Mr Yéyé : un moteur hybride

Hybride , c’est le nouveau scud de Mr Yéyé, un artiste fonceur, décomplexé et qui sait se jouer, avec brio, de ces réseaux sociaux qui envahissent notre quotidien. Pour le pire et – parfois – le meilleur.

En tournée avant de poser matériel et musiciens sur la scène du Nouveau Casino (Paris) le 2 novembre prochain, Mr Yéyé a construit sa notoriété tout seul, via You Tube. Avec Hybride, il propose un album(*) à son image : audacieux et agressif, quitte à dérouter son monde. Mais l’artiste a de l’énergie à revendre son électricité et une imagination qu’il ne bride jamais.

Pour Mr Yéyé, tout a commencé  du côté de la Bretagne avec une grande claque sur le museau, le jour où son groupe de lycée explose en vol. Nous sommes en 2012, et Mr Yéyé n’est pas du genre à garder sa chambre pour dépression chronique. Dans cette solitude forcée, il choisit de voyager musicalement en solitaire en tentant tous les chemins de traverse. Grâce à sa chaîne You Tube où, en toute indépendance, il poste morceaux et clips auto-réalisés au compte-goutte, il parvient au 40 000 abonnés. Au passage, Mr Yéyé n’hésite pas jouer sur le détournement de chansons existantes, des mélodies de Shaka Ponk ou Stromae à Indila et même Kendji Girac.

Lire la suite

Publicités

La pop élégante de Charles like the Prince

Premier album d’un jeune venu de Vendée, 24 ans, Charles like the Prince – un patronyme qui est déjà tout un programme – sort avec Épitaphe (*) un disque de pop-électro qui attire l’oreille sans pour autant nous bouleverser.

La voix est haut perchée et se promène sans souci sur les mélodies enlevées et rythmées qui accompagnent ce premier voyage musical en quatorze titres. S’il n’affiche que 24 printemps sur sa carte d’identité, Charles like the Prince a déjà un solide parcours musical derrière lui.

Après avoir découvert bien des univers dans la Vendée de sa jeunesse, grâce à Myspace,  il a fait ses armes dans la mouvance électro-kitsch des années 80, tout en restant ouvert à la scène américaine… Et il a peaufiné  son style (et ses tenues qui valent le détour et fleurent bon l’esthétique des musiciens so british) sur la scène indé parisienne.

Tout naturellement (mais il fallait y parvenir), Épitaphe est au confluent de toutes ces influences et l’on sent chez le musicien un vrai plaisir à imaginer des arrangements électro-pop, avec, ici ou là, des incursions afro-pop. Sans oublier des mélodies qui fleurent bon la scène française des années 80 qui a vu défiler les Partenaire particulier et autre Lio. Avec un seul credo : « Faire les choses sérieusement mais sans se prendre au sérieux. »


Lire la suite

Babel fait un tour

Avec leur EP de quatre titres (*), Babel prouve que le groupe né de la volonté de Sébastien Rousselet, a désormais hissé la grand-voile.

Un titre, Bless(e) you, suffit à montrer les ambitions et les capacités d’un groupe comme Babel. Le verbe est haut et ciselé, la partition se teinte de hip-hop mais aussi de mélodies arabisantes avant que les cordes n’entrent en scène. Et alors, les mots de Sébastien Rousselet résonne à la manière d’une imprécation de Ferré : « J’voulais qu’ma vie ait un sens/ Et j’crève pour qu’on roule à l’essence. Ils l’auront pas au Paradis/ Tout l’or noir au fond du puits (…)/ Que Dieu vous blesse. »

Il est vrai, Sébastien Rousselet n’est pas sorti d’un coup de pub discographique. Né en 1976 dans une famille paysanne où les disques font partie du quotidien des cinq enfants. Fou des Doors à la naissance du grunge, le jeune Sébastien compose un opéra-rock avant de filer à Londres, de découvrir la drum’n’bass dans certains clubs… A son retour en France en 2004, Sébastien sait qu’il veut suivre sa vie d’artiste.

Lire la suite

Une pop électro signée Elliott

capture-decran-2017-03-04-a-18-42-58Rendu célèbre sur Youtube, repéré dans l’émission The Voici, Elliott débarque avec un premier EP, Transcendé. Original et déroutant.

