Un Trèfle qui porte bonheur

L’artiste bruxelloise Cloé du Trèfle signe un album, Entre l’infime et l’infini, où les paroles sont joliment enchâssées dans un écrin sonore mêlant électro-pop et variations symphoniques.

Accompagnée de Thècle Joussaud et Céline Chappuis, aux violoncelles,  avec quelques interventions de complices musiciens à la programmation ou au clavier, Cloé Defossez nous invite avec Entre l’infime et l’infini (*), à un périple mélancolique qui se joue en français comme en anglais.

Entre plusieurs univers, la musique accompagne des récits à double fond où l’artiste évoque des amours perdus, la difficulté d’être. Elle chante ainsi dans Cet air lancinant : « De cet air émanait un parfum d’absolu/ Les poèmes les plus purs/ Cet air évoquait une douceur infinie/ Mais il trahissait mes songes les plus secrets. »

La dame sait aussi se jouer des mots à double sens et son Nous, dans laquelle Arnaud Fleurent-Didier assure les chœurs, en est l’exemple parfait avec son refrain entre hier et demain. « Et ce nous qui passe/ De futur simple/ À présent complexe/ De futur en impasse/ À simple passé d’ex. »


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Lavilliers en plein ciel

Lavilliers nous offre 5 minutes de Paradis (*) à sa manière. Poétique, toujours rebelle et dans un écrin musical soigné. Peut-être trop…

A presque 71 ans, Bernard Lavilliers s’offre un vingt-et-unième album comme cadeau d’anniversaire. Cinquante ans de carrière, un sacré bail ! Après avoir multiplié les expériences scéniques depuis quatre ans, date de son dernier album en solo, Baron Samedi, Lavilliers est de retour et pas forcément là où on l’attendait. Ni dans un registre habituel.

Naturellement ce digne successeur de Léo Ferré – auquel il ne manque jamais de rendre un hommage, voire d’envoyer des clins d’œil au gré de vers inspirés sinon empruntés- n’a pas rangé ses révoltes au rang des souvenirs, comme en témoignent Croisières méditerranéennes, évocation poétique du drame de l’exil forcé; Bon pour la casse, évocation de « l’exécution », par l’entremise du chômage, d’un ex-cadre dynamique ou encore 5 minutes au paradis, évocation nerveuse des anges de la mort des services secrets…

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Le soldat Rose rempile

On a tous du talent, tel est le premier extrait du troisième volet des aventures du Soldat Rose. A découvrir le 24 novembre prochain.

Pour le troisième volet de la saga du Soldat Rose, une question sera au cœur du récit : pourquoi ledit Soldat est-il rose ? Pour ce troisième moment de la vie du jouet animé, le spectateur découvre, cette fois,  la fabrique de jouets, lieu de naissance du Soldat. Dans ce cadre, se déroulent alors les aventures de notre Soldat et d’une troupe de jouets pour tenter de sauver une ballerine de la poubelle… Et l’on saura finalement si la couleur du Soldat est due (ou non) à une erreur de fabrication.


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Jazz en Seine

Du 1er octobre au 20 novembre, La Seine Musicale met le jazz sur tous les tons. Revue de détail d’un automne aux couleurs de tous les swings.

En cinq concerts de l’automne, la Seine Musicale, cet ensemble de bâtiments en forme de vaisseau situées sur  l’Île Seguin à Boulogne-Billancourt, prouve son attachement à toutes les formes de jazz. Dans un Auditorium aux indéniables qualités acoustiques, les aficionados du genre découvriront une affiche  riche et variée.

Coup d’envoi le 1er octobre avec Hiromi- Edmar Castaneda, un duo détonant où le mariage d’une harpe inattendue et du piano jazz, jouée par Hiromi, pianiste japonaise dont le talent a été remarqué par un certain Ahmad Jamal.

Changement de registre le 14 octobre avec Tigram Hamasyan, un artiste venu d’Arménie et qui mêle jazz, sons électro, folk et mélodies ancestrales.

