Dérangée et dérangeante…

À cheval entre deux cultures, Nawel Ben Kraïem signe  avec Par mon nom (*), un EP de sept titres, où elle célèbre la force d’inspiration du métissage. Un univers fin et bourré d’énergie.

Nawel Ben Kraïem n’est pas une inconnue loin de là et on a déjà aperçu sa singularité en 2016 dans Méditerranéennes, construit par Julie Zenatti où elle livrait sa version – décalée en diable – de Ya Mustapha. Tout comme, on l’avait repérée dans Indignados, de Tony Gatlif, sur scène avec le groupe Orange Blossom, portant haut les couleurs de l’électro-world, ou encore en duo avec Christophe.

En solo avec  Par mon nom, Nawel Ben Kraïem  affirme sa singularité dans des chansons où elle laisse libre cours à son inspiration polyglotte, elle dont le père vient de Tunisie et la mère de Toulouse; elle qui a débuté très tôt sur scène à Tunis où elle était montée sur scène pour dire des poèmes en français, en arabe et en anglais.

Sur des rythmiques modernes qui empruntent aussi bien à l’univers d’une Lhassa qu’à Lauryn Hill, Nawel Ben Kraïem célèbre sa manière de voir la vie avec des mots d’esprit et des jeux de mots en français et des images poétiques en arabe comme le montre la chanson d’ouverture, Dérangés qui célèbre « les enfants paumés, les enfants secrets  » de sa génération. « Désoriental, désorienté/ Quand le béton arrête le vent, c’est difficile de souffler« , chante t-elle de sa voix légèrement ébréchée et sensuelle.

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Fred Nevché : les mots sur la route

Valdevaqueros (*) marque le retour sur les ondes de Fred Nevché avec un album écrit de Marseille au Québec, via Casablanca. Des mots qui résonnent car mis en valeur par des arrangements synthétiques épurés.

Valdevaqueros porte le nom d’une plage de sable fin d’Andalousie (ci-dessous), entourée par les dunes qui longent la « Costa de la Luz ». Un tel endroit symbolise une invitation au voyage et donne justement son titre au nouveau disque de Fred Nevché, alias Fred Nevchehirlian, un artiste dont les racines se trouve dans le quartier des Olives, à Marseille, même si ses ancêtres ont pris le chemin de l’exil, les uns de l’Espagne sous la dictature franquiste, les autres de l’Arménie paternelle.

Ceux qui connaissent le parcours de Fred Nevché savent qu’il a déjà un solide parcours derrière lui.  Ancien professeur de français, impliqué dans les premières années du slam en France, il a commencé son aventure discographique avec son premier groupe Vibrion et un album éponyme remarqué par un prix au Printemps de Bourges en 2005. En 2009, il vole avec son propre nom  avec Monde Nouveau Monde Ancien, où figure le guitariste Serge Teyssot-Gay, se promène ensuite sur les vers de Prévert… Bref, entre slam, rock et chanson française de facture plus classique, Fred Nevché  a su façonner un univers original dont ce nouvel album est l’expression aboutie. Il se joue aussi bien d’une simple ligne mélodique de synthétiseur que Lire la suite « Fred Nevché : les mots sur la route »

L’HAWAII prend l’air du large …

Invitation au voyages sur fond de reggae, de funk-rock et d’afro,  Dans mon île est le premier disque de L’Hawaii, nom de scène d’Alain Girard qui a composé le tout  du côté de l’Île de Ré, chère à Vauban.

Six titres en guise de cartes de visite : entouré d’une bande de copains et créatifs de son île de Ré, L’Hawaii nous propose de larguer les amarres sur des rythmes chaloupés. L’artiste est tombé dans la musique tout petit car entouré d’un grand frère et d’une grande sœur, devenus aujourd’hui musiciens professionnels : Catherine « Cajoune » Girard est leader du groupe de jazz-swing Sweet Mama, et Laurent est  guitariste et chanteur du groupe L’Oranger.

