Acquin : plongée en eaux troubles

Chanson-Rock

Indéniablement, Bareback dénote dans l’univers sonore actuel : Acquin s’y inscrit dans la droite ligne d’un Daniel Darc avec un univers évoquant de douces violences et bien des méandres amoureux dans un univers sonore singulier.

Après Les Choix esthétiques, premier EP qui a attiré les oreilles en 2016, Acquin – un de ces noms qui se prêtent à bien des interprétations et des jeux sonores – a poursuivi sa route, marqué par la rencontre avec Frédéric Lo. Une rencontre logique tant Acquin a été marqué par le travail fait avec Daniel Darc sur Crève cœur, un album qui le toucha particulièrement. Tout naturellement, Bareback est un lien esthétique fort entre celui qui n’est plus et celui qui est en devenir.

Accompagné d’un quatuor rock formé de Thomas Chalindar à batterie; Olivier Legall aux claviers et Stéphane Mugnier à la basse, avec au passage quelques incursions d’Antoine Tiburce (Alex Beaupain et Frédéric Lo) aux claviers, Acquin livre un univers musical de belle tenue entre l’univers sombre d’un Nick Cave, les éclats d’un Rodophe Burger ou encore le phrasé musical d’un Benjamin Biolay.

On sent aussi dans les choix harmoniques les influences d’un musicien d’abord formé au classique – Laurent Douay a fait ses premiers pas dès 4 ans au violon avant de rejoindre la conservatoire Gabriel Fauré à l’âge de 8 ans – qui a accompagné l’altiste soliste Yuri Bashmet en se perfectionnant en harmonie au CNR de Lyon. Sans pour autant se désintéresser des rythmes pop/rock dont cet album est une preuve tangible.

Avec cet œil qui vous scrute à travers une cible colorée, Acquin ne se met pas, contrairement aux promesses du titre de l’album « à nu « (le sens anglais du mot). De cette voix grave, dont les accents font parfois penser à Bashung, d’autre fois à Biolay sans oublier le chanter-parler cher à Gainsbourg et d’autres (Parallèle), l’artiste déploie son inspiration au royaume des sens sans jamais livrer des textes d’une totale limpidité. Des textes où les allitérations abondent, parfois dans des vers très syncopés, et où le parcours de la carte du Tendre passe parfois par des moments précieux. Ainsi dans Berceau qui ouvre le bal. « Je t’aime/ À t’offrir tout un requiem/ A vous dirais-je même/ Tout ce qui cause mes tourments. »

Jouant en permanence sur les double sens, les rapprochements musicaux des mots, Acquin aborde les rivages troubles des méandres amoureux. « Comme tu n’es pas un homme/ Nous n’irons pas pleurer Sodome », psalmodie-t-il, par exemple, dans Homme. De même dans cette plongée dans l’univers du travesti de Genger Bender, une chanson portée par une rythmique d’enfer : « Dieu me dit en after/ Fils, j’aimerais encore quelques heures... » Frédéric Lo  souligne avec justesse : « Les textes sont étranges, avec quelque chose de hors format. On retrouve la culture du musicien classique qui se met à l’écriture de la chanson.”

Si les neuf chansons, homogènes dans leur inspiration, qui composent l’album ne sont pas toutes d’égale puissance – les rencontres verbales peuvent parfois sembler un brin gratuites (X-in)- il y a pourtant dans Bareback un univers détonnant à découvrir par petites touches.

(*) Inouie Distribution

 

 

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