Entre l’Orient et l’Occident, un voyage musical captivant

Poetic Trance (*) est le nouvel opus griffé Aziz Sahmanoui & University of Gnawa. Un album lumineux avec un groove du tonnerre. Un magnifique voyage musical.

Depuis belle lurette, Aziz Sahmanoui, l’enfant de Marrakech, œuvre pour le métissage musical, le mariage des sons ancestraux et des musiques les plus électroniques.

Après des études de lettres, débarquant à Paris, il a fondé un groupe majeur de la nouvelle scène des années 90, l’Orchestre National de Barbès, un groupe qui se jouait des frontières et des replis identitaires.  Il a ensuite fait un bout de chemin avec Joe Zawinul, un ancien de l’équipe de Miles Davis et par ailleurs fondateur de Weather Report, là encore un groupe qui ouvrait des voies musicales et cultivait le sens du partage.

En compagnie de Martin Meirssonier, un producteur des plus curieux et inventifs de sa génération, Aziz Sahmanoui n’a pas posé son sac dans le confort d’un studio aseptisé pour y refaire sempiternellement le même cocktail musical. Il le prouve une fois encore avec ce Poetic Trance, composé avec son groupe University of Gnawa, lancé il y a une décennie. Si le concert du 25 mars à la Cigale pour marquer les dix ans du groupe est, virus oblige, compromis, l’album est bel et bien présent et prouve que l’inspiration de l’équipe n’a pas pris une ride.

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Gari Grèu : un poétique voyage musical

Fruit de sept ans de voyages musicaux entre l’Afrique et la France, Gari Grèu  signe avec Barka (*) , un album bourré de vitamine sur des partitions marquées par les arrangements  chaloupés de ses compères du Massilia Sound System, Blu et Kayalik.

Gari Grèu, c’est le tchatcheur à la langue bien pendue du collectif marseillais du Massilia Sound System. L’artiste sait aussi tailler son chemin en solo et Barka(*) en est une nouvelle preuve. En 2012, la sortie de son Camarade Lézard lui permit de rencontrer un poète, griot qu’il surnomme vite « Papa » et avec lequel il s’était vite mis au travail pour créer des chansons destinées à un festival au Burkina Faso : le  concert Yes Papa ainsi eut lieu en 2014. En duo, ils font œuvre d’artisan pour construire les « petits meubles » du chanteur :  ses chansons. Gari Grèu raconte  : « Comme Papa le dit : « Je pars dans la forêt, je ramène du bois mort et Gari essaye d’en faire des meubles. »

S’ensuivent pour les deux nouveaux compètes sept années de route aussi bien en Afrique qu’en France – Papa habite, en ce qui le concerne, entre Ouagadougou, Cerbère et Bénarès –  dont Barka est largement le fruit. En langue mooré des Mossi du Burkina Faso, le mot signifie « Merci« . Et il est dérivé de « baraka » qui signifie en arabe « bénédiction, abondance des biens terrestres ou spirituels. »

Dès la première écoute, Gari Grèu – de son vrai nom Garibaldi-  nous fait faire un beau voyage avec, comme port d’attache, Marseille, la cité phocéenne où bien des pèlerins ont posé leurs valises, la preuve avec la belle chanson, La Valse de valises. « Oriental et provençal/ Ici, ces mondes ne font qu’un », lance-t-il.

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Sanseverino, l’argentin

Qu’est ce qui peut arrêter la fougue de Sanseverino ? Pas le tango en tout cas. Le fringant guitariste à l’énergie survitaminé se promène avec brio du côté de Buenos Aires avec son dernier disque Sanverino fr Tangomotán (*).

Pour la première fois de sa carrière, Sanseverino se lance dans le pays du tango avec cet album où il partage l’affiche avec le groupe Tangomotán. On connaissait son penchant pour cet univers musical. Son premier album, sorti en 2002, se nommait déjà Le Tango des gens, un titre inspiré de François Béranger , qui semblait, il est vrai, un pied-de-nez à ce fameux genre car…  aucun tango ne figurait sur l’opus.

Cette fois, après la tournée consacrée au blues et à Memphis, Sanseverino a changé de cap après avoir découvert le groupe via la Toile. Leur fougue le touche et leur manière d’être sur scène où ils se produisent habillés en bleu de travail pour rappeler les origines ouvrières de cette musique aujourd’hui redécouverte par les bobos…

Du côté de Tangomotán, on connaissait le ludion bondissant de la chanson, même si l’homme a pas mal de scènes au compteur. On connaissait tous la musique de Sanseverino. On n’avait jamais joué avec un chanteur. « On ne voulait pas faire un album avec un chanteur : on voulait faire un album avec Sanseverino » ,expliquent les membres de Tangomotán.

Flanqué d’une formation inédite – un pianiste, un violoniste, une bandéoniste et une contrebassiste – Sanseverino met sa gratte électrique et son goût des étranges histoires au service d’une musique chère à Carlos Gardel.

