Julien Clerc bien inspiré…

Disque né durant le confinement, Terrien (*), son 26e album, prouve que Julien Clerc, sémillant septuagénaire, garde  son inspiration intacte. Malgré plusieurs décennies au sommet, l’artiste sait se renouveler. De nouveaux auteurs viennent ainsi enrichir son univers.

La faucheuse est venue encore récemment -avec la mort de Jean-Loup Dabadie –  décimer les auteurs historiques de Julien Clerc. Mais l’homme sait rebondir et il a su renouveler ses auteurs pour Terrien, un disque qui, même s’il fut conçu en plein confinement dans la maison de ses beaux-parents, est complètement en phase avec son époque et évoque, sans jamais enfoncer le clou, des questions de notre temps. Un retour en terre française après une parenthèse anglaise – Julien Clerc s’était installé à Londres avec femme et son fils Jules durant quelques années – qui a été interrompue par la crise de la Covid et le Brexit.

Dès la première écoute, on retrouve le compositeur inspiré qui sait passer de mélodies chaloupées (Mon refuge; Ma petite Terre) à des musiques plus mélancoliques avec, par exemple, l’évocation du temps qui passe dans Automne, signée d’un petit « nouveau » dans la galaxie Clerc : Bernard Lavilliers.

Il parvient même à mettre du tempo dans le Brexit, avec la chanson éponyme, signée Paul Eole, auteur d’une histoire d’amour évoquant « des larmes à l’intérieur« . Et Julien Clerc de chanter : « La tristesse aristocratique/ C’est avoir le cœur insulaire/ Et c’est être un peu britannique/ C’est pleurer sans en avoir l’air. » Lire la suite « Julien Clerc bien inspiré… »

Embarquement immédiat avec François Morel

Chronique radiophonique gouleyante à souhait, écrits, théâtre… et chansons. Rien n’apaise la curiosité de François Morel. Avec un disque où il chante Yves-Marie Le Guilvinec(*) – et très bien entouré – l’artiste signe un bel hommage aux marins de tous les ports.

Les marins ne disparaissent pas tous de nos mémoires. La preuve avec Yves-Marie Le Guilvinec, qui fut l’auteur de La Cancalaise et auquel François Morel vient de redonner vie… La rencontre est le fruit du hasard. Dans un vide-grenier d’Ille-et-Vilaine, l’ancien Deschiens tombe sur une brochure datant de 1894, où sont reproduites douze chansons d’Yves-Marie Le Guilvinec. Marin-pêcheur mort en mer en 1900, ce marin né en 1870 profitait des moments de temps libre sur les morutiers qui l’emmenaient à Terre-Neuve pour écrire et composer des chansons. Dreyfusard et admirateur de la Commune de Paris, ce marin poète avait de quoi attirer l’œil d’un François Morel. Avec son complice Antoine Sahler qui a signé la réalisation et les arrangements, l’artiste célèbre donc un auteur oublié en se jouant sur les grands thèmes chers à la chanson de marin : le retour au port, le parfum du large, les amours au long cours (La Petite Edith)…

Entre émotion et belle loufoquerie (Petit Moussaillon), avec de belles incongruités au détour d’un vers que ce soit les couplets écolos de Plus rien que le sel ou l’évocation de la chroniqueur météo de France Inter dans Fanche de Pontivy, François Morel brouille les pistes avec un goût du non sens qui n’appartient qu’à lui.

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La complainte du voyageur

VINTAGE

1979. Avec Pouvoirs, Bernard Lavilliers signait un disque où figurait ce long texte aux accents à la Léo Ferré. On pouvait en extraire quelques moments plus forts comme La Peur ou Urubus.

Marqué par ses errances dans le Sertão et les régions brésiliennes, Lavilliers l’évoque une fois de plus dans cette chanson allégorique qui porte le nom de ce vautour que l’on voit souvent dans les rues des villes d’Amazonie comme Belem et son célèbre marché  : Ver-o-peso, grand marché journalier au bord du fleuve où l’animation le dispute aux odeurs lourdes et parfois rances dans une touffeur tropicale qui pèse comme un couvercle.

« Urubus, vous n’avez pas de cri
Cri de chasse, cri d’amour, cri de peur
Urubus, vous attendez qu’on meure
Mort de faim, mort d’amour, mort de peur. »

Et l’intégrale du texte revisité aux Francofolies en 2016

Brel : le bonheur en 13 versions

S’attaquer à Brel, c’est tenter de gravir un Himalaya. Pour célébrer les quarante ans de la disparition du chanteur, un disque Brel : Ces gens-là offre des reprises dont la plupart n’ont rien de ridicules grâce à  des arrangements ciselés de Larry Klein.

Sur la pochette de l’album Brel : Ces gens-là(*) figure une belle brochette d’artistes (de Melody Gardot à Thomas Dutronc en passant par Oxmo Puccino) réunis pour une séance photo reprenant celle du disque d’origine du créateur du Plat pays.

« Je suis un familier de Brel depuis toujours« , écrit sur le livret  Larry Klein. Bassiste, producteur et arrangeur – on lui doit ses productions d’albums « crossover » de Joni Mitchell, Madeleine Peyroux ou  encore Melody Gardot. Melody Gardot que l’on retrouve en première ligne pour revisiter de belle façon La Chanson des vieux amants. Sobre et puissant. A quelques exceptions près – Slimane a, par exemple,  un peu de mal à mettre sa griffe sur Ne me quitte pas et Liv del Estal n’apporte par beaucoup de chose en plus à L’Ivrogne – ces reprises sont du plus bel effet.

