Fontaine Wallace : un premier album racé

Le premier album éponyme (*) de Fontaine Wallace est un petit miracle d’équilibre. Avec des histoires en apparence simples et directes qui touchent dès la première écoute, ce groupe sait faire partager des atmosphères singulières.

Certains des musiciens de Fontaine Wallace ont déjà fait leurs armes avec des groupes comme Superflu, Luke ou encore Prohibition. On voit qu’ils ont un certain métier  dès qu’on écoute la première chanson de l’album, Une odyssée, dont la pop accrocheuse et raffinée retient vite l’attention. Tout le reste de l’album se déroule sans anicroches avec des mélodies qui s’insinuent doucement, portées par de belles harmonies musicales.

Accompagné de Cécile Beguery à la basse, de Ludovic Morillon à la batterie et de Fabrice de Battista aux claviers, Nicolas Falez- qui assure le chant et la guitare – déroule une série d’histoires qui s’inspirent du quotidien sans en rester captives.

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Quand Jo devint Moustaki

Le Métèque et Bobino 70 (*) est un coffret qui a de quoi susciter la curiosité des amoureux de Moustaki car il révèle quelques jolis inédits ou versions rares.

La photo du coffret est célèbre depuis des lustres : c’est celle du fameux disque Le Métèque qui permit à l’ancien protégé de Piaf de se faire un nom et de commencer à tourner sur bien des scènes.

Doux sourire, chevelure poivre et sel : l’image de Moustaki donne envie de partager un bout de chemin avec celui qui popularisera les créations du grand Manos Hadjidakis (La Pierre ou Le Facteur). Connu aussi est le premier « live » de l’artiste et ce Bobino 70 : sur la pochette, cigarette au bout des doigts, Moustaki joue de la guitare douze cordes sur une photo teintée en orange. Guitariste accompagnateur de Moustaki à l’époque – et présent ensuite au côté de Brassens de longues années – Joël Favreau se souvient du premier groupe monté pour les propositions de concerts : « Pas de partitions. Jo faisait beaucoup de place au collectif. C’était dans l’esprit de cette époque, mais c’était aussi son tempérament. Les répétitions sont plutôt des bœufs et les choses se structurent pas décantation. »

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Yvan Marc se met au vert

Quinze ans de discographie n’ont pas émoussé l’inspiration d’Yvan Marc, artiste pop rock. Avec Nos dimanches (*),  il garde les pieds sur terre, semble plus apaisé mais ne renie pas des convictions qu’il a chevillées au corps.

Compagnon de route de Mickaël Furnon, alias Mickey 3D, et de Pascal Collomb – qui joue sur Nos dimanches et assuré les arrangements – Yvan Marc mène sa carrière sans faire de bruit, tout en continuant à enseigner en parallèle à des jeunes en lycée agricole d’Yssingeaux. C’est en artisan qui garde les pieds sur terre qu’il signe son septième disque, Nos dimanches.

Le premier clip extrait du disque, Sous les gants, tourné au Puy-en-Velay et dans lequel figure son fils,  donne le ton d’un ouvrage moins impliqué dans son engagement, moins porté à dénoncer les désordres du monde (on se souvient du réjouissant Propaganda par exemple). Au magazine Francofans, il s’explique en ces termes : « J’ai écrit beaucoup sur la société, l’engagement et j’ai eu l’impression de tourner en rond. J’avais envie d’explorer d’autres contrées, peut-être avec des albums un peu plus proches de moi, plus intimistes dans lesquels je suis moins dans la revendication et la critique. »

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Des troubadours modernes

Mot d’origine germanique, « Heimatlos » signifie « apatride, exilé ». Le groupe Lo Radzouka s’en sert comme titre de son troisième album, le  disque de bien des métissages. Et qui vous emporte loin…

 

Un pour tous, tous pour trois. Lo Radzouka est un trio qui dépote et joue sur une palette musicale aussi large que variée. Pour ce nouveau disque, Heimatlos,  Lo Radzouka  confirme la tendance : à côté du bon « vieux » piano, figurent au générique d’Heimatlos une vieille à roue, un charango ou encore un bouzouki. Il fallait bien ces instruments de tous les métissages pour rendre hommage à ce mot qui continue à hanter certaines mémoires : sans patrie. Il désigne aussi tous ceux – juifs, tziganes, homosexuels… – qui ont fui leur pays pendant la période nazie. Sur la pochette du disque, Heimatlos  annonce la couleur : « Apatride comme la musique que nous jouons et comme un hommage à ceux qui sont contraints de l’être. »

Pour une moitié, leur nouvel album est constitué de  morceaux instrumentaux qui donnent des fourmis dans les jambes et incitent à prendre le large, comme Valsouchola ou Heimatlosd. Des arrangements qui offrent à Lo Radzouka  la possibilité de promener une inspiration large aussi bien sur  les musiques de l’Europe de l’Est que sur des rythmes latino-américains. Lire la suite

Les belles rencontres d’Altan

Cap sur l’Irlande avec le nouvel album du groupe Altan – trente ans d’âge – qui signe avec The Gap of Dreams, une création marquée par la rencontre et le partage.

