Vanessa Philippe en plein vent

Avec une réalisation de Pascal Parisot, À l’abri du vent (*) est le nouvel album de Vanessa Philippe qui même ici, dans une pop tranquille et légèrement pimentée, l’anglais et le français.

D’emblée, À l’abri du vent séduit par des arrangements minimalistes qui mettent en valeur la voix de Vanessa Philippe, fragile et  comme en apesanteur sur les lignes mélodiques. Un disque marqué par différents évènements qui ont touché la chanteuse et lui ont fait se poser la question de savoir combien de temps elle pourrait justement rester à l’abri du vent. Chorégraphe et aussi danseuse, Vanessa Philippe semble vouloir en chanson retrouver la grâce et la légèreté de ses autres passions.

Pour  À l’abri du vent, Vanessa Philippe a oublié les formules musicales humainement plus lourdes pour imaginer ce disque en solo, composant seule des mélodies à la gratte, improvisant aussi des textes mêlant français et anglais. Des titres qu’elle a fait, ensuite,  écouter à Fredda, lui offrant de retravailler cinq chansons pour ajouter une autre couleur à sa palette. Et c’est Pascal Parisot, le compagnon de Fredda qui a signé la réalisation finale de l’album. Lire la suite

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L’atmosphère de Noosphère

Rencontre improbable entre trois personnalités que tout sépare, Noosphère déboule avec un CD (*) éponyme de cinq titres non dénué de charme.

Noosphère, c’est une atmosphère. C’est aussi un nom étrange pour un groupe car il désigne, selon Vladimir Vernadsky et Pierre Teilhard de Chardin (il introduisit le mot en 1922 dans sa « cosmogénèse »), la « sphère de la pensée humaine« . Noosphère, c’est enfin la rencontre entre trois personnalités qui n’étaient pas a priori destinées à faire un bout de chemin ensemble. Musical qui plus est.

En fait, il s’agit du mariage  entre Jean-Louis Roubira – pédopsychiatre de métier et créateur, notamment, du jeu à succès Dixit – de Pauline Dupuy – contrebassiste chanteuse et partageuse – et d’un musicien et arrangeur britannique, promenant son imaginaire entre Berlin et Paris, Michael Wookey. Pauline a été séduite par les compositions de Jean-Louis et Michael a flashé sur les chansons interprétées par la musicienne au point d’avoir envie de les produire. Lire la suite

Le tour de Nesles

Loin des autoroutes musicaux médiatiques, Nesles signe un disque folk-pop  et doucement électro de belle facture – Permafrost – où sa voix grave évoque un retour aux sources et une nature apaisante.

Amoureux des petits carnets – « mon arme préférée reste le crayon » dit-il- Nesles en a imprimé un à tirage réduit pour marquer la sortie de Permafrost. Il y livre une réflexion d’Anaïs Nim : « La vie de tous les jours ne m’intéresse pas. Je cherche seulement les grands moments. » Dès l’écoute de son nouvel album, Permafrost, on mesure que l’ordinaire indiffère un artiste qui voyage un brin en solitaire. Et puis,  prendre pour titre – un des trois instrumentaux de l’opus – le symbole du froid le plus absolu est déjà la marque de quelqu’un que la solitude n’effraie pas.

Sans écraser la voix chaude et profonde d’un environnement acoustique oppressant, Nesles sait nous inviter à un voyage poétique intime où, à la manière d’un Manset ou d’un Thiéfaine, voire d’un Nick Cave, il signe une poésie intime. Il faut ainsi écouter le délicat habillage de Le Dur, les cailloux où il évoque le « retour du redoux » dans une délicate célébration de l’amour et de l’éveil de la nature. Plus loin dans Faust au Danube, il se livre encore à un délicat exercice de style sur les rêveries d’un promeneur solitaire dans une nature qui se révèle.

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Stromae « vote » pour Dua Lipa

Avec cinq nominations aux Brits Awards, Dua Lipa a le vent en poupe. Pour son nouveau clip, IDGAF, elle a fait  appel à un artiste très en vogue : Stromae. Entre autre.

La nouvelle égérie de la pop s’est bien entourée pour la réalisation du clip de son dernier titre, IDGAF : il a été réalisé par Henry Scholfield et en collaboration avec Stromae dont on connaît le goût pour les mises en image originales et culottées. Et la réussite est au rendez-vous : le clip a cumulé 14 millions de vues en deux jours…

Dans ce titre plus doux de Dua Lippa, les auteurs ont imaginé une lutte de l’artiste avec son alter ego plutôt impavide. Après avoir vendu plus de 1,3 de disques dans le monde, Dua Lippa devient l’artiste féminine la plus nommée aux Brits Awards avec 5 nominations donc celle de l’Album de l’année, celle d’Artiste féminine britannique de l’année et celui du clip de l’année.  Le résultat sera à découvrir le 21 février prochain.

