Bertrand Belin ou l’art de l’épure

Nouvel (et sixième) album de Bertrand Belin, Persona (*) confirme le coup de griffe plus que personnel de l’artiste dont la diction et la manière de chanter sont si particulières.

Tout le monde le souligne : le phrasé et la voix si chaude et particulière de Bertrand Belin vous accrochent dès la première écoute du disque. Persona est d’évidence un album très personnel d’un artiste qui aime explorer tous les genres : outre les musiques de film, il vient aussi de publier Grands carnivores, son troisième roman, chez P.O.L. L’homme a l’art des raccourcis et résume ainsi sa manière d’écrire : « Ce que je chante c’est ce que je vois, ce que j’écris c’est ce que je pense… »

Dans ce nouvel album sur lequel plane l’ombre d’un Alain Bashung, mort il y a dix ans et qui avait le même amour des jeux sur les mots et sur les sonorités verbales, Bertrand Belin évoque des thèmes chers à lui : la fuite du temps, la dureté du monde, la solitude…

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La pop élégante d’Antoine Sahler

En 14 chansons et six interludes, non dénués d’humour, Antoine Sahler signe un nouvel album espiègle (*) où il aborde, sans jamais monter la voix, bien des thèmes. Le tout porté par une partition pop élégante.

Né à Montbéliard en 1970, Antoine Sahler est un personnage atypique. Il est notamment un  vieux complice d’un certain François Morel, rencontré par l’intermédiaire de Juliette,  avec lequel il a conçu deux albums et spectacles de chansons (Le soir, des lions, en 2010 et La Vie, titre provisoire, en 2016). Ancien élève d’HEC – où il devait s’ennuyer ferme quand on connaît un peu son univers- celui a qui fait ses gammes musicales en apprenant le piano classique dans son village de Valentigney dans le Doubs, a, depuis ses chères études, multiplié les aventures musicales. Il est notamment aussi l’auteur de deux livres-CD pour la jeunesse, chez Actes Sud Junior (La Tête de l’emploi et La Colonie des Optimistes). Et il a enfin créé un label, le Furieux, qui réunit des artistes comme Armelle Dumoulin et Wladimir Anselme.

Pour son retour sur le devant de la scène et en chansons, après dix ans sur d’autres terrains artistiques, Antoine Sahler a su, musicalement, bien s’entourer avec des complices tels Raphaël Séguinier à la batterie (Arthur H…) et Thibaud Defever à la guitare. Entre autres. Ensemble, il créent un univers pop, parfois mêlé d’une rythmique brésilienne. Le tout étant ni tape à l’œil, ni tristounet. Juste élégant.

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La douceur pop de Bertille

Multi-instrumentiste de formation, Bertille sort son premier EP où elle délivre un univers féminin sur un univers pop teinté d’électro. Pas désagréable, mais non plus bouleversant.

On aimerait adorer la voix de Bertille, plonger sans réserve dans l’univers délicat, doux et tendre, de son premier CD, #ep (*) où elle se livre en six titres, sur des mélodies ou la pop le dispute aux accents électros.

Des chansons qui ont une atmosphère indéniable, que ce soit dans des textes comme Du vent dans les voiles ou encore Les Rivières dans laquelle surgit au final un beau solo de violoncelle.

C’est la première fois que la jeune femme se met sur le devant de la scène après le duo qu’elle formait en 2015 avec Olivier Daguerre et, plus près de nous, avec sa participation dans le groupe Wallace. Un vrai donc défit pour cette artiste discrète habituée à rester dans l’ombre de.

Elle qui définit « l’émotion comme son moteur » a donc couché sur le papier des mots pudiques pour dire son petit monde. D’amour, il est souvent question dans cet album où elle peut ainsi évoquer les infidélités amoureuses dans Du vent dans les voiles où elle évoque le « nez qui s’allonge » de celle qui a triché sur la carte du Tendre qu’un amour passion dans Je plonge et qui est prétexte à  un très inspiré vidéo-clip. Lire la suite « La douceur pop de Bertille »

Les voyages de deux frères

Duel se glisse sur les ondes pour livrer une pop ciselé à travers Palma Pop, un EP de six titres qui invite à un voyage de notes et de mots.

