Le Boss : le solo lui va bien

En octobre 2017, Bruce Sprinsgsteen lançait une série de récitals en solo dans un petit théâtre de Broadway, le Walter Kerr, une salle de mille places inaugurée en 1929. Un album « live », Springsteen on Broadway (*) porte trace d’un show en forme de promenade autobiographique.

Ce n’est pas pour s’adonner à une quelconque comédie musicale que Bruce Springsteen a installé ses guitares et un piano au Walter Kerr, de Broadway où fort du succès – les places se sont même arrachées à des prix indécents au marché noir – le récital fut prolongé à trois reprises jusqu’à la mi-décembre. Loin des stades où le boss a coutume de se produire, il a opté pour une forme de récit solitaire de son odyssée rock’n’roll.

Son Springsteen on Broadway(*) témoigne de longues apartés avec un public aux anges et qui sont comme des prolongements de son autobiographie récente Born to run. Car, entre chansons, Bruce livre des souvenirs avec un sens consommé de l’anecdote et sans perdre un sens certain de l’humour. Ainsi quand il dit lors d’une pause : « J’ai connu un succès incroyable, et absurde, en écrivant sur des choses dont je n’ai jamais eu la moindre expérience pratique. Tous, je vous en remercie beaucoup. »

A l’écoute de l’opus, on a le sentiment que le Boss est venu jouer de la gratte chez vous en vous dévoilant des pans entiers de sa drôle d’existence et en puisant dans les tous les rayons de sa mémoire discographique avec un sens consommé de la mise en scène et de l’anecdote choisie. Lire la suite « Le Boss : le solo lui va bien »

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Leïla Huissoud : cette petite grande dame…

Auguste est un disque rare où il n’y a rien à jeter. Avec son deuxième album, Leïla Hussoud prouve qu’elle peut marcher sur les traces de plus grandes, tant elle fait montre d’une finesse d’écriture et de composition. A consommer sans modération.

Auguste fait partie de ces albums que l’on a envie d’écouter et de réécouter tant ce disque offre quelques pépites. Dans l’univers de Leïla Hussoud, il n’y a rien à jeter ou presque ! Après un premier opus pour piano, guitare et voix, elle a mis cette fois les petits instruments avec les grands et opté pour des arrangements savoureux concoctés avec Simon Mary et s’offrant le concours d’une dizaine de musiciens, ce qui lui permet de passer des sonorités du jazz manouche à celui d’une fanfare balkanique. Ce qui donne une pêche incroyable à cet Auguste ! Dans le cirque royal de Leïla Hussoud, dont la voix a des accents de Juliette et de Olivia Ruiz, les musiques, les sons et le mots se répondent avec une sacrée harmonie.

De prime, à l’heure d’une chanson souvent introspective et pas toujours tonique en diable, la petite jeune fille sait faire surgir un univers d’histoires solides et qui reposent sur une écriture solide et raffinée. Leïla Huissoud sait faire sérieusement un métier sans se prendre au sérieux et en continuant à faire le clown. Que ce soit dans La Farce ou La Chianteuse, elle évoque, à sa manière décalée et joyeux, la place de l’artiste. Avec Mathias Malzieu, l’âme de Dionysos, elle offre un duo revigorant et salvateur dans Un enfant communiste, célébration d’un amour qui se tape des règles avec, en toile de fond sonore, des accords de l’internationale. Lire la suite « Leïla Huissoud : cette petite grande dame… »

Karin Clercq sort de la boite

Quatrième disque de Karin Clercq, La Boite de Pandore est un album musicalement ambitieux et dans lequel la chanteuse ne chante pas que pour jouer sur les sonorités des mots. Il faut donc ne pas craindre d’ouvrir cette boite…

La Boite de Pandore commence par une chanson puissante évoquant le drame des migrants : J’avance, un texte dont le contenu a évolué tout au long de la maturation du disque. Elle est suivie par la chanson-titre, accompagné d’un clip qui en dit long sur la violence mondiale.

