Les nouveaux copains de Georges

Croquenote virtuose guitare en main, Rodolphe Raffalli célèbre Brassens sur tous les rythmes en accompagnant une fine interprète, Renée Garlène, dont la voix est magnifique. J’ai rendez-vous avec vous(*) n’est pas un album d’hommage de plus.

Ce n’est pas la première fois que Rodolphe Raffalli s’attaque à Brassens, mais, jusque là, il s’agissait d’habiter ses mélodies de son talent de guitariste. Avec Renée Garlène, il opte pour un duo musical pour voix, guitare et quelques instruments. Peu d’instruments pour rester fidèle au désir du Sétois qui disait à son ami Louis Nucéra (comme il est rapporté dans la pochette de J’ai rendez-vous avec vous) : « Je ne tiens pas à ce que l’attention du public soit détournée par des fioritutes, par un son de flûte, par un son de trompette. J’aime beaucoup justement ça , j’aurais beaucoup aimé avoir des orchestrations sur mes chansons mais je crois que ce n’est pas à moi de faire ça. »

Accompagné de Sébastien « Raoul » Gastine à la contrebasse et de Fabrice Thompson aux percussions, Rodolphe Raffalli teinte les mélodies originale de Brassens de swing, de rythmes brésiliens pour leur donner une singulière couleur musicale. Et sans jamais forcer le trait. Lire la suite « Les nouveaux copains de Georges »

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Symphonique Dick

S’il y a bien quelqu’un que l’on n’attendait pas flanqué d’un orchestre symphonique, c’est bien Dick Annegarn. Avec 12 villes- 12 chansons (*), il revisite, avec la manière, son répertoire, accompagné par un grand orchestre. Une vraie réussite.

Depuis 1973 et son premier album, Sacré géranium,  tôt remarqué par la critique avec des chansons comme Ubu et, bien sûr, Bruxelles, Dick Annegarn n’a jamais marché sur les autoroutes de la musique, préférant promener ses petites histoires musicales dans un univers underground. Vrai bluesman , ce natif des Pays-Bas, désormais installé, après bien des ports d’attache, dans le Sud-Ouest de la France s’est lancé dans une nouvelle aventure : chanter avec un orchestre symphonique. Il fallait bien cette nouvelle corde à son arc après quarante cinq ans d’une carrière hors des sentiers battus et rebattus. Et il avait ouvert le bal, fin juin, en interprétant ses chansons revisitées pour cuivres et cordes avec les quarante musiciens de l’Orchestre du Conservatoire régional de Lyon  lors des Nuits de Fourvière.

Désormais, un disque porte trace de ses nouvelles aventures. Depuis son premier port d’attache et ce  Bruxelles inaugural, l’auteur-compositeur-interprète a célébré bien des villes visitées (Coutances, Londres), où il a habité (Lille, Nogent-sur-Marne) et certaines dont le nom lui fut source d’inspiration (Tchernobyl, Xilinji). «À ma connaissance, je suis le seul à avoir ce type de répertoire. Nougaro avait Toulouse et Bruxelles, moi j’en ai des dizaines», dit-il.

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Le chineur de chansons

En quatre CD, Trésors perdus (*), Gérard Pierron creuse fidèlement son sillon en mettant sa voix et son interprétation discrète mais sensible au service d’un répertoire méconnu.

On doit savoir gré à Gérard Pierron d’avoir popularisé en mettant des notes sur ses vers un poète oublié comme Louis Brauquier. Ce poète du monde maritime, né à Marseille en 1900 a célébré bien des rivages et largué bien des amarres avant de finir ses jours lors d’un voayge à Paris en 1976. Le poète, et également peintre, aurait inspiré le personnage de Marius de la célèbre trilogie de Marcel Pagnol. Dans ce coffret,  bien entouré par une belle brochette de croquenotes – de Jean Banwarth au bouzouki et à la guitare à Christophe Sacchetini, aux flûtes à bec ou à la cornemuse, en passant par des cordes sensibles – Gérard Pierron nous fait ainsi découvrir les mots de La Chanson d’escale avec des poèmes magnifiques comme Je vous appelle Beaux Copains de l’Amertume ou encore Paroles à Robert-Bastien navigateur. « Un exile au moins étrange/ A mélangé nos destins/ Le regret de nos jours marins/ Nous fait l’âme triste ensemble. »