L’un vient de Roubaix, l’autre du Mans.Julien Boulfray et Brieuc Carnaille ont uni leur inspiration et leur destinée pour faire de la musique personnelle et originale. Palma Pop illustre bien  les ambitions d’un groupe qui a d’abord commencé à écrire en anglais en hommage à un artiste qu’il aime par dessus tout : Bob Dylan. Avec Palma Pop (*), Duel nous invite cette fois dans la langue de Molière (avec quelques mots en anglais parfois) à découvrir leur univers de pop bien tempéré.

D’un long séjour aux États-Unis, le duo a rapporté tout un univers sonore et des souvenirs pour nourrir leur univers créatif, inspiré aussi bien par des moments dans les petits restaurants de la ville que par les carrefours de Brooklyn ou encore les buildings du West Side. Avec, en toile de fond, l’atmosphère cinématographique de Manhattan. Sans oublier  un soupçon d’érotisme et de sensualité glissé dans le décor, comme l’atteste la pochette de l’album qui évoque des formes callipyges. Perfectionniste, Duel a confié la confection  de ladite pochette, qui se remarque, à Paul Rousteau qui parvient à évoquer le sensuel dans une image colorée et intrigante.

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Le jardin pop de Françoiz Breut

Plasticienne, dessinatrice, chanteuse, Françoiz Breut était l’invitée du Label Pop Session  pour une prestation dont  un disque porte désormais la trace. Une pop de belle facture.

Sur France Musique, Vincent Theval propose un rendez-vous en forme de coup de projecteur sur  la  vitalité de la pop moderne.

Première artiste invitée de l’émission à l’automne 2012 pour un entretien consacré à son nouvel album du moment (La Chirurgie des sentiments), Françoiz Breut y est revenue le 24 février 2016 à l’occasion de la sortie de son sixième album, Zoo, enregistré à Bristol chez Adrien Utley (pièce essentielle du groupe  Portishead) en compagnie de multi-instrumentiste comme Antoine Rocca et Stéphane Daubersy.

Durant cette session, venue spécialement de Bruxelles où elle réside désormais, Françoiz Breut a enregistré dans une certaine urgence radiophonique – plusieurs artistes pouvant être enregistrés lors d’une même séance –  des titres récents, accompagnée de Stéphane Daubersy à la guitare et Antoine Rocca aux claviers à côté des morceaux d’autres artistes (comme Airplane Song, de Don Niño ou encore  For Belgian Friends, de The Durutti Column). A l’arrivée, cela donne six titres élégants et limpides de très belle facture. Lire la suite « Le jardin pop de Françoiz Breut »

Bodie : le corps du délit…

Nouvel EP du groupe Bodie, Où va-t-on dormir ce soir (*) mise sur le tempérament et la fantaisie de trois drôles de dames.

Bodie est le fruit des rencontres d’Astaffort, pilotées par Francis Cabrel. Emile Marsh, Cécile Hercule et Joko s’y sont trouvées des affinités électives et l’envie de faire ensemble un bout de chemin sur la scène comme sur les ondes. En cinq titres, Bodie racontent des aventures dans lesquelles chacune tient un rôle spécifique : Imogène joue les brutes quand Andrée préfère être aguicheuse et Joko faire montre d’une froideur toute calculée.

S’entourant à l’écriture de personnalités comme Oldelaf et Arnaud Joyet, Bodie raconte, dans la chanson d’exposition de leur EP,  Où est la lune ?, le récit de trois nanas qui se sont évadées et doivent trouver un nouveau toit tous les soirs en espérant échapper à la police qui est sur leur trace depuis leur  évasion de la prison de Folsom en Californie, chère à Johnny Cash. Lire la suite « Bodie : le corps du délit… »

Des rois déjantés !