Née sur la fameuse scène pop belge, Karin Clercq  est de retour avec ce quatrième disque, neuf ans après La Vie Buissonnière. Après avoir longtemps collaboré avec Guillaume Jouan, le complice des premiers albums de Miossec, l’artiste a choisi cette fois de bosser avec la jeune génération pour les  arrangements et  la réalisation d’une équipe formée de la multi instrumentiste belge Alice Vande Voorde (Valko, Kùzylarsen) et du français Emmanuel Delcourt (Roscoe, My little cheap dictaphone), de Laurent Mathoux à l’enregistrement et du lillois Remy Deliers au mixage. Le résultat est un album qui, même s’il peut parfois sembler disparate, sonne avec de vraies tonalités modernes sans pour autant être à la mode.

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Les nouveaux copains de Georges

Croquenote virtuose guitare en main, Rodolphe Raffalli célèbre Brassens sur tous les rythmes en accompagnant une fine interprète, Renée Garlène, dont la voix est magnifique. J’ai rendez-vous avec vous(*) n’est pas un album d’hommage de plus.

Ce n’est pas la première fois que Rodolphe Raffalli s’attaque à Brassens, mais, jusque là, il s’agissait d’habiter ses mélodies de son talent de guitariste. Avec Renée Garlène, il opte pour un duo musical pour voix, guitare et quelques instruments. Peu d’instruments pour rester fidèle au désir du Sétois qui disait à son ami Louis Nucéra (comme il est rapporté dans la pochette de J’ai rendez-vous avec vous) : « Je ne tiens pas à ce que l’attention du public soit détournée par des fioritutes, par un son de flûte, par un son de trompette. J’aime beaucoup justement ça , j’aurais beaucoup aimé avoir des orchestrations sur mes chansons mais je crois que ce n’est pas à moi de faire ça. »

Accompagné de Sébastien « Raoul » Gastine à la contrebasse et de Fabrice Thompson aux percussions, Rodolphe Raffalli teinte les mélodies originale de Brassens de swing, de rythmes brésiliens pour leur donner une singulière couleur musicale. Et sans jamais forcer le trait. Lire la suite « Les nouveaux copains de Georges »

Symphonique Dick

S’il y a bien quelqu’un que l’on n’attendait pas flanqué d’un orchestre symphonique, c’est bien Dick Annegarn. Avec 12 villes- 12 chansons (*), il revisite, avec la manière, son répertoire, accompagné par un grand orchestre. Une vraie réussite.

Depuis 1973 et son premier album, Sacré géranium,  tôt remarqué par la critique avec des chansons comme Ubu et, bien sûr, Bruxelles, Dick Annegarn n’a jamais marché sur les autoroutes de la musique, préférant promener ses petites histoires musicales dans un univers underground. Vrai bluesman , ce natif des Pays-Bas, désormais installé, après bien des ports d’attache, dans le Sud-Ouest de la France s’est lancé dans une nouvelle aventure : chanter avec un orchestre symphonique. Il fallait bien cette nouvelle corde à son arc après quarante cinq ans d’une carrière hors des sentiers battus et rebattus. Et il avait ouvert le bal, fin juin, en interprétant ses chansons revisitées pour cuivres et cordes avec les quarante musiciens de l’Orchestre du Conservatoire régional de Lyon  lors des Nuits de Fourvière.

Désormais, un disque porte trace de ses nouvelles aventures. Depuis son premier port d’attache et ce  Bruxelles inaugural, l’auteur-compositeur-interprète a célébré bien des villes visitées (Coutances, Londres), où il a habité (Lille, Nogent-sur-Marne) et certaines dont le nom lui fut source d’inspiration (Tchernobyl, Xilinji). «À ma connaissance, je suis le seul à avoir ce type de répertoire. Nougaro avait Toulouse et Bruxelles, moi j’en ai des dizaines», dit-il.

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Le chineur de chansons

En quatre CD, Trésors perdus (*), Gérard Pierron creuse fidèlement son sillon en mettant sa voix et son interprétation discrète mais sensible au service d’un répertoire méconnu.

