Boris Vian : 100 ans !

L’état de son cœur ne lui permettait pas d’espérer vivre vieux. Raison de plus pour célébrer en musique les 100 ans de la naissance de Boris Vian. 

Journaliste, écrivain, poète, parolier, chanteur, directeur artistique et joueur de « trompinette » : Boris Vian, né à Ville-d’Avray le 10 mars 1920 et mort à Paris le 23 juin 1959.

« Le temps perdu, c’est le temps pendant lequel on est à la merci des autres »

Higelin chante Boris Vian – Dans mon lit (1965) from GG-R HIGELIN on Vimeo.

Baptiste Dupré, ardéchois cœur fidèle

Guide accompagnateur de montagne et chanteur : Baptiste Dupré n’est pas un artiste comme les autres et le prouve avec Petites choses et vaste monde (*).

Installé à Burzet en Ardècle, Baptiste Dupré cultive son métier en flâneur des planches. Après avoir gagné des tremplins, remporté quelques trophées, s’être lancé dans des projets un brin étranges, comme une tournée semi-hexagonale en vélo,  le voilà de retour avec son quatrième album, Petites choses et vaste monde, où son goût pour les grands espaces vierges et la nature, présent dès ses premiers enregistrements en 2013, continue d’être source d’inspiration. Les Heures troubles, une rêverie  irlandaise,  Chut !, Demeurer un instant en apportent une preuve de plus. Dans le deuxième titre évoque, l’artiste chante : « Demeurer un instant dans la beauté des choses/ La seconde alanguie au soleil d’été/ Les champs de blés jaunis que le vent a couché/ S’éveillent le soir venu dans le parfum des roses. » Au détour de ses propres textes, Baptiste Dupré signe une belle version folk de cette Montagne, chère au cœur de Jean Ferrat, lui-aussi citoyen de l’Ardèche. Dans une interview à FilZik, il déclarait : « La nature et la montagne ont une place primordiale dans ma vie. Je vis en plein cœur des montagnes d’Ardèche, au bord d’une rivière sauvage aux eaux cristallines. La nature est un guide de l’existence. »

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Sanseverino, l’argentin

Qu’est ce qui peut arrêter la fougue de Sanseverino ? Pas le tango en tout cas. Le fringant guitariste à l’énergie survitaminé se promène avec brio du côté de Buenos Aires avec son dernier disque Sanverino fr Tangomotán (*).

Pour la première fois de sa carrière, Sanseverino se lance dans le pays du tango avec cet album où il partage l’affiche avec le groupe Tangomotán. On connaissait son penchant pour cet univers musical. Son premier album, sorti en 2002, se nommait déjà Le Tango des gens, un titre inspiré de François Béranger , qui semblait, il est vrai, un pied-de-nez à ce fameux genre car…  aucun tango ne figurait sur l’opus.

Cette fois, après la tournée consacrée au blues et à Memphis, Sanseverino a changé de cap après avoir découvert le groupe via la Toile. Leur fougue le touche et leur manière d’être sur scène où ils se produisent habillés en bleu de travail pour rappeler les origines ouvrières de cette musique aujourd’hui redécouverte par les bobos…

Du côté de Tangomotán, on connaissait le ludion bondissant de la chanson, même si l’homme a pas mal de scènes au compteur. On connaissait tous la musique de Sanseverino. On n’avait jamais joué avec un chanteur. « On ne voulait pas faire un album avec un chanteur : on voulait faire un album avec Sanseverino » ,expliquent les membres de Tangomotán.

Flanqué d’une formation inédite – un pianiste, un violoniste, une bandéoniste et une contrebassiste – Sanseverino met sa gratte électrique et son goût des étranges histoires au service d’une musique chère à Carlos Gardel.

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Allain Leprest en grand

Pour ceux qui ont croisé Allain Leprest en scène, il était de la trempe d’un Jacques Brel, tant sur le plan de l’écriture que sur celui de sa force d’interprétation. L’hommage rendu par quatre grands artistes dans Symphonique Leprest (*) prouve la puissance d’inspiration de cet artiste.

