Le dernier « cadeau » de Gianmaria Testa

Il aurait du fêter ses 60 ans le 17 octobre dernier. Disparu en 2016, Gianmaria Testa, le plus francophone des chanteurs italiens, nous revient dans Prezioso(*), un album posthume qui nous fait pénétrer dans l’atelier de cet artiste inspiré et délicat.

Auteur, compositeur, interprète mais aussi chef de gare, Gianmaria Testa a été fauché par la camarde alors qu’il avait encore bien des mélodies à imaginer sur les cordes de sa guitare folk.

Sa compagne, Paola Farinetti a décidé d’offrir un « dernier cadeau » aux amateurs de l’univers de Testa en sortant cet enregistrement minimaliste et pour cause. Sur la pochette, elle écrit : « Le point de départ est constitué d’enregistrements imprécis, pour la plupart réalisés sur un Zoom, pour les nécessités de dépôt à la Siae (SACEM italienne) ou pour les faire écouter à d’autres artistes, avec un seul instrument comme accompagnement. »

À l’écoute, on a ainsi le sentiment de plonger dans le laboratoire de l’artiste qui pose sa voix sur une mélodie comme le peintre définit une couleur sur sa palette. Dès l’ouverture, on découvre un inédit Povero Tempo Nostro, portrait sans pitié de notre société et aussi hymne à la Terre. On y trouve encore la version magnifique de sobriété de Questa pianura, version italienne du Plat Pays, de Jacques Brel. Comme si le Pô rejoignait symboliquement, par la grâce d’une adaptation, l’Escaut.

Plus loin, il y a le duo sur La Tua Voce, chanson « historique » de l’univers de Testa (dans l’album Lampo) : cette fois, elle est interprétée en duo avec Bia, grande chanteuse brésilienne installée à Montréal et qui le fit figurer dans un album qui n’a pas connu un succès mérité en Europe.

Il faudrait encore évoquer des titres raffinés et poétiques comme Dentro la maschera di Arlecchino, composée pour Paolo Rossi.

Au détour du disque, il y aussi ce Post-moderno rock où l’humour du cantatore transalpin fait mouche quand il s’agit d’épingler certaines dérives du monde dit moderne et numérisé. Où le plus important est de réagir à la moindre catastrophe sur Facebook.

Par ces versions minimalistes, Prezioso offre un écrin singulier  et précieux aux chansons de Gianmaria. Un ultime témoignage des plus émouvants d’une voix qui s’est tue.

(*) Incipit Records

 

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