Skipper et surfeur, L’Hawaii est aussi inspiré par la mer. Cette double passion lui avait déjà inspiré en 2004 un titre pour le Vendée Globe de Benoit Parnaudeau  : il était sorti sur l’album Vendée pas l’globe. Cette fois, ses voyages en bande pour dénicher la bonne vague, de  Bali à la Californie, lui ont inspiré une chanson de circonstances, Cartes de houle. Il y a aussi les accents de calypso sur Tranquille et bien sûr un reggae des familles sur Au bois, où il évoque une bringue en forme de déglingue Wood Beach, et Mini chou. Lire la suite « L’HAWAII prend l’air du large … »

Quand l’Acadie débarque…

Pour sa treizième édition,  La Semaine Acadienne propose, du 8 au 15 août, une affiche musicale variée qui montre la créativité de ses cousins outre-Atlantique. Zoom sur une programmation qui a du peps.

L’idée de ce festival était presque une évidence pour qui connaît son histoire . De fait,  le 6 juin 1944, des centaines de soldats Acadiens débarquaient en Normandie sur la zone de Juno Beach. Objectif ? Venir libérer la France au péril de leur vie.  Soixante-quatorze ans plus tard, la Cote de Nacre  commémore cet engagement avec un langage universel  : celui de la musique. Violons,  guitares,  batteries,  pianos et  voix acadiennes inviteront à la fête de Courseulles-sur-mer  à Bernieres-sur-mer via Luc- sur-mer , Douvres-la-Delivrande… Sans oublier des projections, des expositions et autres bals

Pour sa 13eme edition, La semaine Acadienne accueille  des artistes qui sont tous en  « provenance directe » d’Acadie et du Quebec. Outre Natasha St Pier (ci-contre), une habituée pour un concert intitulé Confidences pour un piano, on verra débarquer sur la Côte de Nacre le plus pacifiquement possible Les pirates du groupe Bodh’Aktan (ci-dessus à gauche), en provenance des îles de la Madeleine à Québec; Gelly Boudreau, venu de Nouvelle-Ecosse; Emilie Vidrine et Tee Franglais, arrivant de Louisiane… Entre autres car la liste des artistes est longue.

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Quand le Brésil djazze…

Piece Of Mind (*), premier album d’Andrea Caparros Quartet est un disque  à la confluence de plusieurs genres, réalisé avec un soin certain.

L’aventure du groupe débute en 2014 quand une bande de copains décident de voir la vie en grand et de vivre de leur musique. En première ligne, il y a Andrea Caparros, fille d’une mère brésilienne et d’un père musicien : depuis son plus jeune âge, elle a vécu avec les rythmes chaleureux de la samba et de la bossa-nova.

En seconde ligne, on trouve Émile Melenchon, médaillé d’or en guitare classique et jazz au conservatoire de Toulon; Arnaud Pacini, bassiste et contrebassiste et Jessy Rakotomanga, le batteur. Après avoir écumé pas mal de scènes du sud de la France, ils vivent un tournant le 1er avril 2015 en se produisant au Sunset/Sunside de Paris, un concert qui donne envie au quartet de voir la vie en disque. Piece Of Mind est le fruit donc d’une longue maturation et d’une ambition commune. Lire la suite « Quand le Brésil djazze… »

La voix Maurane

Claudine Luypaerts, plus connue sous le nom de Maurane, a été retrouvée morte à son domicile de Bruxelles. Elle avait 57 ans et préparait un disque en souvenir de Jacques Brel. Hommage en clip.

Après deux ans d’absence suite à des soucis de cordes vocales, Maurane avait annoncé son retour  jeudi dernier sur sa page Facebook :  « Aujourd’hui, je remets officiellement les pieds sur une scène après plus de 2 ans d’absence. Je ne vous dirai pas dans quel état je suis… Vous devez vous en douter. »

Soudainement retrouvée morte, elle nous laissera un dernier disque enregistré en hommage à Jacques Brel pour le quarantième anniversaire de sa disparition. La sortie était prévue pour l’automne prochain.

