Nilda Fernandez ne voyagera plus…

Emporté jeune – il n’avait que 61 ans – par un insuffisance cardiaque, Nilda Fernandez était une voix puissante de la scène française.

De son vrai prénom, Daniel, il en avait inventé un autre en verlan et Nilda Fernandez était ainsi né à la scène.

Né à Barcelone en 1957 dans une famille andalouse et protestante, Nilda était arrivé en France à l’âge de 6 ans, dans la banlieue lyonnaise. En 1987, après avoir beaucoup joué en première partie des autres – il avait notamment fait des tournées de Léo Ferré – l’artiste à la voix haut perchée si caractéristique avait joué les premiers de cordée avec le remarqué Madrid Madrid, en 1987, qui évoquait l’exil et ses origines.

Se définissant lui-même comme un « marginal acceptable« , Nilda Fernandez était un conteur, doublé d’un voyageur qui savait, en interview, vous captiver d’une simple histoire, racontée sans jamais hausser le ton. Il lui a fallu patienter pour jouer dans la cour des grands. Ce fut en 1991  avec l’album Nilda Fernandez, nommé cinq fois aux Victoires de la musique. Il décroche alors le prix du « meilleur espoir masculin ». Une gloire lui permet ainsi de jouer en première partie de Sting à Paris devant 15 000 spectateurs. Autre signe du succès : en 1993, sa nouvelle chanson, Sinfanaï Retu, écrit dans une langue imaginaire, sert de générique à l’émission Durand la nuit.

Pourtant, malgré des concerts magnifiques, d’une grande beauté musicale, Nilda Fernandez n’est plus vraiment en phase avec le public et il prend le large. Cap sur le Mexique, le Chili et l’Argentine. En 1998, jamais en manque d’inspiration, il va faire une tournée en France dans une roulotte qui le conduira, sur plus de 1 000 km, de Barcelone à Paris, via Lyon.

Ensuite, Nilda mettra le cap sur la Russie pour un séjour qui durera cinq ans. Sur place, il enregistre des chansons avec le russe Boris Moïsseev. Il avait épousé une russe avec laquelle il avait eu une petite fille. Se rendant régulièrement en Russie depuis 2001, il vivait, depuis quelques années, dans l’Aude, au pied de la montagne noire, à Bize-Minervois.

Ce baladin moderne avait sans doute bien d’autres chansons à partager, d’autres poètes à célébrer (comme il le fit avec Federico Garcia Lorca, en 1998, avec l’album magnifique Castelar 704) : la camarde en a décidé autrement…

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