Le Forestier : l’art de paraître

Presque dix ans après Le Cadeau, Maxime Le Forestier est de retour avec Paraître ou ne pas être (*). Un retour aux sources avec un album épuré et élégant, presque intemporel.

On ne peut pas dire cette fois que Maxime Le Forestier ait fait quelques concessions pour passer plus en radio tant les arrangements des dix chansons composant Paraître ou ne pas être visent la sobriété et jouent sur les vrais instruments. Il y a dans ce disque des similitudes avec un grand disque de l’artiste : Saltimbanque qui offrait de magnifiques textes comme Les Lettres, La Poupée... et où il n’était accompagné « que » de ses deux complices de scène, Alain le Douarin et Patrice Caratini.

Avec ce nouvel opus, Maxime Le Forestier revisite certains thèmes par lui déjà abordés et une chanson comme Ça déborde est en droite ligne de Comme un arbre où, il y a cinq décennies, l’artiste s’inquiétait déjà d’une planète qui brûlait ses réserves. Une inspiration que l’artiste n’explique pas lui qui souligne dans une récente interviex : « « Je n’ai pas de feuille de route », Et ajoute  : « Quand je chante, je n’écris pas ; quand j’écris, je ne chante pas. Il me faut à peu près un an et demi pour écrire un album, deux ans de tournée et au moins une année pour glander. »

Ecrit en pleine campagne présidentielle, La Vieille Dame est aussi une belle chanson qui évoque, sans la nommer, notre pays secoué par la maladie de la peur : « Peur de l’étranger, de l’étrange/ Peur de tout c’qui la dérange/Peur des temps nouveaux. » Quant au Grand Connard, il y a malheureusement assez d’exemples sur la planète pour que le texte ne soit pas uniquement une vision ironique d’un certain Donald Trump.

Fidèle compagne de son inspiration – on se souvient ainsi de Les deux mains prises- l’instrument de travail de l’artiste est une fois encore objet d’une chanson, Avec une guitare : « On s’imagine pas qu’on aura du plaisir/ A faire saigner nos doigts pour les faire obéir. »

Aimant aussi trousser des couplets plus légers, il s’amuse pour la première fois à trousser quelques couplets sur les mystères de l’attraction dans Les Filles amoureuses où il chante, une pointe de jalousie dans l’expression ironique : « « C’est pas un jugement / C’est pas une critique / Quand j’vois deux amants / J’trouve ça sympathique / Mais malheureusement / Il arrive aussi / Que j’pense en voyant / Certains cas précis / Les filles tombent amoureuses de n’importe qui ».
Enfin, Le Forestier peut , à la manière du maître Brassens, aborder des thèmes philosophiques et éternels avec Paraître -il a eu le temps de méditer sur la question de savoir ce qu’il devait « montrer de lui » – ou la mort dans Dernier soleil, pour laquelle Julien Clerc a composé une belle musique.

Musicalement, Maxime Le Forestier a fait le juste choix en sachant, comme dans une bonne vieille recette du terroir, ajouter parcimonieusement ici un univers de country (avec son fils  Arthur) sur Les Filles amoureuses; là de beaux arpèges de la guitare de Manu Galvin sur Avec une guitare; ou encore le violon de Fiona Monbet sur Paraître. Quant aux percussions de Sabastian Quezada, elles ne font pas que de la figuration sur plusieurs titres…

Un bel écrin musical pour un disque qui a l’intemporalité des objets destinés à durer.

(*) Disque Polydor

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