On doit savoir gré à Gérard Pierron d’avoir popularisé en mettant des notes sur ses vers un poète oublié comme Louis Brauquier. Ce poète du monde maritime, né à Marseille en 1900 a célébré bien des rivages et largué bien des amarres avant de finir ses jours lors d’un voayge à Paris en 1976. Le poète, et également peintre, aurait inspiré le personnage de Marius de la célèbre trilogie de Marcel Pagnol. Dans ce coffret,  bien entouré par une belle brochette de croquenotes – de Jean Banwarth au bouzouki et à la guitare à Christophe Sacchetini, aux flûtes à bec ou à la cornemuse, en passant par des cordes sensibles – Gérard Pierron nous fait ainsi découvrir les mots de La Chanson d’escale avec des poèmes magnifiques comme Je vous appelle Beaux Copains de l’Amertume ou encore Paroles à Robert-Bastien navigateur. « Un exile au moins étrange/ A mélangé nos destins/ Le regret de nos jours marins/ Nous fait l’âme triste ensemble. »

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L’HAWAII prend l’air du large …

Invitation au voyages sur fond de reggae, de funk-rock et d’afro,  Dans mon île est le premier disque de L’Hawaii, nom de scène d’Alain Girard qui a composé le tout  du côté de l’Île de Ré, chère à Vauban.

Six titres en guise de cartes de visite : entouré d’une bande de copains et créatifs de son île de Ré, L’Hawaii nous propose de larguer les amarres sur des rythmes chaloupés. L’artiste est tombé dans la musique tout petit car entouré d’un grand frère et d’une grande sœur, devenus aujourd’hui musiciens professionnels : Catherine « Cajoune » Girard est leader du groupe de jazz-swing Sweet Mama, et Laurent est  guitariste et chanteur du groupe L’Oranger.

Skipper et surfeur, L’Hawaii est aussi inspiré par la mer. Cette double passion lui avait déjà inspiré en 2004 un titre pour le Vendée Globe de Benoit Parnaudeau  : il était sorti sur l’album Vendée pas l’globe. Cette fois, ses voyages en bande pour dénicher la bonne vague, de  Bali à la Californie, lui ont inspiré une chanson de circonstances, Cartes de houle. Il y a aussi les accents de calypso sur Tranquille et bien sûr un reggae des familles sur Au bois, où il évoque une bringue en forme de déglingue Wood Beach, et Mini chou. Lire la suite « L’HAWAII prend l’air du large … »

Un quatuor loufoque et rock

Improbable réunion de quatre mordus de la scène, le groupe Bancal Chéri signe un album tonique qui joue sur bien des tempos. Zoom.

Quatre mousquetaires du délire, Dimoné, Roland Bourbon, Nicolas Jules, Imbert Imbert avaient tout pour se rencontrer et marier leur énergie respective. C’est chose faite avec Bancal Chéri, un groupé né au cours du spectacle collectif Boby Lapointe repiqué où, à l’occasion du 90ème anniversaire de la naissance du barde de Pézenas, ils s’étaient retrouvés sur scène pour célébrer le répertoire déglingué et abrasif de ce jongleur des mots au débit d’une mitraillette.

L’énergie de cette complicité née sur les planches, a donné envie aux quatre lascars de jouer les prolongations. C’est chose faite avec cet album qui joue sur tous les tableaux et tous les tempos. A quatre mains, ils ont concocté ce puzzle musical où se glisse parfois un musical au titre poétique (Glass Glock). Lire la suite « Un quatuor loufoque et rock »

Carine Achard : femme piano

Dans son nouvel album, La Traversée(*), Carine Achard confirme un style et une manière d’être. Il montre que, depuis ses débuts en 2010, l’artiste a fait un sacré bout de chemin.

Dès l’écoute de La Traversée (*), on sent Carine Achard plus libre derrière son clavier. Femme piano, l’artiste, installée désormais à Tours, se livre et célèbre la vie sur tous les tons et bien des rythmes avec des arrangements plutôt raffinés et, outre ses deux compagnons de scène, le harpiste Philippe Carillo et le percussionniste Dominique Chanteloup, elle s’est adjoint pour ce disque quelques instrumentistes qui donnent une vraie couleur à l’opus.

Carine Achard décline sur tous les modes l’amour, ses plaisirs mais aussi ses tourments  : de L’amour existe qui clôture avec fougue l’album à Ton inquiétude avec ces vers « Il n’y a que toi pour me guérir/ Me guérir de moi. » Mais elle peut aussi jouer sur la légèreté avec l’étonnant L’homme qui vole où elle évoque ces mâles de l’air en se jouant des mots et des sonorités.

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