La reine Diane

Cinquante ans de carrière et un nouvel album, Meilleur après (*), qui est un très bon cru. La reine Dufresne ne manque pas son retour.

Depuis les années 70, Diane Dufresne a marqué l’histoire de la chanson québecoise et de la chanson francophone, tant l’artiste est une bête de scène, capable de convaincre des milliers de fans de se déguiser pour venir écouter cette championne du travestissement et des shows démesurés (comme avec Magie rose, donné dans le stade olympique de Montréal en 1984). Codes et tabous n’ont pas résisté longtemps à cette  dame qui n’a jamais bridé ses pulsions artistiques. On se souvient comment en 1977, elle évoquait par exemple la masturbation dans La Main de Dieu.

Sur la pochette de Meilleur après, elle pose de profil, avec une apparence de penseur. Mais, dès la première écoute, on sent que Diane Dufresne n’a toujours pas décidé de se taire, de mettre en sourdine ce qui l’émeut ou la met en rage. En dix titres, elle prend date et décline sur plusieurs modes des textes évoquant la violence de notre monde.

Aidée ça et là du talent de plume ou de musicien d’Alex Beaupain, de Daniel Bélanger, ou encore  de Cyril Mokaiesh, Diane Dufresne évoque l’épreuve du temps dans la très belle Le temps me fait la peau où elle lance d’une voix qui n’a pas pris une ride : » Devant le miroir qui me glace/ Mon enfance a perdu ma trace/ Je ne suis pas ce que je vois/ Je ne vois plus ce que je suis. » Il y est aussi question des violences faites aux femme dans Aimer ce qui nous tue, un texte terriblement d’actualité. Elle martèle : « Ce qui nous détruit est étrange. » Et quand il s’agit d’évoquer les attentats sanglants de Paris, c’est pour décrire l’attitude d’un homme qui se couche sur sa femme pour la sauver des balles des tireurs du Bataclan. « Ton amour n’a aucun doute/ À l’amour que je te porte/ Et la peur a la frousse. »

Il y a bien d’autres chansons magnifiques dans ce disque où Diane Dufresne n’oublie pas son franc parler pour chanter son goût pour les hommes plus jeunes (Comme un damné, sur un texte magnifique signé Cyril Mokaiesh).

Sans jamais avoir le regard dans le rétro, Diane Dufresne prouve qu’elle est victime d’une belle maladie : une éternelle jeunesse de l’âme.

(*)GS Musique/ Distribution Sélect

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