Avec Tony Hymas, ça djazze tant…

Ferré admirait la musique classique et la célébrait. Pour autant, il avait tôt compris l’importance du jazz et ne fut pas le dernier à utiliser la révolte des sonorités rock. Dans Tony Hymas joue Léo Ferré, le musicien inspiré fait swinguer les mélodies de l’artiste. A découvrir.

Le lion sur la pochette semble regarder au loin la terre qui continue de tourner… Un beau symbole pour célébrer Ferré dans des arrangements djazziques. C’est le pari – réussi – de Tony Hymas dans son album, sorti déjà il y a quelques mois.

En quinze titres, le pianiste britannique revisite des classiques de Ferré, l’interprétant à sa manière, c’est-à-dire montrant ce qui se cache derrière la partition originale, explorant des pistes musicales suggérées dans la partition d’origine. C’est particulièrement sensible dans sa version de La Mémoire et la Mer, le poème-phare du solitaire toscan que Tony Hymas habille de ses variations pour piano en guise d’orchestre restituant de belle manière la montée sonore de la mélodie originale.

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Karl Zéro dans le rétro

De la télévision à la chanson, il n’y a qu’un – petit – pas. La preuve avec les nouvelles aventures latinos de Karl Zéro et un album au titre long comme un jour sans pain.

Pour lancer son album, Karl Zéro n’a pas fait dans la demi-mesure, à son habitude, pour choisir son titre. Qu’on en juge : Songs for Moonlight Swim and Otros Tipos de Ocupaciones (*). Dans la droite lignée des orchestres swing, tropicaux et raffinés des années 40 et 50, Karl Zéro revisite ici des morceaux de new wave, d’électro-rap ou s’amuse à détourner des incontournables comme L’Eau à la bouche, le classique de Gainsbourg revu et corrigé en version brésilienne… qui fleure bon le sable d’Ipanema.

Chantant en français, russe ou arabe, Karl Zéro joue sur un vintage de bon aloi en s’entourant d’une sacrée brochette de musiciens du jazz parisien qu’il a conviée au studio Ferber à Paris. Et c’est Raphaël Lemmonier  (compagnon de route de China Moses entre autres) qui mène la danse et a signé les arrangements de l’opus avec un bel enthousiasme. Lire la suite

Lavilliers sur son 21 !

Alors qu’il tourne en France pour des concerts acoustiques, Bernard Lavilliers a fait découvrir deux extraits de son 21ème album studio.

Avec Croisières méditerranéennes, Bernard Lavilliers signe, derrière une musique mélancolique, une chanson en prise sur la sinistre actualité de tous ces migrants qui ont laissé leur peau en tentant de traverser la Méditerranée.

« Croisière méditerranéenne
Sourire carnassier de nous mêmes
Très loin des sirènes italiennes
Tu atteindras ces rives sombres
Très près des côtes siciliennes
Les vierges noires comme une traîne. »

Et, avec Charleroi, il promène son inspiration sur cette ville qui semble délaissée et figée dans le temps. « Je vois ma ville comme un amant/ Trompé par un riche imbécile… »

Le disque sera disponible le 29 septembre et Lavilliers reprendra la route pour retrouver les aficionados de la révolte et du voyage. Pour ce retour, il s’est entouré de réalisateurs artistiques qui ont une griffe certaine  : de Romain Humeau à Benjamin Biolay en passant par Fred Pallem,  Feu! Chatterton ou encore Florent Marchet. Et Jeanne Cherhal sera présente enfin pour signer un duo en sa compagnie. De quoi ménager quelques surprises musicales.

 

Yéyé : copier est parfois bien jouer…

Yéyé VO/VF offre, dans un coffret de 3 CD, un parcours intéressant entre les versions originales et françaises de cette musique qui marqua la France à la fin des années 50.

