Carine Achard : femme piano

Dans son nouvel album, La Traversée(*), Carine Achard confirme un style et une manière d’être. Il montre que, depuis ses débuts en 2010, l’artiste a fait un sacré bout de chemin.

Dès l’écoute de La Traversée (*), on sent Carine Achard plus libre derrière son clavier. Femme piano, l’artiste, installée désormais à Tours, se livre et célèbre la vie sur tous les tons et bien des rythmes avec des arrangements plutôt raffinés et, outre ses deux compagnons de scène, le harpiste Philippe Carillo et le percussionniste Dominique Chanteloup, elle s’est adjoint pour ce disque quelques instrumentistes qui donnent une vraie couleur à l’opus.

Carine Achard décline sur tous les modes l’amour, ses plaisirs mais aussi ses tourments  : de L’amour existe qui clôture avec fougue l’album à Ton inquiétude avec ces vers « Il n’y a que toi pour me guérir/ Me guérir de moi. » Mais elle peut aussi jouer sur la légèreté avec l’étonnant L’homme qui vole où elle évoque ces mâles de l’air en se jouant des mots et des sonorités.

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L’esprit Yanne en musique

Il a tout fait, tout tenté ! Homme de cabaret, journaliste, acteur, auteur-compositeur, réalisateur, Jean Yanne a marqué la fin du XXe siècle. Jean Yanne et ses interprètes 1956-1962 retrace le parcours de l’auteur de chanson. Des souvenirs croustillants et un sacré coup de plume parfois imité, rarement égalé !

Face à Jean Yanne, Jean-Pierre Bacri pourrait passer pour le comique de service, tant Roger-Jean Gouyé – le nom à l‘état civil de l’artiste né en 1933 et mort en 2003 – s’était fait une spécialité de râleur de service avec une gouaille toute parisienne. Le journalisme mène à tout à condition d’en sortir et Jean Yanne le prouva qui a réussi l’entrée du prestigieux Centre de formation des journalistes à Paris, avant de la quitter au bout de … cinq mois. Déjà l’esprit d’indépendance, dont il fera montre toute sa vie d’artiste. Et s’il a vécu un temps de ses piges, Jean Yanne a vite bifurqué pour le cabaret où l’on découvre son style dans des lieux comme « Le Montana », rue Saint-Benoît. Au fil des années, Jean Yanne va multiplier les expériences, en étant un hyperactif de l’humour que ce soit en livre, en scène ou au cinéma.

Il fallait une piqûre de rappel pour se souvenir de la manière dont l’artiste savait trouver les mots pour exprimer sa vision ironique et décalée de la vie. C’est chose faite avec le coffret Jean Yanne et ses interprètes 1956-1962. Pour Jean Yanne, tout est parti de l’époque pas vraiment béni du service militaire où, comme l’on peut s’en doute, l’appelé Yanne s’ennuie à mourir à la caserne Dupleix à Paris où, malgré un régime de faveur, lui permettant de continuer à courir le cachet le soir, il tuait le temps, en écrivant notamment des chansons. Lire la suite

Marino Marini, une certaine idée de l’Italie

Marino Marini : toute une époque de la canzonetta italienne qui fleure bon les vespas, la joie de vivre et l’insouciance de l’après-guerre. Un coffret retrace les riches heures de l’artiste de 1955 à 1962 et montre la richesse de son inspiration.

Marino Marini – Volare, Come prima, La più belle del mondo… (*) : le titre de cette compilation se passe de commentaires tant ces mélodies italiennes sont passées dans la mémoire collective.

Il est vrai, la carrière de Marino Marini, né en Toscane en 1924 dans une famille de musiciens (son père était chef d’orchestre) a tout d’une belle histoire. D’abord pianiste autodidacte, il sortira pourtant diplômé du conservatoire Rossini de Bologne et ayant acquis de solides bases musicales.  Ayant débuté par des compositions de revues musicales à Naples, il va faire en 1949 un voyage marquant aux États-Unis où il croise Dizzie Gillespie, Charlie Ventura ou encore Louis Armstrong…  Tout le gratin du jazz et de la scène vivante !  Une sacrée école.

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Zoe Simpson : flamme debout

Dans un détonnant cocktail musical, Zoe Simpson invite à la suivre dans son univers tonique et rebelle. Son premier album, Femmes debout est une vraie belle surprise à partager.

