Lavilliers en plein ciel

Lavilliers nous offre 5 minutes de Paradis (*) à sa manière. Poétique, toujours rebelle et dans un écrin musical soigné. Peut-être trop…

A presque 71 ans, Bernard Lavilliers s’offre un vingt-et-unième album comme cadeau d’anniversaire. Cinquante ans de carrière, un sacré bail ! Après avoir multiplié les expériences scéniques depuis quatre ans, date de son dernier album en solo, Baron Samedi, Lavilliers est de retour et pas forcément là où on l’attendait. Ni dans un registre habituel.

Naturellement ce digne successeur de Léo Ferré – auquel il ne manque jamais de rendre un hommage, voire d’envoyer des clins d’œil au gré de vers inspirés sinon empruntés- n’a pas rangé ses révoltes au rang des souvenirs, comme en témoignent Croisières méditerranéennes, évocation poétique du drame de l’exil forcé; Bon pour la casse, évocation de « l’exécution », par l’entremise du chômage, d’un ex-cadre dynamique ou encore 5 minutes au paradis, évocation nerveuse des anges de la mort des services secrets…

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Le « Charleroi », de Lavilliers

S’il a souvent chanté les villes – de New-York à Lyon – Bernard Lavilliers a choisi la ville wallonne de Charleroi, sur la Sambre pour servir de décor à une de ses nouvelles chansons.

Cette fois, Lavilliers s’est inspiré du décor de ces villes frappées par la crise pour signer cette chanson d’alarme où il célèbre aussi ces cités du métissage… Le ton est grave et la voix chaude sur une mélodie au doux tempo. Son nouvel album sortira d’ici une dizaine de jours.

Amère mer pour Bernard Lavilliers

Gaëtan Chataigner signe le clip de la première chanson du futur album de Bernard Lavilliers, Croisières méditerranéennes. A découvrir.

Marqué par le drame des migrants qui ont perdu la vie en tentant de gagner l’Eldorado européen sur des embarcations de fortune, marqué par les trafics des passeurs, Bernard Lavilliers signe, en guise d’invitation au « voyage », une chanson mélancolique pour dire le désespoir des ces populations oubliées. Derrière la douceur de la mélodie, il y a une description presque journalistique de ce drame.

Il faudra attendre le 29 septembre pour découvrir l’intégralité de 5 minutes au paradis, le 21ème album studio de l’artiste qui fête ses 50 ans de carrière et sera, tout l’été, au cœur d’un feuilleton musical sur les antennes de Radio France. Tous les samedis, Jean-Luc Lehmann le racontera le samedi à midi dans Bernard Lavilliers : est-ce ainsi que l’homme vit ?

Pour enregistrer ce disque, il est bien entouré : outre Fred  Pallem, Romain Humeau, le chanteur d’Eiffel, qui figurent de nouveau au générique, Benjamin Biolay et les quatre musiciens de Feu! Chatterton (qui officient sur deux titres) ou encore Jeanne Cherhal  pour un duo sont de la partie.  Alors, pour reprendre la formule consacrée : à suivre…

Lavilliers sur son 21 !

Alors qu’il tourne en France pour des concerts acoustiques, Bernard Lavilliers a fait découvrir deux extraits de son 21ème album studio.

Avec Croisières méditerranéennes, Bernard Lavilliers signe, derrière une musique mélancolique, une chanson en prise sur la sinistre actualité de tous ces migrants qui ont laissé leur peau en tentant de traverser la Méditerranée.

« Croisière méditerranéenne
Sourire carnassier de nous mêmes
Très loin des sirènes italiennes
Tu atteindras ces rives sombres
Très près des côtes siciliennes
Les vierges noires comme une traîne. »

Et, avec Charleroi, il promène son inspiration sur cette ville qui semble délaissée et figée dans le temps. « Je vois ma ville comme un amant/ Trompé par un riche imbécile… »

Le disque sera disponible le 29 septembre et Lavilliers reprendra la route pour retrouver les aficionados de la révolte et du voyage. Pour ce retour, il s’est entouré de réalisateurs artistiques qui ont une griffe certaine  : de Romain Humeau à Benjamin Biolay en passant par Fred Pallem,  Feu! Chatterton ou encore Florent Marchet. Et Jeanne Cherhal sera présente enfin pour signer un duo en sa compagnie. De quoi ménager quelques surprises musicales.

 

Cyril Mokaiesh : révoltes et passions

ob_83049b_cover-cyrilmokaiesh-clotureJouant sur le beau duo avec Bernard Lavilliers, La Loi du Marché, Cyril Mokaiesh sort un nouvel album, Clôture, où il n’a pas mis sa langue dans sa poche pour imaginer des chansons en prise sur la société. Exercice parfois inégal mais qui nous change de la génération des artistes dont l’inspiration se résume à un petit lamento personnel.

« Combien de fois faut-il mourir pour être audible ,  » lance Cyril Mokaiesh dans la chanson-titre de son disque où il gueule à la face du monde des mots « sans-culottes » (pour reprendre une métaphore à la Ferré), de ces mots qui brocardent le monde sans prendre de gants. Il lance ainsi : « J’ai une bombe à retardement qui en a marre d’être retardée, qui voudrait crever l’écran et vous présenter le JT : « Mesdames et messieurs bonsoir ! Le capitalisme a tué l’existence en la privant de son humanité, il est urgent d’en changer, seuls quelques bandits y trouvent leur compte en nous réglant le nôtre.  » Pas étonnant avec une telle inspiration que Mokaiesh ait imaginé ce mariage – réussi – en chanson avec Lavilliers.