Punk Rock Academy (*) est le produit de deux cerveaux dérangés qui ont formé un groupe qui ne l’est pas moins : Les Rois de la Suède. Un opus à déguster frappé !

Punk Rock Academy est un disque « OSDI », un objet sonore difficile à identifier tant les Rois de la Suède chassent musicalement large en mettant leurs musiques au service d’un univers loufoque et déjanté de mots.

Le groupe est né d’une rencontre entre Mr Poulpe, un animateur TV qui n’a rien d’un classique passeur de plats  et d’Ivan Callot, le fondateur d’un autre groupe de rock qui joue à fond le décalage, les Fatals Picards. Dignes descendant d’un Bobby Lapointe qui aurait fait un bout de route avec Au bonheur des dames, les Rois de la Suède jouent aux ambassadeurs du savoir-vivre suédois ce qui, sur le papier, n’a rien pour passionner les foules.

On se doute bien que ce point de départ est un parti-pris burlesque pour tirer sur tout ce qui bouge avec un esprit bien français de l’irrévérence. On a pas guillotiné un roi pour ne pas avoir quelques remords, non ? Lire la suite « Des rois déjantés ! »

Liz Van Deuq : une fausse légèreté

Vanités est le second album de Liz Van Deuq qui est apparue dans l’univers de la chanson en 2014. Depuis, cette pianiste et chanteuse a rodé son métier sur bien des scènes. La voilà de retour avec un disque moderne et pop, offrant, ici et là, quelques belles saillies verbales.

Il en faut pas se fier à la pochette – très kitsch – de Vanités. Comme il ne faut pas juger l’opus à l’écoute du premier titre, un brin mou : Du léger. Si la demoiselle s’est frottée au piano dès l’âge de 7 ans, elle a aussi officié aux claviers dans des groupes pop-rock, ce qui l’a naturellement conduit à se détacher du moule classique, sans renier pour autant sa formation d’origine, comme le montrent une mélodie comme Stuck ou certaines chansons plus intimistes de l’album.

Fille de son époque, Liz Van Deuq sait user d’humour quand il s’agit de mêler Le wifi ou dieu, chanson dans laquelle elle s’amuse de certains cultes de notre modernité (ou soi-disant telle). Elle chante ainsi : « On y retrouve des âmes et, des réseaux sociaux, de paroles, / Des cantiques, des musiques/ On peut aussi s’y rencontrer. »

De même, on ne s’attendait pas à la voir inspirée par le  foot – une inspiration décalée comme il se doit – avec son Supporter où elle susurre : « J« imposerai à chaque stade de foot, / De bloquer l’accès au vestiaire/ Laissez nous avec nos doutes,/Ça regarde par la ménagère/ J’voudrais des « chut » après les shoots, / Pour méditer sur les corners. »

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L’émoi de Septembre

Quatuor pop, Septembre déboule avec un disque d’une douce mélancolie : Si c’était à refaire (*). Zoom.

Quatre garçons venus de la région du Mistral ne peuvent qu’être dans le vent. Il est vrai, les quatre membres du groupe Septembre se sont rencontrés du côté d’Avignon.

Influencés par Noir Désir comme par Depeche Mode,  Sylvain  Seguin au chant – il mène aussi une carrière de comédien- Axel à la basse, Benoît à la guitare et Romain à la batterie proposent avec Si c’était à refaire un disque de belle facture sonore, réalisé par Jeff Delort (qui a bossé avec Teté et Higelin…) et par Lionnel Buzac (Charlie Winston, Elephanz…) La voix de son chanteur aidant, on pense vite à Indochine, voire à certaines intonations d’Étienne Daho. Et l’harmonie vocale est souvent au rendez-vous avec, parfois, le sentiment d’ouïr un moderne cantique, comme dans Du flou, de la violence.

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