 

Guillaume Poncelet sort de l’ombre

Pianiste, trompettiste, compositeur et arrangeur, Guillaume Poncelet sort son premier album en solo : 88 (*). Un parcours intimiste.

88 c’est le nombre des touches d’un piano et, tout naturellement, Guillaume Poncelet a choisi ce chiffre pour accompagner sa première prestation en première ligne. Il était temps à 39 ans et après un sacré parcours dans l’ombre des autres et quels autres ! Comme arrangeur, compositeur et musicien, il a travaillé avec des artistes comme MC Solaar, Michel Jonasz, Claude Nougaro, Oxmo Puccino et encore Stevie Wonder. Très influencé par le collectif américain Soulquarians, il a pris une part importante dans l’émergence de la scène française soul-jazz Hip Hop. Il a ainsi réalisé les albums de Ben l’Oncle Soul et de Gaël Faye.

88, c’est un album intimiste ou Guillaume Poncelet revient aux sources et à l’essentiel après avoir exploré bien des pistes offertes par la musique électronique, le sound design, le mix, les logiciels. Il l’a encore montré récemment en collaborant avec le producteur électro berlinois Thomas Azier.

Entouré de cordes et de cuivres discrets, Guillaume Poncelet  fait ici du dépouillement une nouvelle recherche avec des titres qui sont comme autant d’invitations à écouter ailleurs tels que Duty, Othello ou L’Ennui, à la douceur mélancolique.

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L’univers étrange de Coffees & Cigarettes

Taillé pour la scène, Freak Show (*) est le nouvel album du groupe Coffees &Cigarettes. Un cocktail détonnant où les chansons de Renaud Druel nous emporte dans un univers déconcertant, inquiétant à souhait.

Auteur, compositeur et interprète, Renaud Druel est l’âme de Coffees & Cigarettes, un groupe dont le nom est un clin d’œil évident au long métrage  éponyme devenu culte de Jim Jarmush. En 2014, il avait publié un premier album, plus rock, London Western, salué par les critiques et qui plongeait l’auditeur dans le Londres victorien de l’époque de Jack l’Éventreur.

Avec Freak Show, il a imaginé un mélange de rock et de hip hop survitaminé où les envolées de cordes (alto, violon ou violoncelle) font bon ménage avec une rythmique du tonnerre (Un nouvel espoir). Et quand l’harmonica fait une étrange apparition, c’est pour servir un Hip Hop Blues des familles. Théâtral en diable, ce nouvel album est un hommage mélodique à tout l’univers du cinéma fantastique, voire d’épouvante. Lire la suite

Catherine Ringer : la fantaisie à vie

On l’avait quittée sur de magnifiques thèmes argentins il y a trois ans et l’album Plaza Francia. Catherine Ringer est de retour pour des variations sur la temps qui passe et les souvenirs qui vous construisent…

Catherine Ringer cultive l’humour (souvent noir) et la musique depuis des lustres. Avec Chroniques et Fantaisies (*), elle persiste et signe après d’autres collaborations, notamment ce splendide duo sur Idées noires, avec Bernard Lavilliers. Elle a simplement annoncé : « Je reviens avec ce que je faisais avec les Rita. Les chansons sont toutes un peu différentes. Ça peut être des sensations personnelles comme des histoires de gens, des chroniques, des fantaisies… »

La cohérence de cet album ? C’est Catherine Ringer elle-même, interprète d’une pop-électro qui offre un écrin idéal à sa vision décalée et humoristique du monde et des gens, même quand l’époque n’a rien de tonique et pousserait plutôt à pousser un grand coup de gueule.

Signant seule, paroles et musiques, jouant du clavier, Catherine Ringer célèbre la fantaisie sur tous les tons : de la comptine enfantine de La Petite Planète (commençant par une rituelle formule : « Loin, très loin d’ici/ Il y a bien longtemps/ Voilà l’histoire. ») à une valse endiablée sur un texte évoquant le couple qui dure (Leur amour) en passant par un hymne réussi à l’indignation (Obstination). Elle y martèle : « Oui mais moi je resterait/ Comme je pourrai je me battrai/ Je forgerai mon courage/ Et je transformerai ma rage. »

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