Julien Bensé : vivre plus fort !

Clore l’année avec L’Odyssée, de Julien Bensé, c’est se laisser bercer par une folk métaphysique où l’auteur compositeur s’inspire de ses nombreuses lectures pour signer des chansons qui évoquent aussi bien Épicure que Nietzche.

Il faut sans doute commencer cet album par La Vérité pour en mesurer les parcours sinueux autour d’un thème philosophique à souhait. Et s’il chante sur des nappes synthétiques « La vérité, tu la connais« , c’est sans doute pour mieux brouiller les pistes en conviant l’esprit de Nietzche  dans ce texte tout en évoquant aussi « le Bataclan qui explose »

Avec L’Odyssée (*), Julien Bensé boucle un voyage commencé en 2008 avec le disque Album, suivi six ans plus tard par Le Printemps. Partant du constat d’un divorce entre l’homme et la Nature, le croquenotes a composé des chansons seul dans son home studio où il invite aussi d’autres musiciens à venir faire leurs gammes et innover (Laura Cahen notamment).

Cette fois, Julien Bensé reste fidèle à son inspiration livresque et dit : « J‘ai voulu rendre hommage aux auteurs qui ont fait mon éthique de vie« , dit l’artiste qui convoque aussi bien dans son panthéon personnel Camus que Lucrèce, Spinoza ou encore un classique des philosophes : Montaigne.

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Le folk apaisant de Frédéric Bobin

Après avoir fait des études universitaires consacrées à  Boris Vian, il n’est pas illogique de passer à la chanson. La preuve avec Frédéric Bobin qui sort un nouvel album folk à la douce beauté :  Les Larmes d’or (*). Un titre poétique à l’image d’un album ciselé…

Silhouette longiligne, moustache discrète et bouc en rapport :  sur la pochette de son disque, il y a quelque chose d’un mousquetaire dans la dégaine de Frédéric Bobin, ce natif de Bourgogne installé à Lyon et qui a commencé de chanter en 2003. Une activité qu’il n’a cessé de pratiquer depuis avec même un intermède africain, en 2008,  et une résidence au Sénégal pour la création d’un spectacle de danse contemporaine – The Scales of Memory –  dont il co-signa la musique avec le compositeur Laforest.

Les Larmes d’or porte la signature d’un musicien et interprète (son frère Philippe signe les paroles) qui prend son temps d’évoquer les choses et préfère le dépouillement d’un folk bien tempéré aux déluges de décibels d’un rock assourdissant. L’univers musical de Frédéric Bobin est intimiste entre la batterie et la basse, tenues par Mikael Cointepas; le violoncelle d’Hélène Piris, qui donne également de la voix dans les chœurs et l’harmonica de Vincent Dupuis ( qui fait quelques merveilles sur des titres comme Jimmy et Les Étreintes intermittentes), l’artiste se réservant le jeu à la guitare et autre guitare slide.

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Naples sur tous les modes

Chanteur et accordéoniste du groupe Brastch, François Castiello a su bien s’entourer pour livrer sa vision de Naples au cœur du collectif Lalala Napoli qui revisite à nouveau les classiques des mélodies napolitaines dans Disperato (*). Inventif et tonique en diable.

Il fallait bien que François Castiello, l’accordéoniste toujours inspiré du groupe Brastch,  replonge un jour dans ses racines musicales. Avec le deuxième disque du collectif Lalala Napoli, Disperato,   il confirme la variété de son inspiration et cet enracinnement.

Réunissant à nouveau sa bande de cinq musiciens autour des musiques populaires de Naples, François Castiello mêle l’acoustique et l’électrique dans ce disque où la liberté d’expression  prend son envol libérant, au gré des morceaux, une émotion palpable. Trilles de flûte, nostalgie d’un accordéon voyageur, basses solides, mandoline délicate… ce disque sent le « live » à plein nez et pétille de vie. Il y a du bal napolitain, aussi chaleureux que fou et exubérant, dans ce panorama en quatorze morceaux qui débute en fanfare avec Simme e napule paisa et qui se termine par une version mémorable de Funiculi Funicula. Un album qui offre aussi des mélodies moins connues comme ce Cannettella, porté par les arrangements du maître de cérémonie.

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Goël : tous les bruits d’une vie

Loin du rock-métal où il fit se premières armes, Gilles Grohan – alias Goël aujourd’hui – change d’univers avec Le Bruit dehors, au style pop-folk orchestré.

