Marijosé Alie : une maîtresse femme

Retour sur le devant de la scène pour Marijosé Alie avec un album, Madanm(*), où elle marie les mélodies de ses Antilles natales à des textes célébrant la force des femmes. Un disque bien inspiré.

D’emblée, Madanm séduit par la subtilité de ses arrangements. Les chansons de Mariejosé Alie sont soutenues par des rythmes caribéens où les percussions sont rares, et des mélodies de folk créole qu’elle a arrangées en compagnie de Mike Ibrahim (il a écrit, entre autres, pour Julien Clerc et Johnny Hallyday).

Si elle fut longtemps journaliste – elle a terminé comme directrice déléguée aux programmes chargée de la diversité à France Télévision – Marijosé Alie  sacrifie désormais à ses deux autres passions : l’écriture et la chanson. Et comme elle n’est pas du genre à faire les choses à moitié, le résultat est là. Sur la belle pochette signée Pedro Tapa, l’artiste y figure le poing levé, comme pour symboliser que le temps n’a pas émoussé ses convictions. Ou comme le dit « pour accentuer la verticalité de la détermination au féminin. »

Des convictions qu’elle exprime ici en onze titres où elle célèbre notamment le rôle majeur de la femme. La chanson-titre Madanm renvoie au terme créole qui pourrait se traduite aussi bien par « Maîtresse Femme » ou « Femme puissante« .

De chanson en chanson, elle nous interpelle pour saluer ses femmes qui résistent. Dans Madanm, il est ainsi question des violences conjugales qui sont, malheureusement, d’une cruelle actualité. Elle chante : « Hey Madame/ Ne les laisses pas te maltraiter/ Hey Madame/ Ton cœur est bien plus fort que ça. » Une chanson à laquelle fait écho Sista, où Marijosé Alie s’adresse à celle qui subissent la terreur, comme une grande sœur.

Marijosé Alie n’oublie pas, malgré la dureté du monde, la puissance du rêve et de la poésie. Elle emprunte d’ailleurs au poète Swinburne ces vers qui, dans Missié Byron,  soulignent que les rivières les plus lasses trouveront leur chemin les conduisant à la mer.

Musicalement, l’artiste a fait le choix d’une sobriété, même si une chanson comme Da Me offre une rythmique afro-cubaine transpercée par les éclats rocks et coupée par un détour reggae-dub… Quant à la belle chanson Eva, elle marie un traditionnel guadeloupéen à une mélodie de Bach.

Avec cet album, Marijosé Alie ne rate pas son retour.

(*) Le Marion Dufresne/ Aztec Musique- Pias

Pour lire la chronique sur le dernier roman de l’artiste, Une semaine et un jour, juste un petit clic…

 

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