Au commencement était… Joan Baez

The Indispensable Joan Baez (1959-1962) nous fait retrouver l’artiste à l’orée des années 60. C’est le moment où l’artiste incarne le renouveau du folk avec sa voix cristalline qui peut tout se permettre. Ou presque.

Dès son adolescence, Joan Baez a choisi un style dépouillé qui met en valeur sa voix cristalline et son vibrato magnifique. Marquée par Pete Seeger bien sûr, Woody Guthrie mais aussi The Carter Family et le Kingston Trio, Joan a très tôt connu le succès. En prime, elle dispose d’une sacrée technique de guitariste et maîtrise le finger pincking de manière magistrale comme on peut l’entendre avec une chanson comme Lowlands.

Menant une vie de bohème, Joan Baez a été très tôt une figure féministe à l’engagement sans failles pour les causes qui comptaient à ses yeux. Et elles furent nombreuses. Amie d’un Martin Luther King, cette apôtre de la non-violence a marqué les esprits dès ses premiers albums qui sont réunis dans ce coffret et prouve à quel point elle a, dès ses débuts, trouvé sa voie et sa voix.

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Toutes les musiques de l’Acadie

 L’Acadie dans tous ses états et en musiques : c’est le pari de la Semaine acadienne qui se tient du 8 au 15 août dans le Calvados depuis douze ans. Coup de projecteur sur l’édition 2017.

Le 6 juin 1944,  des dizaines de milliers de soldats participèrent au Débarquement sur les plages normandes. Parmi eux, des Américains, des Anglais, des Francais, des Belges, des Polonais, … mais aussi des Canadiens.  Chaque nationalité étant affecté à une zone précise, ce fut pour ces derniers Juno Beach, une bande d’une dizaine de kilomètres de long, allant de Courseulles-sur-Mer à Saint-Aubin-sur- mer.

C’est en souvenir de ces cousins d’Amérique que les villes de Courseulles-sur-mer, Luc-sur-mer, Saint-Aubin-sur-mer, Douvres-la- Delivrande, Carpiquet, Authie, Beny- sur-mer, dans le Calvados accueilleront la douzième édition de « La semaine acadienne » du 8 au 15 aout . Pour les soldats acadiens qui participèrent à ce Débarquement, ils revenaient, trois siècles plus tard, sur les terres de ces Français qui avaient traversé l’Atlantique pour construire le Québec au 17e siècle. Hommage leur est donc rendu aujourd’hui d’une façon festive.

Plus importante  manifestation consacrée à l’Acadie en France, le Festival propose cette année outre un concert de Natasha St Pier,  la grande Marie Jo Thério, venue du Nouveau-Brunswick, Jocelyn Petit, et des groupes comme 112 Accords, Unisson, LGS. Entre autres… Lire la suite

La voix de Thiéfaine pour les maux de Dostoievski

On connaît le rocker amoureux des mots qui « poétisent » le monde, le rebelle fidèle aux enseignements surréalistes, et l’homme de scène. Avec sa lecture des Carnets de sous-sol (*), de Dostoievski, Hubert-Felix Thiéfaine fait entendre une des grandes voix de la littérature russe.

Plus de cinq heures d’écoute ! Une chose est sûre, les éditions Frémeaux & Associés aiment les défis et ne cessent de servir les grands textes. Cette fois, c’est Hubert-Félix Thiefaire qui se glisse, non sans gourmandise, dans l’univers de Dostoievski.

Quand le grand romancier russe signe ces Carnets du sous-sol, c’est juste après Les Souvenirs de la maison des morts, un texte stupéfiant et qui témoigne de ces années de bagne où il est envoyé en 1850. Un choc même si sa qualité de noble lui vaut d’éviter certains mauvais traitements mais pas de subir la hargne d’autres détenus. De ce séjour, le romancier revient transformé au fond de son être. Il écrit notamment : « Je n’ai pas perdu mon temps : j’ai appris à bien connaître le peuple russe, comme peut-être peu le connaissent » Il y passera quatre ans.

