Gilles Servat devient classique

Après  cinquante ans de scène, Gilles Servat garde chevillés au corps et à la voix l’instinct de liberté et celui de créer. Le sens de la révolte aussi. Avec À Cordes déployées (*), il réinvente son univers en quatuor classique. Et ça a de la gueule !

Qu’importe le lieu de naissance ! Gilles Servat a beau avoir vu le jour à Tarbes le 1er février 1945, il est avant tout un grand défenseur de la culture bretonne armoricaine et des autres langues celtiques. Après 70 ans… à l’ouest !!!, en 2017, le voilà revisitant quelques belles pièces de son répertoire dans un écrin classique et poétique, avec les arrangements délicats de Mathilde Chevrel, par ailleurs violoncelliste. Entourée de Philippe Turbin, au piano et Floriane le Pottier au violon, elle donne à entendre d’une nouvelle manière ces chansons inscrites dans nos mémoires. La preuve avec la chanson d’ouverture, Les Prolétaires où le solo de violoncelle répond aux arpèges délicats du piano. Et ces mots prophétiques : « Hitler le disait déjà : « Un chômeur n’est pas rentable/ Un soldat ça coûte moins cher et c’est bien plus raisonnable ! »

Avec une telle enveloppe sonore, les vers de Gilles Servat trouve une seconde jeunesse. Y compris sa célèbre Blanche hermine, ce magnifique hymne poétique sur la révolte, qui devient La Blanche sonatine, de très belle facture. Pour évoquer cette nouvelle aventure, Gilles Servat souligne : « Si ce n’est pas à mon âge qu’on prend des risques et qu’on se remet en question, c’est quand ? La routine est mortelle pour un artiste. »

Lire la suite « Gilles Servat devient classique »

Un duo féminin pop bien tempéré

Auvergnates, deux sœurs, Claire et Gaëlle Salvat sortent sous le nom de leur groupe, Comme John, un premier album de belle facture, Douce folie (*). Un univers pop bien ciselé.

Les deux sœurs Salvat ont grandi avec Françoise Hardy, Barbara et la pop anglo-saxonne en fond sonore. Avant de lancer ce duo au milieu des années 2010, Claire et Gaëlle ont fait leurs gammes au Conservatoire où elle ont peaufiné leur sens de l’harmonie. Et leurs compositions en attestent. Ces deux artistes multi-instrumentistes ont ensuite rodé leur style en assurant des premières parties d’artistes aussi différents que La Grande Sophie, Oldelaf, Imany ou encore Barcella.

Aujourd’hui, avec Douce Folie(*), elle impose leur griffe pour créer une french pop colorée et décalée où les instruments – et en premier chef, un piano et une flûte traversière jouant la rythmique – se marient à merveille avec ces deux voix qui jouent sur un équilibre polyphonique. Sans oublier des moments où une électronique discrète vient créer une atmosphère spécifique (Été 80).

Lire la suite « Un duo féminin pop bien tempéré »

Un hymne à la vie

La voix chaude et puissante de la chanteuse franco-iranienne Ariana Vafadari porte haut les couleurs de son nouvel album Anahita (*), hymne à la diversité, à l’ouverture d’esprit et à la douceur de la vie.

Ariana Vafadari a composé chaque morceau de Anahita, un disque qui s’inspire de l’histoire de la déesse iranienne des eaux, de la fécondité, des peuples et des vivants. Dans ce conte onirique, une jeune femme, anéanti face à son paysage devenu stérile, prie la déesse dont elle porte le nom de redonner vie à son monde… Une quête qui la conduira à l’Amour.

Produite par la chanteuse franco-iranienne et Vincent Joinville, cette création offre différents tableaux chantés en persan et en français : elle a été jouée en mars dernier au Musée du Quai Branly avec Fanny Ardant en récitante.

Lire la suite « Un hymne à la vie »

Les chants de la Covid

Il fallait bien que la crise sanitaires inspire les chanteurs. Si Pierre Perret trousse des couplets assez réussis, Renaud fait peine à écouter.

