L’hymne à la joie et contre les obscurantismes !

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En souvenir des disparus du 15 novembre, victime de la barbarie terroriste, HK et les Saltimbanks ont réagi en musique et joint le signe à la musique. A écouter sans modération.

 » Ce soir, nous irons au bal

Ce soir, nous danserons de plus belle

Nous danserons ma belle

Tous les deux entre les balles. »

Capture d’écran 2016-03-18 à 19.39.53 Voilà le slogan qu’HK et les Saltimbanks lancent à la face de tous les fanatiques dans Ce soir, nous irons au bal, une chanson en forme d’hommage à toutes les victimes du 15 novembre. Loin des images en boucle qui font l’ordinaire du petit écran, l’artiste et sa bande ont imaginé une chanson tonique en diable et qui prennent un peu de recul face à l’actualité à chaud, le jour même où les chaînes sont branchées sur l’arrestion de Salam Abdeslam. L’originalité du clip, c’est aussi d’avoir fait appel pour ce clip chatoyant et rythmée à la réalisatrice Sandrine Herman avec son association « Les yeux pour entendre » pour offrir la chanson aux sourds et malentendants.

Une autre manière de réagir face aux va-t-en guerre et autres mordus de l’état d’exception. Kaddour Hadadi aime cette fois citer Sénèque : « La vie, ce n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre à danser sous la pluie ».
Grâce au langage des sourds, les signes deviennent une arme pour s’attaquer à tous les obscurantismes religieux.

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La Caravane sur la route

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Après trois ans de silence, c’est fort d’un nouvel album, Canis carmina (Les Chants du chien) (*),  que le groupe La Caravane passe  reprend la route. L’inspiration est toujours intacte avec leurs mélodies qui pétillent de vie.

Des Balkans au Maghreb, en passant par la Catalogne, des musiques folks aux envolées hip-hop, La Caravane passe célèbre les errances, le dépaysement et le métissage en tout sens dans son nouvel album Canis Carmina, composé de 10 titres, dont six acoustiques et 4 remix. Un disque nourri par quinze ans de tournée d’un groupe qui n’est jamais aussi puissant qu’en scène. La voix de Toma Feterman, tantôt chantée, tantôt rugueuse, porte haut  ce périple du quotidien et ces rencontres oniriques, tout en évoquant  aussi sa double culture (parisienne et d’Europe de l’Est). Le tout porté par les irruptions instrumentales de saxophone de Zinzin Moret ou les roulements chaloupés de la  batterie de Pat Gigon.

La Caravane passe n’a jamais fait le voyage en solitaire et a accueilli bien des collaborations. Cette fois, c’est Tom Fire, Erika Serre et Marko Markovic qui sont du voyage sans oublier Rachid Taha, qui donne de la voix sur des beaux textes. Notamment l’émouvant et tonique Baba, qui signifie « grand-mère » en slave et « papa » en arabe.

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La poétique révolte d’Angélique Ionatos

3437545930Guitariste et chanteuse grecques brillante, Angelique Ionatos  a publié un album où son amour de la poésie le dispute à un sens magnifique des mélodies. Reste la lumière est un disque fort et utile en ces temps de doute.

La voix est là. Forte, profonde, capable de bien des modulations. L’émotion est intacte, à fleur de peau. Et à fleur de mots aussi, ceux des poètes qu’une fois encore, Angelique Ionatos sert de la plus belle manière. Et en ces temps difficiles, pour la Grèce notamment, ces poèmes ont une résonance particulière qu’il soit signé de Kostis Palamas, d’Odysseas Elytis, vieux compagnon de chanson de l’artiste, ou encore de Dyonissis Kapsalis qui, avec Perséphone, signe une histoire toute symbolique dans le contexte actuel.  Il y est notamment écrit : « Telle Perséphone, elle erre/ dans le bas monde et paie/ la rançon et les créditeurs. » Et Angélique Ionatos de souligner : « Le mythe de Perséphone est une métaphore pour la situation en Grèce aujourd’hui qui me touche beaucoup : sa maison est petite mais c’est une fille de joie, elle paye la rançon et cherche des acheteurs. Le tragique, contrairement au triste comporte l’espoir, l’humour, l’autodérision aussi. »

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2016 : Bonne année… sans religion !

Et si les athées l’ouvraient désormais autant que certains croyants ? Bonne année musicale – entre autres – avec ce classique.

