Quand le Brésil djazze…

Piece Of Mind (*), premier album d’Andrea Caparros Quartet est un disque  à la confluence de plusieurs genres, réalisé avec un soin certain.

L’aventure du groupe débute en 2014 quand une bande de copains décident de voir la vie en grand et de vivre de leur musique. En première ligne, il y a Andrea Caparros, fille d’une mère brésilienne et d’un père musicien : depuis son plus jeune âge, elle a vécu avec les rythmes chaleureux de la samba et de la bossa-nova.

En seconde ligne, on trouve Émile Melenchon, médaillé d’or en guitare classique et jazz au conservatoire de Toulon; Arnaud Pacini, bassiste et contrebassiste et Jessy Rakotomanga, le batteur. Après avoir écumé pas mal de scènes du sud de la France, ils vivent un tournant le 1er avril 2015 en se produisant au Sunset/Sunside de Paris, un concert qui donne envie au quartet de voir la vie en disque. Piece Of Mind est le fruit donc d’une longue maturation et d’une ambition commune. Lire la suite

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La voix Maurane

Claudine Luypaerts, plus connue sous le nom de Maurane, a été retrouvée morte à son domicile de Bruxelles. Elle avait 57 ans et préparait un disque en souvenir de Jacques Brel. Hommage en clip.

Après deux ans d’absence suite à des soucis de cordes vocales, Maurane avait annoncé son retour  jeudi dernier sur sa page Facebook :  « Aujourd’hui, je remets officiellement les pieds sur une scène après plus de 2 ans d’absence. Je ne vous dirai pas dans quel état je suis… Vous devez vous en douter. »

Soudainement retrouvée morte, elle nous laissera un dernier disque enregistré en hommage à Jacques Brel pour le quarantième anniversaire de sa disparition. La sortie était prévue pour l’automne prochain.

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Des troubadours modernes

Mot d’origine germanique, « Heimatlos » signifie « apatride, exilé ». Le groupe Lo Radzouka s’en sert comme titre de son troisième album, le  disque de bien des métissages. Et qui vous emporte loin…

 

Un pour tous, tous pour trois. Lo Radzouka est un trio qui dépote et joue sur une palette musicale aussi large que variée. Pour ce nouveau disque, Heimatlos,  Lo Radzouka  confirme la tendance : à côté du bon « vieux » piano, figurent au générique d’Heimatlos une vieille à roue, un charango ou encore un bouzouki. Il fallait bien ces instruments de tous les métissages pour rendre hommage à ce mot qui continue à hanter certaines mémoires : sans patrie. Il désigne aussi tous ceux – juifs, tziganes, homosexuels… – qui ont fui leur pays pendant la période nazie. Sur la pochette du disque, Heimatlos  annonce la couleur : « Apatride comme la musique que nous jouons et comme un hommage à ceux qui sont contraints de l’être. »

Pour une moitié, leur nouvel album est constitué de  morceaux instrumentaux qui donnent des fourmis dans les jambes et incitent à prendre le large, comme Valsouchola ou Heimatlosd. Des arrangements qui offrent à Lo Radzouka  la possibilité de promener une inspiration large aussi bien sur  les musiques de l’Europe de l’Est que sur des rythmes latino-américains. Lire la suite

Sidi Wacho : un retour pimenté

A la sauce latine relevée, Bordeliko est le deuxième disque de Sidi Wacho. Un groupe qui distille une pêche des familles en signant des textes rebelles et toniques en diable.

Un groupe formé d’un Chilien de Valparaiso, d’un natif de Roubaix, d’un autre de Lima comme de Barbès, ça fait un sacré cocktail. Musicalement, Bordeliko (*) chasse large entre boucles hip-hop et rythmes latinos qui donnent des fourmis dans les jambes.

Assumant totalement un identité « bordélique », la groupe formé de deux MC’S (Benja et Saidou), d’un trompettiste, d’un accordéoniste et d’un percussionniste est du genre nomades et rebelles.Et dans Te gusta la cumbia, le groupe Sidi Wacho lance : « On n’est pas des génies mais on a du caractère » et le prouve, de morceau en morceau, dans des parties rythmiques endiablées, à la Manu Chao.

