Les histoires de Piednoir

Après avoir œuvré dans l’ombre des autres, Denis Piednoir sort un premier EP, Souvenirs de la houle, une pop française dont la légèreté assumée n’exclue pas une profondeur des émotions.

Auteur, compositeur et guitariste, diplômé de l’American School of Modern Music, Denis Piednoir a multiplié rencontres et expériences avant de créer avec Jean-Philippe Boisumeau une émission, Du son dans mon salon, riche aujourd’hui de quelques 200 sessions filmées qui permettent de découvrir bien des talents et bien des styles musicaux.

S’il continue à œuvrer pour les autres – il vient de terminer le deuxième album de Bruno Putzulu – il se glisse en pleine lumière avec ce premier EP, Souvenirs de la houle (*), dans lequel, il assura interprétation, compositions et arrangements, signant aussi bien les parties de guitare que les programmations. Évoquant son nom de scène qui n’est pas le plus simple à porter dans l’Histoire française, il souligne : « Piednoir, c’est un nom dur à porte, un nom chargé d’histoires, chargé d’images. Piednoir, c’est mon nom. Et parce que j’ai dû le porter, à présent je veux qu’il me porte. Je veux qu’il agisse comme un prisme pour dévoiler la poésie et le positif qu’il y a dans chaque sentiment qui me trouble, me perd, qui me rend vivant. »

L’artiste aime s’exprimer à travers les éléments et les parallèles avec la nature et le prouve ses textes où il n’hésite pas à convier l’espace et ses mystères pour en tirer quelques images saillantes. L’océan a rendez-vous avec la pluie (Dis-moi) et les météorites ne sont jamais bien loin (Le Vertige) dans des mélodies dans lesquelles le voix de Piednoir se fait aérienne, se joue d’harmonies ciselées. Dans Vertige, il lance ainsi :

« Ça tourne dans ma tête
Jamais ça s’arrête
Comme un petit satellite
Ça revient sans cesse
Caressant l’ivresse
D’une substance illicite« 

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Un oiseau de scène et de passage

Artiste polyvalente, Céline Mauge revient au sein de son groupe Laughing Seabird pour signer une folk-pop inspirée dans The Transformation place. Des chansons en forme de célébration du lâcher-prise.

Céline Mauge aime prendre son temps et s’aventurer sur bien des voies musicales. La preuve ? Comédienne professionnelle à 20 ans, elle a joué dans différents films et pièces de théâtre avant de devenir une voix forte dans le doublage en prêtant son timbre entre autres à Sienna Miller, Selma Blair, ou Ellen Pompeo dans la série Grey’s Anatomy, et en interprétant deux personnages du trio des Totally Spies, dessin animé télévisé à succès. C’est en 2006 en jouant dans l’Opéra-rock de Boris Bergman, La Nuit du rat, qu’elle a opté pour un virage musical.

Après un premier album, And I Become, la voilà de retour avec ce disque chantée en anglais ou en français, sur une folk pop métissée où parfois se glisse une mélodie celtique (Direction oubliée) ou une rythmique latino comme dans Vivre (No Way Back) où elle chante : « Chaque matin le soleil se lève/ Nous réchauffe sans repos ni trêve/ Lui comme toi a un cœur qui bat/ Qui un jour éclatera/ Vivre, c’est ici, maintenant. »

De ses origines bretonnes, elle a gardé ce nom de scène et, somme tout, une « mouette rieuse » , ça aime changer de rivages. Un nom qui sonne bien au fronton d’un disque où il est question de trouver l’endroit où l’on peut vivre dans une certaine harmonie, une « paix relative« , comme elle le dit. Une chanson en forme d’invitation au rêve.

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Les nuits magiques d’Evie

Entre pop et chanson française, Le Hic, quatrième album d’Evie offre à la voix chaude et profonde de l’artiste un bel écrin. Un album non dénué de charme et de classe.

Evie a enregistré ce nouvel album entre le refuge familial en Bourgogne et Pigalle, car, pour paraphraser un Richard Bohringer, « une ville, c’est beau la nuit. » Ce n’est pas Evie qui le contredira qui célèbre dans Nuit noire, les errances nocturnes du côté de Pigalle. « Nuit blanche/ Métro Blanche/ À deux pas du Moulin Rouge/ Tromper l’insomnie passagère… » Une chanson où il est aussi question de s’évader de « l‘open space, des bruits de couloir » et des routines de la vie aseptisée.

