Nino Ferrer, le sudiste

RÉTRO


Au cœur de l’hiver 1975, Nino Ferrer sort une chanson qui va cartonner : Le Sud. Pourtant, cette version française n’était pas du tout le projet original.

Après un exil près de trois ans, Nino Ferrer revient en France en 1971 avec la volonté de proposer des albums conçus dans leur globalité. C’est dans cet esprit qu’il a réalisé Métronimie, en 1972. Quelques années après, il opte, fasciné par le style du Harvest, de Neil Young,  pour un projet en duo, l’album Nino and Radiah, co-interprété en anglais avec l’artiste américaine Radia Frye (la mère de la chorégraphe Mia Frye). L’album connaît un petit succès d’estime , mais on y trouve  la version originale de South.


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Sylvàn Areg donne de la voix contre le virus

Chanteur et professeur d’EPS, Sylvàn Areg s’engage aussi aux côtés de Aide et action,  une association internationale à but non lucratif qui monte en ligne pour venir en aide aux enfants privés d’école.

Aide et action travaille depuis quatre décennies  dans une vingtaine de pays, pour s’efforcer de donner accès à l’éducation aux populations vulnérables et marginalisées. La crise sanitaire mondiale a changé la donne : avec le coronavirus, plus d’1,5 milliards d’enfants seraient privés d’éducation  avec la fermeture des établissements scolaires.

Parmi les nombreuses actions lancées actuellement pour soutenir les enfants, l’ONG transforme des « tuk-tuk » cambodgiens – jusque-là utilisés comme bibliothèques itinérantes dans le cadre d’un projet éducatif – en stations sanitaires mobiles.

Connu pour des chansons à succès comme Allez leur dire, ou On va RFR le mondeSilvàn Areg soutient cette association en expliquant ce dispositif de prévention et d’éducation face au virus. Sur le terrain, 200 villages devraient être couverts.

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Entre l’Orient et l’Occident, un voyage musical captivant

Poetic Trance (*) est le nouvel opus griffé Aziz Sahmanoui & University of Gnawa. Un album lumineux avec un groove du tonnerre. Un magnifique voyage musical.

Depuis belle lurette, Aziz Sahmanoui, l’enfant de Marrakech, œuvre pour le métissage musical, le mariage des sons ancestraux et des musiques les plus électroniques.

Après des études de lettres, débarquant à Paris, il a fondé un groupe majeur de la nouvelle scène des années 90, l’Orchestre National de Barbès, un groupe qui se jouait des frontières et des replis identitaires.  Il a ensuite fait un bout de chemin avec Joe Zawinul, un ancien de l’équipe de Miles Davis et par ailleurs fondateur de Weather Report, là encore un groupe qui ouvrait des voies musicales et cultivait le sens du partage.

En compagnie de Martin Meirssonier, un producteur des plus curieux et inventifs de sa génération, Aziz Sahmanoui n’a pas posé son sac dans le confort d’un studio aseptisé pour y refaire sempiternellement le même cocktail musical. Il le prouve une fois encore avec ce Poetic Trance, composé avec son groupe University of Gnawa, lancé il y a une décennie. Si le concert du 25 mars à la Cigale pour marquer les dix ans du groupe est, virus oblige, compromis, l’album est bel et bien présent et prouve que l’inspiration de l’équipe n’a pas pris une ride.

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Gari Grèu : un poétique voyage musical

Fruit de sept ans de voyages musicaux entre l’Afrique et la France, Gari Grèu  signe avec Barka (*) , un album bourré de vitamine sur des partitions marquées par les arrangements  chaloupés de ses compères du Massilia Sound System, Blu et Kayalik.

Gari Grèu, c’est le tchatcheur à la langue bien pendue du collectif marseillais du Massilia Sound System. L’artiste sait aussi tailler son chemin en solo et Barka(*) en est une nouvelle preuve. En 2012, la sortie de son Camarade Lézard lui permit de rencontrer un poète, griot qu’il surnomme vite « Papa » et avec lequel il s’était vite mis au travail pour créer des chansons destinées à un festival au Burkina Faso : le  concert Yes Papa ainsi eut lieu en 2014. En duo, ils font œuvre d’artisan pour construire les « petits meubles » du chanteur :  ses chansons. Gari Grèu raconte  : « Comme Papa le dit : « Je pars dans la forêt, je ramène du bois mort et Gari essaye d’en faire des meubles. »

