Karl Zéro dans le rétro

De la télévision à la chanson, il n’y a qu’un – petit – pas. La preuve avec les nouvelles aventures latinos de Karl Zéro et un album au titre long comme un jour sans pain.

Pour lancer son album, Karl Zéro n’a pas fait dans la demi-mesure, à son habitude, pour choisir son titre. Qu’on en juge : Songs for Moonlight Swim and Otros Tipos de Ocupaciones (*). Dans la droite lignée des orchestres swing, tropicaux et raffinés des années 40 et 50, Karl Zéro revisite ici des morceaux de new wave, d’électro-rap ou s’amuse à détourner des incontournables comme L’Eau à la bouche, le classique de Gainsbourg revu et corrigé en version brésilienne… qui fleure bon le sable d’Ipanema.

Chantant en français, russe ou arabe, Karl Zéro joue sur un vintage de bon aloi en s’entourant d’une sacrée brochette de musiciens du jazz parisien qu’il a conviée au studio Ferber à Paris. Et c’est Raphaël Lemmonier  (compagnon de route de China Moses entre autres) qui mène la danse et a signé les arrangements de l’opus avec un bel enthousiasme. Lire la suite

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Gatica : errances chiliennes

En concert le 4 octobre au Divan du Monde à Paris, Gatica sort son premier EP éponyme, où elle raconte des amours déçus, le temps qui passe…

D’origine chilienne, Alejandra Roni Gatica, c’est d’abord une voix. Chaude, suave et qui vous embarque dans des mélodies qui fleurent bon son pays natal, quelque part entre le Pacifique et la Cordillère, sans pour autant jouer sur un exotisme convenu. En six chansons, elle nous embarque dans son imaginaire sans barguigner.

Gatica, c’est aussi une galerie de portraits de personnages qu’elle a croisés ou inventés, puisant aussi dans sa mémoire des chagrins d’amour. Dans son univers, on croise  ainsi des reines, des fous, des anges…  et le désert d’Atacama, site exceptionnel perché dans le nord du Chili. Ainsi, le titre Mon cher amour répond en écho au roman Cher amour, d’un certain Bernard Giraudeau qui fit le voyage dans cette région aride  – ceux qui ont eu la chance d’y séjourner ne peuvent oublier la beauté de ses paysages et la beauté de ses ciels – avec Osvaldo Torres, un artiste chilien emprisonné plusieurs fois pendant la dictature de Pinochet. Et dont certains ont disparu dans ces terres arides après une exécution sommaire.. « Une mer de souvenirs s’est ouverte à l’écoute de cette chanson » a dit Osvaldo Torres.

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Yvette Guilbert, la femme moderne

Elle fut une grande voix de la chanson, pionnière du féminisme. Dans un coffret étonnant de 3 CD, Yvette Guilbert voit son répertoire revisité par Nathalie Joly. Et de belle manière.

Elle fut l’amie de Freud – qui écoutait en boucle sa chanson Dites-moi que je suis belle – et Toulouse-Lautrec l’immortalisa. Reine du café-concert à la Belle Époque, Yvette Guilbert a marqué les annales de la chanson par un répertoire très en avance et pas ses prises de position féministes. La dame était une pionnière du genre à une époque où ces dames étaient corsetées et soumises à la férule de leur époux.

Parolière, auteur, actrice, metteur en scène… , Yvette Guilbert, née le 20 janvier 1865 à Paris et morte en février 1944 à Aix-en-Provence, fait partie de ces artistes qui ont exploré bien des pistes artistiques comme en témoigne sa passionnante autobiographie, La Chanson de ma vie.

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Le « Charleroi », de Lavilliers

S’il a souvent chanté les villes – de New-York à Lyon – Bernard Lavilliers a choisi la ville wallonne de Charleroi, sur la Sambre pour servir de décor à une de ses nouvelles chansons.