La voix grave et rauque, s’exposant presque à nu, de l’artiste se promène sur des chansons en forme de clip où, si la mélancolie n’est pas absente – il y est beaucoup question des blessures amoureuses comme dans L’Exil, une des belles chansons de l’album – l’ironie peut aussi jaillir entre deux rimes riches à la manière d’un Serge Gainsbourg comme dans Le Hic dans laquelle Evie évoque aussi bien la vogue des réseaux sociaux, des sites de rencontres que les mirages des télé-crochets, façon The Voice

In fine, le confinement a été profitable à une artiste qui, au départ, ne devait que produire un EP et qui, à l’arrivée, se retrouve avec un album à la belle architecture de pop électronique dans laquelle la basse mène la danse – elle a composé les mélodies avec cet instrument – et répond aux boîtes à rythme sur des arrangements signés Fred Perriot. Ensemble, ils ont accouché d’un disque assez classieux avec une colonne vertébrale électro-pop à des chansons où les sons, pourtant ciselés, n’écrasent jamais les mots dits et osent même quelques jeux de rimes savoureux (Avec des si) .

Et l’image dans tout ça ? Elle n’a point été laissée au hasard et c’est Christophe Crénel, l’auteur des images de la pochette, qui a réalisé le premier clip donnant une vraie cohérence à l’ensemble avec un montage qui épouse le crescendo de l’arrangement. Une dark pop qui offre des résonances mélancoliques avec certains titres de Françoise Hardy même si la voix de Evie est autrement plus puissante…

(*) Glory Daze/ InOuïe Distribution

Ali Veejay entre pop et groove caribéen

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Un premier album qui mise sur la légèreté et une pop, teintée de soule et de folk : Ali Veejay nous embarque dans un univers musical métissé dans ce disque griffé de son nom d’artiste
Ali Veejay a aussi dessiné la pochette

Une poésie simple sur des mélodies qui fleurent bon le voyage et des rêves d’ailleurs : ce n’est pas si mal pour les temps qui courent. Pour son premier album(*), Ali Veejay offre un album de belles ballades à l’atmosphère de groove folk. Ici où là le disque se pimente de sonorités venues d’ailleurs, des Caraïbes notamment le reggae (Small Fishes). On est loin de la rage électrique de la formation 1=0 dont il fut le chanteur. Cette fois, Ali Veejay vogue vers des rivages musicaux plus apaisées qui sont plus proches d’une world music ouverte à bien des influences. Après avoir travaillé en médiathèque, Ali Veejay a justement découvert les musiques du monde : sons du Liban, du Japon ou encore d’Égypte…qui ont, sans nul doute, imprégné son inspiration. Last song en témoigne avec cette espèce de reggae folk new new age soutenant sa voix haut perchée. Une chanson qui a inspiré son premier clip, dont il a réalisé les dessins, animés par Victor Bonnet, un « motion designer ». Il y lance : « Darling I sense you have mysterious qualitites/  when you hold my hand / it’s like I’m swimming / but you keep on worrying/  whether I am your friend your ennemy/  how I like your smiling baby/  you have no idea/  this need to race/  this need to chase/  won’t last long.« 

Dans ce disque, dont il écrit et composé toutes les chansons, Ali Veejay, qui a posé son sac du côté de Bordeaux, chante joue des guitares et de l’harmonica accompagné d’ Alexandre Tanet au saxophone, Julien Zordan et Jildaz Le Bras à la basse, et Orval Carlos Sybélius à la batterie. Chanté en anglais et en italien (l’étonnante Odio puro ) et le disque a été enregistré à Montreuil, Saint Malo, La Clef de Saint Germain en Laye, et Saintes.

On pourrait reprocher au texte une approche parfois simpliste (Yogi Grl): au demeurant, il se dégage de ce premier opus des atmosphères musicales paisibles où le jeu gracile et léger à la guitare embarque l’auditeur vers des univers de douceur chaloupé. Avec des chœurs soutenant les arpèges de gratte qui rappellent les musiques californiennes de la belle époque (Running Grl). Et quand la batterie s’en mêle dans un roulement qui va crescendo, cela donne un titre plein de sève comme Hurt The Sleeping qui pourrait rappeler certaines mélodies d’un Paul Simon.

