La complainte du voyageur

VINTAGE

1979. Avec Pouvoirs, Bernard Lavilliers signait un disque où figurait ce long texte aux accents à la Léo Ferré. On pouvait en extraire quelques moments plus forts comme La Peur ou Urubus.

Marqué par ses errances dans le Sertão et les régions brésiliennes, Lavilliers l’évoque une fois de plus dans cette chanson allégorique qui porte le nom de ce vautour que l’on voit souvent dans les rues des villes d’Amazonie comme Belem et son célèbre marché  : Ver-o-peso, grand marché journalier au bord du fleuve où l’animation le dispute aux odeurs lourdes et parfois rances dans une touffeur tropicale qui pèse comme un couvercle.

« Urubus, vous n’avez pas de cri
Cri de chasse, cri d’amour, cri de peur
Urubus, vous attendez qu’on meure
Mort de faim, mort d’amour, mort de peur. »

Et l’intégrale du texte revisité aux Francofolies en 2016

Idir, le poète kabyle n’est plus

Une chanson A Vava Inouva a changé le cours de sa vie. Grande voix de la musique kabyle, Idir vient de mourir à juste 70 ans.

« Je suis arrivé au moment où il fallait, avec les chansons qu’il fallait », disait  Idir, en 2013, lui qui, dès son enfance, a été imprégné des chants rythmant chaque instant de la vie quotidienne.

Né le 25 octobre 1949 à Aït Lahcène, près de Tizi-Ouzou, capitale de la Grande-Kabylie, Hamid Cheriet, le futur Idir, doit sa carrière musicale – il se destinait à  être géologue – à un passage sur Radio Alger en 1973 où il remplace en urgence la chanteuse Nouara. Sa chanson en berbère  A Vava Inouva – elle évoque les veillées dans les villages kabyles –  fait le tour du monde, bien malgré lui car il est en train de faire son service militaire…

Deux ans après, il file à Paris enregistré son premier album portant le titre de sa chanson-fétiche que, dès lors, d’autres artistes mettront à leur répertoire.

S’il avait connu une éclipse entre 1981 et1991, c’était pour mieux revenir sans pour autant jouer les vedettes. Le succès d’artistes comme Cheb Mami et Khaled le remet en selle et Idir enregistre son disque, Identités où il offre un mélange de musique algéroise, le Chââbi, et de rythmes occidentaux.

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Sur les pas musicaux de Sylvain Tesson

À la musique des mots voyageurs de Sylvain Tesson, Jean-Baptiste Soulard propose sa lecture musicale de Dans les forêts de Sibérie. Le Silence et l’Eau est un exercice de style qui ne manque pas d’étrangeté…

Le Silence et l’Eau est un album inclassable inspiré par la lecture d’un des romans de voyage de Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie. Musicien au long cours – cofondateur du groupe Palatine, il a travaillé aussi pour le théâtre et joué de la guitare pour la chanteuse israélienne Roni Alter  – Jean-Baptiste Soulard a consacré deux ans de sa vie à coucher en chansons son travail de relecture. . « Mon intention première a été de suggérer musicalement les sensations éprouvées à la lecture de cette aventure : le calme, l’isolement, la solitude, la contemplation » souligne t-il.

Indéniablement, ce disque est une étape particulière dans la vie d’un compositeur qui aime changer de registre et on s’embarque à sa suite dans un voyage musical fait d’introspection, de calme et de solitude. « Il est temps de quitter la ville/ Et de tirer sur les discours le rideau de la forêt » chante -il dans Asile. Et en fin de parcours, dans Respirer, il ajoute comme ces vers qui sonnent comme une autre invitation au voyage : « Parvenir à s’écouter sans forcer sur la voix/ Réussir/Parvenir à décoller sans écarter les bras… » Lire la suite « Sur les pas musicaux de Sylvain Tesson »

Musique de liberté : et la Caravane passa

La sortie de leur nouvel album, très réussi, Nomadic spirit (*) est reporté au 28 août. Alors, pour ne pas rester silencieux, le groupe La Caravane passe signe ces mélodies de confinement. Réjouissant et tonique par les temps qui courent.

(*) Label Athome.com

Le sax en deuil

Ironie du sort : le coronavirus a frappé un artiste dont le souffle était le métier. Adios à Manu Dibango, grand musicien capable de marier les sonorités de son saxophone à toutes les styles musicaux.

Ceux qui ont croisé Manu Dibango, qui vient de disparaître à 86 ans, se souviennent de la voix chaude, basse du musicien et de l’éclat de rire qui ponctuait souvent ses confidences.  Car l’homme respirait la joie de vivre Manu Dibango faisait partie de ces personnes qui aimaient le partage, la communion loin de toute chapelle et de toute école de pensée.