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L’HAWAII prend l’air du large …

Invitation au voyages sur fond de reggae, de funk-rock et d’afro,  Dans mon île est le premier disque de L’Hawaii, nom de scène d’Alain Girard qui a composé le tout  du côté de l’Île de Ré, chère à Vauban.

Six titres en guise de cartes de visite : entouré d’une bande de copains et créatifs de son île de Ré, L’Hawaii nous propose de larguer les amarres sur des rythmes chaloupés. L’artiste est tombé dans la musique tout petit car entouré d’un grand frère et d’une grande sœur, devenus aujourd’hui musiciens professionnels : Catherine « Cajoune » Girard est leader du groupe de jazz-swing Sweet Mama, et Laurent est  guitariste et chanteur du groupe L’Oranger.

Skipper et surfeur, L’Hawaii est aussi inspiré par la mer. Cette double passion lui avait déjà inspiré en 2004 un titre pour le Vendée Globe de Benoit Parnaudeau  : il était sorti sur l’album Vendée pas l’globe. Cette fois, ses voyages en bande pour dénicher la bonne vague, de  Bali à la Californie, lui ont inspiré une chanson de circonstances, Cartes de houle. Il y a aussi les accents de calypso sur Tranquille et bien sûr un reggae des familles sur Au bois, où il évoque une bringue en forme de déglingue Wood Beach, et Mini chou. Lire la suite « L’HAWAII prend l’air du large … »

Un quatuor loufoque et rock

Improbable réunion de quatre mordus de la scène, le groupe Bancal Chéri signe un album tonique qui joue sur bien des tempos. Zoom.

Quatre mousquetaires du délire, Dimoné, Roland Bourbon, Nicolas Jules, Imbert Imbert avaient tout pour se rencontrer et marier leur énergie respective. C’est chose faite avec Bancal Chéri, un groupé né au cours du spectacle collectif Boby Lapointe repiqué où, à l’occasion du 90ème anniversaire de la naissance du barde de Pézenas, ils s’étaient retrouvés sur scène pour célébrer le répertoire déglingué et abrasif de ce jongleur des mots au débit d’une mitraillette.

L’énergie de cette complicité née sur les planches, a donné envie aux quatre lascars de jouer les prolongations. C’est chose faite avec cet album qui joue sur tous les tableaux et tous les tempos. A quatre mains, ils ont concocté ce puzzle musical où se glisse parfois un musical au titre poétique (Glass Glock). Lire la suite « Un quatuor loufoque et rock »

Carine Achard : femme piano

Dans son nouvel album, La Traversée(*), Carine Achard confirme un style et une manière d’être. Il montre que, depuis ses débuts en 2010, l’artiste a fait un sacré bout de chemin.

Dès l’écoute de La Traversée (*), on sent Carine Achard plus libre derrière son clavier. Femme piano, l’artiste, installée désormais à Tours, se livre et célèbre la vie sur tous les tons et bien des rythmes avec des arrangements plutôt raffinés et, outre ses deux compagnons de scène, le harpiste Philippe Carillo et le percussionniste Dominique Chanteloup, elle s’est adjoint pour ce disque quelques instrumentistes qui donnent une vraie couleur à l’opus.

Carine Achard décline sur tous les modes l’amour, ses plaisirs mais aussi ses tourments  : de L’amour existe qui clôture avec fougue l’album à Ton inquiétude avec ces vers « Il n’y a que toi pour me guérir/ Me guérir de moi. » Mais elle peut aussi jouer sur la légèreté avec l’étonnant L’homme qui vole où elle évoque ces mâles de l’air en se jouant des mots et des sonorités.

