Andreel : la cause des femmes

Sous des rythmes langoureux, Andreel sort avec L’Étrangère, un sixième album de très belle facture. Où il n’hésite pas à défendre la cause des femmes.

L’Étrangère a été inspiré à Andreel par le film éponyme  de Feo Aladag qui racontait le destin d’une femme fuyant Istanbul avec son fils pour échapper à un mari violent et rejoindre sa famille en Allemagne. Marqué par ce film, l’artiste a proposé à l’actrice Sibel Kekilli (vue dans Game of Throne)d’enregistrer ce texte en duo.

Plus loin,  dans les vers ironiques de J’en ai assez, il évoque encore les cris de la voisine « qui crie tous les soirs quand son mari la bat. » avant de lancer : « Prouvez-moi messieurs/ Que vous n’êtes pas comme eux ! ». Ou alors,  jouant sur les sons et les images, il se glisse dans la peau d’une femme pour dire combien la générosité maternelle n’a pas de prix dans ces sociétés de l’indifférence, même si le combat pour la dignité et le respect est une lutte quotidienne , jamais gagnée(Tu as de l’amour).

Une autre actrice figure au générique de cette Étrangère- Lolita Chammah (qui avait déjà œuvré avec Benjamin Biolay en 2014 au générique de Gaby Baby Doll – sur Un moment excellent, une douce chanson d’amour, délicatement sensuelle.

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Avec Ibrahim Maalouf, Paris est une vraie fête…

En décembre 2016, Ibrahim Maalouf signait un concert spectaculaire à l’Accord Hotels Arena, nouveau nom commercial du vieux Bercy. 4 heures d’un spectacle magique aujourd’hui restitué dans un coffret 14.12.16 – Live in Paris (*). Indispensable.

 

 

Ibrahim Maalouf n’est pas un musicien égoïste. Il aime partager sur disque comme sur scène. La preuve avec ce 14.12.16 – Live in Paris qui porte trace d’un show mémorable où, quatre heures durant, le trompettiste a vu les choses en grand, étant le premier jazzman de l’histoire à remplir la plus grande salle de musique de France et ce, après plus de 1000 concerts lors de cinq tournées mondiales. Avec lui, il y a jazz et jazz et  Ibrahim Maalouf  n’est pas du genre à se laisser enfermer dans un genre comme il le montre dans Ya Ha La, deuxième titre du disque où le rythme est donné. Il est vrai, pour ce concert, l’instrumentiste a vu les choses en très grand : entouré de son groupe historique, d’un orchestre classique, d’un chœur de près de cent enfants, il a confié une dizaine d’invités surprises à partager la scène avec lui pour interpréter  des morceaux tirés de ses huit albums studio. Visiblement, il a conquis les  17 000 personnes du temple musical de Bercy. « La création commence toujours par un énorme bordel, un genre de cacophonie » a t-il  déclaré en juillet dernier sur France Culture. Avec lui, cette cacophonie est vite constructive…

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Le jardin pop de Françoiz Breut

Plasticienne, dessinatrice, chanteuse, Françoiz Breut était l’invitée du Label Pop Session  pour une prestation dont  un disque porte désormais la trace. Une pop de belle facture.

Sur France Musique, Vincent Theval propose un rendez-vous en forme de coup de projecteur sur  la  vitalité de la pop moderne.

Première artiste invitée de l’émission à l’automne 2012 pour un entretien consacré à son nouvel album du moment (La Chirurgie des sentiments), Françoiz Breut y est revenue le 24 février 2016 à l’occasion de la sortie de son sixième album, Zoo, enregistré à Bristol chez Adrien Utley (pièce essentielle du groupe  Portishead) en compagnie de multi-instrumentiste comme Antoine Rocca et Stéphane Daubersy.

Durant cette session, venue spécialement de Bruxelles où elle réside désormais, Françoiz Breut a enregistré dans une certaine urgence radiophonique – plusieurs artistes pouvant être enregistrés lors d’une même séance –  des titres récents, accompagnée de Stéphane Daubersy à la guitare et Antoine Rocca aux claviers à côté des morceaux d’autres artistes (comme Airplane Song, de Don Niño ou encore  For Belgian Friends, de The Durutti Column). A l’arrivée, cela donne six titres élégants et limpides de très belle facture. Lire la suite « Le jardin pop de Françoiz Breut »

Leïla Huissoud : cette petite grande dame…

Auguste est un disque rare où il n’y a rien à jeter. Avec son deuxième album, Leïla Hussoud prouve qu’elle peut marcher sur les traces de plus grandes, tant elle fait montre d’une finesse d’écriture et de composition. A consommer sans modération.

