Des chansons de révolte

Avec En désaccord (*), le duo Alee & Ordoeuvre signent un album mariant chanson et rap. Un univers musical surprenant sur des textes qui égratignent le monde comme il va.

Sortie à quelques jours des législatives, En Désaccord résonne étrangement car les mots du duo n’y vont pas par quatre chemins. Dans Y’a trop de blabla, ils lancent ainsi : « Trop de blabla pour la France d’en bas qui ne sait plus qui est de gauche et qui est de droite. » Ou encore dans Le Poids des mots : « La peste ou le choléra, c’est pas trop bandant comme avenir/ Mais si on laisse la place aux rats, c’est sûr qu’on ne pourra plus choisir. »

Après deux ans de tournée au cœur du collectif 13 (Tryo, La Rue Kétanou, Massilia Sound System, Syrano…),  Alee & Ordoeuvre se sont associés – platines, chant et guitare – pour signer un disque d’ouverture sonore, entre hip-hop et jazz, avec quelques doses funky. Sans oublier quelques pas du côté des rythmes africains dans Des routes.

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Légitime Légitimus pour un rap dérapant !

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Et voilà le Rap d’un monde qui dérape. Idéal pour tourner la page d’une année en forme de tristes records… avec les facéties de Pascal Légitimus

Après avoir joué son spectacle Légitimus Incognitus jusqu’au 31 Décembre au Grand Point Virgule, et avant de partir en tournée dans l’Hexagone cher à Renaud, l’artiste s’amuse à porter un regard ironique sur notre société, retrouvant la verve chère aux Inconnus. Un clip qui annonce pour le nouveau millésime une série de nouvelles chansons humoristiques. On en aura bien besoin avec les présidentielles qui s’annoncent… Vivement que cela dérape un peu, non ?

Les errances électroniques de Josef Bilek

bilek-300x300Avec vingt ans de musiques électroniques dans son sac à rêves, Josef Bilek signe avec Serendip un disque ouvert sur bien des univers. Nerveux ,vibrant  et fruit de savants métisssages .

Josef Bilek est un homme d’aventures expérimentales. Celui qui est, bien sûr, connu comme L’Homme qui marche, définit ainsi ces années de voyages musicaux. « De la techno, de la jungle/drumn’bass, de l’electronica, du hiphop, de l’electro-jazz, des remixes,des BO de films, des musiques pour le théâtre ou la danse, des compos pour des films d’entreprise, pour l’art contemporain, de l’habillage sonore pour des lieux…. bref tellement de choses… » De fait, cet artiste qui se présente comme « Mâconnais-Lyonnais », a construit son univers à partir d’une culture électro alternative au gré de différents collectifs.

Avec Serendip (*), il signe son premier album assez original, fruit de toutes ces 9216_153262999842_673944842_2758641_6908192_n1expériences et ces nombreux chemins de traverse. Le titre est déjà tout un programme : Les Trois Princes de Serendip (Serendip était en persan ancien le nom de Ceylan )  est un conte dont la traduction serait l’œuvre d’un certain Cristoforo Armero et qui fut  publié en 1557 par l’imprimeur vénitien Michele Tramezzino.

L’histoire ? L’auteur  raconte que le roi de Serendip a envoyé  ses trois fils à l’étranger afin de parfaire leur éducation. Sur la route,  ils vivent de nombreuses aventures au cours desquelles ils utilisent des indices souvent très ténus pour leur permettre de remonter logiquement à des faits dont ils ne pouvaient avoir aucune connaissance par ailleurs. Une telle référence pourrait être aussi une forme de clin d’œil à un certain  Corto Maltese, lui-aussi porté sur les voyages initiatiques et l’ésotérisme…


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Un passeur d’utopie nommé HK

15ya_image001_25Nouvel opus de HK & les Saltimbanks, Rallumeurs d’étoiles est le troisième album solo de Kaddour Haddadi. Sur des musiques chaloupées, ces textes sont joyeux sans être naïfs  et aussi  bourrés d’espoir.

