Le bon numéro d’Auren

Nouvel album d’Auren, Numéro mise sur un univers pop-folk de solide facture pour accompagner des textes en forme de portraits de femmes.

Depuis J’ose, sorti en 2013, Auren avait taillé la route deux années durant pour assurer les premières parties de quelques grandes têtes d’affiche : de Benjamin Biolay à Yodelice. Changement de maison de disque pour ce Numéro, un disque en onze chansons enregistrées au studio Wavelabe à Tucson en Arizona. Une promesse de voyage…

Un séjour qui s’est joué sur un coup de dé. Profitant du passage du groupe de rock Américain Calexico en 2016 à l’Êpicerie Moderne, de Feyzin, où Auren aime venir, elle envoie un message en forme de bouteille à la mer : une lettre remise au guitariste et indiquant au groupe à quel point elle aimait leur musique et à quel point elle aimerait bosser avec eux.  Un coup de poker gagnant car le guitariste a tenu sa promesse de la remettre aux autres membres du groupe : Joey Burns lui envoie un mail lui demandant, une heure plus tard, si elle est toujours dans la… salle. Dix jours plus tard à Berne, ils se croiseront et pourront construire le projet du nouvel album que produiront les Américains.

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Le romantisme noir de James Eleganz

The Only One est un album élégant aux mélodies efficaces signé James Eleganz. Il s’y joue des codes musicaux et visuels du rock ainsi que de notre imaginaire américain.

D’emblée, The Only One capte votre attention avec ces sons de guitares qui font penser à J.J. Cale ou Dire Straits (dans le titre The Horse song par exemple).

C’est en Californie que l’artiste est parti mettre en boite son disque dans le studio Rancho de la Luna. L’ancien musicien du groupe Success y a fait un virage rock en s’entourant avec bonheur. Côté réalisation, figure Toby Dammit, percussionniste et arrangeur originaire du Tennessee, et proche collaborateur d’Iggy Pop et Nick Cave and The Bad Seeds. On retrouve aussi à son côté le bassiste des Stooges et fondateur des Minutemen : Mike Watt. Ensuite, ils sont allés mixer l’opus à Berlin, au Candy Bomber Studio, installé au cœur de l’ancien aéroport de Templehof. Lire la suite « Le romantisme noir de James Eleganz »

Marc Delmas à une main…

Dix ans après son dernier album, Bloody Mary, Marc Delmas est de retour avec La Superficie du ciel, un disque au folk épuré où l’auteur-compositeur-interprète et musicien bordelais pose une poésie douce. On peut parfois regretter que l’ensemble ne manque pas de nerfs.

Les guitares ciselées répondent au solo d’harmonica comme dans Tisser des poèmes.  Et quand les arpèges de piano déboulent c’est pour habiller en douceur la réflexion sur le temps qui passe dans Jouvence... Après avoir emprunté des chemins de traverse, collaboré pour le théâtre ou la danse, Marc Delmas est donc de retour sur le devant de la scène avec un folk boisé et un univers qui est marqué de l’empreinte de Radiohead, Joni Mitchell et côté français d’un Silvain Vanot.

Sans jamais hausser le ton, Marc Delmas joue sur des nuances lumineuses pour évoquer le temps qui passe et le jeu de la nature avec des textes qui ne dédaignent pas le double sens dans la digne lignée d’un Bashung. Dans la chanson-titre, il chante ainsi : « De foulées en foulées, / traverser des plaines pleines de non-dits/  nantis, d’adeptes bien nourris. » Plus bucolique au cœur de la ville quand il s’agit de dire l’amour sur tous les tons, il célèbre son goût pour les Roses trémières, ses « fleurs téméraires, ses fleurs préférées »

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Julien Bensé : vivre plus fort !

Clore l’année avec L’Odyssée, de Julien Bensé, c’est se laisser bercer par une folk métaphysique où l’auteur compositeur s’inspire de ses nombreuses lectures pour signer des chansons qui évoquent aussi bien Épicure que Nietzche.