Quand l’accordéon fait le jazz avec la contrebasse, cela donne la rencontre de Ron Carter et Richard Galliano dont on garde en mémoire le disque Panamanhattan. À découvrir le 1er novembre.

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La pop élégante de Charles like the Prince

Premier album d’un jeune venu de Vendée, 24 ans, Charles like the Prince – un patronyme qui est déjà tout un programme – sort avec Épitaphe (*) un disque de pop-électro qui attire l’oreille sans pour autant nous bouleverser.

La voix est haut perchée et se promène sans souci sur les mélodies enlevées et rythmées qui accompagnent ce premier voyage musical en quatorze titres. S’il n’affiche que 24 printemps sur sa carte d’identité, Charles like the Prince a déjà un solide parcours musical derrière lui.

Après avoir découvert bien des univers dans la Vendée de sa jeunesse, grâce à Myspace,  il a fait ses armes dans la mouvance électro-kitsch des années 80, tout en restant ouvert à la scène américaine… Et il a peaufiné  son style (et ses tenues qui valent le détour et fleurent bon l’esthétique des musiciens so british) sur la scène indé parisienne.

Tout naturellement (mais il fallait y parvenir), Épitaphe est au confluent de toutes ces influences et l’on sent chez le musicien un vrai plaisir à imaginer des arrangements électro-pop, avec, ici ou là, des incursions afro-pop. Sans oublier des mélodies qui fleurent bon la scène française des années 80 qui a vu défiler les Partenaire particulier et autre Lio. Avec un seul credo : « Faire les choses sérieusement mais sans se prendre au sérieux. »


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Avec Tony Hymas, ça djazze tant…

Ferré admirait la musique classique et la célébrait. Pour autant, il avait tôt compris l’importance du jazz et ne fut pas le dernier à utiliser la révolte des sonorités rock. Dans Tony Hymas joue Léo Ferré, le musicien inspiré fait swinguer les mélodies de l’artiste. A découvrir.

Le lion sur la pochette semble regarder au loin la terre qui continue de tourner… Un beau symbole pour célébrer Ferré dans des arrangements djazziques. C’est le pari – réussi – de Tony Hymas dans son album, sorti déjà il y a quelques mois.

En quinze titres, le pianiste britannique revisite des classiques de Ferré, l’interprétant à sa manière, c’est-à-dire montrant ce qui se cache derrière la partition originale, explorant des pistes musicales suggérées dans la partition d’origine. C’est particulièrement sensible dans sa version de La Mémoire et la Mer, le poème-phare du solitaire toscan que Tony Hymas habille de ses variations pour piano en guise d’orchestre restituant de belle manière la montée sonore de la mélodie originale.

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Karl Zéro dans le rétro

De la télévision à la chanson, il n’y a qu’un – petit – pas. La preuve avec les nouvelles aventures latinos de Karl Zéro et un album au titre long comme un jour sans pain.

Pour lancer son album, Karl Zéro n’a pas fait dans la demi-mesure, à son habitude, pour choisir son titre. Qu’on en juge : Songs for Moonlight Swim and Otros Tipos de Ocupaciones (*). Dans la droite lignée des orchestres swing, tropicaux et raffinés des années 40 et 50, Karl Zéro revisite ici des morceaux de new wave, d’électro-rap ou s’amuse à détourner des incontournables comme L’Eau à la bouche, le classique de Gainsbourg revu et corrigé en version brésilienne… qui fleure bon le sable d’Ipanema.

Chantant en français, russe ou arabe, Karl Zéro joue sur un vintage de bon aloi en s’entourant d’une sacrée brochette de musiciens du jazz parisien qu’il a conviée au studio Ferber à Paris. Et c’est Raphaël Lemmonier  (compagnon de route de China Moses entre autres) qui mène la danse et a signé les arrangements de l’opus avec un bel enthousiasme. Lire la suite