Jazz sans frontières avec le Trio Barolo

L’accordéon pourrait faire penser à l’Argentine mais d’autres pièces tirent vers le folklore italien. C’est ce qui fait de Casa Nostra (*), l’opus du groupe Trio Barolo un opus qui échappe à bien des classements…

C’est du jazz mais du jazz tout terrain car imprégné de sons latinos, de mélodies venues des Balkans… Casa Nostra est un album  surprenant griffé par le Trio Barolo. La réunion de trois artistes : Rémy Poulakis à l’accordéon ténor lyrique, Francesco Castellani au trombone, au chant et à la conque, et Philippe Euvrard à la contrebasse et aux loops. En prime, ils ont fait appel  au clarinettiste Carjez Gerretsen sur Carla et Barolo nuevo. Des temps forts de l’album.

Le résultat est ce kaléidoscope sonore, fruit d’une collaboration à géométrie variable : Philippe Euvrard a composé cinq titres, Francesco deux, Giacomo Puccini et Philippe Petruciani en signent respectivement chacun un.  Un disque où figurent les ombres des proches et qui est aussi conçu en guise d’hommage à la scène comme le signale un texte sur la pochette : « Casa Nostra, c’est avant tout le public qui nous a toujours incités à donner le meilleur de  nous même. C’est aussi pour nous ce lieu sacré, universel et profondément humain qu’est la Scène. C’est aussi ceux qui travaillent dans l’ombre, à diffuser du rêve. »


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Stephen Eicher, un retour en fanfare

Après sept ans de silence, Stephen Eicher revient mais pas tout seul. Avec Huë !, il revisite certains tubes de sa longue carrière dans une version pour… voix et fanfare. Un défi. Très réussi.

Folk, rock, électro, world music… Stephen Eicher a abordé bien des rivages musicaux en quatre décennies de carrière. Pour son quatorzième album, on a le sentiment qu’il fait la synthèse de tout. Huë ! marque la rencontre de l’artiste et d’un big bang flamboyant Traktorkestar ou douze musiciens qui font passer sur cet album de belle facture le souffle balkanique. Rien que la pochette du disque est tout un programme : elle est signée Laurent Seroussi, celui qui avait immortalisé Alain Bashung pour Fantaisie militaire.

Dans des arrangements festifs et inventifs, Stephen Eicher et sa bande revisitent des classiques de son répertoire et des textes de Philippe Djian, le complice de toujours : Pas d’Ami (comme toi); Ce Peu d’Amour ou encore des chansons moins connues comme chansons plus méconnues comme Cendrillon après minuit ou Louanges. Il y a bien sûr le texte de Corinne Dacla qui marqua les débuts de l’artiste : Combien de temps. Et aussi quatre inédits qui complètent ces errances musicales : Étrange, Chenilles, Papillons et Nocturne, avec un beau solo de Charles Wagner. Des titres empreints de la mélancolie propre à Stephen Eicher.

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Un sacré métissage…

Satingarona pt.2 (*), est le deuxième album de The Bongo Hop nous invite sur les routes dans un univers musical chaloupé en diable, où les mots résonnent sur des rythmiques solides.

Inspiré de l’univers de la BD -une référence aux aventures du marin Keubla, une BD imaginée par Jano dans les années 80 – , The Bongo Hop est l’ovni musical du trompettiste  Etienne Sevet, un voyageur passionné – il passé ainsi huit ans en Colombie – doublé d’un journaliste (SoFoot, WordSound…) qui marie la danse à bien des métissages musicaux. D’entrée de jeu, Gren Promené donne le ton où, sur une semba angolaise revue à la sauce haïtienne, Kephny Eliacin interprète une chanson qui dénonce la surexploitation de la terre et la déforestation en Haïti. Sans pour autant passer sous silence qu’il n’est pas trop tard pour redresser la barre.