S’ensuivent pour les deux nouveaux compètes sept années de route aussi bien en Afrique qu’en France – Papa habite, en ce qui le concerne, entre Ouagadougou, Cerbère et Bénarès –  dont Barka est largement le fruit. En langue mooré des Mossi du Burkina Faso, le mot signifie « Merci« . Et il est dérivé de « baraka » qui signifie en arabe « bénédiction, abondance des biens terrestres ou spirituels. »

Dès la première écoute, Gari Grèu – de son vrai nom Garibaldi-  nous fait faire un beau voyage avec, comme port d’attache, Marseille, la cité phocéenne où bien des pèlerins ont posé leurs valises, la preuve avec la belle chanson, La Valse de valises. « Oriental et provençal/ Ici, ces mondes ne font qu’un », lance-t-il.

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Sanseverino, l’argentin

Qu’est ce qui peut arrêter la fougue de Sanseverino ? Pas le tango en tout cas. Le fringant guitariste à l’énergie survitaminé se promène avec brio du côté de Buenos Aires avec son dernier disque Sanverino fr Tangomotán (*).

Pour la première fois de sa carrière, Sanseverino se lance dans le pays du tango avec cet album où il partage l’affiche avec le groupe Tangomotán. On connaissait son penchant pour cet univers musical. Son premier album, sorti en 2002, se nommait déjà Le Tango des gens, un titre inspiré de François Béranger , qui semblait, il est vrai, un pied-de-nez à ce fameux genre car…  aucun tango ne figurait sur l’opus.

Cette fois, après la tournée consacrée au blues et à Memphis, Sanseverino a changé de cap après avoir découvert le groupe via la Toile. Leur fougue le touche et leur manière d’être sur scène où ils se produisent habillés en bleu de travail pour rappeler les origines ouvrières de cette musique aujourd’hui redécouverte par les bobos…

Du côté de Tangomotán, on connaissait le ludion bondissant de la chanson, même si l’homme a pas mal de scènes au compteur. On connaissait tous la musique de Sanseverino. On n’avait jamais joué avec un chanteur. « On ne voulait pas faire un album avec un chanteur : on voulait faire un album avec Sanseverino » ,expliquent les membres de Tangomotán.

Flanqué d’une formation inédite – un pianiste, un violoniste, une bandéoniste et une contrebassiste – Sanseverino met sa gratte électrique et son goût des étranges histoires au service d’une musique chère à Carlos Gardel.

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Bab Assalam, musicien de la paix

Avec Maram (*), Bab Assalam signe un hommage émouvant à la musique soufie, qui a marqué la vie à Alep en Syrie. Un message musical de paix dont cette région a tant besoin…

C’était en 2010. C’était il y a si longtemps…. le trio Bab Assalam (un nom « porte de la paix » qui est déjà tout un symbole) donnait alors à Alep son dernier concert en terre syrienne, dans la citadelle de la ville. Depuis, la guerre a ravagé le pays…

C’est sur la route de l’exil que Bab Assalam signe un très bel album de retour aux sources de la musique soufie. Sur la pochette de l’album, le trio  souligne : « La musique soufie amène à la transe où les rythmes rappellent le battement du cœur. Nous cherchons à nous inspirer de cette tradition, de cette quête de spiritualité intérieure. » Faisant se répondre la clarinette, les percussions et l’oud, les musiciens habillent magnifiquement des poèmes étant nés au Moyen-Âge, tel Dahayalla ou encore Hallaj.

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Allain Leprest en grand

Pour ceux qui ont croisé Allain Leprest en scène, il était de la trempe d’un Jacques Brel, tant sur le plan de l’écriture que sur celui de sa force d’interprétation. L’hommage rendu par quatre grands artistes dans Symphonique Leprest (*) prouve la puissance d’inspiration de cet artiste.

En août 2011, Allain Leprest, malade, s’est suicidé dans la patrie de Jean Ferrat. Il n’avait que 57 ans, mais avait brûlé sa vie dans des brumes tabagiques et alcooliques, n’ayant « que » son papier et son style pour conjurer son mal de vivre. Mais, cette difficulté d’être lui inspira quelques textes à l’écriture ciselée. L’homme avait le génie pour faire tanguer la langue, mettre en mots ses blessures, habiller de poésie ses révoltes. Parfois avare de compliments, Claude Nougaro ne disait-il pas de lui qu’il était « l’un des plus foudroyants auteurs de chansons au ciel de la langue française. » Et, comme l’auteur de Toulouse, Allain Leprest a pu soigner ce mal de vivre, cher à Barbara, dans le vin de l’oubli.


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