Gari Grèu : un poétique voyage musical

Fruit de sept ans de voyages musicaux entre l’Afrique et la France, Gari Grèu  signe avec Barka (*) , un album bourré de vitamine sur des partitions marquées par les arrangements  chaloupés de ses compères du Massilia Sound System, Blu et Kayalik.

Gari Grèu, c’est le tchatcheur à la langue bien pendue du collectif marseillais du Massilia Sound System. L’artiste sait aussi tailler son chemin en solo et Barka(*) en est une nouvelle preuve. En 2012, la sortie de son Camarade Lézard lui permit de rencontrer un poète, griot qu’il surnomme vite « Papa » et avec lequel il s’était vite mis au travail pour créer des chansons destinées à un festival au Burkina Faso : le  concert Yes Papa ainsi eut lieu en 2014. En duo, ils font œuvre d’artisan pour construire les « petits meubles » du chanteur :  ses chansons. Gari Grèu raconte  : « Comme Papa le dit : « Je pars dans la forêt, je ramène du bois mort et Gari essaye d’en faire des meubles. »

S’ensuivent pour les deux nouveaux compètes sept années de route aussi bien en Afrique qu’en France – Papa habite, en ce qui le concerne, entre Ouagadougou, Cerbère et Bénarès –  dont Barka est largement le fruit. En langue mooré des Mossi du Burkina Faso, le mot signifie « Merci« . Et il est dérivé de « baraka » qui signifie en arabe « bénédiction, abondance des biens terrestres ou spirituels. »

Dès la première écoute, Gari Grèu – de son vrai nom Garibaldi-  nous fait faire un beau voyage avec, comme port d’attache, Marseille, la cité phocéenne où bien des pèlerins ont posé leurs valises, la preuve avec la belle chanson, La Valse de valises. « Oriental et provençal/ Ici, ces mondes ne font qu’un », lance-t-il.

Si Gari Grèu signe avec Guizmo du groupe Tryo un hymne au plaisir de prendre le temps de vivre dans Stop Net, il n’a pas mis un mouchoir sur ses convictions et le prouve dans une chanson comme Luttes d’artiste. Il y chante : « Mon bic sera ma fronde/ Et mes mots des pierres. »

De chanson en chanson, on sent un bel appétit de vivre chez Gari Grèu qui célèbre la douceur de cultiver son parterre dans Le Jardinier, un texte à lire à plusieurs niveaux. Barka est aussi l’album qui célèbre le mouvement sur tous les tons, même quand il s’agit de célébrer… Nos pieds. Sachant que la camarde rode, le chanteur lui lance comme en défi : « Mes pieds bouffent la terre avant qu’elle ne me bouffe. »

Du Marseille, cette porte de l’Orient, comme la surnomma un Albert Londres, de ce cœur de Marseille où, malgré un habitat parfois insalubre du côté de NoaIlles, on aime se croiser, trinquer à la mémoire des disparus, faire la fête, partager, Gari Grèu nous envoie ces chansons taillées pour la scène (il a d’ailleurs commencé sa tournée le 15 janvier à Paris). Parmi ces cartes postales sonores, il y a aussi la belle chanson Comme une lionne où en compagnie de Sally Nyolo, il entonne un bel hymne à la femme libre qui réussit à échapper au mariage précoce.

Un album de belle tenue où sur des mélodies épurées, avec ici l’éclat d’un banjo, là un arpège de mandoline, Gari Grèu nous invite à mieux vivre ensemble. Tonique et revigorant.

(*)It’s OK/ Irfan Le Label

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