Il faut sans doute commencer cet album par La Vérité pour en mesurer les parcours sinueux autour d’un thème philosophique à souhait. Et s’il chante sur des nappes synthétiques « La vérité, tu la connais« , c’est sans doute pour mieux brouiller les pistes en conviant l’esprit de Nietzche  dans ce texte tout en évoquant aussi « le Bataclan qui explose »

Avec L’Odyssée (*), Julien Bensé boucle un voyage commencé en 2008 avec le disque Album, suivi six ans plus tard par Le Printemps. Partant du constat d’un divorce entre l’homme et la Nature, le croquenotes a composé des chansons seul dans son home studio où il invite aussi d’autres musiciens à venir faire leurs gammes et innover (Laura Cahen notamment).

Cette fois, Julien Bensé reste fidèle à son inspiration livresque et dit : « J‘ai voulu rendre hommage aux auteurs qui ont fait mon éthique de vie« , dit l’artiste qui convoque aussi bien dans son panthéon personnel Camus que Lucrèce, Spinoza ou encore un classique des philosophes : Montaigne.

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Le folk apaisant de Frédéric Bobin

Après avoir fait des études universitaires consacrées à  Boris Vian, il n’est pas illogique de passer à la chanson. La preuve avec Frédéric Bobin qui sort un nouvel album folk à la douce beauté :  Les Larmes d’or (*). Un titre poétique à l’image d’un album ciselé…

Silhouette longiligne, moustache discrète et bouc en rapport :  sur la pochette de son disque, il y a quelque chose d’un mousquetaire dans la dégaine de Frédéric Bobin, ce natif de Bourgogne installé à Lyon et qui a commencé de chanter en 2003. Une activité qu’il n’a cessé de pratiquer depuis avec même un intermède africain, en 2008,  et une résidence au Sénégal pour la création d’un spectacle de danse contemporaine – The Scales of Memory –  dont il co-signa la musique avec le compositeur Laforest.

Les Larmes d’or porte la signature d’un musicien et interprète (son frère Philippe signe les paroles) qui prend son temps d’évoquer les choses et préfère le dépouillement d’un folk bien tempéré aux déluges de décibels d’un rock assourdissant. L’univers musical de Frédéric Bobin est intimiste entre la batterie et la basse, tenues par Mikael Cointepas; le violoncelle d’Hélène Piris, qui donne également de la voix dans les chœurs et l’harmonica de Vincent Dupuis ( qui fait quelques merveilles sur des titres comme Jimmy et Les Étreintes intermittentes), l’artiste se réservant le jeu à la guitare et autre guitare slide.

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Naples sur tous les modes

Chanteur et accordéoniste du groupe Brastch, François Castiello a su bien s’entourer pour livrer sa vision de Naples au cœur du collectif Lalala Napoli qui revisite à nouveau les classiques des mélodies napolitaines dans Disperato (*). Inventif et tonique en diable.

Il fallait bien que François Castiello, l’accordéoniste toujours inspiré du groupe Brastch,  replonge un jour dans ses racines musicales. Avec le deuxième disque du collectif Lalala Napoli, Disperato,   il confirme la variété de son inspiration et cet enracinnement.

Réunissant à nouveau sa bande de cinq musiciens autour des musiques populaires de Naples, François Castiello mêle l’acoustique et l’électrique dans ce disque où la liberté d’expression  prend son envol libérant, au gré des morceaux, une émotion palpable. Trilles de flûte, nostalgie d’un accordéon voyageur, basses solides, mandoline délicate… ce disque sent le « live » à plein nez et pétille de vie. Il y a du bal napolitain, aussi chaleureux que fou et exubérant, dans ce panorama en quatorze morceaux qui débute en fanfare avec Simme e napule paisa et qui se termine par une version mémorable de Funiculi Funicula. Un album qui offre aussi des mélodies moins connues comme ce Cannettella, porté par les arrangements du maître de cérémonie.