Un peu de lecture pour prendre du recul avec un texte d’une autre époque :

Prière à Dieu

      « Ce n’est donc plus aux hommes que je m’adresse ; c’est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps : s’il est permis à de faibles créatures perdues dans l’immensité, et imperceptibles au reste de l’univers, d’oser te demander quelque chose, à toi qui a tout donné, à toi dont les décrets sont immuables comme éternels, daigne regarder en pitié les erreurs attachées à notre nature ; que ces erreurs ne fassent point nos calamités. Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger ; fais que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère ; que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps, entre tous nos langages insuffisants, entre tous nos usages ridicules, entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées, entre toutes nos conditions si disproportionnées à nos yeux, et si égales devant toi ; que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution ; que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer supporte ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil ; que ceux qui couvrent leur robe d’une toile blanche pour dire qu’il faut t’aimer ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire ; qu’il soit égal de t’adorer dans un jargon formé d’une ancienne langue, ou dans un jargon plus nouveau ; que ceux dont l’habit est teint en rouge ou en violet, qui dominent sur une petite parcelle d’un petit tas de boue de ce monde, et qui possèdent quelques fragments arrondis d’un certain métal, jouissent sans orgueil de ce qu’ils appellent grandeur et richesse, et que les autres les voient sans envie : car tu sais qu’il n’y a dans ces vanités ni envier, ni de quoi s’enorgueillir.      Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères ! Qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes, comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit du travail et de l’industrie paisible ! Si les fléaux de la guerre sont inévitables, ne nous haïssons pas, ne nous déchirons pas les uns les autres dans le sein de la paix, et employons l’instant de notre existence à bénir également en mille langages divers, depuis Siam jusqu’à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant. »

Voltaire, Traité sur la tolérance, Chapitre XXIII

L’ ivresse contagieuse de Gérard Pierron

FA8519Gérard Pierron est un artisan discret de la chanson. De disque en disque, il célèbre les bons mots avec de délicats arrangements. La douce ivresse est à l’honneur de son dernier disque gouleyant : Chante vigne, chante vin (*).

On connaissait le talent de Gérard Pierron quand il s’agissait de mettre en musique la poésie populaire des bords de Loire et notamment les mots d’un certain Gaston Couté, un poète-paysan et libertaire. Avec François des Ligneris, aubergiste-vigneron de Saint-Emilion, il s’est lancé dans une autre aventure : celle de monter un spectacle sur le thème de la vigne et du vin.

De sa voix douce, l’artiste célèbre l’ivresse des mots et la dive bouteille dans un hymne au partage et à la bonne chère. Valse, tango, jazz, mélodies à la Django, cet opus célèbre les fruits de la hqdefaultvigne sur tous les rythmes et Gérard Pierron a eu la main heureuse en réunissant les mots de Gérard de Nerval (Gaieté) à la poésie nomade d’André Hardellet (Sur les grand’routes) , en passant par Gaston Couté, bien sûr, mais aussi Léo Ferré (L’Âme du rouquin), Paul Valéry (Le Vin Perdu). L’homme est un dénicheur sans frontières et c’est du côté de Marseille qu’il est aussi allé chercher les mots d’un poète au long cours, Louis Brauquier, dont il faut absolument redécouvrir l’univers. « Chante vigne, chante vin, chasse la peine des hommes/ Sans la vigne, sans le fin, ma chanson ne vaudrait rien » lance ainsi Gérard Pierron en empruntant la chanson-titre de son album à Yves Sandrier, qui écrivit ce texte dans son lit, bloqué par la maladie qui allait le faire mourir avant qu’il n’atteigne ses 20 ans.
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Les rêves de Capucine

0295d4_143d1825a3b74c87a3f5e014abd18552.jpg_srz_326_288_85_22_0.50_1.20_0Le Cercle (*),  c’est le deuxième album d’un groupe tourangeau, L’Affaire Capucine,  qui aime l’étrange, l’univers onirique d’un petit cirque ambulant, d’un théâtre d’ombres…. Un disque décalé, hors du temps et qui retient l’attention.

Il y a un charme suranné dans les mélodies de cette Affaire Capucine, un trio venu de Touraine – la ville de Loches plus exactement-  qui nous invite à un voyage plein de rêves dans une ambiance où l’auditeur plonge dans l’univers étrange des vieux décors de théâtre et de cirque. Le tout porté par la belle voix douce et chaude d’Aurélie Laurence qui  est capable, avec l’air de ne pas y touche,  de raconter de bien étranges histoires.
Des chansons en forme de pièces d’un musée pas comme les autres où une Collection de sourires voisine avec cette malle qui contient quelques sacrés Secrets de famille. Avant que l’on ne découvre, planqué sur une étagère de rêve, un flacon qui contient Le Goût du cœur… Evoquant son inspiration,  Aurélie Laurence, dont on se doute qu’elle n’aime guère donner les clés de ses songes,  note simplement  : « Je m’inspire de la réalité, de thématiques quelque fois difficiles comme la mort ou le mensonge. J’imagine des histoires romancées ». Enfin,  quand l’Affaire Capucine joue la reprise, c’est pour donner une version très personnelle, et pas du tout copie conforme, de Mobilis in mobile, tube de L’Affaire Louis Trio. Lire la suite « Les rêves de Capucine »

Leonard Cohen : un Tour qui vaut le détour…

Leonard-Cohen-Cant-ForgetDéjà sorti il y a quelques semaines Can’t Forget (*) est à marquer d’une pierre blanche dans la discographie du chanteur, tant  sa dernière longue tournée mondiales laisse de belles empreintes.