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Des troubadours modernes

Mot d’origine germanique, « Heimatlos » signifie « apatride, exilé ». Le groupe Lo Radzouka s’en sert comme titre de son troisième album, le  disque de bien des métissages. Et qui vous emporte loin…

 

Un pour tous, tous pour trois. Lo Radzouka est un trio qui dépote et joue sur une palette musicale aussi large que variée. Pour ce nouveau disque, Heimatlos,  Lo Radzouka  confirme la tendance : à côté du bon « vieux » piano, figurent au générique d’Heimatlos une vieille à roue, un charango ou encore un bouzouki. Il fallait bien ces instruments de tous les métissages pour rendre hommage à ce mot qui continue à hanter certaines mémoires : sans patrie. Il désigne aussi tous ceux – juifs, tziganes, homosexuels… – qui ont fui leur pays pendant la période nazie. Sur la pochette du disque, Heimatlos  annonce la couleur : « Apatride comme la musique que nous jouons et comme un hommage à ceux qui sont contraints de l’être. »

Pour une moitié, leur nouvel album est constitué de  morceaux instrumentaux qui donnent des fourmis dans les jambes et incitent à prendre le large, comme Valsouchola ou Heimatlosd. Des arrangements qui offrent à Lo Radzouka  la possibilité de promener une inspiration large aussi bien sur  les musiques de l’Europe de l’Est que sur des rythmes latino-américains. Lire la suite « Des troubadours modernes »

Sidi Wacho : un retour pimenté

A la sauce latine relevée, Bordeliko est le deuxième disque de Sidi Wacho. Un groupe qui distille une pêche des familles en signant des textes rebelles et toniques en diable.

Un groupe formé d’un Chilien de Valparaiso, d’un natif de Roubaix, d’un autre de Lima comme de Barbès, ça fait un sacré cocktail. Musicalement, Bordeliko (*) chasse large entre boucles hip-hop et rythmes latinos qui donnent des fourmis dans les jambes.

Assumant totalement un identité « bordélique », la groupe formé de deux MC’S (Benja et Saidou), d’un trompettiste, d’un accordéoniste et d’un percussionniste est du genre nomades et rebelles.Et dans Te gusta la cumbia, le groupe Sidi Wacho lance : « On n’est pas des génies mais on a du caractère » et le prouve, de morceau en morceau, dans des parties rythmiques endiablées, à la Manu Chao.

Au détour d’une chanson,  Comme un pauvre, surgit une trompette et son solo mélancolique sur une musique qui fleure bon les westerns d’antan, même s’il y  est question d’amour et non de duel au soleil : « J’t’aime comme un pauvre/ Comme un prolétaire/ J’ai pas grand chose à t’offrir/ Je suis interdit bancaire. »


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La mémoire sonore des années 60

   Sonorama 1958-1962 réunit en un coffret de trois CD une sélection des actualités culturelles et politiques du début des années 60. La savoureuse résurrection de toute une époque…

Bien avant l’ère de l’information numérique, Sonorama avait, à l’orée des années 60, imposé un nouveau concept novateur. Il s’agissait d’offrir au grand publicune brochure évoquant la politique, le sport, la musique, les faits divers, l’art, la culture. En face des pages de texte, on trouvait en vis-à-vis des disques souples (flexidiscs) de 17 cm tournant en 33 tours. Les enregistrements ? Ils pouvaient  être un discours historique, une chanson originale enregistrée spécialement pour Sonorama.., Mais, après 42 numéros mensuels, ladite publication s’arrêta car son prix de vente semblait trop élevé.

Grâce à ce coffret Sonorama 1958-1962, on retrouve l’atmosphère de cette publication  qui chassait large. Ainsi, on passe d’Alain Delon évoquant Romy Schneider que Jacques Paoli, star des ondes, qui raconte le départ de la fusée cosmique russe le 19 septembre 1959 ou encore la jeune Marie Laforêt donnant, en s’accompagnant d’une simple guitare, sa version d’un classique de la chanson populaire russe. Lire la suite « La mémoire sonore des années 60 »

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