« Et la neige nous sauvera » lance Goël dans la chanson qui ouvre un album où les cordes accompagnant sa voix de tête sur des harmonies bien ciselées. De chanson en chanson, Goël – qui avait déjà amorcé un virage musical en 2015 avec la sortie de cinq titres acoustiques – enfonce le clou dans Le Bruit dehors avec un disque(*) bien éloigné de ses inspirations d’antan. Entre 2000 et 2009, il était le chanteur du groupe de rock-métal nantais Zo, qui se produisit en concert dans la France entière.

Avec cet album, Goël a tenté la synthèse de tous ses désirs artistiques et l’on peut entendre au fil des plages du Bruit dehors, vibraphone, contrebasse, trio à cordes ou encore batterie, sans oublier de délicats arpèges de guitare (dans De son arbre notamment). Des paysages musicaux souvent originaux et qui donnent envie de faire un brin de route avec l’artiste. On sent chez lui le

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Le tour de Nesles

Loin des autoroutes musicaux médiatiques, Nesles signe un disque folk-pop  et doucement électro de belle facture – Permafrost – où sa voix grave évoque un retour aux sources et une nature apaisante.

Amoureux des petits carnets – « mon arme préférée reste le crayon » dit-il- Nesles en a imprimé un à tirage réduit pour marquer la sortie de Permafrost. Il y livre une réflexion d’Anaïs Nim : « La vie de tous les jours ne m’intéresse pas. Je cherche seulement les grands moments. » Dès l’écoute de son nouvel album, Permafrost, on mesure que l’ordinaire indiffère un artiste qui voyage un brin en solitaire. Et puis,  prendre pour titre – un des trois instrumentaux de l’opus – le symbole du froid le plus absolu est déjà la marque de quelqu’un que la solitude n’effraie pas.

Sans écraser la voix chaude et profonde d’un environnement acoustique oppressant, Nesles sait nous inviter à un voyage poétique intime où, à la manière d’un Manset ou d’un Thiéfaine, voire d’un Nick Cave, il signe une poésie intime. Il faut ainsi écouter le délicat habillage de Le Dur, les cailloux où il évoque le « retour du redoux » dans une délicate célébration de l’amour et de l’éveil de la nature. Plus loin dans Faust au Danube, il se livre encore à un délicat exercice de style sur les rêveries d’un promeneur solitaire dans une nature qui se révèle.

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Au commencement était… Joan Baez

The Indispensable Joan Baez (1959-1962) nous fait retrouver l’artiste à l’orée des années 60. C’est le moment où l’artiste incarne le renouveau du folk avec sa voix cristalline qui peut tout se permettre. Ou presque.

Dès son adolescence, Joan Baez a choisi un style dépouillé qui met en valeur sa voix cristalline et son vibrato magnifique. Marquée par Pete Seeger bien sûr, Woody Guthrie mais aussi The Carter Family et le Kingston Trio, Joan a très tôt connu le succès. En prime, elle dispose d’une sacrée technique de guitariste et maîtrise le finger pincking de manière magistrale comme on peut l’entendre avec une chanson comme Lowlands.

Menant une vie de bohème, Joan Baez a été très tôt une figure féministe à l’engagement sans failles pour les causes qui comptaient à ses yeux. Et elles furent nombreuses. Amie d’un Martin Luther King, cette apôtre de la non-violence a marqué les esprits dès ses premiers albums qui sont réunis dans ce coffret et prouve à quel point elle a, dès ses débuts, trouvé sa voie et sa voix.

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Zacharie ne joue pas les ours…

Premier album de Zacharie, Giant Bear (*) nous livre les partitions blues et folk d’un guitariste au doigté magnifique.

Dès la première plage, Stayin’ at home, un titre de Fats Waller transposé à la gratte, Zacharie nous cueille par un jeu de guitare d’une belle maturité et sa voix chaude et forte qui embarque son monde dans un périple en anglais.

D’abord homme d’images et réalisateur vidéo, Zacharie a changé de cap pour le chant. Casquette vissée sur le crane et barbe épanouie, Zacharie Dangoin  marie picking folk, jolies harmonies et une poésie discrète dans une douzaine de chansons, qu’il a joliment arrangées avec Julien Jussey (qui a assuré également le mixage de l’opus).

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