Au détour d’une chanson,  Comme un pauvre, surgit une trompette et son solo mélancolique sur une musique qui fleure bon les westerns d’antan, même s’il y  est question d’amour et non de duel au soleil : « J’t’aime comme un pauvre/ Comme un prolétaire/ J’ai pas grand chose à t’offrir/ Je suis interdit bancaire. »


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La mémoire sonore des années 60

   Sonorama 1958-1962 réunit en un coffret de trois CD une sélection des actualités culturelles et politiques du début des années 60. La savoureuse résurrection de toute une époque…

Bien avant l’ère de l’information numérique, Sonorama avait, à l’orée des années 60, imposé un nouveau concept novateur. Il s’agissait d’offrir au grand publicune brochure évoquant la politique, le sport, la musique, les faits divers, l’art, la culture. En face des pages de texte, on trouvait en vis-à-vis des disques souples (flexidiscs) de 17 cm tournant en 33 tours. Les enregistrements ? Ils pouvaient  être un discours historique, une chanson originale enregistrée spécialement pour Sonorama.., Mais, après 42 numéros mensuels, ladite publication s’arrêta car son prix de vente semblait trop élevé.

Grâce à ce coffret Sonorama 1958-1962, on retrouve l’atmosphère de cette publication  qui chassait large. Ainsi, on passe d’Alain Delon évoquant Romy Schneider que Jacques Paoli, star des ondes, qui raconte le départ de la fusée cosmique russe le 19 septembre 1959 ou encore la jeune Marie Laforêt donnant, en s’accompagnant d’une simple guitare, sa version d’un classique de la chanson populaire russe. Lire la suite

Sand dessus dessous

Objet tranquille, Onaia, troisième album du duo Sand offre un voyage poétique, un brin mélancolique ,et apaisé dans des contrées musicales diverses et variées.

Prix Charles Cros en 2015 pour Sirocco, Sand est de retour avec Serge, son partenaire dans la vie comme sur scène, pour un album Onaia (*) dont les couleurs sont résolument pop world. Et dont la musicalité naît d’objets les plus divers comme le souligne la pochette qui évoque même l’usage de tuyaux à côté d’une bonne vieille basse ou de l’udu, percussion venue du Niger. Sur scène, le duo peut aussi se produire avec la pierre chantante, une sorte de harpe en basalte. Entre autres… « On a choisi des instruments qui font référence aux éléments », souligne Serge. Sand, pour Sandrine Button-Waeffler, fait référence  à un surnom reçu au collège mais aussi, on s’en doute, à l’auteure de La Mare au diable et femme libre dont la jeune chanteuse dit : « C’est une femme que j’admire énormément, qui a beaucoup apporté à la littérature française ».

En onze titres, Sand nous embarque sans hausser le ton ni mettre la sono à fond dans un univers poétique et onirique. Dès l’ouverture et ce Sanctuaire, Sand déclare : « J’ai perdu la carte/ Le chemin qui mène au sanctuaire/ Le sentier des secrets/ Alors j’ai marché. »

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L’univers étrange de Coffees & Cigarettes

Taillé pour la scène, Freak Show (*) est le nouvel album du groupe Coffees &Cigarettes. Un cocktail détonnant où les chansons de Renaud Druel nous emporte dans un univers déconcertant, inquiétant à souhait.

Auteur, compositeur et interprète, Renaud Druel est l’âme de Coffees & Cigarettes, un groupe dont le nom est un clin d’œil évident au long métrage  éponyme devenu culte de Jim Jarmush. En 2014, il avait publié un premier album, plus rock, London Western, salué par les critiques et qui plongeait l’auditeur dans le Londres victorien de l’époque de Jack l’Éventreur.

Avec Freak Show, il a imaginé un mélange de rock et de hip hop survitaminé où les envolées de cordes (alto, violon ou violoncelle) font bon ménage avec une rythmique du tonnerre (Un nouvel espoir). Et quand l’harmonica fait une étrange apparition, c’est pour servir un Hip Hop Blues des familles. Théâtral en diable, ce nouvel album est un hommage mélodique à tout l’univers du cinéma fantastique, voire d’épouvante. Lire la suite