JEANNE CHERHAL : LA QUARANTAINE APAISÉE

C’est à un bilan, le cap de la quarantaine passée, que nous convie Jeanne Cherhal dans L’An 40, Mais un bilan tranquille, épanoui avec des mélodies pour piano et orchestre.

« Elle est un peu cabri, un peu gazelle/ et brûle d’amour du cœur au ventre » chante Cherhal , l’équilibriste, dans la chanson-titre de ce nouveau disque enregistré dans la foulée d’une tournée qui dura quatre ans. S’isolant dans différents lieux pour écrire cet album bilan de la quarantaine, elle a composé une chanson par mois durant l’année 2018. Évoquant cet anniversaire- quand La Grande Sophie s’est inspirée, elle,  du cap de la cinquantaine dans son récent disque – Jeanne Cherhal évoque « ce beau point d’équilibre entre ce qu’on a déjà accompli et tous les possibles encore à venir. »

Enregistré sur les collines de Los Angeles avec un orchestre en arrière-chant,  L’An 40 marque cet cap avec une élégance certaine, dix-huit ans après le début d’une carrière faite de bien des rencontres et marquée par bien des influences, dont celle d’un William Sheller, souvent évoqué dans les interviews, dont elle partage le même goût pour les variations au piano. Musicalement, Jeanne Cherhal n’a pas perdu sa griffe au cœur d’un orchestre : des accents blues de L’An 40 aux cuivres qui envahissent le champ du Feu aux joues, en passant par  les gongs de Soixante-neuf.

Au gré de son inspiration, Jeanne Cherhal se dévoile avec finesse dans des chansons qui évoquent aussi bien son penchant à rougir (Le Feu aux joues) que la vie d’une Fausse parisienne, sans oublier les couplets érotiques et sensibles de Soixante-neuf. Il y a encore la chanson dédiée à l’enfant qui est né,  traitée avec un angle aussi original que pudique: César (« Je remercie la petite lame/ qui t’a ouvert un pan de ma peau. »)

Malgré des chœurs un peu envahissants aussi, elle a su trouver les mots pour signer un bel hommage  à un autre mentor, Jacques Higelin, dans Un Adieu. « Nous étions tous unis sous ton étoile/ pour te dire te chanter/ pour te rire te pleurer/ depuis le Cirque d’Hiver/ ont retenti tous les sons de la terre/ à ta mémoire. »

Dans Fausse parisienne, elle lance : « tu as bien de la peine/ à quitter ton réduit/ pour te jeter dans l’arène/ des dîners de la reine/ des galas, des partys« . Si l’exercice de représentation médiatique semble parfois  peser à cette discrète, Jeanne Cherhal ne boude pas en revanche l’exercice de la scène où femme-piano, elle se joue des apparences, des mots et des émotions. Sur la route de sa tournée, il y a une date dans un haut lieu du spectacle parisien – Les Folies Bergères- le 3 décembre. Avec les harmonies choisies de cet album , elle a vraiment de quoi entraîner le public dans son univers poétique musical pour fêter dignement cette quarantaine tranquille mais jamais indifférente au monde qui l’entoure.

(*) Disque Barclay

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