Nilda Fernandez ne voyagera plus…

Emporté jeune – il n’avait que 61 ans – par un insuffisance cardiaque, Nilda Fernandez était une voix puissante de la scène française.

De son vrai prénom, Daniel, il en avait inventé un autre en verlan et Nilda Fernandez était ainsi né à la scène.

Né à Barcelone en 1957 dans une famille andalouse et protestante, Nilda était arrivé en France à l’âge de 6 ans, dans la banlieue lyonnaise. En 1987, après avoir beaucoup joué en première partie des autres – il avait notamment fait des tournées de Léo Ferré – l’artiste à la voix haut perchée si caractéristique avait joué les premiers de cordée avec le remarqué Madrid Madrid, en 1987, qui évoquait l’exil et ses origines.

Se définissant lui-même comme un « marginal acceptable« , Nilda Fernandez était un conteur, doublé d’un voyageur qui savait, en interview, vous captiver d’une simple histoire, racontée sans jamais hausser le ton. Il lui a fallu patienter pour jouer dans la cour des grands. Ce fut en 1991  avec l’album Nilda Fernandez, nommé cinq fois aux Victoires de la musique. Il décroche alors le prix du « meilleur espoir masculin ». Une gloire lui permet ainsi de jouer en première partie de Sting à Paris devant 15 000 spectateurs. Autre signe du succès : en 1993, sa nouvelle chanson, Sinfanaï Retu, écrit dans une langue imaginaire, sert de générique à l’émission Durand la nuit.

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Il pleut des cordes pour Simon Chouf

Belle surprise que l’album concocté par Simon Chouf & Le Hardcordes Trio (*). Ils y revisitent deux disques du chanteur, Volatils et L’Hôtel des fous. A l’arrivée, les vers de Simon Chouf prennent une tout autre résonance dans cet écrin sonore…

La rencontre entre Simon Chouf et Le Hardcordes Trio, composé d’Eugénie Ursch, (violoncelle) Olivier Samouillan (alto, mandoline) et Thomas Kretzschmar (violon),  remonte au Festival « Fous d’archet 2017 » : ensemble, ils unissent leur force le temps de quelques chansons. Alors, comme une évidence, naît l’idée de poursuivre l’aventure. Ce sera d’abord à Toulouse en novembre lors de concerts où Simon Chouf présente son quatrième disque Volatils. Sous la direction d’Arnaud Gineste , qui a notamment travaillé avec Thomas Dutronc, l’histoire continue dans une maison en pierres des Cévennes où certaines chansons de SImon Chouf sont ré-arrangées autour des cordes, pour souligne le timbre chaud de la voix de l’artiste qui n’est pas sans rappeler celle de Christian Olivier des Têtes raides pour le phrasé ou celle d’un Jacques Higelin auquel Simon Chouf signe un bel hommage avec une version épurée de Champagne.

Le reste du disque est absolument magnifique, tant les vers des chansons de Simon Chouf parviennent à aborder bien des thèmes sans tomber dans le jeu de mots pour le jeu de mots ou les images poétiques faciles. Avec les cordes et en acoustique, le chant – et donc les textes- se retrouvent ainsi mis en avant.

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Les voyages vitaminés de El Gato Negro

L’artiste a roulé sa bosse depuis quinze ans dans toute l’Amérique du sud et son nouvel album, Ouvre la porte (*), en porte sacrément la trace. Un cocktail musical tonique et vitaminé…

Il y a dans le nouveau disque de El Gato Negro, Ouvre la porte, des accents à la Mano Negra, notamment dans la chanson chaloupée qui ouvre l’invitation à ce voyage musical : Bendita primavera. Après avoir étudié et digéré les rythmes traditionnels de cumbia, salsa, paso et autre cha-cha ou boléro, El Gato Negro en nourrit les douze titres de son disque coloré et engagé. La preuve avec la chanson-titre, Ouvre le porte, en forme de chant de colère face à tous les replis identitaires dans une Europe qui se sclérose.

« C’est toujours les mêmes qui payent le prix« , chante-t-i dans Ensemble, sur un tempo langoureux et une mélodie inspirée. Et poursuit sur les « gens qui courent dans les rues de Paris ». Une réflexion que l’on retrouve dans une autre chanson, où figure KC Jones :  El tiempo pasa. Lire la suite « Les voyages vitaminés de El Gato Negro »

Laurent Montagne : les airs des cimes

Souviens-moi (*), c’est le nouvel album de Laurent Montagne, un chanteur  qui peut alterner les rimes révoltées avec  des couplets plus contemplatifs. Un cocktail qui lui réussit plutôt bien.