Cette fois, Lavilliers s’est inspiré du décor de ces villes frappées par la crise pour signer cette chanson d’alarme où il célèbre aussi ces cités du métissage… Le ton est grave et la voix chaude sur une mélodie au doux tempo. Son nouvel album sortira d’ici une dizaine de jours.

Toutes les musiques de l’Acadie

 L’Acadie dans tous ses états et en musiques : c’est le pari de la Semaine acadienne qui se tient du 8 au 15 août dans le Calvados depuis douze ans. Coup de projecteur sur l’édition 2017.

Le 6 juin 1944,  des dizaines de milliers de soldats participèrent au Débarquement sur les plages normandes. Parmi eux, des Américains, des Anglais, des Francais, des Belges, des Polonais, … mais aussi des Canadiens.  Chaque nationalité étant affecté à une zone précise, ce fut pour ces derniers Juno Beach, une bande d’une dizaine de kilomètres de long, allant de Courseulles-sur-Mer à Saint-Aubin-sur- mer.

C’est en souvenir de ces cousins d’Amérique que les villes de Courseulles-sur-mer, Luc-sur-mer, Saint-Aubin-sur-mer, Douvres-la- Delivrande, Carpiquet, Authie, Beny- sur-mer, dans le Calvados accueilleront la douzième édition de « La semaine acadienne » du 8 au 15 aout . Pour les soldats acadiens qui participèrent à ce Débarquement, ils revenaient, trois siècles plus tard, sur les terres de ces Français qui avaient traversé l’Atlantique pour construire le Québec au 17e siècle. Hommage leur est donc rendu aujourd’hui d’une façon festive.

Plus importante  manifestation consacrée à l’Acadie en France, le Festival propose cette année outre un concert de Natasha St Pier,  la grande Marie Jo Thério, venue du Nouveau-Brunswick, Jocelyn Petit, et des groupes comme 112 Accords, Unisson, LGS. Entre autres… Lire la suite

Géraldine Torres, une indignée douce

Un premier album haut-en-couleur pour Géraldine Torres. Avec La Vie sur les os(*), la chanteuse, riche de dix ans de métier en groupe et sur la route, prouve la palette de son talent.

D’emblée, Géraldine Torres cueille son monde par une énergie partageuse. La voix rauque de la dame nous embarque vers des territoires où l’indifférence n’est pas de mise et la colère jamais feutrée. Pour preuve, la chanson dédiée au 11 septembre. Pas celui des tours jumelles de New-York, non celui d’un triste jour au Chili où la dictature militaire mit fin au désir de changement politique de Salvador Allende en son palais de La Moneda et où la guitare de Yann Pompidou distille une douce nostalgie des temps sans bruits de bottes. On sent chez Géraldine Torres le désir qu’une tragédie n’en efface pas une autre dans la mémoire collective.

Le reste d’Avec la vie sur les os est à l’image de ce titre : inspiré, solide, puissant. Et varié. Ce qui n’est pas courant dans l’univers musical actuel où la confession intime (et lassante) tient lieu de passeport…


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La Bretagne au chœur

Breizh – Eo Ma Bro ! (*) réunit 19 artistes pour un CD en forme d’hommage vibrant à la Bretagne avec, au cœur de ce voyage, un passeur d’émotions au long cours : Olivier de Kersauson.

Kersauson a la voix pour parler aux embruns. Il était le guide tout naturel pour accompagner cet hymne à la Bretagne qui réunit une vingtaine d’artistes pour célébrer « sa » Bretagne. « C’est ma Bretagne, dit-il, c’est le cœur qui se tout entier dans le vocabulaire qui ne parle pas toujours très bien. »

Autour du marin au parler fort, une kyrielle d’artistes sont du voyage. Les Bretons de toujours – Gilles Servat, Alain Stivell, Tri Yann ou encore Dan Ar Braz, Miossec – mais aussi les amoureux (Laurent Voulzy, Jane Birkin) de cette région  en forme de continent où les bombardes répondent aux cornemuses et où les chœurs se font tantôt aériens, tantôt puissants.

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