Auguste fait partie de ces albums que l’on a envie d’écouter et de réécouter tant ce disque offre quelques pépites. Dans l’univers de Leïla Hussoud, il n’y a rien à jeter ou presque ! Après un premier opus pour piano, guitare et voix, elle a mis cette fois les petits instruments avec les grands et opté pour des arrangements savoureux concoctés avec Simon Mary et s’offrant le concours d’une dizaine de musiciens, ce qui lui permet de passer des sonorités du jazz manouche à celui d’une fanfare balkanique. Ce qui donne une pêche incroyable à cet Auguste ! Dans le cirque royal de Leïla Hussoud, dont la voix a des accents de Juliette et de Olivia Ruiz, les musiques, les sons et le mots se répondent avec une sacrée harmonie.

De prime, à l’heure d’une chanson souvent introspective et pas toujours tonique en diable, la petite jeune fille sait faire surgir un univers d’histoires solides et qui reposent sur une écriture solide et raffinée. Leïla Huissoud sait faire sérieusement un métier sans se prendre au sérieux et en continuant à faire le clown. Que ce soit dans La Farce ou La Chianteuse, elle évoque, à sa manière décalée et joyeux, la place de l’artiste. Avec Mathias Malzieu, l’âme de Dionysos, elle offre un duo revigorant et salvateur dans Un enfant communiste, célébration d’un amour qui se tape des règles avec, en toile de fond sonore, des accords de l’internationale. Lire la suite « Leïla Huissoud : cette petite grande dame… »

Pierre Perret : la liberté d’en rire…

Plus de soixante ans de carrière au compteur, mais toujours une manière artisanale de composer ses chansons. Il a fallu trois ans à Pierre Perret pour ciseler les douze chansons d’Humour liberté (*). Si, musicalement, l’opus n’a rien de très novateur, Perret sait trousser des couplets graves sans jamais surligner le trait.

Pierre Perret a beau avoir 84 ans printemps, il ne s’endort pas sur ses lauriers.  Et son inspiration sait aussi jouer avec la technologie. La preuve ? Suite à un texte publié sur son site, il y a trois ans, il a cédé aux demandes de ses fans pour composer Ma France à moi. Hymne à un pays qui a longtemps plus rayonné par les productions de ses hommes de culture que par des rodomontades de politiciens en mal de consécration médiatique. Il chante ainsi, faisant écho au célèbre texte de Jean Ferrat avec lequel il débuta dans un cabaret parisien, cet hymne qui n’a rien de patriotique : « Ma France à moi celle que j’adore/ Celle des Klarsfeld celle de Senghor/ Celle de Prévert et la France des paysans/ France de Stendhal Chamfort Molière/ France de Balzac La Fontaine et Victor » L’artiste sait aussi se moquer des modes en évoquant un temps que les moins de 20 ans… : celui de cette Communale où les élèves ne surfaient pas tout le temps sur les portables ou sur l’écran plat de leur ordinateur, fidèle compagnon de route et de jeux. « Et sous les platanes/ C’qui avait d’plus sacré/ C’était la castagne / Pendant la récré. »
L’œil malicieux et le verbe toujours précis, Pierre Perret regarde le monde sans jamais se départir de son sens de l’humour. Et il faut avoir l’humour bien accroché au cœur pour décrire notre société dite « moderne ». Pourtant, fidèle à sa philosophie, sinon de bien vivre, du moins de vivre le mieux possible, et en accord avec ses idées, Pierre Perret ne pouvait pas taire son émotion, suite aux attentats du 13 novembre 2015. Il le fait avec la chanson-titre qui ouvre ce disque et où il salut les copains tombés au champ de l’humour : »Adieu mes amis les artistes/ Bienfaiteurs de l’humanité/ Qui venez de quitter la piste/ Pour avoir dit la vérité. »

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Naples sur tous les modes

Chanteur et accordéoniste du groupe Brastch, François Castiello a su bien s’entourer pour livrer sa vision de Naples au cœur du collectif Lalala Napoli qui revisite à nouveau les classiques des mélodies napolitaines dans Disperato (*). Inventif et tonique en diable.

