Eric Legnini marie piano et guitares

Dans Six Strings Under (*), nouvel opus d’Eric Legnini, signe une déclaration d’amour à la gratte. Et pourtant, son instrument de chevet reste le clavier.

Il a joué avec Claude Nougaro, les frères Belmondo ou encore Ibrahim Maalouf. Entre autres. Natif de Huy, aux portes de Liège, Eric Legnini, pianiste de son état, fait cavalier seul en signant avec Six Strings Under, un disque qui marque la rencontre entre la gratte et le clavier, même s’il confesse  non sans humour : « Les pianistes et guitaristes ne font pas toujours bon ménage. » Lui a décidé, on le voit, outre ces histoires de désamour.

Accompagné de Rocky Gresset et Hugo Lippi aux guitares et de Thomas Bramerie à la basse, le lauréat de la Victoire du jazz 2011du Meilleur album de l’année, signe un mariage de raison -mais pas de soumission non plus – avec la six cordes. Il avoue pourtant n’être qu’un « piètre guitariste » qui ne connait que « trois pauvres accords brésiliens ». Pour autant, avec un père grand fan de Django, Eric Legnini a été bercé par cet instrument et il a déjà fait un bout de chemin musical en Belgique avec  Philip Catherine ou Toots Thielemans, célèbre harmoniciste mais qui sait jouer aussi avec brio de la gratte.

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Au cœur du sertão brésilien

Bel Air de Forro offre un savoureux séjour musical dans la musique du Nordeste brésilien dans Sertão do Mar. Quatorze titres pour nous proposer une belle échappée musicale.

Sertão do Mar est déjà un titre audacieux car unissant à la fois la terre et austère de cette région du centre du Brésil avec la mer. Son but, faire danser les personnes sur le forró, la danse des bals populaires brésiliens qui permet de faire durer la nuit jusqu’au petit matin. Avec l’album de ce groupe, on est au cœur des racines profondes de ce Nordeste brésilien, célébré en France aussi bien par un Georges Moustaki qu’un Bernard Lavilliers qui en a tiré le titre d’un de ses tubes.

Composé de Mariana Caetano, une chanteuse à la forte présence scénique; Yann Le Corre, un accordéoniste virtuose, issu de la nouvelle génération des musiciens bretons et Marcelo Costa, fin percussionniste venu de São Paulo, Bel Air de Forro offre ainsi une relecture puissante de cette musique aux racines profondes. Et qui sait aussi inviter en français à la fête avec des chansons comme Sabia Y Mais, un vrai remède à la nostalgie.


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Le cours d’anatomie de Nicolas Paugam

Quatrième tour de piste en solo pour Nicolas Paugam. Avec son quatrième album, Le Ventre et l’Estomac (*), il creuse son sillon. C’est inégal mais, sans nul doute, original.

Depuis qu’il a quitté la formation Da Capo, Nicolas Paugam – auteur-compositeur et interprète – poursuit son chemin sans se soucier de l’air du temps. Si les déraisonnables sont en voie de disparition, Nicolas Paugam fait partie des espèces menacées tant il prouve, en neuf titres, dans Le Ventre et l’Estomac.

Le voyage commence dès la pochette un brin surréaliste qui est déjà l’œuvre du compositeur fasciné par l’univers d’un Sergueï  Paradjanov. Ensuite, Nicolas Paugam nous invite à une promenade intérieure de sa voix qui taquine parfois les notes hautes. Dans la chanson-titre, il évoque ainsi les fissures qu’un homme ressent dans son couple. Le mal est diffus, la mélancolie présente. « Cette fille, c’est un roman« , chante t-il. Un peu plus loin, il y a la chanson-miroir (c’est une femme qui alors s’exprime) dans Tu vois pas qu’on s’aime pas.

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Les voyages de deux guitares

D’une rive à l’autre, c’est la rencontre de deux grands guitaristes – Marylise Florid et Sylvain Luc – qui marient , dans une belle osmose,  partitions classiques, latines et compositions personnelles. Un disque d’une grande musicalité.

Deux guitares unies par la même passion pour célébrer les univers musicaux les plus divers : Marylise Florid et Sylvain Luc marient dans D’une rive à l’autre(*) des interprétations de morceaux classiques pour la guitaretelle la magnifique Sarabande de la partita n°1, de Jean-Sébastien Bachà des compositions personnelles (La Promesse; Labyrinthe Arlequin) , via des incursions dans le répertoire brésilien (Choro da saudade) et espagnol (Andalise).

D’un morceau à l’autre, le duo parvient à offrir des interprétations aussi pures que fluides, mettant  leur style respectif au service d’un univers musical métisse. Présentant leur travail sur la pochette, Richard Galliano, un des grands accordéonistes contemporains, parle d’une « véritable médecine musicale pour guérir nos maux de l’âme. »

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Andreel : la cause des femmes

Sous des rythmes langoureux, Andreel sort avec L’Étrangère, un sixième album de très belle facture. Où il n’hésite pas à défendre la cause des femmes.

L’Étrangère a été inspiré à Andreel par le film éponyme  de Feo Aladag qui racontait le destin d’une femme fuyant Istanbul avec son fils pour échapper à un mari violent et rejoindre sa famille en Allemagne. Marqué par ce film, l’artiste a proposé à l’actrice Sibel Kekilli (vue dans Game of Throne)d’enregistrer ce texte en duo.

Plus loin,  dans les vers ironiques de J’en ai assez, il évoque encore les cris de la voisine « qui crie tous les soirs quand son mari la bat. » avant de lancer : « Prouvez-moi messieurs/ Que vous n’êtes pas comme eux ! ». Ou alors,  jouant sur les sons et les images, il se glisse dans la peau d’une femme pour dire combien la générosité maternelle n’a pas de prix dans ces sociétés de l’indifférence, même si le combat pour la dignité et le respect est une lutte quotidienne , jamais gagnée(Tu as de l’amour).

Une autre actrice figure au générique de cette Étrangère- Lolita Chammah (qui avait déjà œuvré avec Benjamin Biolay en 2014 au générique de Gaby Baby Doll – sur Un moment excellent, une douce chanson d’amour, délicatement sensuelle.

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