Ne jouant jamais les prolongations, les plages de cet album offrent quelques jolies moments de rêve et d’évasion.

(*)Dora Dorovitch

Ghern : son présent au futur

Dans un grand dépouillement folk-rock, ce qui n’exclue pas quelques sons électroniques, Ghern signe avec Beau Futur (*), un premier album à la personnalité certaine.

Ingénieur du son de formation, installé à Montreuil en proche banlieue parisienne, Jérôme Ghern a connu les étapes des petits boulots alimentaires avant de signer ce Beau Futur, son premier disque. Un opus qui se termine par Le 1er, évocation teintée d’ironie de l’auteur sur son parcours, où il lance, dans une mélodie à la pop massive : « Pendant toutes ces années / J’ai fait de mon mieux / Comme si on attendait de moi / Que je sois le premier ». Marqué d’influences multiples – de Neil Young à Bashung via Christophe – Ghern impose sa griffe musicale, un folk mêlé de pop-rock, ce qui n’exclue pas l’irruption de cordes pour soutenir l’ambiance poétique de certains morceaux comme sur En Attendant Jodot , une très belle chanson où il célèbre un ami parti en se jouant des mots de Beckett.

Après Inauguration, le morceau d’ouverture, plutôt solennel dans la sobriété, avec deux irruptions inattendues de wood-block, Ghern déroule une série de chansons qui donnent quelques pistes discrètes sur les états d’âme de l’artiste ou sur le regard qu’il porte sur le monde. Ainsi dans Météo France, il interpelle son pays et lance : « Qu’as-tu en tête ou sur le cœur ? / Qu’est-ce que tu sais de l’amour ? / Qu’est-ce que tu veux ? » Et quand il chante Rien dans les poches, c’est pour dire une certaine inquiétude cachée sous une nonchalance voulue en voyant le monde en plein dérèglement sociale et climatique : « On n’a rien dans les poches/ Seul’ment un poing serré ». Plus loin, quand il s’agit d’évoquer ses premières années parisiennes, il le fait sans s’appesantir sur les maux de l’âme et chante dans Il ne faut jamais rien raconter : « Bien sûr j’ai eu quelques blessures au cœur / Et des amis pour m’aider à avancer / La fleur au fusil, toujours vers l’inconnu / Quand j’avais pas la confiance d’une tête brûlée ».

Ghern, une nouvelle voix

Ghern peut aussi s’évader vers un univers plus surréaliste avec une chanson comme La Chaise d’émeraude où ,derrière un univers plus rock avec des guitares et des claviers qui se répondent dans un savant crescendo, il salue le monde vu par un Facteur Cheval, en évoquant comme point de départ une « chaise magique » sur laquelle, assis, il s’est, soudain, « vu passer » à la fenêtre. Un voyage onirique sans quitter sa chambre… Il peut aussi vraiment voyager et cela donne un titre comme Ghernada, hommage à l’andalouse Grenade qui déploie sa beauté architecturale sur un fond de montagnes enneigés. « Je te retrouve enfin ma belle Grenade/ Tu m’avais tant manqué« , dit-il.

Chanteur des petites choses qui prennent parfois une valeur toute symbolique – cette Fille à la moto, incarnation d’un certaine féminisme et d’une figure un brin libertaire – Ghern est plus dans la suggestion, dans l’émotion que dans l’affirmation gratuite. Un artiste dont il faudra suivre désormais les pérégrinations.

(*)Label / Phonomagic

Lisbone en voyage

Venu de Montpellier, Lisbone propose son premier EP, où, entre une reprise vitaminée de Voyage, voyage, hier porté par Desireless et Michel, hommage à l’ami disparu, il fait entendre une pop élégante.

Qui ne connaît pas Voyage, voyage, signé Jean-Michel Rivat et Dominique Dubois et immortalisé par Desireless ? En période de confinement forcé, le tube des années 80 revu par Lisbone en deux versions dont une très dance – un remix enlevé signé Gauthier Quatelas – tombe à point nommé pour nous offrir une douce évasion musicale. Le clip a été tourné, proximité oblige, à la Grande-Motte, le rêve de cité balnéaire créée par Jean Balladur dans les années 60 à quelques kilomètres de Montpellier et si reconnaissables avec ses immeubles en escalier.