La voix est toujours solide au poste. Dans l’univers de Laurent Montagne, la guitare domine, tantôt très rock, tantôt plus pop avec un sens certain du crescendo sur des rythmiques solides. Côté musique, l’enfant de la Drôme qui vit aujourd’hui dans la région de Montpellier s’est entouré de vieux complices de ses années de groupe : Laurent Guillot, Cyril Douay, l’ami du groupe Les Acrobates et fondateur de The Chase; Pierre-Yves Serre, fondateur de Horla… Entre autres.

Le résultat, c’est un album qui balance pas mal, efficace dans les sons sans pour autant offrir des arrangements qui jouent la fioriture pour la fioriture, au risque d’y  perdre leur âme. Cela met en valeur des textes qui oscillent entre la colère et la poésie, sans jamais que la revendication n’inspire le trac. Ainsi avec Le Système : « Le système t’aime/ Le système t’aime comme un vampire aime le sens » lance-t-il évoquant une société qui ne tourne plus vraiment rond et qui est issue de « la même élite. »


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Un 13 qui porte bonheur

Chant libre (*), c’est le nouvel album de Collectif 13, un groupe qui réunit des membres de Tryo, La Rue Ketanou, Massilia Sound System… Un bouillon de culture pour des artistes qui chantent leurs révoltes et leurs colères dans un joyeux bazar musical.

Dès l’ouverture de Chant libre, Collectif 13 annonce la couleur et balance le tempo sur Collègues, un hymne au partage et à la fraternité : « Ce n’est pas une histoire de quartier. C’est une envie de se rencontrer. » Le ton est donné par ce groupe formé de musiciens venus de bien des formations connues qui préfèrent se parler en musique que de communiquer par Internet. « Aucun filtre entre nous, pas de marketing », lancent-ils dans Réseau, soutenu par les solos d’un saxophone rageur et qui se moque de nos vies connectées.

En quinze titres, Collectif 13 mise sur le mélange des cultures, le métissage musical au service de chansons qui disent la dinguerie américaine (les couplets de Trumperie sont fort bien tournés), l’anonymat des laissés-pour-compte (Invisible), l’univers bétonné et artificiel d’un Dubaï . « Elle n’est jamais finie la vie d’un chanteur/ Il y a toujours à dire, toujours un râleur » clament-ils sur fond de reggae made in Marseille dans Tout petit déjà.

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Quand Léo faisait ses premiers pas

Avec le coffret La Vie Moderne/ 1944-1959(*), Mathieu Ferré, l’aîné de la famille, nous fait découvrir les premiers pas d’un artiste qui a conçu une œuvre monumentale. Retour sur le passé.

Le choix de pochettes originales pour illustrer l’habillage du coffret de cette Vie moderne en fait  déjà un très bel objet. Quatorze CD composent cette première partie de l’œuvre intégrale enregistrée de Léo Ferré (trois autres devraient suivre). Ce sont les années où « la fin du mois revient sept fois par semaine« , celles de la « pitance incertaine » qu’il figera en chansons dans la superbe Vie d’artiste. Autrement dit, les années difficiles où l’artiste tâtonne, connaît la mouise aussi entre 1944 et 1959.

Depuis que cette partie de l’œuvre est dans le domaine public, Mathieu Ferré a pu se lancer dans cette nouvelle aventure comme il le souhaitait. Dans une interview sur Culture box, il dit : « Je l’ai fait à ma façon, en essayant de rester au plus près de ce qu’était la discographie originale. En reproduisant les pochettes, en mettant les titres dans l’ordre où ils étaient au moment de la sortie du vinyle, de retrouver cette impression que pouvait avoir quelqu’un qui achetait le nouveau disque de Ferré en 56, ou en 55… il allait chez un disquaire et il achetait le vinyle, il rentrait chez lui, il l’écoutait, il avait une sensation, une émotion, un ressenti particulier. »

Il est vrai, la publication en 1993 des Années Odéon avait déjà offert au grand public l’essentiel de ces premières chansons parmi lesquelles figurent la première version de futurs classiques comme Graine d’ananar, Le Pont Mirabeau ou encore Pauvre Rutebeuf. Là, où le présent coffret apporte du neuf, c’est dans les albums d’inédits où l’amateur peut découvrir certaines pépites. Lire la suite « Quand Léo faisait ses premiers pas »

Le Boss : le solo lui va bien

En octobre 2017, Bruce Sprinsgsteen lançait une série de récitals en solo dans un petit théâtre de Broadway, le Walter Kerr, une salle de mille places inaugurée en 1929. Un album « live », Springsteen on Broadway (*) porte trace d’un show en forme de promenade autobiographique.