En cinq ans, et à un âge – 80 ans – où beaucoup regarde le temps passer, Leonard Cohen a accompli, comme l’indique le sous-titre de son album « live », un « Grand Tour », en remontant sur scène, suite à des problèmes financiers, pour donner plus de 470 concerts dans 31 pays. Même si la pochette naîve du disque n’est pas des plus heureuses, son contenu est splendide. Le folk singer à la voix chaude de prophète moderne a su s’entourer d’une brochette de musiciens qui soulignent les mots sans les écraser, avec des arrangements d’une grande délicatesse. Et les voix très pures des Webb Sisters – dont l’une joue aussi de la harpe et l’autre de la guitare sur certains morceaux – se marienparfaitement avec le velouté du timbre chaud de Cohen.

On remarque d’abord des nouvelles versions très bien arrangées de chansons comme Field Commander Cohen ; Stages ou encore la toujours intrigante Joan of Arc. On y découvre surtout deux nouvelles chansons : Never Gave Nobody Trouble et Got A Little Secret. Y figurent enfin deux reprises que le chanteur canadien n’avait jamais enregistrées dont La Manic, une chanson d’amour québécoise que l’on n’attendait pas dans un pareil écrin, et Choices, un hommage à George Jones, un chanteur de country qui est mort en avril 2013. Lire la suite « Leonard Cohen : un Tour qui vaut le détour… »

Yves Montand : les années d’or

FA5497-1Avec le volume 4 de L’Intégrale Yves Montand (1954- 1958) (*), on retrouve ce grand interprète au sommet de son art. Il y a, en prime,  quelques documents qui valent leur pesant d’or.

Durant cette décennie, Yves Montand n’a pas encore démarré son immense carrière d’acteur même s’il a déjà joué dans un film important comme Les Portes de la Nuit et Le Salaire de la peur, de Georges Clouzot (1953) qui a obtenu le Grand prix du Festival de Cannes, l’ancêtre de la Palme d’or.  En revanche, le chanteur et citoyen – qui ne fait déjà pas mystère de ses engagements – est déjà au sommet de son art, comme le montre ces enregistrements.

Dans ce coffret à la très belle qualité sonore, on retrouve l’artiste à la voix parfaite et qui signe des versions splendides, sans pousser la voix ni forcer son vibrato, de La Ballade de Paris, très beau texte de Francis Lemarque ou des traditionnels comme La Complainte de Mandrin, Les Canuts et Giroflé Girofla. Lire la suite « Yves Montand : les années d’or »

Eskelina, une voix chaude…venue du froid

9588-Eskelina+SvansteinArrivée en France en 2006, Eskelina n’avait a priori pas de raisons de chanter dans la langue de Renaud. Et pourtant, elle le fait. Et avec talent !

La vie de cette jeune suédois a commencé dans une maison de bois, située dans un petite village de 40 âmes, paumé dans les forêts  de la région de Blekinge, au sud-est de la Suède. Assez logiquement, le mode de vie est proche de la nature et Eskelina n’a pas dérogé à cette règle. Le froid est -il propice à la chanson ?

Ce fut le cas pour celle adolescente qui fonda son premier groupe dès ses  13 ans. Elle a vite eu conscience qu’il n’est pas facile d’échapper aux canons de l’industrie musicale. Si tu aimes changer, il faut partir. Eskelina  a donc opté pour la France au milieu des années 2 000, un pays qu’elle aimait pour ses mots qu’elle jugeait beaux.

Cap sur le coin de Sarlat et le Périgord où elle a des amis. Ils vivent sans eau ni électricité mais acceptent de l’accueillir. Le cadre de Sarlat est parfait pour les artistes de rue et Eskelina y fait ses premières gammes, grattant sa guitare pour touristes de passage et autochtones pas pressés.

Les voyages forment la jeunesse, dit-on. Les rencontres aussi. En croisant la route de Christophe Bastien du groupe Debout sur le Zinc et de Florent Vintrigner (La Rue Kétanou), elle forme un trio créatif, à l’origine de son album made in France Le Matin du Pélican (*) à la belle facture. Lire la suite « Eskelina, une voix chaude…venue du froid »

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