Lavilliers sur son 21 !

Alors qu’il tourne en France pour des concerts acoustiques, Bernard Lavilliers a fait découvrir deux extraits de son 21ème album studio.

Avec Croisières méditerranéennes, Bernard Lavilliers signe, derrière une musique mélancolique, une chanson en prise sur la sinistre actualité de tous ces migrants qui ont laissé leur peau en tentant de traverser la Méditerranée.

« Croisière méditerranéenne
Sourire carnassier de nous mêmes
Très loin des sirènes italiennes
Tu atteindras ces rives sombres
Très près des côtes siciliennes
Les vierges noires comme une traîne. »

Et, avec Charleroi, il promène son inspiration sur cette ville qui semble délaissée et figée dans le temps. « Je vois ma ville comme un amant/ Trompé par un riche imbécile… »

Le disque sera disponible le 29 septembre et Lavilliers reprendra la route pour retrouver les aficionados de la révolte et du voyage. Pour ce retour, il s’est entouré de réalisateurs artistiques qui ont une griffe certaine  : de Romain Humeau à Benjamin Biolay en passant par Fred Pallem,  Feu! Chatterton ou encore Florent Marchet. Et Jeanne Cherhal sera présente enfin pour signer un duo en sa compagnie. De quoi ménager quelques surprises musicales.

 

Prévert mis en musiques

Les Chansons de Prévert 1934-1962 est un coffret qui tombe fort à point pour dignement célébrer l’œuvre du poète du quotidien, disparu il y a quarante ans.

Qui pourrait contester que Jacques Prévert (1934-1977) demeure le grand poète populaire du siècle dernier ? Par son langage accessible à tous mais aussi par sa fantaisie, son humour un brin surréaliste, Prévert a fait descendre la poésie dans la rue et, tout naturellement, l’a mariée à la chanson grâce à  des compositeurs inspirés, comme Joseph Kosma surtout, mais aussi Wal Berg et Christiane Verger,.

Le coffret Les Chansons de Prévert (*) témoigne  bien de l’importance de l’univers dupoète avec des classiques interprétés par des grands noms de la chanson : de Juliette Gréco à Edith Piaf, en passant par Mouloudji, Yves Montand et même Tino Rossi. Des artistes qui font sonner les mots d’un poète qui avait une ambition : « Écrire des chansons dont l’objet ne serait pas seulement de distraire, mais aussi d’exprimer l’angoisse des hommes devant les menaces de notre monde moderne, passablement inhumain. »

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Le swing symphonique de Guy Luypaerts

Les Chansons de ma jeunesse (*) cache, derrière une pochette un peu trop rétro, une riche compilation  de mélodies interprétées par des grands (Trénet, Sablon Guetary) et signées d’un as du jazz symphonique : Guy Luypaerts.

Au gré des plages, on est surpris par la qualité et la variété des compositions de Guy Luypaerts dont le nom ne dit certainement rien aux moins de 20 ans. Et pourtant, il suffit d’écouter le swing d’un morceau comme Avalanche, les délicats arrangements de La Ballade des petits lutins pour mesurer le coup de griffe de ce musicien. Il y a chez ce compositeur, né à Paris, le 29 septembre 1917, une joie de vivre et un amour de la musique qui « transpirent » de toutes ces musiques retrouvées et regroupées où le moindre basson peut apporter une rythmique du tonnerre.

Après avoir été pianiste de jazz dans des formations reconnues comme celle de Bill Coleman, l’artiste a été versé au théâtre aux armées où il devient l’accompagnateur de Charles Trenet. C’est Trenet qui va lui créer, en 1940, sa première chanson, la mélancolique Près de toi mon amour qui ouvre au demeurant ce CD et que l’on va découvrir avec plaisir, tant cette chanson est bien ciselée. Lire la suite

Soan sonne l’alarme

Voix cassée et profonde, Soan revient sur le devant de la scène avec Celui qui aboie (*). Un CD où il chante à plein cœur pour un opus enregistré en cinq jours.

Dès le départ, Soan annonce la couleur avec Ces lumières, un texte sombre sur les amours blessées où la voix progressivement se fait puissante pour capter l’attention. « J’ai la mémoire à vendre à mes amours d’un soir » , lance t-il à fleur de désespoir avec des échos  – clairement revendiqués depuis ses débuts –  à  un Jacques Brel.