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L’esprit Yanne en musique

Il a tout fait, tout tenté ! Homme de cabaret, journaliste, acteur, auteur-compositeur, réalisateur, Jean Yanne a marqué la fin du XXe siècle. Jean Yanne et ses interprètes 1956-1962 retrace le parcours de l’auteur de chanson. Des souvenirs croustillants et un sacré coup de plume parfois imité, rarement égalé !

Face à Jean Yanne, Jean-Pierre Bacri pourrait passer pour le comique de service, tant Roger-Jean Gouyé – le nom à l‘état civil de l’artiste né en 1933 et mort en 2003 – s’était fait une spécialité de râleur de service avec une gouaille toute parisienne. Le journalisme mène à tout à condition d’en sortir et Jean Yanne le prouva qui a réussi l’entrée du prestigieux Centre de formation des journalistes à Paris, avant de la quitter au bout de … cinq mois. Déjà l’esprit d’indépendance, dont il fera montre toute sa vie d’artiste. Et s’il a vécu un temps de ses piges, Jean Yanne a vite bifurqué pour le cabaret où l’on découvre son style dans des lieux comme « Le Montana », rue Saint-Benoît. Au fil des années, Jean Yanne va multiplier les expériences, en étant un hyperactif de l’humour que ce soit en livre, en scène ou au cinéma.

Il fallait une piqûre de rappel pour se souvenir de la manière dont l’artiste savait trouver les mots pour exprimer sa vision ironique et décalée de la vie. C’est chose faite avec le coffret Jean Yanne et ses interprètes 1956-1962. Pour Jean Yanne, tout est parti de l’époque pas vraiment béni du service militaire où, comme l’on peut s’en doute, l’appelé Yanne s’ennuie à mourir à la caserne Dupleix à Paris où, malgré un régime de faveur, lui permettant de continuer à courir le cachet le soir, il tuait le temps, en écrivant notamment des chansons. Lire la suite « L’esprit Yanne en musique »

Marino Marini, une certaine idée de l’Italie

Marino Marini : toute une époque de la canzonetta italienne qui fleure bon les vespas, la joie de vivre et l’insouciance de l’après-guerre. Un coffret retrace les riches heures de l’artiste de 1955 à 1962 et montre la richesse de son inspiration.

Marino Marini – Volare, Come prima, La più belle del mondo… (*) : le titre de cette compilation se passe de commentaires tant ces mélodies italiennes sont passées dans la mémoire collective.

Il est vrai, la carrière de Marino Marini, né en Toscane en 1924 dans une famille de musiciens (son père était chef d’orchestre) a tout d’une belle histoire. D’abord pianiste autodidacte, il sortira pourtant diplômé du conservatoire Rossini de Bologne et ayant acquis de solides bases musicales.  Ayant débuté par des compositions de revues musicales à Naples, il va faire en 1949 un voyage marquant aux États-Unis où il croise Dizzie Gillespie, Charlie Ventura ou encore Louis Armstrong…  Tout le gratin du jazz et de la scène vivante !  Une sacrée école.

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Zoe Simpson : flamme debout

Dans un détonnant cocktail musical, Zoe Simpson invite à la suivre dans son univers tonique et rebelle. Son premier album, Femmes debout est une vraie belle surprise à partager.

Dès la première écoute de Femmes debout (*), on est surpris par la variété sonore de l’opus et sa maturité. Les interrogations, les colères, les joies de de Zoe Simpson y surgissent au gré de son inspiration et elle dresse une étonnante galerie de portraits de femmes.

Iphigénie, Lise, Sarah, la jeune fille anonyme de Caresse-moi… sont autant de figures qui surgissent dans ce kaléidoscope de portraits très finement ciselés. Et, sans enfoncer le clou, elle sait aussi évoquer la société qui est la sienne : la montée des intégrismes dans la très réussie Petite conne, les attentats de Paris dans  Novembre sous les cendres et sa rythmique en forme d’électrocardiogramme fiévreux et à bout de souffle avec des intermèdes qui nous emportent vers l’univers du flamenco.

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