Changement de cap dès le deuxième titre, La Carga, porté par une rythmique soutenue et une forte présence des guitares et des cuivres dans laquelle Nidia Gongora  raconte une histoire inspirée d’un récit fait par Chris Kirkley (Sahel Sounds) qui avait découvert près de son campement au cœur du désert les restes d’un avion vénézuélien éventrée et les traces d’un camion : l’idée de ce « chargement » envoûtant était née…

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Un bel appétit d’Ogres..

Poétique, le titre du nouvel album des Ogres de Barback, Amours grises & Colères rouges (*). Pour son retour à des chansons originales, le groupe d’artistes voyageurs n’a rien perdu de son inspiration.

D’entrée de jeu, les Ogres de Barback annonce la couleur de l’espoir avec Pas ma haine, chanson inspirée par le magnifique livre (et édito) de Antoine Leiris, ce journaliste qui a perdu son épouse lors de la fusillade du Bataclan. « Ils rempliront mon cœur de peine/ Mais ils n’auront pas ma haine. »

Avec ce groupe qui a fête ses vingt ans d’existence en 2014 et le disque Vous m’emmerdez !, l’heure ne sombre jamais dans le pessimisme. Pour la famille Burguière et leurs amis musiciens, rester tonique, voire gais sans pour autant tomber dans l’angélisme, reste plus que jamais la politesse du désespoir.

Jouant sur tous les tableaux et sur tous les tons, Les Ogres de Barback nous embarquent dans un univers qui unit l’univers d’un Prévert (P’tit cœur) à des chansons cri (Hé Papa sur l’inceste ) et des élans de musiques world avec des passages de chanson écrits en yoruba et en goun par Eyo’nlé (Hé Papa, Si tu restes et La Rochelle). Lire la suite « Un bel appétit d’Ogres.. »

Avec Muzeek, le son s’adapte à l’image

Avec Philippe Guillaud, ingénieur informaticien, le chroniqueur et musicien André Manoukian revient aux affaires avec la start-up Muzeek. Leur ambition ? Faire coller le son à l’image.

André Manoukian pourrait multiplier les anecdotes savantes quand il évoque le lancement de Muzeek, une idée dont il a eu l’idée en 2017 avec Philippe Guillaud, croisé à Los Angeles, où cet ingénieur informaticien, spécialiste de l’Intelligence Artificielle, a  longtemps œuvré : il a notamment développé un cryptogramme dynamique équipant désormais les cartes American Express.

Avec Muzeek, le duo et leur équipe mêlant geek et musiciens professionnels ont imaginé une plateforme d’IA dédiée à la création musicale. Avec un credo : « Dans notre logique, l’IA n’est pas là pour remplacer pour l’humain mais pour l’augmenter« , dit André Manoukian.

Après avoir assisté à une démonstration du potentiel de ladite plateforme par Philippe Guillaud, on ne peut qu’être étonné par ses capacités. Elle offre la possibilité de générer de manière très rapide des morceaux originaux de musique et qui s’adaptent en quelques secondes à tout contenu audiovisuel (des clips aux vidéos sur UTube, en passant par les podcast…) « Il s’agit de vraies musiques et la machine va générer des arrangements en prenant parfois des libertés qu’un compositeur ne s’autoriserait pas« , souligne André Manoukian. Lire la suite « Avec Muzeek, le son s’adapte à l’image »

Manu Katché : drums sans frontières

Dixième album de Manu Katché, The Scope (*) multiplie les ouvertures musicales et les rencontres. À l’image d’un musicien qui sait mettre sa griffe dans tous les genres.

Connu pour avoir accompagné de grands noms sur scène – de Peter Gabriel  à Sting, en passant par Francis Cabrel, Tracy Chapman, Youssou N’Dour, Manu Katché a aussi son mot à dire à solo. Il le prouve avec The Scope (*), son dixième album où il unit un groove des familles à la modernité des machines (Don!t U Worry) et où il a invité différents artistes à donner de la voix en sa compagnie : Faada Freddy sur Vice; Jazz Bazz pour un rap dénonçant le nouveau visage de la Capitale dans Paris Me Manque ou encore Jonatha Brooke, à la voix magnifique sur Let Love Rule.