Auteur, compositeur et interprète – il fit partie de l’équipe de Jennifer dans The Voice – Elliott, 19 ans, s’est fait connaitre comme Youtubeur.  Après avoir intégré la Maîtrise des garçons de Colmar, il a continué à sacrifier à sa passion de musique et de chant qu’il avait chevillée au corps depuis son plus jeune âge.

Avec Transcendé, Elliott livre un univers non dénué d’originalité, porté par un timbre de voix étrange et haut perchée qu’il promène sur des boucles électroniques. Où il invite à oublier le quotidien dans des rythmes soutenues. Dans la chanson-titre, il lance : « La nuit sans soucis /Une envie de folie /Braver l’interdit. »

Jouant sur un onirisme certain, avec des clips qui font montre d’un travail minutieux et utilise des chorégraphies sophistiquées, Elliott. Car, ce ne sont pas les textes de ce jeune artiste qui suscite d’emblée la curiosité, mais un univers sonore électro-pop.

Lire la suite

Archibald prend le large

1540-1Premier album d’Archibald, In Time In Space (*) est nourri des vies multiples de sa créatrice, Roxane Terramorsi. De quoi nourrir bien des explorations musicales.

Avec des études d’éthologie et de biologie à son actif, après avoir étudié les singes dans la jungle, les blattes dans un laboratoire, Roxane fait un nouveau grand écart en signant en compagnie de Nicolas Gardel, In Time In Space (*), un disque aux influences multiples. Et qui évoque sur tous les tons et bien des rythmes le voyage sous toutes ses formes.  « C’est un album en  hommage aux marins, aux bateaux qui ont coulé et à tout ce milieu maritime« , dit Roxane.

Après avoir débuté sur Anjo Vingador, et ses sonorités qui ne dépareilleraient par sur bon vieux Carlos Jobim, le voyage se poursuit avec quelques sonorités italiennes, une évocation ,dans la mélodie éponyme, de Scott Moorman, disparu mystérieusement avec ses compagnons dans un atoll des îles Marshall en 1978. Et ce, avant de se terminer par un hymne aux isthmes.

Lire la suite

Les errances électroniques de Josef Bilek

bilek-300x300Avec vingt ans de musiques électroniques dans son sac à rêves, Josef Bilek signe avec Serendip un disque ouvert sur bien des univers. Nerveux ,vibrant  et fruit de savants métisssages .

Josef Bilek est un homme d’aventures expérimentales. Celui qui est, bien sûr, connu comme L’Homme qui marche, définit ainsi ces années de voyages musicaux. « De la techno, de la jungle/drumn’bass, de l’electronica, du hiphop, de l’electro-jazz, des remixes,des BO de films, des musiques pour le théâtre ou la danse, des compos pour des films d’entreprise, pour l’art contemporain, de l’habillage sonore pour des lieux…. bref tellement de choses… » De fait, cet artiste qui se présente comme « Mâconnais-Lyonnais », a construit son univers à partir d’une culture électro alternative au gré de différents collectifs.

Avec Serendip (*), il signe son premier album assez original, fruit de toutes ces 9216_153262999842_673944842_2758641_6908192_n1expériences et ces nombreux chemins de traverse. Le titre est déjà tout un programme : Les Trois Princes de Serendip (Serendip était en persan ancien le nom de Ceylan )  est un conte dont la traduction serait l’œuvre d’un certain Cristoforo Armero et qui fut  publié en 1557 par l’imprimeur vénitien Michele Tramezzino.

L’histoire ? L’auteur  raconte que le roi de Serendip a envoyé  ses trois fils à l’étranger afin de parfaire leur éducation. Sur la route,  ils vivent de nombreuses aventures au cours desquelles ils utilisent des indices souvent très ténus pour leur permettre de remonter logiquement à des faits dont ils ne pouvaient avoir aucune connaissance par ailleurs. Une telle référence pourrait être aussi une forme de clin d’œil à un certain  Corto Maltese, lui-aussi porté sur les voyages initiatiques et l’ésotérisme…


Lire la suite