Des échos de Verdée

Artiste atypique, Verdée sort son premier album, Dans nos pas (*) où les mots répondent aux sons pour créer une atmosphère particulière.

Sur le site de Verdée figure une de ses « activités » : les balades musicales, des parcours de marche « ponctués de haltes en musique, au contact d’une nature que l’on redécouvre parfois jusque dans la ville. » Elle y interprète des titres dans un version épurée, permettant même aux participants d’inventer ensemble des « chansons territoires »…Et l’on se dit alors que Verdée n’est pas une artiste banale. Il est vrai, avec ce nom qui symbolise tout un univers naturel à lui-seul, l’artiste a multiplié les voyages pour trouver sa voix et sa voie : elle a étudié le droit, les claquettes, pris des cours de photo avant de chanter du jazz, de la bossa nova et d’inventer un duo « électro bazar », Katia Golmann et Lui. Désormais, elle pointe seule sur le devant de la scène et des clips.

Pour autant, elle avance masquée derrière ce pseudonyme pour signer un album en onze titres. Partageant l’écriture avec Edouard Peramaud – « on n’écrit plutôt par dans la douleur » dit-elle – Verdée se met ensuite à inventer les couleurs sonores, soit au clavier, soit en jouant avec les curseurs d’un vieux Moog ou en taquinant la boîte à rythmes. Le résultat est un disque qui ne se livre pas dès la première écoute mais où la voix de Verdée qui peut monter vers les aigus vous agrippe, fruit de cogitations nées « dans le silence des processeurs » (Petite machine)

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Au galop !

Retour du groupe My Favorite Horses avec un EP, Funkhauser (*). Cinq titres en français qui montrent le tournant dans la vie de ce quatuor venu de Montpellier.

Sans délaisser les références indie-rock, My Favorite Horses mise dans Funkhauser, sur des tonalités plus électroniques et surtout sur des textes dans la langue de Molière. Avec un timbre voilé à la Gérard Manset, la voix puissante du chanteur, Alexandre Dézé, nous embarque  dans une atmosphère poétique où, derrière les volutes électroniques, un rock puissant peut jaillir, ainsi avec la solide rythmique et les riffs sauvages des guitares dans Une journée entière. Un changement dans la vie du groupe issu du travail accompli pendant un an avec Christophe Van Huffel, cet ancien guitariste de Tanger et réalisateur des derniers albums de Christophe.

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La Grande Sophie entre hier et demain…

CHANSONS
Dans une production solide teintée d’électro, La Grande Sophie évoque le cap de la cinquantaine dans son nouvel album, Cet instant (*), dont la pochette reflète de sa période bleue. Un disque inspiré et inspirant.

Tout au long de Cet instant, il y a une espèce de sagesse, même si l’inquiétude peut pointer au détour d’une vers,  dans la manière dont La Grande Sophie évoque le temps qui passe, la jeunesse qui s’est enfuie. Si elle a composé tous les titres de ce disque au piano, délaissant un temps la guitare de ses débuts quand elle se produisait, seule, dans les bars, la Grande Sophie ne s’est mise au clavier que sur deux titres, notamment sur le beau musical Huit Clos, en forme de carte postale intime. Et sur Tu ne me reconnais pas, beau texte sur le dépit amoureux et le temps qui passe.

Pour le reste, la chanteuse se dévoile non sans pudeur, peut se jouer de la mélancolie sans sombrer dans la tristesse. Dès l’ouverture de l’album et son Une vie, elle lance, sur une mélodie où les cordes graves répondent au clavier  avant de basculer un un hymne électro-pop   : « Une vie on n’en a qu’une/ Des chagrins on en a. » Une chanson à l’image de l’album dont la réalisation très fine est l’œuvre de  Sayem et Sébastien Berteau. Lire la suite « La Grande Sophie entre hier et demain… »

Les chansons d’amour d’Acide Adore

En cinq morceaux, et le EP Tu Me Captures, Acide Adore, duo formé par Mathilde et Jeremy, offre un univers de pop électro non dénué d’atours.