Il a d’ailleurs fallu ce clip de belle facture pour que les médias se réveillent et traitent l’artiste comme il le mérite. Il faut dire que l’ancien joueur de tennis qui a commencé dans la chanson, en 2011, avec un album Du rouge et des passions et un titre-phare Communiste n’avait pas fait le maximum pour séduire ceux qui pensaient déjà que le clivage droite et gauche n’avait plus de sens.

Depuis, il avait aggravé son cas en interprétant le bel hommage à ces « naufragés de la chanson » (dans le disque Naufragés) où il célébrait des révoltés de la rime : le grand Leprest, Bernard Dimey ou encore Mano Solo. Sans oublier la figure russe de la contestation contre tous les ordres : Vladimir Vissotski. Par avance, Mokaiesh avait devancé les éventuelles critiques en soulignant  : « J’ai bien conscience qu’il est singulier aujourd’hui, à 30 ans, d’aimer Pierre Vassiliu, Philippe Léotard et Jacques Debronckart. J’avais envie de mettre cette singularité en avant, même si certains peuvent considérer comme une faiblesse d’aimer la chanson française, la poésie, certaines vérités, ce premier degré.  » Il avait alors collaboré fraternellement avec le pianiste de jazz Giovanni Mirabassi, convoqué à nouveau sur Clôture pour un beau texte : Une vie.

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Lavilliers : toujours pas peur…

capture-decran-2016-09-24-a-16-45-50C’est en proposant une version remastérisée de son disque Pouvoirs (*), paru en 1979, que Bernard Lavilliers fait son retour avec une tournée de quelques dates. Impressions sur cette nouvelle étape musicale.

Avec son 21e album studio, Acoustique, Lavilliers avait fait de belles manières un retour dans son riche répertoire pour proposer de nouvelles versions (en solo comme en duo) de certains titres. Avec, au final, de belles surprises, notamment la splendide version d’Idées noires avec Catherine Ringer. Cette fois, il a décidé de sortir une version remasterisée de Pouvoirs, paru en 1979 et qui allait marquer une rupture, pas toujours comprise, par son public de l’époque. Ensuite, ses séjours au Brésil comme en Jamaïque allait lui faire emprunter d’autres chemins musicaux car l’homme était et reste un défricheur.

A l’écoute, on peut être un brin déçu car il n’y a rien de neuf sous le soleil depuis la version originale, mis à part un son « propre ». Mais, c’est strictement le même album qui reste, trente ans après, un disque inégal. Il y a des perles : Fortaleza en premier lieu dans laquelle l’auteur montraient déjà son sens des récits épurés sur des musiques délicates. Ou encore Bats-toi, où il restait fidèle à un univers musclé : celui des rings et de la scène qui est une autre forme de match. D’autres titres n’avaient rien, il faut le dire, de palpitant : que ce soit Fuckin’Life ou encore Ringard pour le reggae. Avec le temps, le constat est encore plus net.

Et puis, il y avait l’ensemble de chansons de 73247907la face A qui, en 27 minutes environ, donnait au disque son titre (ci-contre) : cette évocation de La Peur, de l’impérialisme américain qui déjà régissait le monde et les échanges (Urubus), entre autres…

A l’époque, Léo Ferré, qui reste toujours un modèle pour Lavilliers, avait été (dès 1969)  le pionnier de textes fleuve avec des incontournables : Le Chien, Il n’y a plus rien, ou La Violence et l’ennui (sorti bien plus tard en disque mais écrite à la fin des années 60). Et l’influence du révolté toscan se voyait nettement dans la technique d’écriture de Lavilliers.

A la sortie de Pouvoirs, celui-ci avait d’ailleurs signé une série de concerts qui s’ouvraient par ce long texte et se terminait par un Plus dure sera la chute, où, du moins le soir où je le vis à Marseille, Lavilliers terminait aux congas, torse nu dans un déluge de décibels, comme en  hommage aux Doors et aux compagnons de route qui, parfois, s’étaient perdus dans les paradis artificiels.


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De Léo à Bernard

DownloadPour sa prestation lors de la 32ème édition des Francofolies de La Rochelle, Lavilliers a revisité un album marquant de sa discographie – Pouvoirs, sorti en 1979accompagné d’autres textes sur le même thème.

A l’époque de la sortie de Pouvoirs, Lavilliers l’avait chanté le temps d’une tournée d’une soixantaine de dates. Inspiré par les longs textes de Ferré, qui reste un de ses modèles, Lavilliers signait alors un cri d’alarme contre tous les pouvoirs avec des chansons comme Urubus. Il déclare aujourd’hui dans L’Humanité : « Reprendre ces chansons, en ce moment, c’est salvateur. Tous les artistes ont un œil critique sur la politique et sont plus ou moins investis. Les compositions de Pouvoirs, c’est Pascal Arroyo et François Bréant. Tous les trois, on était très soudés, on prenait des risques incroyables. Cet album ne passait pas en radio à l’époque. D’ailleurs, on ne me voyait jamais ni en télé, ni en radio. «  Lire la suite