Dès la première écoute, The Gap of Dreams (*) fait défiler des images dans nos têtes – aussi bien celles des landes bordant une mer sauvage que celle des pubs où les musiciens se retrouvent- et donnent une irrésistible envie de bouger.

Pour nous plonger dans le magnifique et sauvage Comté de Donegal, au nord-ouest de l’Irlande, le berceau du groupe, Atlan propose des ballades rêveuses ou toniques en gaélique ou en anglais.

Hommage à ceux qui sont partis, ce disque est aussi ouvert à demain et Altan a convié pour ce voyage musical des compositeurs plus jeunes.  AInsi Nya Byrne, la fille de Mairéad Ni Mhaonaigh, voix cristalline et violon aérien,  signe Nias’s Jig, de belle facture, quand Sam Kelly, le fils de Mark, un des guitaristes du groupe, a donné vie à The Beekeeper. Ces deux jigs, couplés au morceau titre de l’album, offrent une belle introduction au reste.

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Daran : retour en force

Trois ans après Le Monde perdu, Daran nous revient avec Endorphine, un CD bourré d’énergie dans lequel l’artiste n’a rien perdu de ses colères. Sans pour autant tomber dans la revendication d’un tract. Cela sort un peu de l’ordinaire musical du moment.

Hormones secrétées par des glandes cérébrales et présentes dans de nombreux organes dont le cerveau et la moëlle épinière, les endorphines provoquent une sensation de relaxation, de bien être, et parfois d’euphorie. Désormais, le mot est indissociablement lié l’univers sonore de Daran qui l’a choisi pour son retour dans la lumière et sur scène : sa tournée a commencé le 30 mars et il sera notamment en première partie de Fred Blondin, le 14 avril au Casino de Paris.

D’emblée, ce disque nous saisit par la force des textes et des mélodies qui en tournent pas en rond. La plupart des mots d’Endorphine(*) sont l’œuvre de Pierre-Yves Lebert, parolier fidèle de Daran, sauf Ici et Horizon, signé Erwan Le Berre, du groupe belge Atomique DeLuxe, autre vieux copain de Daran. Et l’artiste n’a pas hésité à donner de sa voix puissante sur des chansons qui sortent des rengaines psychologiques si présentes dans la chanson actuelle et qui tournent parfois en rond…

Que ce soit avec Halima, et son rythme étouffant, évoquant le drame du Bataclan qu’avec Horizon et cette évocation saisissante de ces usines qui ferment et cachent bien des drames humains.  « On a bien tenté de se battre au début/ Mais contre qui contre quoi contre la fatalité/ On a tendance à se résigner assez vite aussi c’est vrai/ Alors on a baissé les bras et on a regardé les évènements s’enchaîner. »

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L’atmosphère de Noosphère

Rencontre improbable entre trois personnalités que tout sépare, Noosphère déboule avec un CD (*) éponyme de cinq titres non dénué de charme.

Noosphère, c’est une atmosphère. C’est aussi un nom étrange pour un groupe car il désigne, selon Vladimir Vernadsky et Pierre Teilhard de Chardin (il introduisit le mot en 1922 dans sa « cosmogénèse »), la « sphère de la pensée humaine« . Noosphère, c’est enfin la rencontre entre trois personnalités qui n’étaient pas a priori destinées à faire un bout de chemin ensemble. Musical qui plus est.

En fait, il s’agit du mariage  entre Jean-Louis Roubira – pédopsychiatre de métier et créateur, notamment, du jeu à succès Dixit – de Pauline Dupuy – contrebassiste chanteuse et partageuse – et d’un musicien et arrangeur britannique, promenant son imaginaire entre Berlin et Paris, Michael Wookey. Pauline a été séduite par les compositions de Jean-Louis et Michael a flashé sur les chansons interprétées par la musicienne au point d’avoir envie de les produire. Lire la suite