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Bab Assalam, musicien de la paix

Avec Maram (*), Bab Assalam signe un hommage émouvant à la musique soufie, qui a marqué la vie à Alep en Syrie. Un message musical de paix dont cette région a tant besoin…

C’était en 2010. C’était il y a si longtemps…. le trio Bab Assalam (un nom « porte de la paix » qui est déjà tout un symbole) donnait alors à Alep son dernier concert en terre syrienne, dans la citadelle de la ville. Depuis, la guerre a ravagé le pays…

C’est sur la route de l’exil que Bab Assalam signe un très bel album de retour aux sources de la musique soufie. Sur la pochette de l’album, le trio  souligne : « La musique soufie amène à la transe où les rythmes rappellent le battement du cœur. Nous cherchons à nous inspirer de cette tradition, de cette quête de spiritualité intérieure. » Faisant se répondre la clarinette, les percussions et l’oud, les musiciens habillent magnifiquement des poèmes étant nés au Moyen-Âge, tel Dahayalla ou encore Hallaj.

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Allain Leprest en grand

Pour ceux qui ont croisé Allain Leprest en scène, il était de la trempe d’un Jacques Brel, tant sur le plan de l’écriture que sur celui de sa force d’interprétation. L’hommage rendu par quatre grands artistes dans Symphonique Leprest (*) prouve la puissance d’inspiration de cet artiste.

En août 2011, Allain Leprest, malade, s’est suicidé dans la patrie de Jean Ferrat. Il n’avait que 57 ans, mais avait brûlé sa vie dans des brumes tabagiques et alcooliques, n’ayant « que » son papier et son style pour conjurer son mal de vivre. Mais, cette difficulté d’être lui inspira quelques textes à l’écriture ciselée. L’homme avait le génie pour faire tanguer la langue, mettre en mots ses blessures, habiller de poésie ses révoltes. Parfois avare de compliments, Claude Nougaro ne disait-il pas de lui qu’il était « l’un des plus foudroyants auteurs de chansons au ciel de la langue française. » Et, comme l’auteur de Toulouse, Allain Leprest a pu soigner ce mal de vivre, cher à Barbara, dans le vin de l’oubli.


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Matéo Langlois ou l’art du décodage

En cinq titres, Matéo Langlois définit un univers musical singulier dans Décoder les cases (*). Est-il bon de décoder son message ?

Décoder les cases n’est pas un disque qui se livre à la première écoute. La voix singulière du chanteur peut dérouter, voire déranger. Les rythmiques surprendre. Et puis, on se laisse glisser dans cet univers tout doucement, tranquillement et un charme certain opère. Comme Matéo Langlois  gravite autour de Toulouse, il est tentant (et facile) de dresser un parallèle entre lui et Claude Nougaro dont il partage de fait le même amour pour les mots et leurs effets, les chocs sonores au service d’une rythmique hybride, métissée. Dès l’ouverture et Les Fôtes d’orthographe, Matéo Langlois donne le tempo dans cette évocation de la liberté de créer et d’oser, d’écrire « les mots comme on les voit« . Métaphoriquement, la vie n’est-elle pas aussi faite de ces ratures et erreurs qui n’empêchent pas, in fine,  d’avancer.

Yes est un hymne au départ qui fait écho au poème de Cendrars, « Si tu aimes, il faut partir... » Dans l’urgence des mots, il y a la célébration du plaisir de partir pour partir, chère à un Nicolas Bouvier, quitte à le faire en célébrant le bonheur de courir. « Départ imminent/ Et j’y laisserais mes thunes, et mon emploi/ et mon ascension sociale, que dalle » chante-t-il.  La liberté de vivre et de choisir est aussi l’apanage de Décoder, qui invite à laisser jaillir les émotions.   « Ta peinture est belle, tu devrais l’encadrer » lance-t-il. Lire la suite « Matéo Langlois ou l’art du décodage »

Les voyages oniriques de Marie Sigal

En six chansons, Marie Sigal convie à un voyage personnel avec Les Géraniums où, sur des mélodies plutôt anglo-saxonnes, elle livre des histoires à l’indéniable poésie.

Avec Marie Sigal, il faut se laisser glisser lentement dans un univers musical que cette chanteuse qui a trouvé son inspiration aux États-Unis –  elle a conçu cet album lors d’une résidence –  a créé autour de textes ouverts sur la rêverie et l’imaginaire.

Ouvrant et terminant ce disque par un hymne à la Beauté où elle évoque aussi bien les Nympheas chères à Monet que des errances sur rue Bichat en souvenir de la « femme venue très vite » à (son) secours« .  Le tout porté par une mise en ondes solides où les roulements de la batterie de Theo Glass le disputent aux basses de Philippe Burneau pour porter la voix puissante et claire de Marie SIgal. Le tout avec une réalisation ciselée au studio Condorcet de Toulouse avec  Olivier Cussac, qui joue de bien des instruments sur cet opus.

Chanteuse-pianiste formée au Conservatoire, Marie Sigal revendique une inspiration musicale qui va de Debussy à Feu!Chatterton en passant par Portishead. Dans cette pop obscure où jaillissent des envolées de violon et de violoncelle (Le bât blesse), elle peut provoquer à la rêverie comme évoquer les blessures d’une histoire d’amour qui tourne court. Lire la suite « Les voyages oniriques de Marie Sigal »

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