En août 2011, Allain Leprest, malade, s’est suicidé dans la patrie de Jean Ferrat. Il n’avait que 57 ans, mais avait brûlé sa vie dans des brumes tabagiques et alcooliques, n’ayant « que » son papier et son style pour conjurer son mal de vivre. Mais, cette difficulté d’être lui inspira quelques textes à l’écriture ciselée. L’homme avait le génie pour faire tanguer la langue, mettre en mots ses blessures, habiller de poésie ses révoltes. Parfois avare de compliments, Claude Nougaro ne disait-il pas de lui qu’il était « l’un des plus foudroyants auteurs de chansons au ciel de la langue française. » Et, comme l’auteur de Toulouse, Allain Leprest a pu soigner ce mal de vivre, cher à Barbara, dans le vin de l’oubli.


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JEANNE CHERHAL : LA QUARANTAINE APAISÉE

C’est à un bilan, le cap de la quarantaine passée, que nous convie Jeanne Cherhal dans L’An 40, Mais un bilan tranquille, épanoui avec des mélodies pour piano et orchestre.

« Elle est un peu cabri, un peu gazelle/ et brûle d’amour du cœur au ventre » chante Cherhal , l’équilibriste, dans la chanson-titre de ce nouveau disque enregistré dans la foulée d’une tournée qui dura quatre ans. S’isolant dans différents lieux pour écrire cet album bilan de la quarantaine, elle a composé une chanson par mois durant l’année 2018. Évoquant cet anniversaire- quand La Grande Sophie s’est inspirée, elle,  du cap de la cinquantaine dans son récent disque – Jeanne Cherhal évoque « ce beau point d’équilibre entre ce qu’on a déjà accompli et tous les possibles encore à venir. »

Enregistré sur les collines de Los Angeles avec un orchestre en arrière-chant,  L’An 40 marque cet cap avec une élégance certaine, dix-huit ans après le début d’une carrière faite de bien des rencontres et marquée par bien des influences, dont celle d’un William Sheller, souvent évoqué dans les interviews, dont elle partage le même goût pour les variations au piano. Musicalement, Jeanne Cherhal n’a pas perdu sa griffe au cœur d’un orchestre : des accents blues de L’An 40 aux cuivres qui envahissent le champ du Feu aux joues, en passant par  les gongs de Soixante-neuf.

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Le carnaval joyeux de la bande à Marcel

C’est en août 2017, et après cinq ans de silence, que le groupe Marcel et son orchestre a fait son grand retour. Après quelques concerts remarqués, la bande d’artistes déjantés sort Hits, Hits, Hits, Hourra !!! (*), une compilation vitaminée à leur image : bourré d’énergie. Et irrespectueux.

Pour ce retour sur le devant de la scène – les concerts de Lille en décembre 2017 ont montré que le public n’avait pas oublié ce groupe déjanté et ils furent suivis de bien des dates – pas un des sept membres de Marcel et son orchestre n’a manqué à l’appel. Ce fut l’occasion pour Marcel et l’orchestre de revisiter son répertoire et, en se replongeant dans ses archives, de redécouvrir quelques tubes et des versions oubliées.

Dessinée par Laurent Houssin dans la grande tradition de l’univers du Dubout, la pochette de  Hits, Hits, Hits, Hourra !!! (*), une double compilation, atteste de  l’inspiration toujours au beau fixe de ces gars du Nord-Pas de Calais qui ont décidé de donner une image tonique et rebelle de ces terres au climat humide. Et de raconter, l’air de rien et l’humour en plus, des tranches de vie de Monsieur et Madame Tout le monde.

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Yoanna : un uppercut sonore

2è Sexe (*) est le sixième album de Yoanna, qui débarqua en 2009, à 23 ans le paysage sonore français. Ce disque est celui d’une artiste rebelle, très bien inspirée. À écouter d’urgence.