Il fallait bien que François Castiello, l’accordéoniste toujours inspiré du groupe Brastch,  replonge un jour dans ses racines musicales. Avec le deuxième disque du collectif Lalala Napoli, Disperato,   il confirme la variété de son inspiration et cet enracinnement.

Réunissant à nouveau sa bande de cinq musiciens autour des musiques populaires de Naples, François Castiello mêle l’acoustique et l’électrique dans ce disque où la liberté d’expression  prend son envol libérant, au gré des morceaux, une émotion palpable. Trilles de flûte, nostalgie d’un accordéon voyageur, basses solides, mandoline délicate… ce disque sent le « live » à plein nez et pétille de vie. Il y a du bal napolitain, aussi chaleureux que fou et exubérant, dans ce panorama en quatorze morceaux qui débute en fanfare avec Simme e napule paisa et qui se termine par une version mémorable de Funiculi Funicula. Un album qui offre aussi des mélodies moins connues comme ce Cannettella, porté par les arrangements du maître de cérémonie.

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BREL – 40 ANS APRÈS

Quarante ans après sa disparition, Jacques Brel n’a toujours pas été balayé de la mémoire populaire. Preuve de la modernité de son répertoire. Hommage en quelques chansons.

 

 

 

L’Éclusier (1968)

La Cathédrale (1977)

Ses mots sur la réussite

Voir un ami pleurer

Mourir pour mourir (écrite pour le  film Mon oncle Benjamin)

ALEXIS HK, L’ART DU FUNAMBULE

Trois ans après son dernier disque, et après l’intermède remarqué d’hommage à Brassens,  Alexis HK revient sur le devant de la scène avec Comme un ours (*). Quand il sort de sa tanière, le croquenotes fait mouche de belle manière.

Son dernier spectacle, Georges & moi, mis en scène par François Morel, avait marqué les esprits en 2015, il a renouvelé son inspiration dans une solitude assumée pour imaginer son nouvel album, Comme un ours. Il annonce ainsi la couleur : « Comme son nom l’indique, ce disque trouve ses racines dans la solitude et l’isolement. Mais ses racines seulement. Je me suis isolé le temps de l’écriture pour ressentir vraiment la nécessité de l’autre, l’insoutenable projet de la solitude absolue. »

En compagnie de Sébastien Collinet comme coréalisateur – il a œuvré notamment avec Florent Marchet – Alexis HK nous offre un album au dépouillement lumineux avec des « grooves lancinants », des incursions d’ukulélé, la présence discrète d’un violoncelle , et des rythmiques qui soutiennent des chansons ciselées en diable. L’inspiration solitaire n’a pas porté Alexis HK a un optimisme béat et le disque est marqué par cette année 2015 où le terrorisme fou a frappé et dont les ondes ont touché l’artiste qui s’était isolé, chez lui,  dans le vignoble nantais. La preuve avec cette Marianne évoquant ce vendredi 13 novembre où, du côté du Bataclan, la bière rousse s’est teintée de sang et a durablement changé l’atmosphère en France.

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Les nouveaux copains de Georges

Croquenote virtuose guitare en main, Rodolphe Raffalli célèbre Brassens sur tous les rythmes en accompagnant une fine interprète, Renée Garlène, dont la voix est magnifique. J’ai rendez-vous avec vous(*) n’est pas un album d’hommage de plus.

Ce n’est pas la première fois que Rodolphe Raffalli s’attaque à Brassens, mais, jusque là, il s’agissait d’habiter ses mélodies de son talent de guitariste. Avec Renée Garlène, il opte pour un duo musical pour voix, guitare et quelques instruments. Peu d’instruments pour rester fidèle au désir du Sétois qui disait à son ami Louis Nucéra (comme il est rapporté dans la pochette de J’ai rendez-vous avec vous) : « Je ne tiens pas à ce que l’attention du public soit détournée par des fioritutes, par un son de flûte, par un son de trompette. J’aime beaucoup justement ça , j’aurais beaucoup aimé avoir des orchestrations sur mes chansons mais je crois que ce n’est pas à moi de faire ça. »

Accompagné de Sébastien « Raoul » Gastine à la contrebasse et de Fabrice Thompson aux percussions, Rodolphe Raffalli teinte les mélodies originale de Brassens de swing, de rythmes brésiliens pour leur donner une singulière couleur musicale. Et sans jamais forcer le trait. Lire la suite « Les nouveaux copains de Georges »

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