Une entrée en matière pour Lisbone, artiste montpelliérain (de son vrai nom Benoit Jalabert-Therre né en 1984) qui cultive le goût d’une pop aussi bien acoustique que synthétique. Si l’emballage sonore n’est pas toujours inattendu, l’artiste connaît le tempo et ses mélodies mettent en valeur sa voix au timbre chaud. Il est vrai, il a pas mal roulé sa bosse dans différentes formations locales (du jazz à l’afrobeat en passant par la world music). Et après avoir pris le large et avoir vécu en Belgique, il a rodé son style dans plusieurs festivals de 2010 à 2011 avant de connaître une traversée du désert qui le décida à rejoindre son sud natal. C’est un projet dédié à Serge Gainsbourg, Les Frères Ginsburg, conçu avec son ami musicien Rom Castéra, donné dans des bars et des scènes de sa région, dès 2015, qui le pousse à relancer sa carrière solo.

L’inspiration de Lisbone est variée comme le prouve les chansons de ce premier EP. Un loup pour l’homme est une évocation évidente de la célèbre formule du philosophe Thomas Hobbes : elle lui a été inspirée par un sans-abri qui lançait la formule dans une rue de Montpellier, ce qui permet à Lisbone de faire, dans ce texte, le portrait d’une des victimes de la précarité sociale en brocardant le regard que le passant lui porte. Mais Lisbone change vite de registre. Une rupture amoureuse lui a inspiré les mots de De plus que moi, sensible évocation des lendemains qui déchantent. Plus loin dans Le Vietnam sous la neige, il est parti d’un récit proche de l’affabulation d’un proche pour nourrir cette évocation un brin surréaliste d’un Saïgon surgissant sous la neige et où les vestiges de lointains conflits continuent de résonner dans le quotidien, entre « napalm » et oiseau de nuit… Une évocation portée par une orchestration de cordes d’une grande finesse.

L’autre belle surprise du disque vient sans doute d’un texte le plus personnel de Lisbone : Michel, un hommage à un ami cher disparu accidentellement à l’aube de ses 30 ans. Avec ces mots mélancoliques pour dire la douleur de l’absence : « En moi, il pleut. »

Il y a de l’élégance, du lyrisme et un certain goût du mystère chez Lisbone. Après ce premier EP d’exposition, on attend de voir sur la durée le nouveau parcours de l’artiste .

(*) Label Helice/ Alter K

Nouvelle voix électro-pop

Premier EP pour Dynah – alias Melody Linhart – qui ouvre le bal avec une électro-pop de belle facture (*). Et fait, pour reprendre le titre d’une chanson, Page blanche.

Avec ce premier EP à la pochette pleine d’une douce énergie visuelle, Melody Linhart s’offre un nouveau visage d’artiste sous le nom de Dynah.

Après avoir promené son timbre de voix dans des univers acoustiques, jazz, soul et folk, elle met le cap vers un monde électro-pop taillé pour enflammer les pistes de danse. Après des collaborations sans frontières – de Paris à Londres, via l’Espagne et les Pays-Bas – elle signe cinq titres en français avec une volonté d’écrire dans une urgente simplicité. Elle dit : « Il faut que les chansons s’imposent d’elles-mêmes. »

Dans une mise en ondes où les programmations le disputent aux claviers, aux guitares et à la basse, Dynah évoque la liberté de choisir pour les femmes comme dans la première chanson dont le titre se passe d’un long discours : C’est moi qui choisis. Elle lance : « Battante ou stoïque/ Je décide qui j’aime, qui je quitte/ J’intrigue, je fascine/ J’agace, je résiste. »

Évoquant un art tout japonais du pliage, elle poursuit dans Origami : « Mais qu’est ce que tu crois/ Je ne suis pas de l’origami/ Je ne plie pas sous tes doigts. »

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Le Cousin de chez nous…

Premier album d’un  routier de la chanson, Debbie et moi accroche l’oreille dès la première écoute. Avec une belle griffe sonore, Thomas Cousin signe un disque brut et âpre.