A 86 ans, et même masqué, Pierre Perret sait encore ironiser sur la crise sanitaire et livre une chanson qui, sans rivaliser avec Lily, raille la politique et les gouvernants. Et son regard facétieux fonctionne à belle allure sur cette valse lente des Confinis.

On aimerait bien être aussi élogieux avec Renaud. Mais, même au quatrième degré, sa Corona song où il fait rimer, de sa voix de plus en plus cassée,  « Corona virus et conard de virus » est de la petite bière d’un chanteur fatigué. On attend d’autres créations de l’auteur de Mistral gagnant que ces couplets poussifs sur fond de musique country.

Nino Ferrer, le sudiste

RÉTRO


Au cœur de l’hiver 1975, Nino Ferrer sort une chanson qui va cartonner : Le Sud. Pourtant, cette version française n’était pas du tout le projet original.

Après un exil près de trois ans, Nino Ferrer revient en France en 1971 avec la volonté de proposer des albums conçus dans leur globalité. C’est dans cet esprit qu’il a réalisé Métronimie, en 1972. Quelques années après, il opte, fasciné par le style du Harvest, de Neil Young,  pour un projet en duo, l’album Nino and Radiah, co-interprété en anglais avec l’artiste américaine Radia Frye (la mère de la chorégraphe Mia Frye). L’album connaît un petit succès d’estime , mais on y trouve  la version originale de South.


Lire la suite « Nino Ferrer, le sudiste »

Sylvàn Areg donne de la voix contre le virus

Chanteur et professeur d’EPS, Sylvàn Areg s’engage aussi aux côtés de Aide et action,  une association internationale à but non lucratif qui monte en ligne pour venir en aide aux enfants privés d’école.

Aide et action travaille depuis quatre décennies  dans une vingtaine de pays, pour s’efforcer de donner accès à l’éducation aux populations vulnérables et marginalisées. La crise sanitaire mondiale a changé la donne : avec le coronavirus, plus d’1,5 milliards d’enfants seraient privés d’éducation  avec la fermeture des établissements scolaires.

Parmi les nombreuses actions lancées actuellement pour soutenir les enfants, l’ONG transforme des « tuk-tuk » cambodgiens – jusque-là utilisés comme bibliothèques itinérantes dans le cadre d’un projet éducatif – en stations sanitaires mobiles.

Connu pour des chansons à succès comme Allez leur dire, ou On va RFR le mondeSilvàn Areg soutient cette association en expliquant ce dispositif de prévention et d’éducation face au virus. Sur le terrain, 200 villages devraient être couverts.

Lire la suite « Sylvàn Areg donne de la voix contre le virus »

Entre l’Orient et l’Occident, un voyage musical captivant

Poetic Trance (*) est le nouvel opus griffé Aziz Sahmanoui & University of Gnawa. Un album lumineux avec un groove du tonnerre. Un magnifique voyage musical.

Depuis belle lurette, Aziz Sahmanoui, l’enfant de Marrakech, œuvre pour le métissage musical, le mariage des sons ancestraux et des musiques les plus électroniques.

Après des études de lettres, débarquant à Paris, il a fondé un groupe majeur de la nouvelle scène des années 90, l’Orchestre National de Barbès, un groupe qui se jouait des frontières et des replis identitaires.  Il a ensuite fait un bout de chemin avec Joe Zawinul, un ancien de l’équipe de Miles Davis et par ailleurs fondateur de Weather Report, là encore un groupe qui ouvrait des voies musicales et cultivait le sens du partage.

En compagnie de Martin Meirssonier, un producteur des plus curieux et inventifs de sa génération, Aziz Sahmanoui n’a pas posé son sac dans le confort d’un studio aseptisé pour y refaire sempiternellement le même cocktail musical. Il le prouve une fois encore avec ce Poetic Trance, composé avec son groupe University of Gnawa, lancé il y a une décennie. Si le concert du 25 mars à la Cigale pour marquer les dix ans du groupe est, virus oblige, compromis, l’album est bel et bien présent et prouve que l’inspiration de l’équipe n’a pas pris une ride.