Voix douce sur des mélodies qui vous enveloppent et des chansons d’amour mélancoliques : Acide Adore a un univers bien à lui avec ce mélange de sons vintage et très actuels quand les guitares saturées de Jeremy entrent dans la danse. Pour ce premier disque, le duo franco-britannique a œuvré avec la complicité de Vincent Girault de De La Romance

Dès le premier morceau de la chanson-titre, Mathilde lance des paroles oniriques et mystérieuses où l’amour se conjugue avec le désir de danse. Quelque part évoque ensuite la difficulté d’aller vers l’autre, de se dévoiler et d’aller dans un lieu pour concrétiser la rencontre. Et pour dépasser les difficultés à se croiser, il faut peut-être rêver à un « ailleurs », comme le suggère une autre chanson de cet EP étrange.

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Un melting pot musical

To Be Continued est le deuxième EP, de Tropical Mannschaft, nom du projet de Florian von Künssberg, ex guitariste et chanteur du groupe The Lanskies. Un disque ouvert à bien des influences.

Avec un clip qui rappelle  l’univers d’un Michel Gondry, Up the Hill donne le ton de la nouvelle production de Tropical Mannschaft. Florian von Künssberg joue sur des influences multiples en signant cinq titres où se mélangent pop, électro et parfois hip hop dans une mise en ondes racée.

Avec une pochette où les zombies accompagnent des vivants dans un banal bus, avec des histoires où le « vrai » monde côtoie bien des univers parallèles, la musique donne rendez-vous à la science-fiction dans un univers musical qui lorgne vers le cinéma. Lire la suite « Un melting pot musical »

Stephen Eicher, un retour en fanfare

Après sept ans de silence, Stephen Eicher revient mais pas tout seul. Avec Huë !, il revisite certains tubes de sa longue carrière dans une version pour… voix et fanfare. Un défi. Très réussi.

Folk, rock, électro, world music… Stephen Eicher a abordé bien des rivages musicaux en quatre décennies de carrière. Pour son quatorzième album, on a le sentiment qu’il fait la synthèse de tout. Huë ! marque la rencontre de l’artiste et d’un big bang flamboyant Traktorkestar ou douze musiciens qui font passer sur cet album de belle facture le souffle balkanique. Rien que la pochette du disque est tout un programme : elle est signée Laurent Seroussi, celui qui avait immortalisé Alain Bashung pour Fantaisie militaire.

Dans des arrangements festifs et inventifs, Stephen Eicher et sa bande revisitent des classiques de son répertoire et des textes de Philippe Djian, le complice de toujours : Pas d’Ami (comme toi); Ce Peu d’Amour ou encore des chansons moins connues comme chansons plus méconnues comme Cendrillon après minuit ou Louanges. Il y a bien sûr le texte de Corinne Dacla qui marqua les débuts de l’artiste : Combien de temps. Et aussi quatre inédits qui complètent ces errances musicales : Étrange, Chenilles, Papillons et Nocturne, avec un beau solo de Charles Wagner. Des titres empreints de la mélancolie propre à Stephen Eicher.

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La douceur pop de Bertille

Multi-instrumentiste de formation, Bertille sort son premier EP où elle délivre un univers féminin sur un univers pop teinté d’électro. Pas désagréable, mais non plus bouleversant.

On aimerait adorer la voix de Bertille, plonger sans réserve dans l’univers délicat, doux et tendre, de son premier CD, #ep (*) où elle se livre en six titres, sur des mélodies ou la pop le dispute aux accents électros.

Des chansons qui ont une atmosphère indéniable, que ce soit dans des textes comme Du vent dans les voiles ou encore Les Rivières dans laquelle surgit au final un beau solo de violoncelle.

