Bazbaz : un retour en douce

Et de neuf pour Bazbaz avec Manu militari, son neuvième disque (*). A l’image du bonhomme car éclectique sur le plan musical. Original sans être pour autant génial.

Pas mal de chemin parcouru pour Bazbaz qui prit naguère son envol avec le punk-rock alternatif du Cri de la Mouche. En solo pour ce neuvième disque, Bazbaz se livre sur tous les tons dans des chansons qui ont la politesse du désespoir, mais en lorgnant du côté du reggae et des mélodies suaves des musiques noires et seventies. Sur un tempo jamaïcain, il convie avec Comment t’oublier à une célébration chapoupée de la solitude subie, suite à un désespoir amoureux. « Tu aimes l’amour/ L’amour n’a pas de loi/ Les jours sont à lui/ les nuits sont à moi... » Un texte qui fait écho à une autre chanson Ma chérie, une mélodie pour se réconforter quand l’amour a mis les voiles…

Avec l’air de ne jamais y toucher, Bazbaz promène un regard teinté d’ironie sur la société pour griffer le portrait d’un Boss. Avec des couplets du style : « C’est qui l’patron/ Sur le ring/ C’est qui l’patron/ qui déglingue. »

Et quand Bazbaz se joue des mots c’est pour se jouer aussi des images de le presse dite people dans Magazine. Verbatim : « J’suis dans elle, et t’es dans lui/ En porte-jarretelles Safari/ J’suis dans elle, et t’es dans lui/ Ça me gèle, me brule les ailes. »

En écoutant Bazbaz en ses œuvres, on mesure une fois de plus que cet autodidacte de la musique, qui invoque en parlant d’elle en général et de son piano en particulier, « une « relation sensuelle, organique, sexuelle, physique« , Bazbaz donc cultive l’art du second degré dans ses textes comme une philosophie de vie. L’homme n’est pas un adepte du pathos auquel il préfère une espèce de drôle de tristesse, de mélancolie gaie, comme le prouve l’anaphore poétique présente dans une chanson comme Manu militari.

Au final, ce neuvième opus n’a rien de désagréable avec son cocktail musical de reggae, de soul, de pop ou encore d’électro. Rien de palpitant non plus comme si, à force de se cacher derrière les mots, Bazbaz esquivait l’essentiel de ce qu’il pourrait dire plus frontalement. Au risque de nous laisser parfois sur notre faim…

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