S’il est un artiste prolifique, c’est bien Kaddour Haddadi et Rallumeurs d’étoiles (*)  en apporte une preuve de plus. Originaire de Roubaix, ce chanteur-rappeur de 35 ans a enflammé bien des manifestations avec son On lâche rien, repris et encore plus popularisé dans la bande originale de La Vie d’Adèle. Avec ces paroles en forme d’hymne à prendre son destin en main : « Notre idéal, bien plus qu’un rêve/ Un autre monde, on a pas l’choix/ photobioOn lâche rien, on lâche rien. » Un artiste qui se décrit ainsi dans une biographie express : « Mon grand-père était un poilu de la Première Guerre mondiale. Mon père et ma mère des immigrés algériens ayant fait le grand voyage : des montagnes de Kabylie jusqu’aux pavés roubaisiens. Et moi… je suis un saltimbanque.  »

Ce nouvel album sono tient toutes ses promesses avec des mélodies qui puisent dans la sono mondiale pour accompagner des textes, certes non dénués d’engagement, mais qui ne brident par l’émotion et ne manque pas d’humour, avec le court-métrage musical de Mister June par exemple sans oublier le réjouissant Merci.

L’homme aime la liberté de vivre et de créer et le prouve dans ces portraits de personnages qui ne baissent pas la garde et donnent envie de croquer la vie à pleines dents. Dès l’ouverture du disque, avec Sur la même longueur d’ondes, le ton est donné, sur fond de musique arabo-andalouse, mariée à du reggae. « Je veux sentir nos âme sur la même longueur d’ondes/ Positives et rebelles, nomades et vagabondes. » La tête dans le ciel, l’artiste rêve d’un monde plus juste en suivant les étoiles fécondes, celles qui symbolisent la force d’utopie et du rêve.

Kaddour Hadadi ne baisse pas la garde face aux aléas de la vie et son Rallumeurs d’étoiles le prouve avec, pour le refrain,  ce chœur d’enfants du groupe Dounia et le chanteur malien Aboubacar Kouyaté, sur un texte qui célèbre tous ceux qui, au quotidien, par un geste, un engagement, des mots continuent de générer un espoir de vivre.

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JoeyStarr redonne de la voix

Après avoir promené sa dégaine, avec un bonheur certain, du côté du cinéma, JoeyStarr revient à la musique avec un duo annonciateur d’un futur album.

Le clip a de la gueule. Dans mon secteur, où JoeyStarr donne de la voix avec Nathy Boss  – sans baisser sa garde, ni mettre un bémol à sa hargne –  est une belle réalisation de Julien Carlier. Les déformations visuelles sont inspirées des peintures de Francis Bacon et donne libre champ à certaines hallucinations. Un avant goût du futur album, #Caribbean Dandee qui annonce le retour aux affaires -musicales – du rappeur visiblement en forme.

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Quand le rap célèbre Léo Ferré…

ferre-ce-rap1Les reprises ne sont pas toujours de bonne augure, loin de là. Pourtant La Vie d’Artiste fait un travail original dans Ferré ce rap (*),  solide relecture de l’œuvre du créateur d' »Avec le temps ». Une réussite qui prouve la grande modernité de l’œuvre de Ferré..

L’aventure a commencé il y a cinq ans quand un duo de beatmakers rennais, Namsen, créait un premier instrumental. L’idée a fait son chemin et un groupe, La Vie d’artiste, a été spécialement créé pour l’occasion avec quatre artistes installés à Orléans : Supafuh aux machines et aux platines, David Hazak à la basse, Pierre-Erwa,  Grenet à la batterie et, pour la voix,  Trublion. En 2010, celui-ci avait déjà revisité l’œuvre de Renaud. Il dit : « J’écoute beaucoup de musiques différentes, et me suis plongé un temps dans la chanson française. J’ai vraiment apprécié les propos, la poésie, les textes de Ferré, quitte à les lire sans musique. »

Pour réussir cette incursion dans le monde de Ferré, le quatuor n’a pas hésité à étoffer le groupe. Ainsi Lila Tamazit débarque dans la version très belle de Beau Saxo et Valerian Renault apparaît pour reprendre le long texte, pierre angulaire de l’univers de Léo : La Mémoire et la Mer,  long poème qui a servi de matière à plusieurs  de ses chansons.

Dans ce travail de relecture, le groupe a dû simplement faire avec les demandes des ayant-droits de Ferré qui ont demandé de ne mélanger ni les paroles, ni les musiques des différents titres. In fine, cette contrainte procure l’armature solide de ce projet. « Nous avons voulu sampler de façon plutôt classique, un peu dans la veine de ce qu’Imhotep a pu faire pour IAM, avec un beat épuré. Seulement, les textes pharaoniques appelaient des lignes de basse, jouées par David Hazak. Nous avons également ajouté une batterie pour le côté live, et en renfort sur des beats minimalistes », souligne Supafuh.

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