AVEC HK, LES MOTS VOYAGENT

Quatrième album de HK et ses saltimbanques, Petite terre(*) est un disque de belle maturité où, sur des rythmes bigarrées, et sans mettre un mouchoir sur ses convictions, l’artiste et sa bande nous convient dans des mélodies nomades.

Le coup d’envoi est doux mais,  ce Petit terre – cette Gaïa de la mythologie grecque qui sert de refrain – sonne comme un chant d’inquiétude sur l’état de notre monde : « Nous avons brisé l’équilibre/ Quand nous nous sommes accaparés/ Tout ce qui respire et qui vibre/ Sans jamais penser à l’après. »

Le reste de l’album défile en tranquillité conviant aussi bien  les accents créoles, berbères, bretons (Berbères ou Breton) et j’en passe… sur des couplets où HK donne de la voix pour dire ses indignations sans perdre le sens de l’humour (Balance ta babouche) Une chose est sûre : la « gouaille vagabonde » est une expression qui colle bien à l’univers d’un HK. Au passage, il convie dans les mêmes couplets Cyrano et sa bonne ville de Roubaix qui n’a pourtant pas inspiré beaucoup de chanteurs dans Le Roubaisien de Bergerac.

Refusant de vendre son âme au pouvoir de l’argent (Eldorado) auquel il préfère les vertiges de l’amour, HK n’a rien perdu de ses colères et a écrit, en réponse à la déclaration d’un président Macron en septembre 2017 – « Je serai d’une détermination absolue et je ne cèderai rien ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes »–  une chanson en forme de lettre aux accents de rap chaloupé , musette et dansant que l’on risque d’entendre dans pas mal de manifestations à venir : Les fainéants sont dans la rue. La crise sanitaire ne peut laisser indifférent le croque notes qui signe avec Pour les autres, un hymne en forme de défense du corps soignant et enseignant. En bonus, il livre avec Joyeux faucheurs, un hymne pour réunir tous les opposants à la clique de Monsanto.

Pour HK et les siens, il ne reste « plus » qu’à se retrouver sur scène avec le public. C’est prévu dès l’automne si la Covid 19 ne nous joue pas des tours. Car, sans partage, et sans rêves partagés, le vie semble bien fade à l’artiste : « C’est l’endroit où l’on se sent vivants, cet instant partagé sans filets ni faux-semblants duquel on ne peut pas se défiler, ce moment de vérité que l’on attend chaque soir avec un mélange de fébrilité, d’angoisse, d’envie, d’impatience et d’excitation. »

Combattants mais pacifistes, par les mots et la musique, HK et les siens savent faire danser les colères comme les chants d’amour. Ou le rythme des saisons quand il s’agit de célébrer cet Automne occitan, « quand il pleut en plein jour les cordes de guitare »

(*) Épicerie des poètes.

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