Au cœur d’un quartet solide – Jérôme Regard à la basse; Patrick Manouquian à la guitare et Jim Henderson aux claviers- Manu Katché promène son sens du rythme sur des morceaux qui nous emportent d’un univers à l’autre avec une vraie originalité.

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Le réveil d’Awake

Aubes et Crépuscules (*) marque le retour du groupe Awake. Un album puissant entièrement composé par Romain Cuoq, saxophoniste, et Anthony Jambon, guitariste, comme ce fut déjà le cas dans leur précédent disque.

Impossible de ne pas repérer la pochette Aubes et Crépuscules : d’un jaune tapant, elle est l’œuvre du jeune photographe Paul Rousteau et exprime une poésie certaine. Une atmosphère visuelle qui correspond bien à l’univers de ce nouvel album où, accompagné de trois musiciens – Leonardo Montana, au piano; Florent Nisse, à la contrebasse et Nicolas Charlier à la batterie – Romain Cuoq et Anthony Jambon offrent huit morceaux en forme de réflexion sur les cycles des jours et des nuits. Jouant sur tous les timbres instrumentaux, le quintet offre des plages musicales qui se développent et sont des incitations à la Rêverie, comme l’indique d’ailleurs le titre éponyme d’un des morceaux de l’album.


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Hugues Aufray : les premiers pas

Le premier coffret de l’Intégrale chronologique : 1958-1962 nous fait réentendre les chansons fondatrices de l’univers d’Hugues Aufray, marqué par les musiques brésiliennes et le folk. Retour en arrière sur des débuts inattendus.

La particularité de cette Intégrale chronologique c’est que le chanteur lui-même a mis la main à la pâte pour écrire le livret.

Débarquant à Paris en 1948, il a un but –  s’inscrire à l’école des Beaux Arts –  après avoir fait ses études secondaires en Espagne à Madrid. Un pays qui l’a marqué. Il raconte : « L’Espagne m’a fait découvrir la beauté et la dynamique des folklores… J’ai acheté ma première guitare… l’espagnol est ma seconde langue… J’ai un petit bagage de chansons… » Devant le refus de son père, « par manque de moyens » de financer ses études aux Beaux Arts, Hugues Aufray va donc commencer pour gagner sa croute à faire le tour des cabarets et autres bars à chansons du Quartier latin. Et c’est à « L’Escale », « berceau de la mode du folklore latino » qu’il va commencer la carrière que l’on sait, en croisant plusieurs musiciens qui cherchent à se faire un nom.

Le premier CD de cette Intégrale nous plonge dans le monde latino avec des chansons marquées par le folklore du Nordeste du Brésil, notamment ses « xote » avec Eu Chorei et Peguei un ita no Norte. On y découvre aussi les premières chansons en français dont certaines ont pris quelques rides dans les arrangements comme dans certains textes ( Nous avions vingt ans).

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Ferré et la « télévi-con »…

Ferré non-stop(*), ce sont un retour en images sur plus de trente ans de chansons. Un cocktail un peu décousu il est vrai d’images rares et de moments plus anecdotiques. Tout ça est un peu brouillon quand même.

Ferré non-stop fait revivre Ferré à travers plus de six heures d’archives dans un coffret édité par l’INA. Si l’artiste révolté n’a jamais aimé la télévision – surnommé parfois la « télévi-con » dans des versions de Thank You Satan – il en mesurait l’importance et, dès ses débuts cathodiques, il mouille sa chemise (ou plutôt son costume) quand il est invité de Jacqueline Joubert, dans un de ses premières apparitions en 1956 : on le voit surjouer La Guinche ou encore Le Temps du plastique. À l’époque, on sent Ferré marqué par les cabarets où il est alors d’usage d’appuyer ses effets en articulant à l’extrême les chansons.

Puis, au fil des ans, Ferré mesure l’importance de l’épure et du geste mesuré et cela donne les remarquables versions d’Avec le temps, d’Ecoute-moi ou de Cette blessure dans les extraits du récital fameux de Bobino de 1970 où, dans l’ombre, Paul Castanier officie au piano avec un sens consommé de l’improvisation jazzique.

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