C’est la première fois que la jeune femme se met sur le devant de la scène après le duo qu’elle formait en 2015 avec Olivier Daguerre et, plus près de nous, avec sa participation dans le groupe Wallace. Un vrai donc défit pour cette artiste discrète habituée à rester dans l’ombre de.

Elle qui définit « l’émotion comme son moteur » a donc couché sur le papier des mots pudiques pour dire son petit monde. D’amour, il est souvent question dans cet album où elle peut ainsi évoquer les infidélités amoureuses dans Du vent dans les voiles où elle évoque le « nez qui s’allonge » de celle qui a triché sur la carte du Tendre qu’un amour passion dans Je plonge et qui est prétexte à  un très inspiré vidéo-clip. Lire la suite « La douceur pop de Bertille »

Dérangée et dérangeante…

À cheval entre deux cultures, Nawel Ben Kraïem signe  avec Par mon nom (*), un EP de sept titres, où elle célèbre la force d’inspiration du métissage. Un univers fin et bourré d’énergie.

Nawel Ben Kraïem n’est pas une inconnue loin de là et on a déjà aperçu sa singularité en 2016 dans Méditerranéennes, construit par Julie Zenatti où elle livrait sa version – décalée en diable – de Ya Mustapha. Tout comme, on l’avait repérée dans Indignados, de Tony Gatlif, sur scène avec le groupe Orange Blossom, portant haut les couleurs de l’électro-world, ou encore en duo avec Christophe.

En solo avec  Par mon nom, Nawel Ben Kraïem  affirme sa singularité dans des chansons où elle laisse libre cours à son inspiration polyglotte, elle dont le père vient de Tunisie et la mère de Toulouse; elle qui a débuté très tôt sur scène à Tunis où elle était montée sur scène pour dire des poèmes en français, en arabe et en anglais.

Sur des rythmiques modernes qui empruntent aussi bien à l’univers d’une Lhassa qu’à Lauryn Hill, Nawel Ben Kraïem célèbre sa manière de voir la vie avec des mots d’esprit et des jeux de mots en français et des images poétiques en arabe comme le montre la chanson d’ouverture, Dérangés qui célèbre « les enfants paumés, les enfants secrets  » de sa génération. « Désoriental, désorienté/ Quand le béton arrête le vent, c’est difficile de souffler« , chante t-elle de sa voix légèrement ébréchée et sensuelle.

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Fred Nevché : les mots sur la route

Valdevaqueros (*) marque le retour sur les ondes de Fred Nevché avec un album écrit de Marseille au Québec, via Casablanca. Des mots qui résonnent car mis en valeur par des arrangements synthétiques épurés.

Valdevaqueros porte le nom d’une plage de sable fin d’Andalousie (ci-dessous), entourée par les dunes qui longent la « Costa de la Luz ». Un tel endroit symbolise une invitation au voyage et donne justement son titre au nouveau disque de Fred Nevché, alias Fred Nevchehirlian, un artiste dont les racines se trouve dans le quartier des Olives, à Marseille, même si ses ancêtres ont pris le chemin de l’exil, les uns de l’Espagne sous la dictature franquiste, les autres de l’Arménie paternelle.

Ceux qui connaissent le parcours de Fred Nevché savent qu’il a déjà un solide parcours derrière lui.  Ancien professeur de français, impliqué dans les premières années du slam en France, il a commencé son aventure discographique avec son premier groupe Vibrion et un album éponyme remarqué par un prix au Printemps de Bourges en 2005. En 2009, il vole avec son propre nom  avec Monde Nouveau Monde Ancien, où figure le guitariste Serge Teyssot-Gay, se promène ensuite sur les vers de Prévert… Bref, entre slam, rock et chanson française de facture plus classique, Fred Nevché  a su façonner un univers original dont ce nouvel album est l’expression aboutie. Il se joue aussi bien d’une simple ligne mélodique de synthétiseur que Lire la suite « Fred Nevché : les mots sur la route »

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