Ce n’est pas pour s’adonner à une quelconque comédie musicale que Bruce Springsteen a installé ses guitares et un piano au Walter Kerr, de Broadway où fort du succès – les places se sont même arrachées à des prix indécents au marché noir – le récital fut prolongé à trois reprises jusqu’à la mi-décembre. Loin des stades où le boss a coutume de se produire, il a opté pour une forme de récit solitaire de son odyssée rock’n’roll.

Son Springsteen on Broadway(*) témoigne de longues apartés avec un public aux anges et qui sont comme des prolongements de son autobiographie récente Born to run. Car, entre chansons, Bruce livre des souvenirs avec un sens consommé de l’anecdote et sans perdre un sens certain de l’humour. Ainsi quand il dit lors d’une pause : « J’ai connu un succès incroyable, et absurde, en écrivant sur des choses dont je n’ai jamais eu la moindre expérience pratique. Tous, je vous en remercie beaucoup. »

A l’écoute de l’opus, on a le sentiment que le Boss est venu jouer de la gratte chez vous en vous dévoilant des pans entiers de sa drôle d’existence et en puisant dans les tous les rayons de sa mémoire discographique avec un sens consommé de la mise en scène et de l’anecdote choisie. Lire la suite « Le Boss : le solo lui va bien »

Le folk apaisant de Frédéric Bobin

Après avoir fait des études universitaires consacrées à  Boris Vian, il n’est pas illogique de passer à la chanson. La preuve avec Frédéric Bobin qui sort un nouvel album folk à la douce beauté :  Les Larmes d’or (*). Un titre poétique à l’image d’un album ciselé…

Silhouette longiligne, moustache discrète et bouc en rapport :  sur la pochette de son disque, il y a quelque chose d’un mousquetaire dans la dégaine de Frédéric Bobin, ce natif de Bourgogne installé à Lyon et qui a commencé de chanter en 2003. Une activité qu’il n’a cessé de pratiquer depuis avec même un intermède africain, en 2008,  et une résidence au Sénégal pour la création d’un spectacle de danse contemporaine – The Scales of Memory –  dont il co-signa la musique avec le compositeur Laforest.

Les Larmes d’or porte la signature d’un musicien et interprète (son frère Philippe signe les paroles) qui prend son temps d’évoquer les choses et préfère le dépouillement d’un folk bien tempéré aux déluges de décibels d’un rock assourdissant. L’univers musical de Frédéric Bobin est intimiste entre la batterie et la basse, tenues par Mikael Cointepas; le violoncelle d’Hélène Piris, qui donne également de la voix dans les chœurs et l’harmonica de Vincent Dupuis ( qui fait quelques merveilles sur des titres comme Jimmy et Les Étreintes intermittentes), l’artiste se réservant le jeu à la guitare et autre guitare slide.

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Karin Clercq sort de la boite

Quatrième disque de Karin Clercq, La Boite de Pandore est un album musicalement ambitieux et dans lequel la chanteuse ne chante pas que pour jouer sur les sonorités des mots. Il faut donc ne pas craindre d’ouvrir cette boite…

La Boite de Pandore commence par une chanson puissante évoquant le drame des migrants : J’avance, un texte dont le contenu a évolué tout au long de la maturation du disque. Elle est suivie par la chanson-titre, accompagné d’un clip qui en dit long sur la violence mondiale.

Née sur la fameuse scène pop belge, Karin Clercq  est de retour avec ce quatrième disque, neuf ans après La Vie Buissonnière. Après avoir longtemps collaboré avec Guillaume Jouan, le complice des premiers albums de Miossec, l’artiste a choisi cette fois de bosser avec la jeune génération pour les  arrangements et  la réalisation d’une équipe formée de la multi instrumentiste belge Alice Vande Voorde (Valko, Kùzylarsen) et du français Emmanuel Delcourt (Roscoe, My little cheap dictaphone), de Laurent Mathoux à l’enregistrement et du lillois Remy Deliers au mixage. Le résultat est un album qui, même s’il peut parfois sembler disparate, sonne avec de vraies tonalités modernes sans pour autant être à la mode.

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