Tout au long de Celui qui aboie, Soan nous embarque dans un univers de bastringue où, harmonica et percussions se répondent pour évoquer par exemple l’ivresse dans la chanson-titre, en forme de confession intime assez réussie. Comme il évoque ses rêves de liberté dans Vingt cinq printemps où l’alcool n’est pas, une fois encore, très loin  : « La liberté c’est bon comme un verre dans le gosier. » Une chanson marquée aussi par sa relation amicale avec Jean Corti, un accordéoniste qui fut compagnon de route de  Brel et qui fit des prestations réussies plus récemment avec les Têtes Raides.
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Yéyé : copier est parfois bien jouer…

Yéyé VO/VF offre, dans un coffret de 3 CD, un parcours intéressant entre les versions originales et françaises de cette musique qui marqua la France à la fin des années 50.

La pochette de couverture du coffret (*) est parfaitement choisie : on y voit un Johnny jeune le regard fixé sur une photo d’Elvis. Deux regards dans le lointain, deux profils pensifs. Avec Yéyé VO/VF, Pierre Layani et François Jouffa invitent l’amateur à un passionnant saut dans le temps accompagné d’un livret toujours riche en informations où, s’ils montrent bien que si les rockers français se sont inspirés d’illustres modèles, ils soulignent aussi. que tous les artistes se sont inspirés des anciens. Alors, pour un Johnny, adapter Tutti Frutti, de Presley est une filiation naturelle. Tout comme Be-Bop-A-Lula, de Gene Vincent pour les Chaussettes Noires. Mieux, un certain nombre des originaux étaient eux-mêmes des reprises. Ainsi Cliff Richard, si souvent adapté en France, s’est inspiré pour ses créations de bien des morceaux oubliés de la musique américaine. Quant à Presley, les auteurs du coffret prennent la peine de souligner : « Hors musiques de film, le répertoire d’Elvis Presley, de la première à la dernière chanson, est composé au moins de trois quarts de reprises, comme chez Frank Sinatra ou Ray Charles. »

De Titus Turner à Johnny Hallyday

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Ils font bien les… Trottoirs

Formé à Strasbourg en 2006, mais ayant connu quelques modifications humaines depuis,  Les Garçons Trottoirs font montre d’une belle énergie dans Doux, durs et dingues (*), où mélodies inventives accrochent l’oreille.

D’emblée, les sonorités cajuns vous donnent un sympathique uppercut dans Animal qui ouvre Doux, durs et dingues. Avec leur nouvel album,  Doux, durs et dingues, on sent que Paul d’Amour (guitare et chant), Jean-René Mourot (accordéon, trompette, piano) et les autres ont concocté un opus taillé pour la route et la scène, tant les mélodies sont enlevées.  Même pour signer une chanson décalée sur un des sept péchés dit capitaux : Gourmand.

De ballades romantiques sur le thème de la séparation (Chacun dans son maquis), à des mélodies plus rocks (Le diable e(s)t ma femme), l’énergie est bien au rendez-vous d’un disque qui fait, musicalement, bien des clins d’œil au cinéma. Ainsi, les arrangements de Chacun dans son maquis ont un lointain cousinage avec les musiques d’un Ennio Morricone.  Et quand l’amour déçu le dispute à une ivresse consommée sans modération, cela offre les dérives espagnoles et latinos (dans les solos d’accordéon) de J’ai ouï dire.


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Un duo sans frontières

Ki, c’est le nouveau voyage instrumental de Baltazar Montanaro-Nagy et Miquèu Montanaro qui intègre des plages improvisées.

En hongrois, Ki (*) désigné l’extérieur. Mais Ki, c’est aussi Qui et une interrogation fondamentale. Ki, c’est le nouvel album du duo Montanaro ou le mariage de flûtes, galoubet tambourin et autre guimbarde avec un violon et un violon baryton.

Le voyage est surprenant mais jamais banal avec des mélodies qui soudain changent de cap, rebondissent et nous emportent vers des horizons différents.

Mélangeant les musiques traditionnelles et un blues essentiel, Ki peut aussi bien rebondir sur thème de la guerre dans 11 Novembre que nous convier dans l’univers des troubadours avec Luna Roja. Lire la suite