Auteur, compositeur et arrangeur, Thomas Cousin a bourlingué dans les studios depuis plus de vingt ans au sein de différentes formations: de Tax Brothers & the Old Racoon, à Shy… Il ne manquait plus que se lancer dans l’aventure en solo. C’est chose faite avec Debbie et moi où l’artiste prouve qu’il a du métier et le souffle pour durer.

Il raconte ainsi son besoin de passer à l’acte et de faire ce voyage en solitaire : « J’ai eu besoin d’écrire, il a donc fallu que je chante … Ce texte s’adresse à ceux qui me connaissent, personnellement ou à travers ma musique dans les différents projets auquel je participe. J’ai passé 25 années de ma vie à « faire chanter » les autres, à m’habiller de leur pensée pour essayer de tailler sur mesure des mélodies et des mots qui les mettent en valeur, qui leur correspondent. Ce n’est pas que je n’avais jamais rien mis de personnel dans ma musique, mais je me cachais toujours sous le masque d’un autre » Il y a huit ans, un peu après la naissance de sa fille, il a commencé à éprouver ce besoin d’écrire sur des sujets plus intimes. De textes en chansons, il a ainsi mis des mots pour évoquer  sa jeunesse, ses amours, ses névroses…


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Un duo féminin pop bien tempéré

Auvergnates, deux sœurs, Claire et Gaëlle Salvat sortent sous le nom de leur groupe, Comme John, un premier album de belle facture, Douce folie (*). Un univers pop bien ciselé.

Les deux sœurs Salvat ont grandi avec Françoise Hardy, Barbara et la pop anglo-saxonne en fond sonore. Avant de lancer ce duo au milieu des années 2010, Claire et Gaëlle ont fait leurs gammes au Conservatoire où elle ont peaufiné leur sens de l’harmonie. Et leurs compositions en attestent. Ces deux artistes multi-instrumentistes ont ensuite rodé leur style en assurant des premières parties d’artistes aussi différents que La Grande Sophie, Oldelaf, Imany ou encore Barcella.

Aujourd’hui, avec Douce Folie(*), elle impose leur griffe pour créer une french pop colorée et décalée où les instruments – et en premier chef, un piano et une flûte traversière jouant la rythmique – se marient à merveille avec ces deux voix qui jouent sur un équilibre polyphonique. Sans oublier des moments où une électronique discrète vient créer une atmosphère spécifique (Été 80).

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Christophe dans les paradis bleus

Hommage

Avec son allure de mousquetaire hors modes, Christophe a suivi les chemins de traverse de la chanson française, signant des tubes décalés qui ont marqué l’univers pop français. Un défricheur de sons.

C’était en 2002. Cela faisait vingt-six ans que Christophe – dopé par le succès de Comm’ si la terre penchait – ne s’était pas produit sur la scène de l’Olympia et l’attente était énorme. Les places s’étaient arrachés et, devant l’afflux, la production avait organisé un concert de plus, la veille du jour J, un dimanche soir. Il avait fallu patienter plus d’une heure avant de voir débouler sur la scène mythique du boulevard des Capucins le créateur du Beau Bizarre, une chanson qui le définissait mieux qu’un portrait dans la presse. Sa longue chevelure d’un blond délavé cerné par un halo de lumières, dans une mise en scène magnifique de Dominique Gonzalez-Foerster, Christophe avait  ébloui son monde, même si cette « couturière » avait des allures de répétition générale.

Bidouilleur du son, oiseau de nuit qui aimait autant le cinéma que le poker, Christophe a toujours exploré tous les rivages musicaux avec le choc des années 70 quand les synthétiseurs lui permirent de bidouiller les sons jusqu’aux premières lueur de l’aube dans son labo-studio de  son appartement donnant sur le boulevard Montparnasse. Créateur paradoxal, Christophe avait ainsi retrouvé son complice des Mots bleus, Jean-Michel Jarre, la nuit d’un certain 13 novembre 2015 où, loin des sirènes des ambulances tentant de sauver les victimes des attaques terroristes, ils avaient écrit Les Vestiges du chaos. Lire la suite « Christophe dans les paradis bleus »

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