La Grande Sophie entre hier et demain…

CHANSONS
Dans une production solide teintée d’électro, La Grande Sophie évoque le cap de la cinquantaine dans son nouvel album, Cet instant (*), dont la pochette reflète de sa période bleue. Un disque inspiré et inspirant.

Tout au long de Cet instant, il y a une espèce de sagesse, même si l’inquiétude peut pointer au détour d’une vers,  dans la manière dont La Grande Sophie évoque le temps qui passe, la jeunesse qui s’est enfuie. Si elle a composé tous les titres de ce disque au piano, délaissant un temps la guitare de ses débuts quand elle se produisait, seule, dans les bars, la Grande Sophie ne s’est mise au clavier que sur deux titres, notamment sur le beau musical Huit Clos, en forme de carte postale intime. Et sur Tu ne me reconnais pas, beau texte sur le dépit amoureux et le temps qui passe.

Pour le reste, la chanteuse se dévoile non sans pudeur, peut se jouer de la mélancolie sans sombrer dans la tristesse. Dès l’ouverture de l’album et son Une vie, elle lance, sur une mélodie où les cordes graves répondent au clavier  avant de basculer un un hymne électro-pop   : « Une vie on n’en a qu’une/ Des chagrins on en a. » Une chanson à l’image de l’album dont la réalisation très fine est l’œuvre de  Sayem et Sébastien Berteau. Lire la suite « La Grande Sophie entre hier et demain… »

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Matéo Langlois ou l’art du décodage

En cinq titres, Matéo Langlois définit un univers musical singulier dans Décoder les cases (*). Est-il bon de décoder son message ?

Décoder les cases n’est pas un disque qui se livre à la première écoute. La voix singulière du chanteur peut dérouter, voire déranger. Les rythmiques surprendre. Et puis, on se laisse glisser dans cet univers tout doucement, tranquillement et un charme certain opère. Comme Matéo Langlois  gravite autour de Toulouse, il est tentant (et facile) de dresser un parallèle entre lui et Claude Nougaro dont il partage de fait le même amour pour les mots et leurs effets, les chocs sonores au service d’une rythmique hybride, métissée. Dès l’ouverture et Les Fôtes d’orthographe, Matéo Langlois donne le tempo dans cette évocation de la liberté de créer et d’oser, d’écrire « les mots comme on les voit« . Métaphoriquement, la vie n’est-elle pas aussi faite de ces ratures et erreurs qui n’empêchent pas, in fine,  d’avancer.

Yes est un hymne au départ qui fait écho au poème de Cendrars, « Si tu aimes, il faut partir... » Dans l’urgence des mots, il y a la célébration du plaisir de partir pour partir, chère à un Nicolas Bouvier, quitte à le faire en célébrant le bonheur de courir. « Départ imminent/ Et j’y laisserais mes thunes, et mon emploi/ et mon ascension sociale, que dalle » chante-t-il.  La liberté de vivre et de choisir est aussi l’apanage de Décoder, qui invite à laisser jaillir les émotions.   « Ta peinture est belle, tu devrais l’encadrer » lance-t-il. Lire la suite « Matéo Langlois ou l’art du décodage »

Thomas Fersen : tranches d’humour

Vingt six ans de carrière et un onzième album en guise de cadeau d’anniversaire : avec C’est tout ce qu’il me reste (*), Thomas Fersen signe un disque où sa légèreté d’écriture fait merveille, sur des mélodies simples et ciselées, même si parfois on aimerait une surprise.

D’entrée de jeu, Les Vieilles donne le ton du nouvel opus de Thomas Fersen qui aime mêler, dans l’écriture de ses chansons ironie, humour décalé et univers loufoque. Là, le baladin se glisse dans la peau d’un ado qui ne doute de rien et tente sa chance auprès d’une « ancienne », une nana de Terminale… « Pour la mettre à l’aise/ Je lui ai dit : « Moi j’aime bien les vieilles »... Quitte à oser la comparaison osée avec son goût du « croissant de la veille… » Dans la foulée, il s’amuse, dans la chanson-titre, à camper un pèlerin auquel il ne reste sauf son slip, cette « pièce de musée. »

L’homme goûte aux contes et le prouve avec Les Zombies du cimetière où les apparitions de ces zombies qui ne « retrouvent par leur trou » donnent lieu à une étrange mélodie chaloupée. Car ces créatures qui « dégoulinent de sauve tomate » n’ont rien, in fine, de terrifiant. Car il finit , au cours de cette poursuite onirique, à gagner le million à La Roue de la fortune, il est vrai une nuit de pleine lune.  On sent vie que, pour Thomas Fersen, faire un disque est aussi un prétexte à « s’amuser« .

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L’Occitanie au chœur

Quinze ans au compteur ! Le Festival HestivÔc célèbre, du 22 au 25 août,  les artistes venus du Sud de la France tout en s’ouvrant sur les territoires voisins ; le Pays Basque, la Navarre, l’Aragon, la Catalogne. Zoom sur la programmation.

Si le festival Hestiv’Ôc célèbre toutes les musiques actuelles occitanes, ce n’est pas pour rester enfermé dans la tradition mais pour montrer sa diversité artistique et son dynamisme.

Souvent surnommé « Lo País de las Cantas » (le Pays des Chansons), tant la tradition du chant polyphonique y est forte, le Béarn et la ville de Pau étaient un écrin naturel pour un tel festival de musique mêlant concerts, bals traditionnels, spectacles de rue et festival des enfants.