Chez Yoanna l’accordéon n’est pas synonyme de flons flons des bords de Marne, ni de nostalgiques mélodies à la française. Son piano du pauvre est une arme dont elle se sert avec fougue, mariant ses mélodies à des boucles de percus, des sons d’ordi pour créer une atmosphère musicale résolument moderne et où elle peut passer d’un rock à un rap-ragga des familles.

Maquillée comme une guerrière indienne sur la pochette de 2è Sexe, elle allume une clope, histoire de ne pas céder au moralisme ambiant. Pour le reste, Yoanna signe des textes où résonnent des « refrains sur fond de rébellion au creux de (ses) mains« , comme elle chante dans son Ni Dieu ni maître, qui inspira naguère une très belle chanson à Léo Ferré. Femme de son temps, Yoanna n’est pas du genre à baisser la garde quand il s’agit de défendre la condition féminine et le prouve notamment dans une chanson coup de poing comme Fondement où elle ne mâche pas ses rimes  :  « Mets-toi doucement/ Ton instinct maternel. Au creux de ton fondement. »
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Clio : la tentation de Venise

Auteure, compositrice et sa propre interprète donc, Clio publie son deuxième album, Déjà Venise (*) où il est beaucoup question de sentiments. Il y a une vraie couleur musicale, mais l’ensemble manque un brin d’énergie.

Déjà Venise est un disque qui conjugue sur bien des modes la déception amoureuse et les blessures intimes que ce soit dans la chanson titre, Amoureuse ou encore Tristan où Clio chante : « C’est dans tes bras que j’ai attendu/ Que mon printemps soit revenu. » De passage dans un récent Soir 3, elle déclarait : « J’aime bien parler des sentiments qui nous traversent, et j’essaye d’en parler de la manière la plus personnelle possible. On retrouve chacune des petites touches de ce qu’on a vécu, soit même », expliquait Clio.

Visiblement à l’aise dans l’univers court d’une chanson, l’artiste aime ciseler les mots pour construire de ces petits récits en forme de clip. Nous perdre au Louvre par exemple est une évocation bien sentie d’une journée dominicale où l’on tente de tuer l’ennui. Revendiquant les influences d’un Vincent Delerm ou d’un Alain Souchon, Clio aime capter les petites tranches d’une vie amoureuse. Et même quand l’échange est musclée, elle ne hausse pas la voix. Elle chante  ainsi dans Déjà Venise: « J’essaie de tout / Et tout tombe à côté / T’encaisses les coups /Tu veux plus m’en donner. » Une chanson mise en images avec une belle inspiration par Théo Leroyer, qui filme deux amants buvant la tasse.

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La grande époque de Trenet sur scène

Charles Trenet 1956-1961, c’est le nouveau volume de la collection « Live in Paris » (*). On y retrouve le Fou chantant dans toute la folie douce qui le caractérisait sur scène.

Si la transmission des récitals de Trenet avait commencé avant la guerre – le créateur de La Folle complainte était déjà une sacrée vedette à cette époque et son concert en 1938 à l’ABC avait été un coup de tonnerre – le phénomène s’amplifie après 1947 grâce à la Radio nationale. Ensuite, Europe 1 va révolutionner les ondes dès 1957. Autant dire que les captations réunies dans ce disque regroupe plusieurs types d’enregistrements : il y a notamment cinq extraits de la première de ces manifestations, datant du 23 janvier 1957; douze proviennent d’une diffusion de Noël 1961, entre autres…  Une époque où le grand Charles va être confronté à la vague du yé-yé et d’artistes comme Johnny Hallyday. C’est l’époque aussi où Trenet se produit avec l’orchestre mené par le grand arrangeur Guy Luypaerts qui cisèle un bel écrin musical à ses chansons. On se souvient encore de ce que dit de lui le poète et ami Max Jacob : « Trenet, c’est le Printemps qui est en marche.»

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