Les chants rebelles de Mélissa Laveaux

Loin d’être une inconnue des ondes, Mélissa Laveaux signe, avec son troisième album, Radyo Siwel (*), un disque où elle interprète, en créole, des chansons traditionnelles d’Haïti, de 1915 à 1934. Un hommage à un peuple qui lutte.

Auteure-compositrice-interprète canadienne d’origine haïtienne, Mélissa Laveaux sait, de sa voix acidulée, embarquer son monde dans des interprétations personnelles.

Depuis Dying Is A Wils Night, sorti en 2013, avec des morceaux désormais célèbres comme Postman,  elle a pris son temps pour célébrer la mémoire du Haïti de ses ancêtres. Bien entourée par  le  trio français reconnu du nom d’A.L.B.E.R.T., – Vincent Taurelle, Ludovic Bruni et Vincent Taeger – ainsi que du musicien trinidadien canadien Drew Gonsalves, de Kobo Town, qui signe une collaboration remarquée à la guitare et au tres,  Mélissa Laveaux a choisi de revisiter les chansons remontant à l’occupation américaine entre 1915 et 1934, mais en y mettent sa touche de modernité.  « C’est un épisode de l’histoire d’Haïti, c’est de la chanson haïtienne, mais le thème de l’envahisseur est universel » dit la chanteuse trilingue (anglais, français et créole) qui, pour la première fois, chante tout un album en créole.

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Avec Ibrahim Maalouf, Paris est une vraie fête…

En décembre 2016, Ibrahim Maalouf signait un concert spectaculaire à l’Accord Hotels Arena, nouveau nom commercial du vieux Bercy. 4 heures d’un spectacle magique aujourd’hui restitué dans un coffret 14.12.16 – Live in Paris (*). Indispensable.

 

 

Ibrahim Maalouf n’est pas un musicien égoïste. Il aime partager sur disque comme sur scène. La preuve avec ce 14.12.16 – Live in Paris qui porte trace d’un show mémorable où, quatre heures durant, le trompettiste a vu les choses en grand, étant le premier jazzman de l’histoire à remplir la plus grande salle de musique de France et ce, après plus de 1000 concerts lors de cinq tournées mondiales. Avec lui, il y a jazz et jazz et  Ibrahim Maalouf  n’est pas du genre à se laisser enfermer dans un genre comme il le montre dans Ya Ha La, deuxième titre du disque où le rythme est donné. Il est vrai, pour ce concert, l’instrumentiste a vu les choses en très grand : entouré de son groupe historique, d’un orchestre classique, d’un chœur de près de cent enfants, il a confié une dizaine d’invités surprises à partager la scène avec lui pour interpréter  des morceaux tirés de ses huit albums studio. Visiblement, il a conquis les  17 000 personnes du temple musical de Bercy. « La création commence toujours par un énorme bordel, un genre de cacophonie » a t-il  déclaré en juillet dernier sur France Culture. Avec lui, cette cacophonie est vite constructive…

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Julien Bensé : vivre plus fort !

Clore l’année avec L’Odyssée, de Julien Bensé, c’est se laisser bercer par une folk métaphysique où l’auteur compositeur s’inspire de ses nombreuses lectures pour signer des chansons qui évoquent aussi bien Épicure que Nietzche.

Il faut sans doute commencer cet album par La Vérité pour en mesurer les parcours sinueux autour d’un thème philosophique à souhait. Et s’il chante sur des nappes synthétiques « La vérité, tu la connais« , c’est sans doute pour mieux brouiller les pistes en conviant l’esprit de Nietzche  dans ce texte tout en évoquant aussi « le Bataclan qui explose »

Avec L’Odyssée (*), Julien Bensé boucle un voyage commencé en 2008 avec le disque Album, suivi six ans plus tard par Le Printemps. Partant du constat d’un divorce entre l’homme et la Nature, le croquenotes a composé des chansons seul dans son home studio où il invite aussi d’autres musiciens à venir faire leurs gammes et innover (Laura Cahen notamment).

Cette fois, Julien Bensé reste fidèle à son inspiration livresque et dit : « J‘ai voulu rendre hommage aux auteurs qui ont fait mon éthique de vie« , dit l’artiste qui convoque aussi bien dans son panthéon personnel Camus que Lucrèce, Spinoza ou encore un classique des philosophes : Montaigne.

