ci avait déjà revisité l’œuvre de Renaud. Il dit : « J’écoute beaucoup de musiques différentes, et me suis plongé un temps dans la chanson française. J’ai vraiment apprécié les propos, la poésie, les textes de Ferré, quitte à les lire sans musique. »

Pour réussir cette incursion dans le monde de Ferré, le quatuor n’a pas hésité à étoffer le groupe. Ainsi Lila Tamazit débarque dans la version très belle de Beau Saxo et Valerian Renault apparaît pour reprendre le long texte, pierre angulaire de l’univers de Léo : La Mémoire et la Mer,  long poème qui a servi de matière à plusieurs  de ses chansons.

Dans ce travail de relecture, le groupe a dû simplement faire avec les demandes des ayant-droits de Ferré qui ont demandé de ne mélanger ni les paroles, ni les musiques des différents titres. In fine, cette contrainte procure l’armature solide de ce projet. « Nous avons voulu sampler de façon plutôt classique, un peu dans la veine de ce qu’Imhotep a pu faire pour IAM, avec un beat épuré. Seulement, les textes pharaoniques appelaient des lignes de basse, jouées par David Hazak. Nous avons également ajouté une batterie pour le côté live, et en renfort sur des beats minimalistes », souligne Supafuh.

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