Dès la première écoute de Femmes debout (*), on est surpris par la variété sonore de l’opus et sa maturité. Les interrogations, les colères, les joies de de Zoe Simpson y surgissent au gré de son inspiration et elle dresse une étonnante galerie de portraits de femmes.

Iphigénie, Lise, Sarah, la jeune fille anonyme de Caresse-moi… sont autant de figures qui surgissent dans ce kaléidoscope de portraits très finement ciselés. Et, sans enfoncer le clou, elle sait aussi évoquer la société qui est la sienne : la montée des intégrismes dans la très réussie Petite conne, les attentats de Paris dans  Novembre sous les cendres et sa rythmique en forme d’électrocardiogramme fiévreux et à bout de souffle avec des intermèdes qui nous emportent vers l’univers du flamenco.

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Le bestiaire de François Puyalto

Le Nom des animaux (*), c’est le premier album de François Puyalto, un musicien au long cours qui signe dans ce premier opus des variations assez étonnantes. Si ses chansons peuvent dérouter, elles témoignent d’une vraie personnalité.

Dans le petit monde musical, François Puyalto n’est pas un inconnu. Depuis 2009, ce bassiste a été notamment le compagnon de route d’Emily Loiseau. Et l’on l’avait déjà croisé comme co-fondateur du groupe Taranta-babut. Et puis, il a eu envie de voies plus solitaires.  « Après quinze ans passés à accompagner des chanteurs  et des chanteuses j’ai eu envie de faire quelques pas » explique-t-il. Le voilà désormais dans le rôle du bassiste chanteur entouré d’une équipe soudée et restreinte : Tarik Chaouach (aux Rhodes/ Piano) et Rafaël Koerner à la batterie. François Puyalto  se réservant, quant à lui, la basse, placée au centre du groupe, ce qui donne à l’ensemble une colonne vertébrale rythmique des plus solides. Ainsi passe t-on d’un titre d’ouverture – Le Chemin– d’une sobriété profonde à une mélodie dense, à la rythmique solide comme L’Infini.


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Charles fidèle à l’Olympia

Nouvelle pierre de la collection « Live in Paris », Charles Arnavour – 3 avril 1962 (*) permet de retrouver l’artiste déjà en pleine maîtrise de son tour de chant.

Au moment où il revient arpenter la scène de l’Olympia, en ce mois d’avril 1962, Charles Aznavour n’est pas en terrain inconnu, loin de là.  Dans ce temple du music-hall qui a réouvert en 1954, Aznavour s’y est produit pour la première fois en juin 1955 (en première partie de Sidney Bechet), ensuite en décembre 1955 et janvier 1956 avec Roger Pierre et Jean-Marc Thibault et encore à compter du 28 février 1957. Suite à une brouille avec Bruno Coquatrix en 1958, Aznavour restera quatre ans sans se produire dans la salle du boulevard des Capucines.

En 1962, malgré les critiques de certains sur sa voix si particulière, nasale,  malgré une rude concurrence des Bécaud, Gainsbourg et autre Brel, Aznavour est devenu un auteur-compositeur important de la scène française.

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En souvenir de Lhassa…

Décédée à Montréal en janvier 2010, Lhasa a marqué les ondes en trois albums seulement. Hommage lui est rendu avec une Intégrale (*), accompagnée d’un inédit : un concert à Reykjavik, qui n’est pas bouleversant, il est vrai.

Plus connue sous le nom de scène de Lhasa, Lhasa de Sela est une chanteuse américano-mexicaine qui a vécu au Québec. En 1998, son album La Llorona (une ranchera mexicaine rendue célèbre par la célèbre Chavela Vargas) avait fait découvrir au grand public le drôle de nom d’une artiste à la voix grave, profonde, et qui chantait en trois langues (anglais, français et espagnol). Un disque présenté comme une évocation d’une « Amérique latine à la fois réelle et imaginaire, née de la mémoire d’une enfance itinérante. »

Il est vrai, Lhasa, née à New York en septembre 1972, n’avait pas décidé d’opter pour la vie d’artiste sur un coup de tête. Elle avait commencé à chanter à 13 ans dans un café grec de San Francisco et fait des gammes ensuite dans bien des lieux de musique comme la Maison de la culture mondiale de Montréal. Lire la suite