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Bodie : le corps du délit…

Nouvel EP du groupe Bodie, Où va-t-on dormir ce soir (*) mise sur le tempérament et la fantaisie de trois drôles de dames.

Bodie est le fruit des rencontres d’Astaffort, pilotées par Francis Cabrel. Emile Marsh, Cécile Hercule et Joko s’y sont trouvées des affinités électives et l’envie de faire ensemble un bout de chemin sur la scène comme sur les ondes. En cinq titres, Bodie racontent des aventures dans lesquelles chacune tient un rôle spécifique : Imogène joue les brutes quand Andrée préfère être aguicheuse et Joko faire montre d’une froideur toute calculée.

S’entourant à l’écriture de personnalités comme Oldelaf et Arnaud Joyet, Bodie raconte, dans la chanson d’exposition de leur EP,  Où est la lune ?, le récit de trois nanas qui se sont évadées et doivent trouver un nouveau toit tous les soirs en espérant échapper à la police qui est sur leur trace depuis leur  évasion de la prison de Folsom en Californie, chère à Johnny Cash. Lire la suite « Bodie : le corps du délit… »

Dérangée et dérangeante…

À cheval entre deux cultures, Nawel Ben Kraïem signe  avec Par mon nom (*), un EP de sept titres, où elle célèbre la force d’inspiration du métissage. Un univers fin et bourré d’énergie.

Nawel Ben Kraïem n’est pas une inconnue loin de là et on a déjà aperçu sa singularité en 2016 dans Méditerranéennes, construit par Julie Zenatti où elle livrait sa version – décalée en diable – de Ya Mustapha. Tout comme, on l’avait repérée dans Indignados, de Tony Gatlif, sur scène avec le groupe Orange Blossom, portant haut les couleurs de l’électro-world, ou encore en duo avec Christophe.

En solo avec  Par mon nom, Nawel Ben Kraïem  affirme sa singularité dans des chansons où elle laisse libre cours à son inspiration polyglotte, elle dont le père vient de Tunisie et la mère de Toulouse; elle qui a débuté très tôt sur scène à Tunis où elle était montée sur scène pour dire des poèmes en français, en arabe et en anglais.

Sur des rythmiques modernes qui empruntent aussi bien à l’univers d’une Lhassa qu’à Lauryn Hill, Nawel Ben Kraïem célèbre sa manière de voir la vie avec des mots d’esprit et des jeux de mots en français et des images poétiques en arabe comme le montre la chanson d’ouverture, Dérangés qui célèbre « les enfants paumés, les enfants secrets  » de sa génération. « Désoriental, désorienté/ Quand le béton arrête le vent, c’est difficile de souffler« , chante t-elle de sa voix légèrement ébréchée et sensuelle.

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Fred Nevché : les mots sur la route

Valdevaqueros (*) marque le retour sur les ondes de Fred Nevché avec un album écrit de Marseille au Québec, via Casablanca. Des mots qui résonnent car mis en valeur par des arrangements synthétiques épurés.

Valdevaqueros porte le nom d’une plage de sable fin d’Andalousie (ci-dessous), entourée par les dunes qui longent la « Costa de la Luz ». Un tel endroit symbolise une invitation au voyage et donne justement son titre au nouveau disque de Fred Nevché, alias Fred Nevchehirlian, un artiste dont les racines se trouve dans le quartier des Olives, à Marseille, même si ses ancêtres ont pris le chemin de l’exil, les uns de l’Espagne sous la dictature franquiste, les autres de l’Arménie paternelle.

Ceux qui connaissent le parcours de Fred Nevché savent qu’il a déjà un solide parcours derrière lui.  Ancien professeur de français, impliqué dans les premières années du slam en France, il a commencé son aventure discographique avec son premier groupe Vibrion et un album éponyme remarqué par un prix au Printemps de Bourges en 2005. En 2009, il vole avec son propre nom  avec Monde Nouveau Monde Ancien, où figure le guitariste Serge Teyssot-Gay, se promène ensuite sur les vers de Prévert… Bref, entre slam, rock et chanson française de facture plus classique, Fred Nevché  a su façonner un univers original dont ce nouvel album est l’expression aboutie. Il se joue aussi bien d’une simple ligne mélodique de synthétiseur que Lire la suite « Fred Nevché : les mots sur la route »

L’HAWAII prend l’air du large …

Invitation au voyages sur fond de reggae, de funk-rock et d’afro,  Dans mon île est le premier disque de L’Hawaii, nom de scène d’Alain Girard qui a composé le tout  du côté de l’Île de Ré, chère à Vauban.