La pochette de couverture du coffret (*) est parfaitement choisie : on y voit un Johnny jeune le regard fixé sur une photo d’Elvis. Deux regards dans le lointain, deux profils pensifs. Avec Yéyé VO/VF, Pierre Layani et François Jouffa invitent l’amateur à un passionnant saut dans le temps accompagné d’un livret toujours riche en informations où, s’ils montrent bien que si les rockers français se sont inspirés d’illustres modèles, ils soulignent aussi. que tous les artistes se sont inspirés des anciens. Alors, pour un Johnny, adapter Tutti Frutti, de Presley est une filiation naturelle. Tout comme Be-Bop-A-Lula, de Gene Vincent pour les Chaussettes Noires. Mieux, un certain nombre des originaux étaient eux-mêmes des reprises. Ainsi Cliff Richard, si souvent adapté en France, s’est inspiré pour ses créations de bien des morceaux oubliés de la musique américaine. Quant à Presley, les auteurs du coffret prennent la peine de souligner : « Hors musiques de film, le répertoire d’Elvis Presley, de la première à la dernière chanson, est composé au moins de trois quarts de reprises, comme chez Frank Sinatra ou Ray Charles. »

De Titus Turner à Johnny Hallyday

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Fishbach : la voix nostalgique

Difficile de passer à côté du concert d’éloges qui accompagne la sortie de A ta merci, premier album de Fishbach, une artiste à la voix rauque, dont les mélodies fleurent bon les années 80. Impressions en prenant un peu de recul et alors que la dame est en tournée en France.

Indéniablement, cette jeune ardennaise de 25 ans, au nom étrange, Fishbach, vient de marquer les ondes avec la sortie de son premier disque, et ce après un mini-album déjà remarqué par la critique. Native de Charleville-Mézières, au nord des Ardennes,  Flora Fishbach, qui se dit volontiers solitaire, fit ses premières armes dans la musique en intégrant à 17 ansun duo punk-rock . Une belle école pour faire le plein d’énergie. Avec A ta merci (*), cette amoureuse de  techno et de glam-rock est bien loin de ce registre. Commentaires : « Ce projet, je l’ai fait seule avec mon ordinateur. C’est l’expression de mes sentiments personnels, dans une veine plus romantique »

capture-decran-2017-03-03-a-19-47-56Dès la première écoute, on est surpris, voire sous le charme, d’une voix chaude qui n’est pas sans similitude avec celle d’une Rose Laurens, d’une Desireless, deux figures des années 80 où Fishbach semble avoir pris ses références. Il y a aussi d’une Catherine Ringer dans l’évocation de la mort -entre autres -dans Éternité. Ou dans la très courte chanson, Feu.  Non sans humour, elle souligne : “Ma famille, c’est un peu « Six Feet Under ». J’ai un oncle croque-mort. Je n’ai pas peur de la mort. Je suis agnostique donc, pour moi, la mort sera une réponse. »

Quand la voix se fait plus planante et les mélodies d’orgue plus sensuelles, il y a parfois de belles odes à la sensualité numérique dans une chanson comme Un beau langage où elle dit entre les lignes, comme explication destinée aux curieux de ses mots : « C’est un beau langage/ que de ne rien dire du tout/ entre nous. » Elle peut aussi nous conduite dans un univers lyrique et poétique : la preuve avec son Invisible désintégration de l’univers.

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Légitime Légitimus pour un rap dérapant !

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Et voilà le Rap d’un monde qui dérape. Idéal pour tourner la page d’une année en forme de tristes records… avec les facéties de Pascal Légitimus

Après avoir joué son spectacle Légitimus Incognitus jusqu’au 31 Décembre au Grand Point Virgule, et avant de partir en tournée dans l’Hexagone cher à Renaud, l’artiste s’amuse à porter un regard ironique sur notre société, retrouvant la verve chère aux Inconnus. Un clip qui annonce pour le nouveau millésime une série de nouvelles chansons humoristiques. On en aura bien besoin avec les présidentielles qui s’annoncent… Vivement que cela dérape un peu, non ?