Le monde de Ludéal

CHANSON


L’Aurore Ludéal(*), voilà un titre d’album poétique pour un artisan de la chanson au talent réel même s’il n’a point encore trouvé le public qu’il mérite.

Il y a douze ans, d’aucuns soulignaient les qualités des chansons de Ludéal. Le public n’ayant pas encore massivement accroché à son univers, c’est à compte d’auteur que Ludéal publie son cinquième album, L’Aurore Ludéal (*). Une fois encore, l’artiste ne cède pas à la facilité mais défend son monde avec un disque resserré, et qui prouve des influences nombreuses. Ludéal a souvent dit qu’il pouvait fignoler pendant des heures ses mélodies et se remettre en question d’une manière permanente. On sent dès la première écoute de cette Aurore le soin porté aux arrangements. Dès la chanson d’ouverture – qui pourrait s’inscrire dans la lignée d’un Gérard Manset (ou encore par la volonté que la voix reste en dessous de la musique, une autre marque de fabrique du disque)- Les Rivières les sonorités graves d’un saxophone font irruption dans une mélodie plutôt paisible.

Le reste de l’opus s’appuie sur des arrangements raffinés : ici quelques accords d’une guitare tirant vers le flamenco (Tout est possible), là une ligne soutenue de basse (Nos limites) ou encore des arpèges de guitare folk (All I Want Is you)… Parfois un orgue vient nous replonger dans l’univers psychédélique des années 70.

Chez Ludéal, l’émotion passe par la suggestion et les mots ne livrent pas des messages, mais des climats. Si Les Rivières est ouvertement dédié à ses deux enfants pour les mettre en garde contre les coups de Trafalgar de l’existence, certaines paroles plus poétiques ne se plient pas à une stricte explication de texte, même quand il s’agit d’une évocation amoureuse.

L’homme préfère jouer sur les images, les sonorités des mots qui luttent entre eux ou se complètent parfois dans la lignée d’un Bashung. Ainsi quand il évoque « Un dilemme dur à dealer  » dans Hier. Ou chante dans le refrain de Nos limites, « Tu me sembles limite/ A l’extrême limite/ De tes limites. »

Si on aimerait parfois plus d’aspérités dans les chansons de Ludéal, cette Aurore devrait marquer le début d’une reconnaissance par le grand public.

(*) Autoproduit

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