Marjolaine Piémont : qui s’y frotte…

Sans le superflu, c’est la carte de visite sonore de Marjolaine Piémont, une artiste qui manie l’humour avec parcimonie pour dire ses colères et ses émotions. Une belle surprise.

Marjolaine Piémont est une artiste culottée. Du culot, il lui en faut pour terminer son album, Sans le superflu » par une chanson Vieille, où il est question d’une nonagénaire qui a « un amant« , mais pas n’importe lequel ! Son doux nom ? Alzheimer ! Pour Marjolaine Piémont, tous les sujets sont bons à chanter à partir du moment où l’on y met un peu d’humour et de distance.

Tombée il y a quelques lustres dans l’univers de Barbara, cette dame brune a appris le métier sur scène, notamment au Japon où elle a proposé une tournée Hit Songs de chansons françaises à travers tout le pays du Soleil Levant. Plus tard, elle a fait partie de belles équipes, que ce soit  Sol en Cirque ou encore Mozart l’Opéra Rock. Le vrai déclic pour la chanson viendra de ses rencontres avec des artistes comme Vincent Baguian, Phil Baron ou Aldebert.Ce temps de recherche lui a permis d’aiguiser sa plume et d’affuter son talent et le résultat est là aujourd’hui. Dans un bel écrin musical, fruit de la réalisation signée iWlliam Rousseau et Edith Fambuena (vieille complice d’un Bashung) , Marjolaine Piémont évoque aussi bien la beauté d’un homme viril dans C’est beau un homme à poil , la visite traditionnelle chez un gynéco (Ma beauté intértieure) que les petites habitudes de sommeil chez le couple (L’amour nous a roulés dans de beaux draps). La suprême élégance, c’est de ne jamais tomber dans le déjà-dit et la vulgarité quand on aborde de tels sujets, tant la chanson actuelle se perd parfois dans la banalité d’un quotidien qui n’a rien de palpitant.

Sans jamais hausser le ton de sa -belle- voix, Marjolaine Piémont peut aussi, sur un rythme soutenu, évoquer la difficulté de mener carrière sans subir le harcèlement abject de certains mecs. Cela donne La Soldomi,  vrai réussite d’écriture où elle dénonce en se jouant des mots et des allitérations de tels « animaux ». Évoquant ce « vil et carnassier, dents de velours et main de maître », elle glisse dans ce portrait au vitriol un savoureux coup de griffe :  « Ce paon / Soi-disant directeur artistique / Se pavanant ô victoire / Victoire de la musique. »

Et puis, il y a sa version de l’amour qui dure sans documents officiers et d’une Non demande en mariage, jadis magnifiée par Brassens, dont elle donne sa version avec  Femme mais pas d’un homme . Elle le chante sans ambages : « Je suis un drôle d’oiseau. Qu’on n’attrape pas avec un anneau ! » Plutôt que les yeux, elle préfère d’ailleurs « serrer la main » : « Oui, c’est merveilleux/ De serrer la main des messieurs / Bien plus audacieux / Que de regarder dans les yeux… »

Féministe sans tabou, provocante sans une once de vulgarité, Marjolaine Piémont est une artiste à suivre sur scène. Car elle s’y produit… sans le moindre superflu. Et sait se jouer de bien des images, comme le prouve la pochette de ce nouvel opus.

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