Juste après ce texte fondateur et qu’on ne peut se lasser de lire et relire, Dostoievski publie un autre livre où il livre une vision très pessimiste de la condition humaine. Ces Carnets du sous-sol qui commence par une double affirmation : « Je suis un homme malade… Je suis un homme méchant ». Lire la suite

Sur tous les tons !

Puisque les temps sont difficiles, voilà quelques airs à se passer en boucle.

Depuis 1989, certaines idées font – fort heureusement- réagir. Allons enfants de la musique !

Benjamin Biolay et Le Vol noir

Michel Fugain, et La Bête Immonde

IAM et 21/04

Pierre Perret, et La bête est revenue

Philippe Katerine, et 20-04-2005

Et sans perdre son sens de l’humour (noir)

Arapà : aux sacrifiés de Verdun

visuel-hd-in-memoriamPour le centenaire de la bataille de Verdun, le groupe Arapà signe un disque fort et émouvant : In Mémoriam 1914-1918.

Arapà  est une colline de l’extrême-sud de la Corse qui a donné aussi son nom de scène à un groupe dont les voix se marient avec subtilité et puissance. Dans son nouveau disque,  In Memoriam, Arapà  rend hommage à toutes les victimes de la boucherie de 14-18 dont on « fête » le centenaire. En ouverture de la pochette, le groupe souligne clairement son ambition :  » Cette guerre a été un carnage, détruisant dans le même geste apocalyptique, hommes, animaux, paysages et patrimoines, visages, corps, esprits et âmes. La Der des Der sonne le glas d’une Europe paysanne dont les savoirs et les savoir-faire prenaient leur source dans la nuit des temps. »

arapa-quatre

Mêlant des chants corses à de nouvelles versions de poèmes (Si je mourais là-bas, d’Apollinaire, mis en musique par Jean Ferrat; Tu n’en reviendras pas, d’Aragon, mis en musique par Léo Ferré notamment), ce disque fort dit clairement les dérives des chefs d’États majors qui conduisirent toute une population au bout de la souffrance. Il dit aussi le courage de ces soldats qui avaient quitté leur paisible région pour défendre un pays et découvrir l’horizon barré des tranchées et les premières manifestations d’une guerre « dite » moderne avec les débuts de l’aviation, l’utilisation des gaz, les tranchées… Se souvenant, comme bien des enfants, de ces noms gravés dans le marbre des monuments aux morts plantés dans le plus petit des villages, Arapà  dénonce, de belle manière, l’absurdité de cette guerre, cette « connerie » comme le dira, des années plus tard, un Jacques Prévert.

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L’hymne à la joie et contre les obscurantismes !

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En souvenir des disparus du 15 novembre, victime de la barbarie terroriste, HK et les Saltimbanks ont réagi en musique et joint le signe à la musique. A écouter sans modération.

 » Ce soir, nous irons au bal

Ce soir, nous danserons de plus belle

Nous danserons ma belle

Tous les deux entre les balles. »

Capture d’écran 2016-03-18 à 19.39.53 Voilà le slogan qu’HK et les Saltimbanks lancent à la face de tous les fanatiques dans Ce soir, nous irons au bal, une chanson en forme d’hommage à toutes les victimes du 15 novembre. Loin des images en boucle qui font l’ordinaire du petit écran, l’artiste et sa bande ont imaginé une chanson tonique en diable et qui prennent un peu de recul face à l’actualité à chaud, le jour même où les chaînes sont branchées sur l’arrestion de Salam Abdeslam. L’originalité du clip, c’est aussi d’avoir fait appel pour ce clip chatoyant et rythmée à la réalisatrice Sandrine Herman avec son association « Les yeux pour entendre » pour offrir la chanson aux sourds et malentendants.

Une autre manière de réagir face aux va-t-en guerre et autres mordus de l’état d’exception. Kaddour Hadadi aime cette fois citer Sénèque : « La vie, ce n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre à danser sous la pluie ».
Grâce au langage des sourds, les signes deviennent une arme pour s’attaquer à tous les obscurantismes religieux.

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