Lire la suite « Entre l’Orient et l’Occident, un voyage musical captivant »

Gari Grèu : un poétique voyage musical

Fruit de sept ans de voyages musicaux entre l’Afrique et la France, Gari Grèu  signe avec Barka (*) , un album bourré de vitamine sur des partitions marquées par les arrangements  chaloupés de ses compères du Massilia Sound System, Blu et Kayalik.

Gari Grèu, c’est le tchatcheur à la langue bien pendue du collectif marseillais du Massilia Sound System. L’artiste sait aussi tailler son chemin en solo et Barka(*) en est une nouvelle preuve. En 2012, la sortie de son Camarade Lézard lui permit de rencontrer un poète, griot qu’il surnomme vite « Papa » et avec lequel il s’était vite mis au travail pour créer des chansons destinées à un festival au Burkina Faso : le  concert Yes Papa ainsi eut lieu en 2014. En duo, ils font œuvre d’artisan pour construire les « petits meubles » du chanteur :  ses chansons. Gari Grèu raconte  : « Comme Papa le dit : « Je pars dans la forêt, je ramène du bois mort et Gari essaye d’en faire des meubles. »

S’ensuivent pour les deux nouveaux compètes sept années de route aussi bien en Afrique qu’en France – Papa habite, en ce qui le concerne, entre Ouagadougou, Cerbère et Bénarès –  dont Barka est largement le fruit. En langue mooré des Mossi du Burkina Faso, le mot signifie « Merci« . Et il est dérivé de « baraka » qui signifie en arabe « bénédiction, abondance des biens terrestres ou spirituels. »

Dès la première écoute, Gari Grèu – de son vrai nom Garibaldi-  nous fait faire un beau voyage avec, comme port d’attache, Marseille, la cité phocéenne où bien des pèlerins ont posé leurs valises, la preuve avec la belle chanson, La Valse de valises. « Oriental et provençal/ Ici, ces mondes ne font qu’un », lance-t-il.

Lire la suite « Gari Grèu : un poétique voyage musical »

Sanseverino, l’argentin

Qu’est ce qui peut arrêter la fougue de Sanseverino ? Pas le tango en tout cas. Le fringant guitariste à l’énergie survitaminé se promène avec brio du côté de Buenos Aires avec son dernier disque Sanverino fr Tangomotán (*).

Pour la première fois de sa carrière, Sanseverino se lance dans le pays du tango avec cet album où il partage l’affiche avec le groupe Tangomotán. On connaissait son penchant pour cet univers musical. Son premier album, sorti en 2002, se nommait déjà Le Tango des gens, un titre inspiré de François Béranger , qui semblait, il est vrai, un pied-de-nez à ce fameux genre car…  aucun tango ne figurait sur l’opus.

Cette fois, après la tournée consacrée au blues et à Memphis, Sanseverino a changé de cap après avoir découvert le groupe via la Toile. Leur fougue le touche et leur manière d’être sur scène où ils se produisent habillés en bleu de travail pour rappeler les origines ouvrières de cette musique aujourd’hui redécouverte par les bobos…

Du côté de Tangomotán, on connaissait le ludion bondissant de la chanson, même si l’homme a pas mal de scènes au compteur. On connaissait tous la musique de Sanseverino. On n’avait jamais joué avec un chanteur. « On ne voulait pas faire un album avec un chanteur : on voulait faire un album avec Sanseverino » ,expliquent les membres de Tangomotán.

Flanqué d’une formation inédite – un pianiste, un violoniste, une bandéoniste et une contrebassiste – Sanseverino met sa gratte électrique et son goût des étranges histoires au service d’une musique chère à Carlos Gardel.

Lire la suite « Sanseverino, l’argentin »

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