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Goël : tous les bruits d’une vie

Loin du rock-métal où il fit se premières armes, Gilles Grohan – alias Goël aujourd’hui – change d’univers avec Le Bruit dehors, au style pop-folk orchestré.

« Et la neige nous sauvera » lance Goël dans la chanson qui ouvre un album où les cordes accompagnant sa voix de tête sur des harmonies bien ciselées. De chanson en chanson, Goël – qui avait déjà amorcé un virage musical en 2015 avec la sortie de cinq titres acoustiques – enfonce le clou dans Le Bruit dehors avec un disque(*) bien éloigné de ses inspirations d’antan. Entre 2000 et 2009, il était le chanteur du groupe de rock-métal nantais Zo, qui se produisit en concert dans la France entière.

Avec cet album, Goël a tenté la synthèse de tous ses désirs artistiques et l’on peut entendre au fil des plages du Bruit dehors, vibraphone, contrebasse, trio à cordes ou encore batterie, sans oublier de délicats arpèges de guitare (dans De son arbre notamment). Des paysages musicaux souvent originaux et qui donnent envie de faire un brin de route avec l’artiste. On sent chez lui le

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Le tour de Nesles

Loin des autoroutes musicaux médiatiques, Nesles signe un disque folk-pop  et doucement électro de belle facture – Permafrost – où sa voix grave évoque un retour aux sources et une nature apaisante.

Amoureux des petits carnets – « mon arme préférée reste le crayon » dit-il- Nesles en a imprimé un à tirage réduit pour marquer la sortie de Permafrost. Il y livre une réflexion d’Anaïs Nim : « La vie de tous les jours ne m’intéresse pas. Je cherche seulement les grands moments. » Dès l’écoute de son nouvel album, Permafrost, on mesure que l’ordinaire indiffère un artiste qui voyage un brin en solitaire. Et puis,  prendre pour titre – un des trois instrumentaux de l’opus – le symbole du froid le plus absolu est déjà la marque de quelqu’un que la solitude n’effraie pas.

Sans écraser la voix chaude et profonde d’un environnement acoustique oppressant, Nesles sait nous inviter à un voyage poétique intime où, à la manière d’un Manset ou d’un Thiéfaine, voire d’un Nick Cave, il signe une poésie intime. Il faut ainsi écouter le délicat habillage de Le Dur, les cailloux où il évoque le « retour du redoux » dans une délicate célébration de l’amour et de l’éveil de la nature. Plus loin dans Faust au Danube, il se livre encore à un délicat exercice de style sur les rêveries d’un promeneur solitaire dans une nature qui se révèle.

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Au commencement était… Joan Baez

The Indispensable Joan Baez (1959-1962) nous fait retrouver l’artiste à l’orée des années 60. C’est le moment où l’artiste incarne le renouveau du folk avec sa voix cristalline qui peut tout se permettre. Ou presque.

Dès son adolescence, Joan Baez a choisi un style dépouillé qui met en valeur sa voix cristalline et son vibrato magnifique. Marquée par Pete Seeger bien sûr, Woody Guthrie mais aussi The Carter Family et le Kingston Trio, Joan a très tôt connu le succès. En prime, elle dispose d’une sacrée technique de guitariste et maîtrise le finger pincking de manière magistrale comme on peut l’entendre avec une chanson comme Lowlands.

Menant une vie de bohème, Joan Baez a été très tôt une figure féministe à l’engagement sans failles pour les causes qui comptaient à ses yeux. Et elles furent nombreuses. Amie d’un Martin Luther King, cette apôtre de la non-violence a marqué les esprits dès ses premiers albums qui sont réunis dans ce coffret et prouve à quel point elle a, dès ses débuts, trouvé sa voie et sa voix.

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