Six titres en guise de cartes de visite : entouré d’une bande de copains et créatifs de son île de Ré, L’Hawaii nous propose de larguer les amarres sur des rythmes chaloupés. L’artiste est tombé dans la musique tout petit car entouré d’un grand frère et d’une grande sœur, devenus aujourd’hui musiciens professionnels : Catherine « Cajoune » Girard est leader du groupe de jazz-swing Sweet Mama, et Laurent est  guitariste et chanteur du groupe L’Oranger.

Skipper et surfeur, L’Hawaii est aussi inspiré par la mer. Cette double passion lui avait déjà inspiré en 2004 un titre pour le Vendée Globe de Benoit Parnaudeau  : il était sorti sur l’album Vendée pas l’globe. Cette fois, ses voyages en bande pour dénicher la bonne vague, de  Bali à la Californie, lui ont inspiré une chanson de circonstances, Cartes de houle. Il y a aussi les accents de calypso sur Tranquille et bien sûr un reggae des familles sur Au bois, où il évoque une bringue en forme de déglingue Wood Beach, et Mini chou. Lire la suite « L’HAWAII prend l’air du large … »

Quand l’Acadie débarque…

Pour sa treizième édition,  La Semaine Acadienne propose, du 8 au 15 août, une affiche musicale variée qui montre la créativité de ses cousins outre-Atlantique. Zoom sur une programmation qui a du peps.

L’idée de ce festival était presque une évidence pour qui connaît son histoire . De fait,  le 6 juin 1944, des centaines de soldats Acadiens débarquaient en Normandie sur la zone de Juno Beach. Objectif ? Venir libérer la France au péril de leur vie.  Soixante-quatorze ans plus tard, la Cote de Nacre  commémore cet engagement avec un langage universel  : celui de la musique. Violons,  guitares,  batteries,  pianos et  voix acadiennes inviteront à la fête de Courseulles-sur-mer  à Bernieres-sur-mer via Luc- sur-mer , Douvres-la-Delivrande… Sans oublier des projections, des expositions et autres bals

Pour sa 13eme edition, La semaine Acadienne accueille  des artistes qui sont tous en  « provenance directe » d’Acadie et du Quebec. Outre Natasha St Pier (ci-contre), une habituée pour un concert intitulé Confidences pour un piano, on verra débarquer sur la Côte de Nacre le plus pacifiquement possible Les pirates du groupe Bodh’Aktan (ci-dessus à gauche), en provenance des îles de la Madeleine à Québec; Gelly Boudreau, venu de Nouvelle-Ecosse; Emilie Vidrine et Tee Franglais, arrivant de Louisiane… Entre autres car la liste des artistes est longue.

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Quand le Brésil djazze…

Piece Of Mind (*), premier album d’Andrea Caparros Quartet est un disque  à la confluence de plusieurs genres, réalisé avec un soin certain.

L’aventure du groupe débute en 2014 quand une bande de copains décident de voir la vie en grand et de vivre de leur musique. En première ligne, il y a Andrea Caparros, fille d’une mère brésilienne et d’un père musicien : depuis son plus jeune âge, elle a vécu avec les rythmes chaleureux de la samba et de la bossa-nova.

En seconde ligne, on trouve Émile Melenchon, médaillé d’or en guitare classique et jazz au conservatoire de Toulon; Arnaud Pacini, bassiste et contrebassiste et Jessy Rakotomanga, le batteur. Après avoir écumé pas mal de scènes du sud de la France, ils vivent un tournant le 1er avril 2015 en se produisant au Sunset/Sunside de Paris, un concert qui donne envie au quartet de voir la vie en disque. Piece Of Mind est le fruit donc d’une longue maturation et d’une ambition commune. Lire la suite « Quand le Brésil djazze… »

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