Avec le fête en partage, Hestiv’Ôc offre, une année de plus, une affiche bigarrée. On va y découvrir aussi bien un fidèle du lieu, Guillaume Lopez qui proposera un projet aux frontières du jazz et des musiques du monde, Anda-Lutz, que les neuf membres du groupe polyphonique Lo Barrut; le trio Djé Balèti ou encore le duo dynamique des Femmouzes T qui auront droit à une carte blanche cette saison… Entre autres.

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Joulik : les mélodies de route

Les voyages à portée de voix : c’est l’ambition du groupe Joulik qui signe un nouveau disque vagabond : L’Envol (*). De belles promenades musicales.

Trio vocal et instrumental qui navigue  entre chants traditionnels revisités et musiques créatives du monde, Joulik est taillé pour la scène.

Un trio bien tempéré, composé de trois artistes dont les talents s’unissent pour nous convier à des musiques sans frontières : Mélissa Zantman (chant, accordéon, percussions);  Robin Celse (guitare, oud, mandole, chant et percussions) et enfin  Claire Menguy (violoncelle, et chant).

Empruntant des langues d’ici mais aussi d’ailleurs, Joulik  revisite les musiques du monde en lui apportant un vrai souffle de vie, et une joie à partager. Les cordes s’affrontent dans un duel revigorant, les voix se marient aux sons des percussions pour nous embarquer dans un voyage musical bourré de tonus. Lire la suite « Joulik : les mélodies de route »

Anne Vanderlove : 1943 – 2019

Elle est morte il y a quelques jours dans une grande indifférence médiatique. Et pourtant, Anne Vanderlove, de son vrai nom  Anna Van der Leeuw, a marqué de sa voix la chanson française.  Hommage ne musique.

Elle fut un temps surnommée « la Joan Baez française ». Depuis son tube de 1967, Ballade en novembre, qui la fit remarquer du grand public, Anne Vanderlove n’a jamais cessé de chanter les thèmes qui la touchaient. Elle est restée marraine de l’association humanitaire Cœurs de bambous, s’occupant d’orphelins du Cambodge et de celle des Enfants des rues de Bogota, venant soutenir Sandra Liliana Sanchez dans ses projets d’aide aux plus déshérités du bidonville El Paraiso à Ciudad Bolivar ( dans la banlieue de Bogota). Entre autres. Ces quatre chansons prouvent, s’il en était besoin, la palette de son talent.

 

En voyage avec Dan Gharibian

Affamés d’éphémère, c’est le nouvel album du Dan Gharibian Trio. L’ancien âme du groupe Bratsch n’a rien perdu de son goût de tous les métissages musicaux.

En 2015, la séparation du groupe Bratsch avait laissé orphelins les amateurs de la musique tsigane et de l’Est, tant les musiciens entourant Dan Gharibian les avaient fait voyager. Malgré la fin de l’aventure, Dan Gharibian n’a pas rangé sa guitare et continue la route, mais sous la forme d’un trio, formé avec Benoit Concert des Doigts de l’homme et avec Antoine Girard.

Dans Affamés d’éphémère, on retrouve ce qui charme dans la personnalité de Dan Gharibian et d’abord cette voix qui semble s’être fignolé au contact des alcools forts et des fumées des bars. Une voix rauque, puissante qui se glisse des ballades arméniennes, russes au rébetiko, ce blues grec, mais qui sait aussi faire passer l’émotion dans la langue de Molière. Le preuve ici avec la chanson-titre qui définit bien un homme qui cultive les instants au jour le jour et connaît la fugacité de la vie et des histoires d’amour. « Affamés d’éphémère éternels/ ils se lovent comme des loups tranquilles/ elle s’arrime à  lui et lui à elle/défiant ce foutu temps qui file. »

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Un melting pot musical

To Be Continued est le deuxième EP, de Tropical Mannschaft, nom du projet de Florian von Künssberg, ex guitariste et chanteur du groupe The Lanskies. Un disque ouvert à bien des influences.

Avec un clip qui rappelle  l’univers d’un Michel Gondry, Up the Hill donne le ton de la nouvelle production de Tropical Mannschaft. Florian von Künssberg joue sur des influences multiples en signant cinq titres où se mélangent pop, électro et parfois hip hop dans une mise en ondes racée.

Avec une pochette où les zombies accompagnent des vivants dans un banal bus, avec des histoires où le « vrai » monde côtoie bien des univers parallèles, la musique donne rendez-vous à la science-fiction dans un univers musical qui lorgne vers le cinéma. Lire la suite « Un melting pot musical »

Le cours d’anatomie de Nicolas Paugam

Quatrième tour de piste en solo pour Nicolas Paugam. Avec son quatrième album, Le Ventre et l’Estomac (*), il creuse son sillon. C’est inégal mais, sans nul doute, original.

Depuis qu’il a quitté la formation Da Capo, Nicolas Paugam – auteur-compositeur et interprète – poursuit son chemin sans se soucier de l’air du temps. Si les déraisonnables sont en voie de disparition, Nicolas Paugam fait partie des espèces menacées tant il prouve, en neuf titres, dans Le Ventre et l’Estomac.

Le voyage commence dès la pochette un brin surréaliste qui est déjà l’œuvre du compositeur fasciné par l’univers d’un Sergueï  Paradjanov. Ensuite, Nicolas Paugam nous invite à une promenade intérieure de sa voix qui taquine parfois les notes hautes. Dans la chanson-titre, il évoque ainsi les fissures qu’un homme ressent dans son couple. Le mal est diffus, la mélancolie présente. « Cette fille, c’est un roman« , chante t-il. Un peu plus loin, il y a la chanson-miroir (c’est une femme qui alors s’exprime) dans Tu vois pas qu’on s’aime pas.

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