Né au Cameroun en décembre 1933, Manu Dibango avait débarqué à Marseille en 1949 et passé son adolescence dans la Loire à Saint-Calais dans une famille d’accueil (en 1997, il a y avait créé le Festival Soirs du Village). Durant ses études, il a découvert le jazz, s’est mis au piano et à la mandoline avant de découvrir, durant sa préparation au baccalauréat, le saxophone qui deviendra son instrument de chevet. Un cuivre qui va lui faire croiser des artistes du monde entier.

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Entre l’Orient et l’Occident, un voyage musical captivant

Poetic Trance (*) est le nouvel opus griffé Aziz Sahmanoui & University of Gnawa. Un album lumineux avec un groove du tonnerre. Un magnifique voyage musical.

Depuis belle lurette, Aziz Sahmanoui, l’enfant de Marrakech, œuvre pour le métissage musical, le mariage des sons ancestraux et des musiques les plus électroniques.

Après des études de lettres, débarquant à Paris, il a fondé un groupe majeur de la nouvelle scène des années 90, l’Orchestre National de Barbès, un groupe qui se jouait des frontières et des replis identitaires.  Il a ensuite fait un bout de chemin avec Joe Zawinul, un ancien de l’équipe de Miles Davis et par ailleurs fondateur de Weather Report, là encore un groupe qui ouvrait des voies musicales et cultivait le sens du partage.

En compagnie de Martin Meirssonier, un producteur des plus curieux et inventifs de sa génération, Aziz Sahmanoui n’a pas posé son sac dans le confort d’un studio aseptisé pour y refaire sempiternellement le même cocktail musical. Il le prouve une fois encore avec ce Poetic Trance, composé avec son groupe University of Gnawa, lancé il y a une décennie. Si le concert du 25 mars à la Cigale pour marquer les dix ans du groupe est, virus oblige, compromis, l’album est bel et bien présent et prouve que l’inspiration de l’équipe n’a pas pris une ride.

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Les Hurlements d’Léo : l’aventure jeunesse

CHANSONS
Avec Mondial Stéréo (*), le groupe les Hurlements d’Léo signe une double aventure : un album jeunesse illustré par Ludovic Bouillé et un album ouvert à une belle brochette d’invités. Un conte en forme de défense des  migrants qui fuient un pays en guerre. Un pari réussi.

Groupe en mouvement perpétuel, les Hurlements d’Léo aligne les performances : plus de vingt ans de carrière, 18 albums dans leur besace et 2000 scènes conquises en France et à l’étranger… S’attaquant à l’univers jeunesse, le groupe n’a pas mis ses convictions en poche et, sous l’impulsion de son chanteur Laurent Kebous, il signe avec Mondial Stéréo un opus militant où il aborde le thème du migrant sur des rythmes des chaloupés.

Le héros de l’aventure, c’est un jeune lionceau, Léo, qui vit sur un autre continent. Passionné de musique, il doit fuir son pays natal quand éclate la guerre. Avec sa mère, ils partent sur un bateau avec pour seul horizon la volonté de survivre. Ensemble, ils décident d’unir leurs forces pour un voyage vers la liberté : il sera semé d’embûches et riche en rencontres grâce à la musique. Toute la musique…

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Ozma sans frontières

JAZZ-ROCK


Septième album du groupe Ozma, Hyperlapse propose un voyage à travers continents genres musicaux. De nouvelles expériences pour un groupe qui les pratique naturellement…

Depuis des lustres, Ozma nous avait habitué à des surprises et des idées originales, que ce soit avec les concerts Crossroads, en 2019, fruit de la rencontre avec des photographes européens, africains et asiatiques ou encore 1914-1918, qui faisait revivre des archives photographiques inédites de la Première Guerre mondiale. Sans oublier plusieurs ciné-concerts dont Les Trois Âges, de Buster Keaton en 2014 ou Le Cuirassé Potemkine, en 2010.

Cette fois, le quintet réuni par le batteur inventif Stéphane Scharlé offre un album en forme d’évocation musicale de dix villes traversées par le groupe en 2018 : 58 concerts dans 13 pays, une paille ! A son côté, on trouve Édouard Séro-Guillaume à la basse; Tam De Villiers à la guitare; Julien Soro au saxophone et aux claviers et Guillaume Nuss au trombone.

Hyperlapse – technique de prise de vue  dynamique et  où la caméra n’est pas fixe offrant une accélération du temps réel – montre une fois encore les liens évidents entre le groupe et le cinéma. Au passage, la réalisatrice Juliette Ulrich a suivi le groupe durant cette année autour du monde pour accompagner les illustrations vidéos marquant la sortie du disque.

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