Dès l’ouverture, Thomas Dutronc pose sa nonchalance stylée sur le célèbre Vesoul avec un double clin d’œil  : celui de la guitare manouche chère à Django qui remplace le soufflet de Marcel Azzola et celui fait à son père : « T’as voulu voir Dutronc et on a vu Dutronc »… Et quand Marianne Faithfull pose sa voix éraillée  sur Port of Amsterdam, c‘est pour nous donner une version brumeuse de cette chanson jaillie sur scène et que Brel n’enregistra jamais en studio, conscient que la force de son interprétation était toute contenue  dans ce cri du cœur sur les planches. Il y a du Tom Waits dans l’ombre du grand port qui plane alors sur cette interprétation magnifique de lady Marianne… Lire la suite « Brel : le bonheur en 13 versions »

Les bonnes notes de Lavilliers

Plusieurs générations de musiciens  sortent  vainqueurs de l’Académie Charles Cros, qui récompense, chaque année, les disques et DVD français. Outre le vainqueur de l’année,  Bernard Lavilliers, Clara Luciani et le duo Bigflo & Oli sont du palmarès.

Un après la sortie de son 21e album, 5 minutes au paradis, suivi de plusieurs concerts, en France, à la salle Pleyel notamment, comme à l’étranger, Bernard Lavilliers, fringant septuagénaire, a reçu le prix de l’Académie Charles Cros pour l’ensemble de sa carrière. Un prix mérité quand on mesure à quel point l’auteur de Stand The Ghetto a marqué la mémoire collective avec des chansons comme Les Mains d’or, Noir et Blanc, Les Barbares ou encore Betty. Ce n’est pas trop tôt quand même ! Un artiste qui garde toujours l’esprit rebelle et lançait récemment : « Je vois peut-être les choses moins brutalement parce que j’étais un militant anarchiste assez radical ! Mais au fond du fond, je suis resté le même… en plus vieux ! »

Côté scène, se partagent le prix le duo de rappeur toulousain qui monte, monte, les frères Bigflo et Oli (qui viennent de sortir leur troisième album, La Vie de rêve) et Clara Luciani, remarquée par La Grenade.

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Lavilliers en plein ciel

Lavilliers nous offre 5 minutes de Paradis (*) à sa manière. Poétique, toujours rebelle et dans un écrin musical soigné. Peut-être trop…

A presque 71 ans, Bernard Lavilliers s’offre un vingt-et-unième album comme cadeau d’anniversaire. Cinquante ans de carrière, un sacré bail ! Après avoir multiplié les expériences scéniques depuis quatre ans, date de son dernier album en solo, Baron Samedi, Lavilliers est de retour et pas forcément là où on l’attendait. Ni dans un registre habituel.

Naturellement ce digne successeur de Léo Ferré – auquel il ne manque jamais de rendre un hommage, voire d’envoyer des clins d’œil au gré de vers inspirés sinon empruntés- n’a pas rangé ses révoltes au rang des souvenirs, comme en témoignent Croisières méditerranéennes, évocation poétique du drame de l’exil forcé; Bon pour la casse, évocation de « l’exécution », par l’entremise du chômage, d’un ex-cadre dynamique ou encore 5 minutes au paradis, évocation nerveuse des anges de la mort des services secrets…

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Le « Charleroi », de Lavilliers

S’il a souvent chanté les villes – de New-York à Lyon – Bernard Lavilliers a choisi la ville wallonne de Charleroi, sur la Sambre pour servir de décor à une de ses nouvelles chansons.

Cette fois, Lavilliers s’est inspiré du décor de ces villes frappées par la crise pour signer cette chanson d’alarme où il célèbre aussi ces cités du métissage… Le ton est grave et la voix chaude sur une mélodie au doux tempo. Son nouvel album sortira d’ici une dizaine de jours.

Amère mer pour Bernard Lavilliers

Gaëtan Chataigner signe le clip de la première chanson du futur album de Bernard Lavilliers, Croisières méditerranéennes. A découvrir.

Marqué par le drame des migrants qui ont perdu la vie en tentant de gagner l’Eldorado européen sur des embarcations de fortune, marqué par les trafics des passeurs, Bernard Lavilliers signe, en guise d’invitation au « voyage », une chanson mélancolique pour dire le désespoir des ces populations oubliées. Derrière la douceur de la mélodie, il y a une description presque journalistique de ce drame.

Il faudra attendre le 29 septembre pour découvrir l’intégralité de 5 minutes au paradis, le 21ème album studio de l’artiste qui fête ses 50 ans de carrière et sera, tout l’été, au cœur d’un feuilleton musical sur les antennes de Radio France. Tous les samedis, Jean-Luc Lehmann le racontera le samedi à midi dans Bernard Lavilliers : est-ce ainsi que l’homme vit ?

Pour enregistrer ce disque, il est bien entouré : outre Fred  Pallem, Romain Humeau, le chanteur d’Eiffel, qui figurent de nouveau au générique, Benjamin Biolay et les quatre musiciens de Feu! Chatterton (qui officient sur deux titres) ou encore Jeanne Cherhal  pour un duo sont de la partie.  Alors, pour reprendre la formule consacrée : à suivre…

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