Guillaume Poncelet sort de l’ombre

Pianiste, trompettiste, compositeur et arrangeur, Guillaume Poncelet sort son premier album en solo : 88 (*). Un parcours intimiste.

88 c’est le nombre des touches d’un piano et, tout naturellement, Guillaume Poncelet a choisi ce chiffre pour accompagner sa première prestation en première ligne. Il était temps à 39 ans et après un sacré parcours dans l’ombre des autres et quels autres ! Comme arrangeur, compositeur et musicien, il a travaillé avec des artistes comme MC Solaar, Michel Jonasz, Claude Nougaro, Oxmo Puccino et encore Stevie Wonder. Très influencé par le collectif américain Soulquarians, il a pris une part importante dans l’émergence de la scène française soul-jazz Hip Hop. Il a ainsi réalisé les albums de Ben l’Oncle Soul et de Gaël Faye.

88, c’est un album intimiste ou Guillaume Poncelet revient aux sources et à l’essentiel après avoir exploré bien des pistes offertes par la musique électronique, le sound design, le mix, les logiciels. Il l’a encore montré récemment en collaborant avec le producteur électro berlinois Thomas Azier.

Entouré de cordes et de cuivres discrets, Guillaume Poncelet  fait ici du dépouillement une nouvelle recherche avec des titres qui sont comme autant d’invitations à écouter ailleurs tels que Duty, Othello ou L’Ennui, à la douceur mélancolique.

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L’univers étrange de Coffees & Cigarettes

Taillé pour la scène, Freak Show (*) est le nouvel album du groupe Coffees &Cigarettes. Un cocktail détonnant où les chansons de Renaud Druel nous emporte dans un univers déconcertant, inquiétant à souhait.

Auteur, compositeur et interprète, Renaud Druel est l’âme de Coffees & Cigarettes, un groupe dont le nom est un clin d’œil évident au long métrage  éponyme devenu culte de Jim Jarmush. En 2014, il avait publié un premier album, plus rock, London Western, salué par les critiques et qui plongeait l’auditeur dans le Londres victorien de l’époque de Jack l’Éventreur.

Avec Freak Show, il a imaginé un mélange de rock et de hip hop survitaminé où les envolées de cordes (alto, violon ou violoncelle) font bon ménage avec une rythmique du tonnerre (Un nouvel espoir). Et quand l’harmonica fait une étrange apparition, c’est pour servir un Hip Hop Blues des familles. Théâtral en diable, ce nouvel album est un hommage mélodique à tout l’univers du cinéma fantastique, voire d’épouvante. Lire la suite

Mihuma brouille les ondes

Six titres pour un rappeur au long cours qui se promène entre rap et rock avec un certain sens de la formule : tel est Friture sur la ligne, le EP (*) de Mihuma.

Le sens des histoires, Mihuma l’a sans conteste. Un artiste qui avait été révélé en 2010 au grand public via l’album Music-All, où figuraient notamment Féfé, Oxmo Puccino… Avec Friture sur la ligne, Mihuma se balade entre ballades rock et rythmique rock sur des mélodies où il a fait appel au beatmaker Gyver Hypman, qui produit notamment le Saïan Super Crew. Sans oublier Stéfane Goldman, le guitariste compagnon de ses débuts et qui a joué pour Imany, Jean-Pierre Nataf… De quoi habiller de mélodies ciselées des histoires parfois noires comme cette surprenante (le clip l’est aussi)  Plage, où il est question des violences conjugales dites d’une voix blanche et un brin monocorde avec des images qui font mouche comme lorsqu’il évoque ce « bouquet de fleurs » ou « il y avait même des fleurs dedans« .

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Yvette Guilbert, la femme moderne

Elle fut une grande voix de la chanson, pionnière du féminisme. Dans un coffret étonnant de 3 CD, Yvette Guilbert voit son répertoire revisité par Nathalie Joly. Et de belle manière.

Elle fut l’amie de Freud – qui écoutait en boucle sa chanson Dites-moi que je suis belle – et Toulouse-Lautrec l’immortalisa. Reine du café-concert à la Belle Époque, Yvette Guilbert a marqué les annales de la chanson par un répertoire très en avance et pas ses prises de position féministes. La dame était une pionnière du genre à une époque où ces dames étaient corsetées et soumises à la férule de leur époux.

Parolière, auteur, actrice, metteur en scène… , Yvette Guilbert, née le 20 janvier 1865 à Paris et morte en février 1944 à Aix-en-Provence, fait partie de ces artistes qui ont exploré bien des pistes artistiques comme en témoigne sa passionnante autobiographie, La Chanson de ma vie.

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Des chansons de révolte

Avec En désaccord (*), le duo Alee & Ordoeuvre signent un album mariant chanson et rap. Un univers musical surprenant sur des textes qui égratignent le monde comme il va.

Sortie à quelques jours des législatives, En Désaccord résonne étrangement car les mots du duo n’y vont pas par quatre chemins. Dans Y’a trop de blabla, ils lancent ainsi : « Trop de blabla pour la France d’en bas qui ne sait plus qui est de gauche et qui est de droite. » Ou encore dans Le Poids des mots : « La peste ou le choléra, c’est pas trop bandant comme avenir/ Mais si on laisse la place aux rats, c’est sûr qu’on ne pourra plus choisir. »

Après deux ans de tournée au cœur du collectif 13 (Tryo, La Rue Kétanou, Massilia Sound System, Syrano…),  Alee & Ordoeuvre se sont associés – platines, chant et guitare – pour signer un disque d’ouverture sonore, entre hip-hop et jazz, avec quelques doses funky. Sans oublier quelques pas du côté des rythmes africains dans Des routes.

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Légitime Légitimus pour un rap dérapant !

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Et voilà le Rap d’un monde qui dérape. Idéal pour tourner la page d’une année en forme de tristes records… avec les facéties de Pascal Légitimus

Après avoir joué son spectacle Légitimus Incognitus jusqu’au 31 Décembre au Grand Point Virgule, et avant de partir en tournée dans l’Hexagone cher à Renaud, l’artiste s’amuse à porter un regard ironique sur notre société, retrouvant la verve chère aux Inconnus. Un clip qui annonce pour le nouveau millésime une série de nouvelles chansons humoristiques. On en aura bien besoin avec les présidentielles qui s’annoncent… Vivement que cela dérape un peu, non ?